« Célébration de la beauté »(Roland de Miller). Le livre qui me conforte dans mon envie de tenir ce blog et de persévérer dans ma quête de beauté…

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Petit matin

Depuis le jour où j’ai créé ce blog, j’ai eu envie de mettre en avant l’importance de la beauté et de l’émerveillement dans nos vies quotidiennes. Mes articles sont essentiellement consacrés à la beauté (dans l’art, dans la nature…), et à l’importance d’entretenir nos facultés d’émerveillement.

Sans trop m’en expliquer les raisons, depuis mon plus jeune âge, j’ai expérimenté le fait que nos capacités d’émerveillement étaient un vecteur essentiel de notre bien-être et de notre joie de vivre…

La lecture de ce livre m’a permis de comprendre de manière concrète le mécanisme qui opère en nous lorsque nous entretenons cette faculté d’émerveillement devant la beauté. Et il m’a conforté dans cet instinct que j’ai, depuis toujours, de la chercher et de m’en nourrir chaque jour.

Pour Roland de Miller, l’auteur de ce livre, la civilisation occidentale, complètement droguée par le mythe de la croissance économique et démographique, court tout droit à son effondrement. L’auteur n’est pas tendre dans ses réflexions sur l’humanité en général, sur la surconsommation, sur l’univers de l’argent et du profit, sur la sacralisation de la technologie, et notamment sur la mentalité des français:  » Ce qui est effarant, ce ne sont pas tant les catastrophes en elles-mêmes que l’aveuglement avec lequel on continue à les répéter par un système suicidaire et intouchable: c’est l’idéologie de la croissance… et de la crétinisation des masses. […] Notre pays est extraordinairement beau et varié mais les français ne s’en montrent pas dignes. Le français, technophile et automobiliste acharné, gros consommateur de pesticides et de médicaments, bouliste, téléspectateur, grégaire mais individualiste, chauvin, souvent fumeur et chasseur, friand de polémique politicienne et de matchs de football mais ignorant en matière de nature, d’écologie et d’art, est un fossoyeur de la Beauté, même s’il ne le veut pas consciemment » (Oui, je vous l’ai dit: il y a des vérités qui sont difficiles à entendre!…). Il ajoute: « Dans quelques décennies, les pays d’Europe n’auront plus qu’un seul visage uniforme à offrir. C’est consternant. On appelle ça la mondialisation. ça me donne la chair de poule! Car ce qui fait la beauté de notre planète, c’est sa diversité, et non son uniformité. Perdre ses racines, sa culture, ses paysages naturels, son folklore, c’est perdre son identité ».[…] Pour des milliards de citadins à travers le monde, le cadre de vie urbain est donc devenu de plus en plus absurde et invivable. »[…] « Il y a des millions d’âmes dans notre monde qui ne peuvent supporter le silence; il leur faut constamment être baignées de bruit et d’agitation. Quel sentiment de la nature peut-il y avoir chez des individus dont les oreilles sont en permanence trépanées par le rugissement des motos, le hurlement des sirènes de police, et des musiques agressives? Cette agitation frénétique est le reflet de la profonde aliénation psychique et spirituelle qui rend nos contemporains incapables de sérénité et d’élan sincère vers la beauté.[…] Désormais, les compétitions sportives, la musique techno, la bagnole, Internet, la politique-spectacle et les milles frivolités de la consommation ostentatoire ont un attrait bien plus fort auprès du grand public que tout ce qu’on pourra dire sur l’Art, la Nature ou la culture. »

L’auteur est plutôt alarmiste: « Nous allons à la catastrophe, nous le savons depuis longtemps mais nous y allons quand même ». Il va très loin dans ses propos (parfois même un peu trop, à la limite de théories complotistes auxquelles je n’adhère pas personnellement). Mais nombreuses de ses affirmations sont tout de même pertinentes, et difficiles à contester, même si elles peuvent déplaire. Et surtout, son propos essentiel sur l’importance capitale de la beauté pour la survie de l’humanité et la manière dont tout cela s’opère en nous, est franchement passionnante. Il constate avec inquiétude que, dans tous les domaines, le sens et la présence de la beauté sont en passe de s’étioler, et déserte nos vies quotidiennes de citadins pressés.

Roland de Miller est ainsi devenu un des précurseurs de ce qu’on appelle « l’écologie profonde », c’est-à-dire la réflexion sur les liens entre l’écologie et la spiritualité. Et j’aime cette phrase dont la lecture a eu un écho tout particulier en moi, sans doute parce qu’elle correspond pleinement à mon ressenti actuel:

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« J’ai le sentiment océanique et puissant que dans la valeur suprême de la Beauté, sous ses formes multiples, viennent converger toutes les motivations de mon existence. Tous mes écrits antérieurs aboutissent maintenant à cette quête essentielle. Je sais maintenant que j’ai trouvé mon Graal: ce que j’ai de plus précieux au fond de mon cœur, c’est l’adoration mystique de la Beauté divine de la Création. »

« Toutes les conditions se sont progressivement réunies pour faire de moi un être mystique, à la fois fasciné par les beautés de la Nature et engagé dans le combat chevaleresque pour sa sauvegarde »‘.

« Je reçois les rayons du soleil en plein cœur et je n’aurai de cesse de chanter la magnificence de l’univers ».

« La nature est un talisman: j’y cherche sa vibration magique, des élans et des visions cosmiques… […] J’y cherche aussi une vie, de l’inspiration pour mes jours… » (et là encore, je me reconnais dans cette quête…)

 » Chacun a sa voie. La mienne est celle de la Beauté. Je suis un apôtre de la Beauté ».

Pour Roland de Miller, il est maintenant urgent de redonner à l’écologie ses lettres de noblesse en approfondissant ses dimensions culturelles et philosophiques. Cette approche de l’écologie me touche particulièrement…

« Pour célébrer la beauté cristalline du monde, je crois qu’il faut la porter déjà en soi-même, cultiver un sens de l’harmonie sans lequel nous traversons la vie en aveugles indifférents et bornés. Il y faut un regard de poète, d’artiste ou de créateur engagé au service de la vie et de la Terre. »

« A quoi sert la beauté? A nous rendre plus humains, plus sensibles, c’est-à-dire à élever notre conscience de la Vie et de l’Univers. Rien de moins. »

« Face à la société folle et déboussolée, la célébration de la Beauté comme antidote. C’est le plus grand défi de ma vie ».

« Face à l’actualité qui nous apporte son lot quotidien de laideur, de crimes et de catastrophes, la meilleure façon de se ressourcer et de se fortifier, c’est d’élever son âme et de contempler la beauté ».

L’écologie et l’esthétique sont intimement liées, et derrière le combat écologique, c’est bien la beauté de la Terre qui doit fonder nos vraies motivations et déterminer nos plus profondes raisons de sauvegarder la Nature.

Au niveau individuel, la beauté peut littéralement nous guider spirituellement. Mais l’auteur va encore plus loin:

 » Aujourd’hui, je suis de plus en plus convaincu que la Beauté est une de ces valeurs maîtresses qui peut, au niveau individuel, nous guider spirituellement, et au niveau collectif, enrayer l’effondrement culturel sous le coup de la mondialisation économique. » A propos de l’effondrement culturel, Roland de Miller fait ce constat: « Les gens lisent de moins en moins et c’est dramatique. La culture ne passe pas forcément par le livre mais avec l’abandon de la lecture, disparaissent aussi des qualités intellectuelles essentielles comme la structuration du langage, la diversité du vocabulaire, la concentration mentale, l’imaginaire, la réflexion personnelle, la mémoire collective, la liberté d’opinion, la créativité artistique, le sens de la beauté et du patrimoine ».

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« La beauté ne se perçoit pas du premier coup d’œil. Il y a une éducation des sens. Entraîner, éduquer, affiner ses sens nous permet de garder ou retrouver l’esprit de finesse. Enrichi par le goût de la découverte, de l’aventure et de la méditation solitaire, le sens de la beauté est donc assez personnel. »

« Dans les grandes villes, avec l’explosion des modes, des manières de vivre et des gadgets, est-ce que demain la notion de beauté aura encore un sens? C’est le despotisme de l’insignifiance. Les gens ne s’intéressent plus qu’à eux-mêmes : la maladie mortelle de notre époque c’est le narcissisme.[…] La Beauté qui leur est éventuellement proposée de temps à autre est celle du futile, du clinquant, du prédigéré, du luxe voyant et provocateur, des modes passagères… Cette beauté superficielle, décorative, plus ou moins artificielle, est l’expression de l’ignorance, de la pauvreté intellectuelle et morale » (je vous avais prévenu: certains arguments sont un peu durs à entendre dans ce livre, mais qui peut dire qu’ils sont faux? Ces réflexions me font penser à cette mode des selfies et des réseaux sociaux sur lesquels les gens aiment poster le moindre de leurs faits et gestes, même les plus anodins, comme si leur petite personne était la chose la plus intéressante du monde!))

Le livre est un sacré pavé (600 pages! Quand même!…). Il faut être motivé ( je l’étais!). Mais il est vraiment passionnant. Roland de Miller y fait un usage important de citations, nous faisant découvrir au passage de nombreuses personnalités remarquables (écologistes, artistes, écrivains, philosophes…). Et rien que la bibliographie, à la fin de l’ouvrage, fait 35 pages à elle toute seule!… C’est une mine d’or pour découvrir de nombreux autres livres sur le sujet de la Beauté, de la Nature, de l’art, de l’écologie. Une longue liste de trésors…

Quelques citations du livre:

Nicolas Hulot: « Souvent nous regardons sans voir, nous nous contentons du spectaculaire. Il faut probablement un long parcours initiatique, semé de grands chocs émotionnels, de rencontres bouleversantes qui petit à petit exercent la réceptivité, libèrent la sensibilité, pour enfin accéder à la vue. Les choses insignifiantes deviennent alors remarquables et soudain tout vous parle. »

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Claire Fabre: « Qui n’a jamais fait dans sa vie l’expérience d’être bouleversé par la beauté d’un paysage, d’un chant d’oiseau, d’une œuvre d’art, ou même d’un geste ou d’un regard? Ces moments fugitifs font oublier toute pesanteur, tout souci, toute barrière culturelle, jusqu’à la notion du temps. C’est l’être qui affleure alors, dans un moment de plénitude où l’homme se trouve à la fois unifié en lui-même et relié au monde. »

Ralph Waldo Emerson: » La Nature sert un des plus nobles besoins de l’homme, à savoir le besoin de beauté. Le monde existe donc pour l’âme dans le but de satisfaire le désir de beauté. J’appelle cela une fin ultime. On ne peut demander ni donner la raison pour laquelle l’âme recherche la beauté. La beauté, en son sens le plus large et le plus profond est une expression de l’univers ».

Dostoïevski: « La beauté sauvera le monde »

John Keats: « La beauté est vérité, la vérité est beauté, voilà tout ce que vous devez savoir, et tout ce qu’il faut savoir ».

Bertrand Vergely:  » L’émerveillement est un art de vivre. Mieux, une condition vitale. Une réponse à un monde désenchanté. Nous pouvons quelque chose face à la tristesse et à la violence du monde. Cela commence par une attitude intérieure, une façon de penser. S’émerveiller, c’est se réveiller. Ce qui nous fait mourir, ce n’est pas la mort, c’est de ne pas vivre. Il n’y a pas d’autre tragique. »

Rachel Carson: « Le monde de l’enfant est pur, neuf et beau, plein de merveilles et d’émotions. C’est notre malheur à la plupart d’entre nous que cette vision clairvoyante et limpide, cet élan instinctif pour ce qui est beau et impressionnant, soient obscurcis et même perdus avant d’atteindre l’âge adulte. Si j’avais une influence sur la bonne fée qui est supposée présider au baptême de tous les enfants, je lui demanderais que son don à chacun soit un sens de l’émerveillement si indestructible qu’il puisse durer toute une vie, comme un antidote infaillible contre l’ennui et le désenchantement ultérieurs, la préoccupation stérile pour des choses artificielles… »

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« Célébration de la Beauté » Ecologie profonde: la femme, la nature, l’art et la spiritualité. de Roland de Miller aux éditions Sang de la Terre.

« S’émerveiller »… Un court-métrage de Simon Maurissen, primé au festival « Nature » de Namur en 2017 .

Aujourd’hui, j’aimerais vous faire partager ce petit cadeau matinal… En vous proposant un réveil en douceur avec

ce film primé au festival de Namur… « S’émerveiller ».   Bonne journée à vous…

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« Osons l’émerveillement ». Un livre de Philippe Baudassé et Emmanuel Navarro.

Ce petit livre très court est un trésor que j’ai envie de partager avec vous. Son contenu fait un bien fou, au milieu de l’actualité morose qui a tendance, ces temps-ci, à jeter un voile opaque sur notre horizon…

Déjà, j’aime le titre: « Osons l’émerveillement ». Par les temps qui courent, déclarer croire encore au pouvoir de l’émerveillement est effectivement osé! Il faut s’accrocher sérieusement pour résister à l’accumulation de nouvelles angoissantes!… Mais ce livre a le mérite de nous y aider… Un peu…

Vous savez sans doute que l’émerveillement, sous toutes ses formes, est un des fils conducteurs de mes articles. J’en ai compris l’importance et les bienfaits depuis très longtemps. Et ces derniers mois, il m’est devenu « essentiel » (mot devenu très à la mode!…) d’en rechercher toutes les occasions. La lecture de tous les livres sur le sujet de l’émerveillement m’intéresse donc tout naturellement, et me permet d’en approfondir tous les aspects. J’essaie de garder une certaine foi en ce qu’on appelle la « pensée magique » et surtout je crois aux bienfaits d’un certain regard sur la nature et sur le monde… Mais beaucoup de gens autour de moi objectent que le monde va mal, que tout est bien sombre et que mes arguments en faveur de l’émerveillement sont un peu déconnectés des réalités, voire carrément naïfs… Que la vie m’a gâtée de bien des manières et qu’il est un peu indécent de ma part de parler d’émerveillement à des personnes qui traversent des drames, des guerres et autres catastrophes naturelles… Difficile de répondre à cela, même si je sens, au fond de moi, que ce n’est pas le même sujet!.. Et c’est précisément sur ces arguments-là que ce livre m’a apporté un éclairage un peu différent!. « Osons l’émerveillement » est un petit livre court et très vite lu, mais c’est aussi un des plus enrichissants sur ce sujet.

Voici quelques extraits choisis:

« N’y a-t-il pas quelque chose d’obscène et de déplacé à vouloir inviter chacun à s’émerveiller alors que le fardeau de la vie ne permet pas toujours de savoir comment trouver le pain d’aujourd’hui, la façon d’affronter seul une maladie ou une soudaine perte d’emploi, de trouver comment faire face à un deuil cruel et inattendu? Le décalage semble considérable entre le monde réel dans lequel nous vivons et le monde magique et illusoire du merveilleux ».

« Devant les drames de l’existence-qu’ils soient personnels (maladie, deuil, séparation, perte d’emploi…) ou collectifs (catastrophes naturelles, épidémies, attentats, guerre…)- peut-on encore parler d’émerveillement? Certes, la première pensée se tourne vers l’épreuve qui se présente et ceux qui la traversent.[…] Mais beaucoup indiquent que, sans perdre de vue le drame ni banaliser l’épaisseur de la tragédie, ces instants permettent parfois de trouver aussi et de façon surprenante, un sens renouvelé de la vie. »

« Sans rien opposer,peut-être nous faut-il accepter de perdre la notion de merveilleux de l’enfance, pour trouver celle de l’âge adulte, passée au creuset des difficultés de la vie: purifiée, amplifiée, décomplexée, grandissant au même rythme que notre découverte du monde et de ses trésors ».

« Nous pensons trop vite avoir fait le tour des choses: de soi, de la vie, des autres… N’est-ce pas un peu présomptueux? ».

« L’émerveillement de l’âge adulte consiste à croire que nous avons encore à apprendre des autres, du monde, de la vie, de nous-même et de Dieu peut-être ».

« Et s’il s’agissait en fait de nous donner à nous-même la chance de voir une autre partie de l’univers, insoupçonnée jusque là, ou plutôt de voir le même monde avec un autre regard? Et si l’émerveillement n’était pas autre chose que de regarder ce monde dans son habit de fête au lieu de ne considérer que son âpre nudité? ».

« Une autre sorte de merveilleux, à portée de main et inépuisable est celui que nous offre l’univers. De l’infiniment grand à l’infiniment petit; de la plus minuscule des étoiles aux poissons phosphorescents des fonds océaniques […] Le monde ruisselle de surprises que nous n’aurons jamais fini d’admirer ».

Photo de Magda Ehlers sur Pexels.com

« Les moments rares et intenses que nous offre cet émoi sont semblables à des étoiles filantes dont la beauté est un cadeau furtif que nous offre la vie ».

« Tout sur terre nous interpelle, nous hèle,mais si finement que nous passons mille fois sans rien voir. Nous marchons sur des joyaux sans les voir ». (citation de Christiane Singer).

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« Et puis il y a aussi l’émerveillement suscité par des « miracles » ordinaires: conjugaison au même moment de facteurs improbables, qui fait advenir l’inespéré ».

« L’émerveillement surgit dès que nous acquiesçons de toutes nos forces à ce qui est, sans pour autant que l’ego prenne toute la place. Nous pourrions alors contempler tout bonnement le paysage époustouflant qui s’offre à nous, au lieu de se servir de ce paysage comme la toile de fond de notre nouveau selfie. Tant de fois nous préférons nous mettre en scène en des lieux insolites ou en compagnie de célébrités afin de montrer combien notre vie est formidable. Mais ces clichés seront-ils le souvenir d’une authentique rencontre, ou reflèteront-ils seulement le désir un peu vain de nous mettre en avant par tous les moyens? Notre découverte de la planète aujourd’hui ne se fait trop souvent qu’au travers de nos tablettes et téléphones. Nous ne prenons plus le temps de savourer le panorama et n’assistons plus vraiment aux évènements: nous les filmons! Et dans cette virtualité qui s’instaure, notre rapport au monde change et prend une désolante distance. »

« Qu’est-ce au fond que l’émerveillement, si ce n’est être vivant? Or, être vivant est un élan amoureux. Comme l’amour, l’émerveillement se rencontre donc en toutes saisons, par tous les temps, de jour comme de nuit, dans la joie comme dans l’épreuve. Certes il est des moments plus ardus qui nous masquent l’avenir et stoppent net nos projets. Mais il restera toujours ce regard amoureux qui pose sur les personnes et les situations une lumière bienfaisante et inespérée. Avec recul et lucidité, nous ferons mémoire des meilleurs moments comme des plus éprouvants, les baignant du même amour puisque chacun d’eux nous a nourris et façonnés, d’une manière ou d’une autre ».

« L’émerveillé n’est pas quelqu’un qui cherche du sensationnel partout, mais quelqu’un qui laisse la beauté du monde et des êtres rejoindre et bousculer sa vie.[…] L’émerveillement est donc ce ravissement pouvant se déployer à tout moment, quel que soit l’âge et les circonstances de la vie: il faut savoir le sauvegarder précieusement en chaque période de l’existence ».

« S’émerveiller »… Le très bon livre de Belinda Cannone sur le sujet de l’émerveillement.

Je suis une « émerveillée » de nature. C’est comme ça depuis que je suis toute petite. Disposition naturelle… Ou génétique… Ou aptitude acquise, grâce à l’éducation… (Mon père était aussi un contemplatif et un rêveur… Il attirait toujours mon attention sur les belles choses)… Ou acquise grâce à mon métier d’hôtesse de l’air, qui m’a permis de sillonner le monde et de découvrir tant de merveilles? Ou peut-être un peu tout ça à la fois…

La pandémie de Covid 19 et le confinement qui a suivi m’ont donné l’occasion de réaliser de manière encore plus vive, l’importance de préserver ses facultés d’émerveillement, pour traverser plus sereinement l’étrange période que nous vivons. Et, plus généralement, pour vivre une vie plus riche et plus intense…

Je me suis donc organisé une sorte de « retraite post-confinement », pour réfléchir à tout ça, et pour cela, j’avais besoin de trois choses essentielles:

  • Un endroit en pleine nature. Un endroit calme où l’air est pur… où je n’aurai qu’à passer la porte pour être au milieu des champs et des arbres et pour marcher autant que j’en aurai besoin. Un endroit silencieux pour écouter juste le chant des oiseaux, les nuages qui passent et le bruit de l’herbe sous mes pas… (La campagne m’a tellement manqué pendant le confinement. Hors de question d’avoir à passer cette rentrée en région parisienne! Trop flippant à mon goût! Trop de monde! trop de bruit! trop de pollution!…). J’ai la chance inouïe de pouvoir le faire, alors je le fais et je savoure…
  • J’avais bien-sûr également besoin de mon matériel de dessin, pour mes incontournables carnets créatifs. Dessiner les choses est le meilleur moyen qu’on ait trouvé pour observer profondément. Et la contemplation est une forme de méditation vraiment très efficace… Et tellement agréable!…

-Enfin, j’avais besoin d’une sélection de livres à savourer sur le sujet de l’émerveillement et de la beauté de la nature. Ces sujets qui me passionnent tant.

Ah! Et puis j’avais quand même aussi besoin de mon ordinateur… Pour écrire!… Une autre de mes activités favorites… Et pour la rédaction des articles de ce blog, dont je vous rappelle le sujet de base, depuis sa création en 2017: « cultiver ses facultés d’émerveillement »…

Et aujourd’hui, j’aimerais vous parler d’un de ces livres, dont je viens de terminer la lecture. Il s’agit du livre de Belinda Cannone, qui s’intitule « S’émerveiller ». L’auteur introduit son livre comme ceci:

« J’étais comme toujours émerveillée par les objets et les paysages simples qui m’entouraient, sentant que dans les années à venir, atteindre la concentration indispensable pour vivre plus continûment dans un état de vigilance poétique serait ma grande affaire, car seules cette concentration et cette vigilance permettent de ressentir pleinement la puissance de l’existence, des lieux et de la joie. Je décidais d’écrire un essai où j’explorerais ce travail intérieur qui permet d’ouvrir assez les yeux sur le monde pour en percevoir toute la beauté.

Très consciente du fait que le monde va souvent mal, et face à sa déception, parfois, face à la nature humaine, Belinda Cannone écrit:

« J’ai toujours déploré que le XXème siècle se soit à ce point complu dans le négatif […]? Cela ne m’a pourtant jamais empêchée de percevoir la beauté et d’accueillir la joie, quand elle venait, en dépit de l’inquiétude ». A méditer, par les temps qui courent!…

« L’émerveillement résulte du regard désirant posé sur le monde […]. Parce que le monde est fait pour nous, il recèle ce que notre désir sait y convoquer. Un hasard n’est souvent qu’une vigilance inconsciente. »

« Le désir général de vivre, comme celui, plus aigu, d’aimer, est une réponse à l’enténèbrement. Soudain se présente sous nos yeux une chose, un paysage, une personne (qu’on ne savait pas attendre) et dont on réalise qu’il correspond pourtant à un désir; inimaginé, inespéré, et cependant accordé au plus secret, connivent. Cet écart -l’objet est inattendu mais mystérieusement ajusté- est la condition (la définition) de l’émerveillement dont on peut dire, en ce sens, qu’il n’est jamais ce qu’on cherche mais ce qui survient.« 

« Je sais que le retrait dans la solitude des champs est la situation propice à la concentration et donc à l’ émerveillement.

« Tous les hommes ont vécu cette expérience du regard levé vers la voûte étoilée. Quel sentiment nous étreint alors? L’émerveillement devant l’immensité de l’univers, l’immuabilité du ciel, la sensation d’un temps qui nous précède et nous suivra ».

« S’émerveiller, c’est d’abord saisir la présence des choses et des êtres ».

« Les circonstances de la vie ordinaire sont de nature à contrarier notre capacité d’émerveillement et c’est pourquoi la solitude, souvent, accroit les chances de l’éprouver. Faire taire les bruits et l’agitation du monde pour se rassembler en soi, se concentrer. »…

Et c’est ce que je fais dans cette « retraite » si particulière, au sein de cette nature si calme et si paisible…

« L’émerveillement est une foudre délicate qui s’inscrit fugitivement au ciel- pauvre écrivain qui prétendrait la fixer! ». Et pourtant, Belinda Cannone le fait très bien!

« Ils (les oiseaux qui pépient) manifestaient la joie d’être en vie, de se répandre dans le ciel vaste, de faire courir leurs trilles selon les mille lignes de fuite qui nous relient à l’univers, de sentir l’existence, c’est-à-dire l’énergie pure du désir. Les oiseaux venaient de lui rappeler la possibilité d’éprouver le désir de vivre. L’émerveillement n’est-il pas, à travers l’expérience déroutante (qui nous fait sortir de notre route) de la beauté, le rappel de notre intime relation avec le monde et le profond assentiment au fait simple d’être vivant?« 

Tout est dit ici… Et de la plus belle façon. J’ai vraiment beaucoup aimé le style d’écriture, et la manière dont certains sujets sont abordés.

Lecture vivement conseillée+++

Continuer à s’émerveiller… Pourquoi est-ce si important?

L’émerveillement est certainement l’une des plus grandes sources de bien-être au monde.

La beauté est partout, lorsqu’on sait la voir. S’en émerveiller est vital.

N’imaginez-pas que je vis perpétuellement dans un monde de Bisounours. Je suis parfaitement consciente des choses effrayantes qui se passent un peu partout dans le monde. J’ai aussi beaucoup d’empathie pour les personnes qui souffrent et qui traversent des épreuves dans leur vie. J’ai moi-même parfois eu des moments difficiles à affronter, comme tout le monde… Les périodes compliquées n’épargnent personne et la vie n’est pas toujours un long fleuve tranquille. Mais j’ai vite compris que le choix d’entretenir ses facultés d’émerveillement aidait énormément à la résilience. Et c’est pour ça que j’ai consciemment décidé de me concentrer sur les belles choses, notamment celles qu’on ressent au contact de la nature, et sur les pépites qui subsistent encore dans le cœur de certaines personnes inspirantes. Je choisis volontairement de focaliser sur la beauté et sur le côté merveilleux de la vie et c’est ma façon à moi de tenir à distance la peur,  et les idées négatives. Et j’aimerais vous aider à y parvenir vous aussi… En vrai… Vous le savez déjà: c’est la vocation de ce blog…

Passer du temps à admirer la course des nuages dans le ciel. Se dire que cette fine couche d’atmosphère qui enveloppe la terre est un vrai miracle. Observer les couleurs moirées des scarabées, continuer à s’étonner de celles des arcs en ciel… Tourner son visage vers la lumière du soleil qui joue avec le feuillage. Caresser un bout de soie, passer ses doigts dans le sable chaud et irisé d’une plage. Respirer le parfum inouï d’une fleur. Jouir de la beauté d’un texte bien écrit… Ressentir l’émotion d’un bon film dont l’histoire résonne avec la vôtre… Percevoir l’âme lumineuse de quelqu’un à travers un regard croisé… qui vous touche de manière inattendue… Tant de choses, dans la vie peuvent être source d’émerveillement… Il faut juste essayer de les voir et d’en prendre conscience, VRAIMENT.

J’ai lu récemment un article passionnant sur le livre « Du récit merveilleux ou l’ailleurs de l’enfance » de Alain Montandon (Ed Imago). L’auteur explique pourquoi il est si important de garder ses capacités d’émerveillement. La méthode pour y parvenir: Continuer à découvrir le monde avec enthousiasme et curiosité, tout en préservant ses facultés à s’émouvoir de choses simples. Et c’est cet aspect qui me plait. L’auteur nous rappelle la puissance radicale des premières sensations de l’enfance.

pexels-461202« La première cerise que l’enfant mange est une merveille; cette sensation est un absolu, car elle est détachée de toute référence, elle est unique. La première cerise vous foudroie de délice. Seuls le temps et l’expérience, qui relativise toutes choses, arracheront l’enfant à cette vive émotion, pour l’entrainer dans le cercle des habitudes, des compromissions, des fatigues de l’existence »…

DSC01122 - Copie - Copie (2)Cette réflexion m’a fait comprendre l’importance de préserver coûte que coûte nos facultés d’émerveillement. Regarder les choses avec la curiosité des premières fois, Croire que tout est possible, que les forces de l’univers sont capables de conspirer en notre faveur. Croire en l’existence des fées, en la magie de leurs interventions, me permet de conserver, envers et contre tous, ce regard d’enfant et cette vision étonnée sur la vie et sur le monde. Et c’est le meilleur moyen que j’ai trouvé pour m’aider à vivre, à me réparer lorsque c’est nécessaire, à retrouver cette sensation d’unité avec l’univers, d’osmose avec la nature et d’y puiser une sorte de douceur réconfortante…

Pensez-y, la prochaine fois que quelque chose vous touche par sa beauté. Gardez précieusement cette belle émotion au fond de votre cœur. Collectionnez précieusement ces moments. Et n’hésitez-pas à les faire remonter à la surface lorsque vous en éprouvez le besoin…

Très belle journée à vous…

« Voir la beauté du quotidien et s’en émerveiller ». le dernier livre du Ingrid Fetell Lee (traduit en français aux éditions Marabout)

51kyyDNY46L._SX365_BO1,204,203,200_Je viens de terminer la lecture de ce livre passionnant qui nous propose d’explorer ce qu’est la joie, d’où elle vient, et de réfléchir sur  toutes ces petites choses de la vie quotidienne qui parviennent à susciter universellement la joie et l’émerveillement… Cela m’a permis de découvrir Ingrid Fetell Lee, ancienne designeuse, qui a passé plusieurs années à pister les sources de la joie à travers le monde. A partir d’exemples concrets, nourrie par ses rencontres avec des artistes, architectes, décorateurs, jardiniers, spécialistes des couleurs, cette lumineuse personne nous donne des conseils précieux pour nous permettre de semer des graines de joie communicative. Elle nous démontre que les moindres gestes réjouissants ont leur importance au fil du temps. Que la joie n’est pas difficile à trouver et qu’elle est partout autour de nous si nous y prêtons attention. Et surtout à quel point, sous des apparences anodines, la recherche de la joie n’est pas quelque chose de superflu. La joie est liée directement à notre instinct de survie. Elle est une condition essentielle à une bonne santé physique et mentale. Tout simplement parce que la joie est source d’énergie. Et que l’énergie est vitale…

Bien-sûr, lire ce livre est la meilleure chose à faire. Mais en attendant, je vous conseille d’aller sur le fameux site « Ted Ideas worth spreading » » pour écouter cette conférence de Ingrid Fetell Lee donnée à Vancouver en 2018. Non, en fait, je vous demande, pour votre bien et celui de toute l’espèce humaine, d’écouter entièrement, tranquillement, et jusqu’au bout, ce petit discours de treize minutes … Il va vous faire comprendre quelques petites choses essentielles pour vivre mieux… Après… C’est vous qui voyez!… Mais à votre place, je le ferais… (écouter cette conférence ici) (et n’oubliez pas de cliquer sur la petite icône rectangulaire en bas à droite de l’image pour avoir les sous-titres en français…)