Citations du jour: extraits du livre « La vie en bleu » de Martin Steffens.

-« Viennent à nous mille choses qu’on ne peut esquiver[…], il faut faire à partir de là et s’en sortir par le haut. Ce qu’il faut, c’est être heureux « à partir  » de la vie, à partir de ce qu’elle est, tantôt banale, tantôt terrifiante, souvent joyeuse… Mais jamais confortable. Il faut partir du donné, si contrariant soit-il, mais faire à partir de ce point d’arrêt imprévu, un point de départ. Improviser sa vie, donc.C’est là toute l’histoire de notre petite vie humaine. C’est ce qui fait de tout vivant un artiste et de toute vie une œuvre. » (Quelle merveille cette phrase!)

-« Grandir en humanité, c’est échanger son cœur de pierre contre un cœur de chair, c’est-à-dire un cœur plus à même de se laisser toucher par le monde. C’est gagner en vulnérabilité ».

-« Laisser le temps au temps, c’est laisser à la vie le temps de ressurgir »…

-« Car quoi qu’on en pense d’ordinaire, il n’y a qu’un danger: s’épargner la souffrance de vivre, la souffrance propre à toute vie. Il est vrai qu’on souffre d’autant plus qu’on vit davantage, qu’on vibre davantage aux beautés de la vie. Aimer la vie, cela suppose de souffrir, de s’ouvrir, de prendre la risque de souffrir. Mais c’est là le plus beau risque qui soit. »

-« Ainsi croit-on que le plus grand bien qu’on puisse faire à l’être qu’on aime est de lui éviter toute souffrance. Or, ce serait désirer pour lui qu’il ne soit une pierre, une amibe, une fougère, enfin quelque chose qui ne sent pas, qui n’aime pas, qui ne vit pas pleinement. Car vivant, sentant, se mouvant dans l’espace risqué de cette vie humaine, l’être que nous aimons rencontrera l’épreuve, nécessairement. Et c’est précisément pour cette raison qu’il aura besoin de notre amour[…] Remettons donc les choses à l’endroit: ce n’est pas parce que nous aimons quelqu’un qu’il faut lui épargner l’épreuve; c’est parce que l’épreuve fait partie de la vie qu’il a d’autant plus besoin de notre amour ».

-« Le bonheur n’est pas au bout du chemin. Le bonheur est la marche même, la joie de vivre ce qu’on doit vivre. Être heureux, c’est, dans cette ascension qui honore notre humanité, accueillir toutes choses: les pics et les falaises, les monts et les vallées, les paysages et l’ombre des bois ».

Juste un livre que tout le monde devrait lire …*****

-« 

« Osons l’émerveillement ». Un livre de Philippe Baudassé et Emmanuel Navarro.

Ce petit livre très court est un trésor que j’ai envie de partager avec vous. Son contenu fait un bien fou, au milieu de l’actualité morose qui a tendance, ces temps-ci, à jeter un voile opaque sur notre horizon…

Déjà, j’aime le titre: « Osons l’émerveillement ». Par les temps qui courent, déclarer croire encore au pouvoir de l’émerveillement est effectivement osé! Il faut s’accrocher sérieusement pour résister à l’accumulation de nouvelles angoissantes!… Mais ce livre a le mérite de nous y aider… Un peu…

Vous savez sans doute que l’émerveillement, sous toutes ses formes, est un des fils conducteurs de mes articles. J’en ai compris l’importance et les bienfaits depuis très longtemps. Et ces derniers mois, il m’est devenu « essentiel » (mot devenu très à la mode!…) d’en rechercher toutes les occasions. La lecture de tous les livres sur le sujet de l’émerveillement m’intéresse donc tout naturellement, et me permet d’en approfondir tous les aspects. J’essaie de garder une certaine foi en ce qu’on appelle la « pensée magique » et surtout je crois aux bienfaits d’un certain regard sur la nature et sur le monde… Mais beaucoup de gens autour de moi objectent que le monde va mal, que tout est bien sombre et que mes arguments en faveur de l’émerveillement sont un peu déconnectés des réalités, voire carrément naïfs… Que la vie m’a gâtée de bien des manières et qu’il est un peu indécent de ma part de parler d’émerveillement à des personnes qui traversent des drames, des guerres et autres catastrophes naturelles… Difficile de répondre à cela, même si je sens, au fond de moi, que ce n’est pas le même sujet!.. Et c’est précisément sur ces arguments-là que ce livre m’a apporté un éclairage un peu différent!. « Osons l’émerveillement » est un petit livre court et très vite lu, mais c’est aussi un des plus enrichissants sur ce sujet.

Voici quelques extraits choisis:

« N’y a-t-il pas quelque chose d’obscène et de déplacé à vouloir inviter chacun à s’émerveiller alors que le fardeau de la vie ne permet pas toujours de savoir comment trouver le pain d’aujourd’hui, la façon d’affronter seul une maladie ou une soudaine perte d’emploi, de trouver comment faire face à un deuil cruel et inattendu? Le décalage semble considérable entre le monde réel dans lequel nous vivons et le monde magique et illusoire du merveilleux ».

« Devant les drames de l’existence-qu’ils soient personnels (maladie, deuil, séparation, perte d’emploi…) ou collectifs (catastrophes naturelles, épidémies, attentats, guerre…)- peut-on encore parler d’émerveillement? Certes, la première pensée se tourne vers l’épreuve qui se présente et ceux qui la traversent.[…] Mais beaucoup indiquent que, sans perdre de vue le drame ni banaliser l’épaisseur de la tragédie, ces instants permettent parfois de trouver aussi et de façon surprenante, un sens renouvelé de la vie. »

« Sans rien opposer,peut-être nous faut-il accepter de perdre la notion de merveilleux de l’enfance, pour trouver celle de l’âge adulte, passée au creuset des difficultés de la vie: purifiée, amplifiée, décomplexée, grandissant au même rythme que notre découverte du monde et de ses trésors ».

« Nous pensons trop vite avoir fait le tour des choses: de soi, de la vie, des autres… N’est-ce pas un peu présomptueux? ».

« L’émerveillement de l’âge adulte consiste à croire que nous avons encore à apprendre des autres, du monde, de la vie, de nous-même et de Dieu peut-être ».

« Et s’il s’agissait en fait de nous donner à nous-même la chance de voir une autre partie de l’univers, insoupçonnée jusque là, ou plutôt de voir le même monde avec un autre regard? Et si l’émerveillement n’était pas autre chose que de regarder ce monde dans son habit de fête au lieu de ne considérer que son âpre nudité? ».

« Une autre sorte de merveilleux, à portée de main et inépuisable est celui que nous offre l’univers. De l’infiniment grand à l’infiniment petit; de la plus minuscule des étoiles aux poissons phosphorescents des fonds océaniques […] Le monde ruisselle de surprises que nous n’aurons jamais fini d’admirer ».

Photo de Magda Ehlers sur Pexels.com

« Les moments rares et intenses que nous offre cet émoi sont semblables à des étoiles filantes dont la beauté est un cadeau furtif que nous offre la vie ».

« Tout sur terre nous interpelle, nous hèle,mais si finement que nous passons mille fois sans rien voir. Nous marchons sur des joyaux sans les voir ». (citation de Christiane Singer).

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« Et puis il y a aussi l’émerveillement suscité par des « miracles » ordinaires: conjugaison au même moment de facteurs improbables, qui fait advenir l’inespéré ».

« L’émerveillement surgit dès que nous acquiesçons de toutes nos forces à ce qui est, sans pour autant que l’ego prenne toute la place. Nous pourrions alors contempler tout bonnement le paysage époustouflant qui s’offre à nous, au lieu de se servir de ce paysage comme la toile de fond de notre nouveau selfie. Tant de fois nous préférons nous mettre en scène en des lieux insolites ou en compagnie de célébrités afin de montrer combien notre vie est formidable. Mais ces clichés seront-ils le souvenir d’une authentique rencontre, ou reflèteront-ils seulement le désir un peu vain de nous mettre en avant par tous les moyens? Notre découverte de la planète aujourd’hui ne se fait trop souvent qu’au travers de nos tablettes et téléphones. Nous ne prenons plus le temps de savourer le panorama et n’assistons plus vraiment aux évènements: nous les filmons! Et dans cette virtualité qui s’instaure, notre rapport au monde change et prend une désolante distance. »

« Qu’est-ce au fond que l’émerveillement, si ce n’est être vivant? Or, être vivant est un élan amoureux. Comme l’amour, l’émerveillement se rencontre donc en toutes saisons, par tous les temps, de jour comme de nuit, dans la joie comme dans l’épreuve. Certes il est des moments plus ardus qui nous masquent l’avenir et stoppent net nos projets. Mais il restera toujours ce regard amoureux qui pose sur les personnes et les situations une lumière bienfaisante et inespérée. Avec recul et lucidité, nous ferons mémoire des meilleurs moments comme des plus éprouvants, les baignant du même amour puisque chacun d’eux nous a nourris et façonnés, d’une manière ou d’une autre ».

« L’émerveillé n’est pas quelqu’un qui cherche du sensationnel partout, mais quelqu’un qui laisse la beauté du monde et des êtres rejoindre et bousculer sa vie.[…] L’émerveillement est donc ce ravissement pouvant se déployer à tout moment, quel que soit l’âge et les circonstances de la vie: il faut savoir le sauvegarder précieusement en chaque période de l’existence ».

« Créer, c’est exister ». Le livre de Valérie Belmokhtar, aux Editions Pyramid.

 Voici un manifeste résolument optimiste qui invite chacun à laisser entrer la création artistique dans sa vie… Si vous avez envie de vous mettre sérieusement à une pratique artistique quelle qu’elle soit, mais que vous ne parvenez pas à vous y mettre, pour des milliers de raisons, ce livre est fait pour vous.

Ce que j’en retiens…content

-Où trouver la matière première de l’inspiration?: La vie de chacun de nous est une expérience unique… « Depuis l’enfance, vous avez emmagasiné des images et une expérience de vie qui vous sont propres.Tous vos sens ont expérimenté des évènements et des sensations particulières, qui sont les vôtres. C’est ce qui fait votre richesse et votre singularité, et c’est aussi ce qui constitue la matière dans laquelle vous pourrez puiser votre inspiration. »

-« Pour être créatif, il faut renouer avec l’enfant que vous avez été. Un enfant crée sans peur et sans inhibition. Il teste et expérimente au gré de ses envies. C’est cette liberté d’action qu’il faut retrouver ».

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-Nourrir son « enfant intérieur », c’est:

– Être curieux et ouvert au monde extérieur comme à son monde intérieur.

– Vous intéresser au monde de l’art en général (textiles, arts plastiques, design, architecture,décoration intérieure).

– Lire, écouter de la musique, voir des films, des spectacles (lorsque cela sera possible!…), voyager (lorsque cela sera possible aussi!!!…Et oui; ce livre a été écrit avant l’arrivée « très remarquée » de la Covid 19 dans nos vies!… ), se promener, marcher dans la nature, faire du sport…

-Quelle que soit notre pratique artistique, l’auteur nous conseille de pratiquer d’autres activités créatives. « Cela pourra vous apporter de nouvelles pistes, nourrir votre créativité et votre univers personnel. Dansez, jouez d’un instrument, écrivez des histoires, lisez, sculptez, brodez, faites de la céramique… Tout peut alimenter votre travail! ».

 – Accueillir les nouvelles idées qui surgissent sans jugement et sans auto-critique. Le perfectionnisme n’a pas sa place dans la création: c’est un ennemi à fuir.

  – Créez librement, sans arrière pensée et sans projection du résultat. Si vous pratiquez le dessin, autorisez-vous à sortir du dessin d’observation pour aller vers le dessin d’imagination.

-Un conseil: Toujours avoir un carnet sur soi. « Observez le monde un crayon à la main, afin de consigner vos observations, noter les idées qui traversent votre esprit. Votre carnet deviendra pour vous une source d’inspiration indispensable. »

« Un artiste doit être une personne curieuse, toujours à la recherche de sources d’inspiration différentes et personnelles. En effet, on trouve aujourd’hui des images sur Internet qui font le tour du monde. Internet ne doit pas constituer la seule source d’inspiration, sinon, nous finirons tous par créer la même chose, par suivre les mêmes tendances mondiales formatées, ce qui constituerait un tarissement terrible de la créativité ».

-Le choix des thèmes que vous traitez dans vos créations est essentiel. Vous devez aborder des thèmes qui vous plaisent et vous intéressent personnellement. Au fur et à mesure de votre pratique, vous développerez des affinités avec certains sujets, et cela définira votre style personnel.

-Il y a un chapitre consacré aux bienfaits de la tenue de carnets de voyages. Ils nous incitent à nous poser, à regarder pleinement ce que l’on a devant les yeux. Lorsqu’on dessine quelque chose, on est obligé de l’observer dans le détail… Dans une profonde concentration… Et cela procure un sentiment de bien-être inestimable.

A défaut de pouvoir voyager en ce moment, il vous est permis de découvrir que « le voyage intérieur dans votre monde sensible et personnel participe également à l’émergence de votre création singulière. Trouver sa voie, c’est avant tout parvenir à exprimer ce que l’on est intérieurement, être proche de son ressenti et de ses sensations, sans à-priori. Il est très important d’arriver à vous écouter, à ressentir et à prendre le temps de savoir ce qui se passe en vous, sans jugement.[…] Pour mieux vous connaitre, tenez un carnet personnel, et consignez-y chaque jour vos idées, vos envies, vos œuvres préférées et vos découvertes« . (Pour cela, apprenez également à vous couper du monde en laissant votre portable et les réseaux sociaux de côté).

L’auteur nous donne une autre astuce efficace pour enclencher le processus créatif: mettre de la musique et écouter vos morceaux favoris peut vous porter pour commencer à créer. La musique peut-être très inspirante pour commencer une production.

Après un chapitre sur l’inspiration, Valérie Belmokhtar aborde également dans son livre, le sujet de la formation, des cours en ligne, des tutoriels destinés à nous aider à nourrir et à mûrir notre pratique artistique, et termine sur un chapitre concernant la diffusion éventuelle de nos créations. Plein de conseils, donc, pour vous aider à nourrir votre créativité.

En guise de conclusion:«  L’art et la création vous accompagneront toujours, dans les moments joyeux comme dans les moments difficiles. Ils vous aideront et pourront même jouer le rôle de thérapie ou d’aide psychologique. C’est une bouée anti-naufrage dans la vie, un atout précieux pour traverser l’existence. Créer, c’est donner une dimension supplémentaire à sa vie ».

« Eloge de la solitude » de Véronique Aïache, aux éditions Flammarion.

Confinement: deuxième acte!…

Moins strict que le premier (avec l’ouverture des écoles)… donc vraisemblablement beaucoup moins efficace sur l’évolution de la pandémie… Cette période extrêmement perturbée risque donc de se prolonger. Alors il ne faut pas perdre courage et s’organiser pour l’affronter le mieux possible.

Les personnes seules (je m’adresse spécifiquement à vous, tout en étant consciente qu’on peut se sentir très seul même au sein d’un couple… Mais c’est un autre sujet!…), les personnes seules, donc, vont avoir à gérer à nouveau une période de solitude plus importante. Après la lecture du livre « L’esprit de solitude », de Jacqueline Kelen, sur lequel j’ai écris un article le mois dernier, je viens de lire un autre livre sur le sujet, que j’ai trouvé plutôt réconfortant. « Eloge de la solitude » de Véronique Aiache, chez Flammarion.

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.Le sujet de la solitude y est abordé sous un angle moins philosophique, mais plus « pratique » et dans un style gai et très positif. « La solitude, comprenez celle qui va et vient dans les existences, ne reflète pas forcément le désert de l’âme. Au contraire, quand elle entre dans une vie même sans y être invitée, elle peut enrichir au lieu de blesser. »Alors, nous y sommes!… Les solitaires vont sans doute être encore plus seuls que d’habitude. Ce livre vous fournira pleins d’idées pour mettre à profit ces moments de solitude.

Et « ce n’est pas un hasard si depuis tellement longtemps, tant de penseurs la chérissent et la réclament comme le salut de leur identité. Des solitaires de Port Royal aux retraites de Bouddha, des promeneurs rousseauistes aux chamans amérindiens, des philosophes de la Grèce antique aux artistes de la Renaissance, combien ont-ils été à aller puiser dans la solitude le meilleur d’eux-mêmes? De tous temps et dans toutes les cultures, combien ont choisi de s’isoler pour mieux créer, se trouver ou accéder aux savoirs? C’est en effet de cela qu’il s’agit dans l’art d’être seul: un recueillement du corps et de l’esprit, capable d’ouvrir toutes les consciences sur le monde qui nous entoure. »

« Si c’est au sein du groupe que l’individu se réalise, c’est aussi à l’extérieur du groupe qu’il parvient à s’identifier. C’est en étant seul de temps en temps qu’il trouve sa juste place parmi les autres. Trouver en soi les réponses aux questions que l’on se pose. Prendre conscience des reliefs de son identité pour mieux profiter de tous ses potentiels. Goûter aux plaisirs d’agir librement, se découvrir des forces insoupçonnées, se défaire des interdits ou encore, réussir à se réaliser sans dépendre du bon vouloir de l’autre. […]

Aussi agréable puisse-t-elle être, la compagnie-dans le sens le plus large du terme- oblige forcément à se soumettre. Ou plus exactement, elle prive au quotidien d’un tas de petits choix. A commencer par celui de vivre à son rythme, sans se soucier des impératifs des uns et des autres. Être seul permet de nous réapproprier- du moins partiellement- ce que les autres nous prennent en masse ».

Pour Véronique Aïache, la solitude:

Libère la pression : elle permet de reprendre son souffle.

Ouvre le champ des possibles : elle donne du piment à la vie en ouvrant en grand ses portes à l’inattendu et à l’improvisation.

Elle permet d’être vrai : « qui n’a jamais fait semblant au moins une fois dans sa vie? Qui n’a jamais dit quelque chose, en pensant le contraire, sourit en ayant envie de pleurer ou fait preuve d’amabilité en ravalant sa colère? Avouons-le: au nom des convenances et du savoir-vivre social, nous sommes tous tenus de composer à un moment ou à un autre, pour éviter un conflit ou tenir le rôle qui nous est attribué » (et là, je sais que beaucoup d’entre vous se reconnaitront)- . »C’est en cela que la solitude permet d’être vrai, d’être soi, et non le personnage que les autres veulent voir. Ni le corps ni l’esprit n’ont besoin de fards lorsqu’ils n’ont pas de témoins. »

Elle rend authentique : »plus la peur de la solitude motive pour créer des liens, plus ces liens fragiles renverront au sentiment de solitude par leur absence de profondeur ».

Elle adoucit les chagrins : »D’aucuns peuvent voir en la solitude une aire de repos pour l’esprit, sur laquelle il est bon de s’arrêter de temps en temps lorsque l’on trace à toute allure sur l’autoroute de la vie. D’autres puisent dans la tranquillité qui l’accompagne la source de leur inspiration. Les uns la chérissent pour le vent de liberté qu’elle souffle sur leur quotidien[..] Et puis il y a ceux qui la considèrent comme un lieu de convalescence, comme un endroit abrité où les peines de cœur et de l’esprit se soignent ».

Elle réveille les potentiels : »lorsqu’il s’agit de résoudre un problème ou de sortir d’une impasse, être seul oblige à aller chercher en soi l’aide que l’on a l’habitude de trouver chez les autres. On constate que plus on parvient à se débrouiller par soi-même, plus on gagne en confiance en soi ».

Elle dégage l’horizon existentiel : »S’extraire de temps en temps de son cercle proche permet de voir ce qui se passe au delà. Autrement dit, être seul permet de ne pas se restreindre à la volonté d’autrui et d’élargir ses perspectives ».

Elle apprend l’indépendance affective : »En amitié comme en amour, nous attendons souvent que les êtres qui nous sont chers agissent à notre égard comme nous le faisons pour eux. De cette attente souvent insatisfaite, nait la douleur de la déception. A trop espérer de l’autre, nous oublions au passage que les valeurs qui nous animent ne sont pas les mêmes chez tout le monde. Selon le philosophe William James, la manière la plus simple d’être heureux, consiste à se libérer de cette attente. Réussir à aimer l’autre aussi librement que sereinement, oblige à cultiver son autonomie. De la même façon que la solitude apprend à ne compter que sur soi pour se sortir d’un mauvais pas, elle enseigne aussi à puiser en soi les sources de bonheur ».

Elle développe la réflexion : »Il n’y a pas meilleur outil que la solitude pour se mettre au service de la réflexion et du dialogue intérieur ».

-Elle booste l’ennui productif : » Pour créer, innover, inventer, il est important de pouvoir entendre les mots que chuchotent les pensées. C’est en effet au plus profond de soi que dorment les idées. C’est au fond de soi qu’il faut aller chercher les joyaux de notre matière grise. Et pour réussir à se concentrer pleinement sur son monde intérieur, il faut commencer par accepter de se déconnecter complètement du monde extérieur. L’essentiel est d’être seul avec ses pensées pour les laisser s’exprimer, et de ne pas craindre l’ennui si les idées tardent à venir. Car l’ennui a des effets bénéfiques sur le cerveau. S’il n’y a pas de stimulus autour de soi, le cerveau le crée en soi« .

Elle sacralise le silence : »Les recherches scientifiques ont mis en lumière les effets positifs du silence sur le cerveau. Elles ont prouvé qu’il suffit de deux heures de silence continu par jour pour lui permettre de se régénérer, et même de stimuler les zones dont dépendent l’apprentissage, la concentration et la mémorisation. Le silence est une denrée rare dans le quotidien; il faut donc aller le chercher dans les moments de solitude. »

Elle procure un sentiment de liberté « Que l’on soit en couple ou avec des amis, le compromis est inévitable, si l’on souhaite mettre tout le monde d’accord. Il est toujours question d’accorder son violon au diapason de la majorité ».

Cet article n’a pas pour vocation de vous détourner définitivement de toute vie sociale, ni de prôner l’égoïsme d’une vie vécue uniquement pour soi-même. On a besoin les uns des autres, socialement, matériellement et surtout affectivement. D’ailleurs, « De sa nature initiale, l’être humain a gardé au fond de lui le besoin de clan et la crainte d’en être exclu. Depuis l’aube des temps, il est resté celui qui imbrique son destin à celui des autres pour se sentir exister et donner un sens à ce qu’il fait comme à ce qu’il est ». Voilà pourquoi tant de gens souffrent aujourd’hui d’être privés de contacts. Le but de cet article est juste d’attirer l’attention de ceux d’entre vous qui ne supportent pas de devoir s’isoler, sur les avantages non négligeables de ces moments de solitude qui se profilent à nouveau dans nos vies… Et que nous avons tout intérêt à en faire quelque chose de positif. Ne perdons pas de vue que ces moments si particuliers seront, malgré tout, des moments riches d’enseignements.

Un livre très intéressant pour ceux qui craignent viscéralement la solitude. Et aussi pour ceux qui l’apprécient sans bien savoir pourquoi, et sans être conscients de tous les bienfaits qu’ils peuvent éventuellement en tirer!…

Allez, Bon courage à tous!… Restez prudents!… Et prenez bien soin de vous!…

« L’esprit de solitude »: extraits du livre de Jacqueline Kelen.

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« Solitaire je suis… »

« Solitaire comme un défi à la banalité, comme un refus de se résigner. Solitaire pour continuer à m’aventurer ».

« Notre époque, friande de grand public et de rassemblements, parle très peu de cette conduite de vie solitaire qui favorise la réflexion et affermit l’indépendance, de cette solitude belle et courageuse, riche et rayonnante, que pratiquèrent tant de sages, d’artistes, de saints et de philosophes. »

« Le solitaire sait qu’il a beaucoup à apprendre. Il lit, écoute, réfléchit, mûrit ses pensées comme ses sentiments. »

« Dès qu’on a le goût de l’intelligence, la passion de l’étude, on se retrouve immanquablement seul. Dès que l’on a soif de nouveau, d’originalité, on s’éloigne de la collectivité humaine, des gros remous et des menus plaisirs du monde. On se tourne vers soi, vers le silence et vers les livres. Vers tous ceux qui, avant nous, ont pensé. »

« Vivre solitaire demeure la seule façon de ne pas se compromettre, de sauvegarder son irréductible étrangeté et d’accéder à ce qui ne périt pas. »

« Les uns vivent en couple dès qu’ils quittent leurs parents, les autres se précipitent dans des aventures toujours décevantes, d’autres sortent sans arrêt pour rencontrer quelqu’un, en fait pour ne pas se retrouver seul; tous, à leur manière, croient briser ou conjurer leur solitude, mais ce besoin des autres, ce besoin d’être à deux va aggraver plus encore leur sentiment d’isolement. Bien-sûr, tout l’environnement social, les joyeuses familles et les couples satisfaits sont là pour asséner à l’individu qu’être seul, c’est vivre mal, c’est vivre à moitié. Peu rétorquent qu’à vivre toujours ensemble, on devient l’ombre de soi-même. »

« A vivre en groupe continument, un homme régresse dans sa vie émotionnelle, intellectuelle et spirituelle. C’est pourquoi dès que quelqu’un, même un enfant, veut réfléchir ou faire le point sur une situation, il se met à l’écart.C’est que l’intelligence va seule et qu’elle s’accroît d’autant plus qu’elle ne se laisse pas troubler par les manifestations, les modes et les préjugés de la foule. »

« Personne ne nous apprend à être seul. Au contraire, toute éducation, qu’elle soit dispensée par la famille ou à l’école, vise à ne jamais laisser l’enfant dans le silence, face à lui-même: on l’oblige à jouer avec ses camarades, à faire partie d’une équipe sportive, bref à « communiquer » et à s’intégrer, ces deux poncifs tyranniques de la société contemporaine. Plus tard, il voyagera en groupe ou au moins avec quelqu’un. Très vite aussi, s’il ne choisit pas de s’incruster chez ses parents, il se mettra en ménage ou bien se mariera puisqu’on lui a appris que l’homme ne doit pas rester seul. Dépossédé de lui-même, l’être humain devient nécessairement dépendant des autres. On appellera cela l’esprit de famille, la camaraderie, le sens de la communauté. De fait, ce sont tous ces dispositifs sociaux qui empêchent l’individu de demeurer seul, qui l’empêchent d’être autonome et de penser par lui-même. Ainsi, dans le monde moderne contemporain, l’être humain ne vit jamais avec soi. Tout est programmé pour égayer ou briser ses rares moments de silence et de solitude. (et cela est encore plus évident avec l’envahissement exponentiel des réseaux sociaux). Lorsque cet homme affrontera des ruptures sentimentales, des deuils ou tout simplement s’il se retrouve au chômage ou à la retraite, il s’épouvantera et perdra pied; depuis qu’il est né, on lui a fait croire que sans les autres il n’est rien, il ne sert à rien. »

« Le célibat désigne un état civil. La solitude est un état d’esprit. On veut la faire passer pour une malédiction alors qu’elle est le sceau de notre nature humaine, sa chance d’accomplissement. »

« La solitude s’avère toujours féconde voire heureuse pour qui l’honore au lieu de la fuir. »

« Pour devenir soi et devenir quelque peu libre, il faut lâcher le recours permanent à l’autre, au regard de l’autre. Marcher seul. »

« Ceux qui ne l’ont pas goûtée qualifient volontiers la solitude de vie égoïste. Mais les vrais solitaires y savourent des moments d’exaltation intérieure et de multiples joies, des bonheurs infimes à longue résonance. Dans le jardin bruissant de la solitude, l’attention aux choses est le maître mot: la fleur que l’on contemple et que l’on frôle, le baiser envoyé aux nuages, le salut aux oiseaux. Le livre qu’on hume et qu’on entrouvre n’est plus une marchandise, un produit fait de carton et de papier, il est craquant de vie, de mots et de secrets. Plus rien n’est ordinaire, tout devient très précieux-un insecte, une brindille, une pierre, une rafale de vent. Dans la solitude, je redécouvre l’émouvante fragilité des choses ».

« Être solitaire, tel un diamant étincelant, c’est:

Être unique, singulier,

-Être rassemblé, unifié, un, entier,

-Être libre et disponible, garant de son existence,

-Être capable d’aimer sans accaparer ou nuire,

-Être ouvert à tout le monde vivant, se sentir relié, fraterniser avec toute la création,

-Se verticaliser, se spiritualiser, s’approcher de la solitude divine voire se fondre en elle ».

« Il y a en chacun de vous une solitude qui est ce que vous avez de plus précieux. Une solitude inaliénable, magnifique, qui est la solitude même de l’esprit ».

Toutes ces phrases sont extraites du livre qui m’ accompagne en ce moment: « l’esprit de solitude » de Jacqueline Kelen, publié en 2005 chez Albin Michel.

Le propos de ce livre fait beaucoup réfléchir, surtout en cette période où tant de gens se plaignent de souffrir d’isolement, et encore plus depuis qu’il nous est demandé de « limiter » nos contacts sociaux. Un empêchement qui semble plonger certains dans des angoisses insurmontables… Jacqueline Kelen exprime son point de vue. On peut ne pas être d’accord d’emblée avec ses propos, mais elle a le mérite de déranger toutes nos idées toutes faites et de nous faire entrevoir certains de nos conditionnements. Pourquoi avons-nous tendance à fuir la solitude et le silence par tous les moyens possibles. De quoi avons-nous peur? Pourquoi cherchons-nous si souvent à nous divertir, à sortir, à nous étourdir le plus souvent possible de moments festifs, à être toujours entouré? Pourquoi avons-nous si peur de rester seuls avec nous-mêmes?..

Jacqueline Kelen nous encourage à découvrir les bienfaits d’une vie solitaire… Bien-sûr, dés le début du livre, elle dégage le paysage et précise qu’elle ne parle pas de la solitude malheureuse , celle des êtres hautains qui méprisent les autres, ni celle des plaintifs et des dépressifs perpétuels, qui passent leur temps à médire et à maugréer, ni la solitude des égocentriques qui s’isolent et font le vide autour d’eux. Pas de cette solitude qui enferme, rétrécit et conduit au ressassement et à la désespérance. Non: ce qu’elle évoque dans son livre, c’est la belle solitude. Celle qui est à la fois remplie et légère, celle qui, au final, ouvre et relie. Elle déplore que, dans nos sociétés, à force de vouloir combattre toutes les formes d’isolement, on aura toujours tendance à « soigner  » tout sentiment de solitude comme s’il sagissait d’une maladie. Il serait dommage de vouloir s’en guérir ou s’en débarrasser complètement, parce que ce sentiment « signe en nous la conscience humaine: une conscience qui s’élève au dessus des conditions et des besoins de survie élémentaire et qui envisage, la mort, le destin et le sens de la vie ». « Accepter ce sentiment de solitude (que tout être humain a forcément déjà ressenti dans sa vie) et l’étudier au fond de soi, équivaut à aller explorer les frontières de l’humain, à imaginer, à inventer, à accéder à nos ressources insoupçonnées, et à nos énergies endormies. Une solitude qui peut être poignante et douloureuse, mais qui mène à la liberté et à la souveraineté de soi »;

Un livre réconfortant et très intéressant pour les gens qui vivent déjà seuls (ils y découvriront tout ce que leur solitude-choisie ou non- peut leur apporter intellectuellement, émotionnellement et spirituellement)… Mais un livre particulièrement questionnant, sans doute, pour tous les autres…

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« S’émerveiller »… Le très bon livre de Belinda Cannone sur le sujet de l’émerveillement.

Je suis une « émerveillée » de nature. C’est comme ça depuis que je suis toute petite. Disposition naturelle… Ou génétique… Ou aptitude acquise, grâce à l’éducation… (Mon père était aussi un contemplatif et un rêveur… Il attirait toujours mon attention sur les belles choses)… Ou acquise grâce à mon métier d’hôtesse de l’air, qui m’a permis de sillonner le monde et de découvrir tant de merveilles? Ou peut-être un peu tout ça à la fois…

La pandémie de Covid 19 et le confinement qui a suivi m’ont donné l’occasion de réaliser de manière encore plus vive, l’importance de préserver ses facultés d’émerveillement, pour traverser plus sereinement l’étrange période que nous vivons. Et, plus généralement, pour vivre une vie plus riche et plus intense…

Je me suis donc organisé une sorte de « retraite post-confinement », pour réfléchir à tout ça, et pour cela, j’avais besoin de trois choses essentielles:

  • Un endroit en pleine nature. Un endroit calme où l’air est pur… où je n’aurai qu’à passer la porte pour être au milieu des champs et des arbres et pour marcher autant que j’en aurai besoin. Un endroit silencieux pour écouter juste le chant des oiseaux, les nuages qui passent et le bruit de l’herbe sous mes pas… (La campagne m’a tellement manqué pendant le confinement. Hors de question d’avoir à passer cette rentrée en région parisienne! Trop flippant à mon goût! Trop de monde! trop de bruit! trop de pollution!…). J’ai la chance inouïe de pouvoir le faire, alors je le fais et je savoure…
  • J’avais bien-sûr également besoin de mon matériel de dessin, pour mes incontournables carnets créatifs. Dessiner les choses est le meilleur moyen qu’on ait trouvé pour observer profondément. Et la contemplation est une forme de méditation vraiment très efficace… Et tellement agréable!…

-Enfin, j’avais besoin d’une sélection de livres à savourer sur le sujet de l’émerveillement et de la beauté de la nature. Ces sujets qui me passionnent tant.

Ah! Et puis j’avais quand même aussi besoin de mon ordinateur… Pour écrire!… Une autre de mes activités favorites… Et pour la rédaction des articles de ce blog, dont je vous rappelle le sujet de base, depuis sa création en 2017: « cultiver ses facultés d’émerveillement »…

Et aujourd’hui, j’aimerais vous parler d’un de ces livres, dont je viens de terminer la lecture. Il s’agit du livre de Belinda Cannone, qui s’intitule « S’émerveiller ». L’auteur introduit son livre comme ceci:

« J’étais comme toujours émerveillée par les objets et les paysages simples qui m’entouraient, sentant que dans les années à venir, atteindre la concentration indispensable pour vivre plus continûment dans un état de vigilance poétique serait ma grande affaire, car seules cette concentration et cette vigilance permettent de ressentir pleinement la puissance de l’existence, des lieux et de la joie. Je décidais d’écrire un essai où j’explorerais ce travail intérieur qui permet d’ouvrir assez les yeux sur le monde pour en percevoir toute la beauté.

Très consciente du fait que le monde va souvent mal, et face à sa déception, parfois, face à la nature humaine, Belinda Cannone écrit:

« J’ai toujours déploré que le XXème siècle se soit à ce point complu dans le négatif […]? Cela ne m’a pourtant jamais empêchée de percevoir la beauté et d’accueillir la joie, quand elle venait, en dépit de l’inquiétude ». A méditer, par les temps qui courent!…

« L’émerveillement résulte du regard désirant posé sur le monde […]. Parce que le monde est fait pour nous, il recèle ce que notre désir sait y convoquer. Un hasard n’est souvent qu’une vigilance inconsciente. »

« Le désir général de vivre, comme celui, plus aigu, d’aimer, est une réponse à l’enténèbrement. Soudain se présente sous nos yeux une chose, un paysage, une personne (qu’on ne savait pas attendre) et dont on réalise qu’il correspond pourtant à un désir; inimaginé, inespéré, et cependant accordé au plus secret, connivent. Cet écart -l’objet est inattendu mais mystérieusement ajusté- est la condition (la définition) de l’émerveillement dont on peut dire, en ce sens, qu’il n’est jamais ce qu’on cherche mais ce qui survient.« 

« Je sais que le retrait dans la solitude des champs est la situation propice à la concentration et donc à l’ émerveillement.

« Tous les hommes ont vécu cette expérience du regard levé vers la voûte étoilée. Quel sentiment nous étreint alors? L’émerveillement devant l’immensité de l’univers, l’immuabilité du ciel, la sensation d’un temps qui nous précède et nous suivra ».

« S’émerveiller, c’est d’abord saisir la présence des choses et des êtres ».

« Les circonstances de la vie ordinaire sont de nature à contrarier notre capacité d’émerveillement et c’est pourquoi la solitude, souvent, accroit les chances de l’éprouver. Faire taire les bruits et l’agitation du monde pour se rassembler en soi, se concentrer. »…

Et c’est ce que je fais dans cette « retraite » si particulière, au sein de cette nature si calme et si paisible…

« L’émerveillement est une foudre délicate qui s’inscrit fugitivement au ciel- pauvre écrivain qui prétendrait la fixer! ». Et pourtant, Belinda Cannone le fait très bien!

« Ils (les oiseaux qui pépient) manifestaient la joie d’être en vie, de se répandre dans le ciel vaste, de faire courir leurs trilles selon les mille lignes de fuite qui nous relient à l’univers, de sentir l’existence, c’est-à-dire l’énergie pure du désir. Les oiseaux venaient de lui rappeler la possibilité d’éprouver le désir de vivre. L’émerveillement n’est-il pas, à travers l’expérience déroutante (qui nous fait sortir de notre route) de la beauté, le rappel de notre intime relation avec le monde et le profond assentiment au fait simple d’être vivant?« 

Tout est dit ici… Et de la plus belle façon. J’ai vraiment beaucoup aimé le style d’écriture, et la manière dont certains sujets sont abordés.

Lecture vivement conseillée+++

« Flow », mon magazine préféré…

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J’ai connu le magazine « Flow » aux Etats-Unis, à l’époque où mon métier m’amenait à faire de fréquents séjours là-bas. Je passais des heures dans les grandes librairies du style « Barnes and Noble »… A l’époque, il n’existait pas encore de version française du magazine.  Mais je trouvais mon bonheur avec le graphisme particulièrement attirant de la version américaine; j’en découpais les pages avec enthousiasme pour créer des collages et autres carnets artistiques.

Dès que les éditions Prismashop ont décidé de lancer la version française, je me suis jetée sur le numéro 1 et je me suis abonnée sans attendre… et je n’ai plus arrêté depuis…

C’est véritablement LE magazine dont je ne veux plus me passer!… Il me fait rêver, m’inspire, me donne des idées, me fait réfléchir et m’apaise aussi… Bref, il me fait du bien!

« Flow célèbre les gens et les passions, l’aspiration et l’inspiration. Véritable ode au papier, hors du temps et des tendances, Flow invite à rêver, à prendre son temps et à réfléchir à des sujets variés »…à « savourer la douceur de vivre et le bonheur des choses imparfaites » est-il écrit sur les premières couvertures…

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Le parti pris créatif et l’esthétique du graphisme participent beaucoup à l’expérience de lecture. Les illustrations sont poétiques et colorées, un brin rétro, juste ce qu’il faut, la texture du papier est un délice sous les doigts (et oui, tout cela compte!…). Il y a des surprises à chaque numéro (stickers, carnets, cartes postales, papier décoratifs etc…) et les photos et les illustrations sont très belles… Une mine d’or et une grande source d’inspiration pour les amoureux des collages et des carnets créatifs…

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« L’awen en solitaire ». Avancer seul sur le sentier des druides. Un livre de Joanna van der Hoeven aux éditions Danaé.

Le druidisme est la tradition spirituelle « indigène » de Grande-Bretagne, d’Irlande, et de certaines parties d’Europe.9791094876336-200x303-1 C’est une ancienne tradition païenne axée sur la symbiose avec la nature. « Suivre le sentier du druidisme, c’est rendre hommage au monde naturel et à tout ce qui vit, développer une relation avec le monde et chercher à travailler avec lui en harmonie et en équilibre ». Longtemps pourchassé par la hiérarchie chrétienne, le druidisme existe toujours et connait même un regain d’intérêt ces dernières années. Les druides suivent de longues années d’enseignement. Ils peuvent être considérés comme les prêtres des anciens cultes celtiques, mais ils sont aussi des enseignants, des scientifiques, des érudits, des juges, voire des prophètes, véritables intermédiaires entre le monde surnaturel et les hommes. En général leur savoir est très vaste; il va de l’astronomie à la botanique, à la pharmacopée, en passant par la poésie et la philosophie.  Si l’on souhaite partager avec d’autres ce chemin de vie, il est possible de devenir membre d’un ordre de druides ou de découvrir ces pratiques dans certains festivals spécialisés. Soucieux de préserver leurs secrets, les druides tiennent des assemblées nocturnes en des lieux isolés, souvent connus d’eux seuls.

Mais il y a d’autres voies possibles.

Ce livre est écrit spécifiquement pour celles et ceux « qui se sentent appelés au druidisme mais préfèrent voyager seuls sur ce chemin de vie, libres des conventions et des restrictions sociales, en s’éloignant de l’humanité pour mieux connaitre le vaste monde ». 22_c1_eg_druideIl traite des bases du druidisme et nous montre comment les appliquer simplement à notre vie quotidienne pour l’enrichir d’un sentiment de beauté, de magie et de mystère. Sur ce chemin solitaire, nous finissons par nous rendre compte que nous ne sommes jamais seuls dans ce monde, et par notre lien avec la nature, nous voyons que l’idée même de séparation n’est qu’une illusion.

Le druide vit et apprend par « l’ Awen »,  ce qui veut dire littéralement « l’inspiration poétique qui vient de la nature ». Spirituellement, le druidisme peut être un chemin de vie merveilleux.

Beaucoup de druides sont animistes et croient qu’il y a une forme de conscience en toute chose, qu’il s’agisse d’une pierre, d’un arbre, d’une goutte d’eau ou d’un scarabée. Quand il marche dans la forêt, le druide devient la forêt. Il devient les arbres, les renards, les biches, les ruisseaux, les rochers, et apprend ainsi à voir quelle est sa place dans le vaste univers.

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Il est de la responsabilité du druide solitaire d’apprendre tout ce qu’il ou elle peut, que ce soit par les livres, en écoutant les orages et les tempêtes, en faisant de la musique ou en faisant l’amour. Nous pouvons apprendre de toutes les expériences de notre vie, si nous choisissons de les écouter. Le druide solitaire cherchera à se relier au monde naturel à son propre rythme, et selon ses propres termes. Il devra apprendre en tout premier lieu à garder les pieds sur terre, notamment par la méditation, ou la prière.

Lorsqu’on débute sur la voie de la méditation, on commence généralement par réapprendre à respirer. Or, la respiration est notre interaction la plus simple et la plus primitive avec notre environnement naturel, et le moyen le plus efficace de se rappeler que nous en faisons partie. Il est étonnant de se dire que l’air que nous respirons est le même que celui que respiraient nos ancêtres, il y a cinquante, cent ou milles ans. Renouvelé, certes, par les échanges naturels de notre respiration et de celle des arbres, mais il ne vient pas d’ailleurs…

Le druide voit également la prière comme une intention profonde visant à rendre hommage à toutes les choses, visibles ou invisibles, qui partagent notre existence. Toutes les relations sont à double sens. Tout est connecté. Pour le druide, prier, c’est rendre hommage à cette connexion. Si prier, c’est se relier, il faut à un certain moment s’arrêter et écouter les réponses éventuelles. Parfois, dans la vie, nous n’obtenons pas de réponse immédiate. Mais prendre le temps de s’arrêter, d’écouter, même si on n’entend rien, c’est apprécier le temps et le lien que nous partageons avec toutes les autres choses sur cette planète..

Ici ou ailleurs… Maintenant, ou dans le passé…

 

Quelques idées et conseils de femmes créatives à travers le monde…

J’ai lu il y a quelques années un livre publié aux Etats-Unis, qui s’appelait : « 12 secrets of highly creative women », de Gayle McMeekin. L’ouvrage regroupait toutes sortes de conseils et d’idées récoltées auprès de femmes artistes, du monde entier et de toutes disciplines, pour aider toutes les femmes créatives à stimuler leur inspiration et développer leur propre style artistique. Je viens de retrouver un carnet dans lequel j’avais traduit quelques unes de ces notions que j’ai voulu garder pour pouvoir m’en inspirer régulièrement (comme je le fais pour presque toutes mes lectures… Je trouve que c’est le meilleur moyen d’en retenir l’essentiel…Et ça, c’est un conseil personnel que je vous donne pour vos propres lectures).

Je vous fait partager ici une petite sélection … Il va sans dire que ces notions concernent tout autant les hommes créatifs que les femmes… Évidemment!…

-Beaucoup de femmes interviewées pour ce livre ont insisté sur l’importance de la marche quotidienne, du jardinage et du contact avec la nature, qui est une source d’inspiration inépuisable.

-« Je veux vivre dans un endroit paisible, à la campagne. Un endroit où je peux sentir l’herbe sous mes pieds, voir les étoiles la nuit… Ma petite voix intérieure me dit de rechercher toutes ces choses qui nourrissent à la fois ma créativité et ma spiritualité ». (Leslie Neal).

-Les vrais choix positifs de la vie sont: vivre dans un endroit qui vous plait, faire un métier que vous aimez, vous entourer de gens qui vous font du bien, et prendre soin de votre corps, votre esprit et votre spiritualité.

-Personne ne peut vous dire ce qui est bon pour vous. Nous sommes tous des individualités uniques avec nos propres individualités uniques avec nos propres réactions aux évènements de la vie.

survivre aux périodes de vide créatif… Il y a des cycles dans la vie elle-même. Il y a des moments où nous sommes vidées d’idées, noyées dans une mer de néant… Les femmes sages l’acceptent et sont confiantes dans le fait qu’à un moment, l’inspiration va revenir. Il faut lâcher prise et rester fidèle à soi-même. Et surtout croire fermement que quelque chose va apparaitre. La vie est faite de cycles et n’est jamais toute droite. Prenez au minimum une semaine de vraies vacances par trimestre pour explorer de nouveaux centres d’intérêt, terminer un projet artistique qui vous tient à cœur, ou simplement pour recharger vos batteries. Faites confiance à l’univers. Les choses trouvent le moyen de s’arranger…

-Lisez les biographies des gens qui vous inspirent.

-Ménagez-vous de grands moments de solitude. Votre créativité doit être une priorité pour vous. Passez des journées entières à méditer, dessiner, écrire, lire et jouer avec vos idées. Apprenez à dire non aux gens qui pompent votre temps et votre énergie. Faire de votre créativité artistique une priorité veut dire que vous acceptez de ne pas être parfaite dans votre ménage, votre métier, vos relations amicales et sociales…

-Beaucoup de femmes créatives tiennent un journal de leurs réflexions et de leurs idées. Écrire est beaucoup plus qu’une « technique ». C’est un appel pour aller explorer ses propres profondeurs.

Réfléchissez et répondez à ces questions:

-Qu’est-ce qui vous inspire?

-Qu’est-ce qui vous passionne?

-Quel genre de livres ou de magazines lisez-vous?

-Avec quel genre de personne aimez-vous discuter?

-Quel genre d’activité stimule votre créativité?

Et surtout : -Qui êtes-vous VRAIMENT? Quelles sont vos valeurs, vos croyances? A quoi sert votre passage sur terre? Qu’est-ce qui est important pour vous? Pourquoi? Quelles sont vos idées sur la religion? La vie après la mort?… Au fur et à mesure que vous réfléchirez à ces questions, vous constaterez alors que le paysage va commencer à être de plus en plus dense, vous allez commencer à creuser les vraies questions de vos peurs, vos espoirs, vos rêves… Cela constituera votre « matière artistique ».

Laissez cet exercice être le début d’un journal créatif, un cahier d’idées et d’images. Un carnet d’inspiration…

Amusez-vous avec vos idées et faites de cette recherche artistique une véritable aventure de vie.

 

« Le bonheur est dans la nature ». un livre de Marc Giraud, aux editions Delachaux et Niestlé.

9782603025550-475x500-1Encore un livre de plus sur les bienfaits de notre reconnexion avec la nature, me direz- vous…

Mais celui-ci est particulièrement agréable à lire. L’éveil des sens qu’il propose à travers quelques exercices pratiques accessibles à tous, permet de faire taire le mental et de tester le lâcher prise. Quand vous traversez des difficultés, que les contrariétés s’amoncellent à l’horizon, ne perdez pas de vue ce moyen très efficace de vous remonter le moral. L’immersion dans la nature provoque une joie intense, un bonheur étrangement simple, mais fort, viscéral. .

« Nous sommes des enfants de la nature. Notre humanité et nos racines biologiques plongent dans la nature sauvage, nous y avons été pétris pendant des milliers d’années ».

La « biophilie » avance que les humains sont, de façon innée, attirés émotionnellement par les paysages naturels. Cette attirance pour la nature est universelle et partagée par toute l’humanité.

« L’immensité de la nature est une source infinie de curiosité et d’explorations. Elle ouvre l’imagination. Sa beauté extraordinairement diversifiée mais toujours harmonieuse, stimule l’inspiration et la création. »

Se réfugier dans la nature permet de refaire le plein d’équilibre, de sérénité et de hauteur, afin de pouvoir affronter ce monde avec plus de solidité.

Quelques chapitres intéressants du livre (avec des extraits choisis):

-Libérez vos sens: en prenant conscience du fonctionnement global de notre corps, il nous est possible de savourer cette joie simple d’exister, d’être là..

L’inspiration vient en marchant: « en marchant, on renoue avec son corps, on reprend le contact avec la terre et avec le ciel. On s’inscrit dans le paysage, on se réapproprie l’espace, on s’ouvre à la grandeur du monde. En marchant, on rejoint aussi d’autres sphères, celles qui font jaillir en nous les idées spontanées et l’inspiration. Jean-Jacques Rousseau, comme tant d’autres écrivains, poètes, philosophes, peintres, musiciens ou scientifiques, ne pouvait pas penser et créer sans marcher. En marchant, on avance aussi intérieurement.

-Le bonheur est dans le présent.

La musique de la nature: « les sons de la nature agissent comme des caresses vibratoires et nous transmettent du bien-être ».

Dessinez une fleur: « Tout comme la nature, il est un domaine qui nous soutient dans les épreuves de l’existence et qui nous accueille toujours, quel que soit notre moral, c’est l’art. L’un est propice à l’autre: pratiquer un art dans la nature réunit donc deux grands alliés de notre bien-être ».

Et ce chapitre, que je trouve absolument fabuleux et qui me donne l’envie d’écrire un article approfondi  sur le spectacle grandiose de la voûte céleste… ( Cet été, j’envisageais, avant le débarquement de cet inquiétant virus dans notre pays, de faire un séjour à l’Ile aux étoiles, dans le Quercy, juste pour cela… C’est sans doute remis à une date ultérieure… A la place, je vais observer les étoiles dans le ciel Aveyronnais… Ce qui est très bien aussi puisque la pollution lumineuse y est très faible…)

Passez une nuit à la belle étoile: « Au dessus de nos têtes, le ciel étoilé nous plonge dans une immensité vertigineuse. Nous prenons conscience que notre corps est une interface entre l’infiniment grand et l’infiniment petit, entre un espace extérieur et un espace intérieur insondables. Nous nous posons des questions sur notre place dans l’univers. Regarder un ciel étoilé procure toujours une impression magique de rêve et d’enchantement. La nuit, la lune et les étoiles, c’est de la poésie à l’état pur. Le ciel nocturne éveille en nous des fascinations primitives profondes. Au dessus de nos têtes s’étend une immensité semblable à celle que regardaient nos ancêtres, ouvrant un passage à travers le temps, nous faisant entrevoir l’éternité.

Une ballade dans la nature, en pleine conscience, et avec ce sentiments profond de connexion, est une moyen particulièrement efficace pour lutter contre le blues. C’est le moment idéal pour commencer à organiser vos prochaines ballades estivales pour vous ressourcer… Tout le monde en a grandement besoin…

Nature CT