Sylvain Tesson: un écrivain-voyageur passionnant à découvrir, à lire, à écouter… très inspirant, en somme…

Sylvain Tesson: un écrivain-voyageur passionnant à découvrir, à lire, à écouter… très inspirant, en somme…

sylvain Tesson

(article furtivement publié par erreur dans le nuit du 14 novembre…Oups!… Désolée. Il n’était pas terminé. Cette fois c’est bon!…)

J’ai cité quelques fois Sylvain Tesson dans ce blog (notamment dans un article sur Vincent Munier écrit en novembre 2020, avec lequel il a voyagé et écrit un livre). … Cet écrivain-voyageur, géographe de formation, est un personnage atypique, connu pour ses voyages et ses expéditions souvent extrêmes ( ses traversées de continents entiers, à vélo ou à pied) dont il rapporte des carnets de notes ou des films. Il est aussi un auteur prolifique, devenu à présent un de mes écrivains préférés.

Sans avoir lu ses livres, j’avais entendu parler de l’auteur fantasque et de l’aventurier qu’il était avant son accident. En 2014, il chute du toit d’une maison qu’il avait escaladée, après une de ces soirées bien arrosées dont il était coutumier à l’époque. Il reste plusieurs jours dans le coma et sort de cet accident cassé de partout et en partie défiguré.

Ces derniers mois, je suis tombée plusieurs fois sur des reportages le concernant. L’intelligence de ses interventions à la télévision ou à la radio, a commencé à m’interpeller. Je trouve ses propos brillants et toujours très pertinents. J’ai notamment regardé l’émission littéraire « la grande librairie » de François Busnel dans laquelle Sylvain Tesson parlait de son parcours d’écrivain et de voyageur solitaire. Il racontait aussi son accident, sa convalescence et son cheminement pour se sortir de l’état dans lequel cette chute l’a plongé. Son histoire, sa façon de s’exprimer, son éloquence, ses idées et sa vision de la vie m’inspirent. J’ai commencé par lire le livre qu’il présentait ce soir-là ( « un été avec Rimbaud »). J’ai eu naturellement envie d’en lire un autre (« Une très légère oscillation »), puis un autre (« Sur les chemins noirs », dans lequel il raconte la marche « rédemptrice » qu’il entreprend après son accident, à pied et en solitaire, entre Le Mercantour et le Cotentin). Puis j’ai lu sa « Géographie de l’instant »… Et je me suis vraiment régalée avec chacun de ces livres.

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J’aime son style insolent, parfois drôle, parfois poétique… ses propos sont toujours plein de bon sens et d’intelligence…Je partage la plupart de ses idées sur la société, sur la marche du monde, sur la nature humaine, ainsi que son amour de la nature et des grands espaces. J’aimerais juste avoir un peu de sa virtuosité verbale.

Je ne suis pas la seule à m’intéresser au personnage, à ses idées et à son écriture, puisque je viens d’apprendre qu’un film inspiré de son livre « Sur les chemins noirs » est en tournage actuellement, avec le comédien Jean Dujardin dans le rôle de Sylvain Tesson. Il s’appellera « Sur les chemins de pierres », et je suis déjà impatiente de le voir.

Un autre film inspiré de son livre « Dans les forêts de Sibérie » était déjà sorti en 2016. Je vous propose de cliquer sur le lien qui suit pour visionner la bande annonce du film ( « Dans les forêts de Sibérie« )

Alors si aujourd’hui, un deuxième film est tourné sur ce personnage particulièrement inspirant, c’est plutôt une bonne nouvelle. Si c’est le moyen pour qu’un plus large public puisse le découvrir et ait envie de lire ses livres, ce sera une très bonne chose.

En attendant le plaisir de voir ce film, je vous propose ici de découvrir quelques extraits de ses livres, dont je vous conseille vivement la lecture.

-« Le bloc-notes est le genre qui convient le mieux au voyageur, à celui qui souffre de ne pouvoir consigner par écrit tout ce que sa curiosité lui offre d’émerveillement ou lui cause de chagrin. Qu’est-ce qu’un bloc-note? Un herbier. Sur le chemin, on cueille une aimable vision, dans un livre, on rafle une pensée. Une scène de la vie quotidienne nous émeut, nous indispose […] Dans le ciel, un nuage prend la forme d’un visage aimé. Ces copeaux, tombés de la roue du temps, sont jetés dans le carnet de notes. De l’harmonisation de ces instantanés jaillira une géographie de l’instant ».( Comme j’aimerais écrire comme ça!!!…)

« Il y a des êtres comme cela, insolents, désinvoltes, étrangers aux circonstances. La grotesque agitation de leurs semblables les ennuie au suprême. Ils savent le chant d’un oiseau ou le vers d’un poète plus importants que les affaires des hommes. A l’humanité empêtrée dans ses guerres, ils semblent dire: »un peu de silence, s’il vous plait! « . C’est vrai, quoi, dans ce monde, on n’entend plus le rossignol! »

-« Nous sommes entrés dans le temps de la connexion permanente […]Les auteurs explorent les bouleversements qu’Internet a provoqué dans tous les champs de nos existences, se félicitent de l’accélération cybernétique, s’enthousiasment de la révolution qui point. Peut-on se permettre un bémol? Et signaler que souvent, Fogel et Patino confondent la puissance de réseau, son avancée fulgurante, sa force virale, sa capacité d’envahissement, avec se valeur intrinsèque. Ce n’est pas parce que nous sommes tous connectés en permanence qu’il en sortira quelque chose. Disposer en un clic de tout le savoir du monde ne rend personne intelligent et Aristote a pu produire sa Métaphysique sans logiciel ».

« Il faut militer pour le recul des écrans qui envahissent le champ de nos existences. Et lutter contre ce discours marchand qui nous promet une société et un monde meilleur grâce aux nouvelles technologies. Nous sommes encore quelques mohicans à préférer le sens de l’orientation au GPS, le sentiment de la Nature à Google Earth, la truculence aux dictionnaires en ligne […] Ils oublient vite, ces hypnotisés du virtuel qu’en matière de technologie, il y a une chose sous nos cheveux qui s’appelle le cerveau. Et que cette très ancienne invention est autrement plus mystérieuse, puissante, passionnante, évolutive et prometteuse que toute application numérique clignotant tristement sur un écran livide. » (parvenir à critiquer la technologie avec poésie… Trop fort!)

-« Marcher, c’est célébrer la lenteur dans un monde qui s’agite; accepter l’ennui dans une société qui ne croit qu’au divertissement; s’adonner à un plaisir modeste dans un système où tout se paie; se replier dans ses pensées dans le brouhaha ambiant […] Flâner, courir les bois, se promener, musarder, sont des actes de liberté, minuscules certes, mais qui appartiennent à celui qui les accomplit ».

-« La marche est un alambic qui distille les scories du corps ».

-« J’ai identifié dans la marche et dans l’écriture des activités qui permettent, sinon d’arrêter le temps, du moins d’en épaissir le cours ».

« La lecture est un refuge par temps de laideur.[…]. Lire nous confirme que la solitude est un trésor. Lire c’est laisser une parole s’élever dans le silence, vous traverser, vous emporter et vous laisser, métamorphosé, sur le rivage de la dernière page. Pour que cette alchimie opère, il faut être seul ».

Extraits du livre « Une très légère oscillation »:

-« Ces derniers mois, j’ai souffert des bavasseries électorales, des huées des députés, des harangues de nos intellectuels. Tous ces gens clamant leurs certitudes sont passablement vulgaires. Si les bêtes et les fleurs sont si nobles, c’est par la grâce de leur mutisme suppliant. Comme il parait doux, le ballet silencieux des cumulus, après ces coulées logorrhéiques »

-« C’est l’aube, le ciel est pur, neuf. Les passereaux se réveillent en pépiant, une tourterelle, déjà, roucoule sous le toit, l’air a gagné quelques degrés de température et l’on entend le crépitement de la neige réchauffée par un rayon mauve. Un chat s’étire en craquant, une araignée répare sa toile éventrée par un drame nocturne, les premières pensées s’ébrouent dans la tête, encore gauches, encore engluées de sommeil. Et c’est dans un tel moment de jeunesse, de gloire et de grâce qu’il faudrait allumer la radio pour écouter les « matinales »?

-« La seule leçon que nous donnent les morts, c’est de nous hâter de vivre. De vivre plus, de vivre avidement. De s’échiner à un surplus de vie. De bénir tout instant.Et d’offrir ce surcroît de vie à eux, les disparus, qui flottent dans le néant, alors que la lumière du soir transperce les feuillages ».

« Le seul inconvénient de la disparition de l’humanité est qu’il n’y aura personne pour se réjouir de l’évènement ».

« La politique de l’enfant unique vient d’être supprimée en Chine. Désormais, chaque petit chinois pourra partager avec son petit frère ou sa petite sœur son désespoir de vivre dans un monde pollué à mort ».

-« Alain Peyrefitte avait raison, la Chine s’est réveillée. Les européens ne se sont pas encore rendu compte qu’ils étaient au menu du petit-déjeuner ».

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Extraits du livre « Sur les chemins noirs » (dont sera tiré le film évoqué plus haut):

« Il ne s’agirait pas de mépriser le monde, ni de manifester l’outrecuidance de le changer. Non! Il suffirait de ne rien avoir de commun avec lui. L’évitement me paraissait le mariage de la force avec l’élégance. Orchestrer le repli me semblait une urgence. Les règles de cette dissimulation existentielle se réduisaient à de menus impératifs: ne pas tressaillir aux soubresauts de l’actualité, réserver ses colères […] demeurer entre les murs de livres et les haies forestières ». ( Se souvenir de ce conseil génial!)

-« Les nouvelles technologies envahissaient les champs de mon existence, bien que je m’en défendisse. Il ne fallait pas se leurrer, elles n’étaient pas de simples innovations destinées à simplifier la vie. Elles en étaient le substitut.[…] Il était ingénu de penser qu’on pouvait les utiliser avec justesse. Elles remodelaient la psyché humaine. Déjà, elles régentaient la langue, injectaient leurs bêta-bloquants dans la pensée. La vie avait-elle plus de grâce depuis qu’elle transitait par les écrans? « 

-« Expression lue sur un panneau à l’entrée d’un chemin: »La praticabilité de cet itinéraire n’est pas garantie ». On devrait annoncer cela à tous les nouveaux-nés au matin de leur vie! »

Je vous propose de visionner l’émission « Thé ou Café » et de regarder cet ( Entretien avec Sylvain Tesson) dans lequelle Catherine Ceylac dresse un joli portrait de l’écrivain. Il y exprime sa passion des livres, nous parle de son travail d’écrivain, et nous parle un peu de lui. Je ne peux m’empêcher de penser que la richesse et l’aisance de son discours changent agréablement de ceux qu’on entend trop régulièrement sur la plupart des réseaux sociaux actuels, et se distinguent des discours tenus par tous ces « influenceurs » à la mode, venus de nulle part, souvent caractérisés par la pauvreté de leur vocabulaire et leur absence totale d’intérêt.

Et il y a aussi cet interview de 2013 :« Une liberté vertigineuse » dans laquelle il nous parle de sa passion des livres…

« Habiter poétiquement le monde », aux éditions Poesis. Choix des textes et conception de Frédéric Brun.

« Habiter poétiquement le monde », aux éditions Poesis. Choix des textes et conception de Frédéric Brun.

habiter poétiquement le monde

« Habiter poétiquement le monde »… Cette expression, empruntée aux célèbres vers du poète allemand Höderlin, n’a jamais cessé depuis deux siècles d’être citée ou commentée par des écrivains, des poètes, et des philosophes de tous les pays. Elle me touchait déjà avant de lire ce livre. J’ai croisé cette phrase plusieurs fois au cours de mes lectures ces derniers temps… notamment dans un autre livre passionnant qui s’appelle »célébration de la beauté »( de Roland de Miller), et sur lequel j’ai écris un article récemment.

Frédéric Brun a choisi des extraits de textes de grands auteurs pour constituer cette anthologie-manifeste proposant des pistes essentielles pour « habiter le monde poétiquement ».

Les textes sont classés en cinq périodes:

-Le monde romantique, avec Hölderlin, bien-sûr, mais aussi Novalis, Shelley, Lamartine, George Sand, entre autres…

-Le monde post romantique, avec Thoreau, Emerson, Nerval, Baudelaire, Rimbaud…

-Le monde moderne, avec Rilke (et son inoubliable lettre à un jeune poète), Proust, Tagore, Saint-Exupéry…

-Le monde du renouveau, avec Cocteau,Breton, Saint-john Perse…

-Et enfin le monde contemporain, avec Yves Bonnefoy, J-M Le Clézio, Christian Bobin, et bien-sûr Sylvain Tesson, dont je suis entrain de lire tous les livres un par un, et dont je ne me lasse pas…

Et ceux-là sont juste quelques uns des auteurs extraordinaires qu’on retrouve dans ce livre, sans oublier des personnalités d’autres disciplines, comme le sociologue Edgar Morin, l’astrophysicien Hubert Reeves et l’agriculteur biologiste Pierre Rabhi.

Lorsque tous ses auteurs évoquent leur désir d’habiter poétiquement le monde, ils ne parlent pas forcément d’écrire des vers à longueur de journée… Il est plutôt question ici d’une véritable manière de vivre et de regarder le monde…

Extraits:

-La poésie est le langage universel que le cœur tient à la nature.[…] Partout où existe un sentiment de beauté, de puissance ou d’harmonie, comme dans le mouvement de la vague sur la mer, dans la croissance d’une fleur qui étend dans l’air ses feuilles délicates, et dédie au soleil sa beauté, là est la poésie à sa naissance.Elle n’est pas une branche du métier d’auteur, mais « l’étoffe dont notre vie est faite ».(William Hazlitt

-Le poète a un sens particulier, c’est le sens du beau (George Sand)

-La poésie, c’est l’enthousiasme cristallisé (Alfred De Vigny)

-La poésie est, d’abord, une manière d’être au monde » (Colette-Nys Mazure)

-Avant que d’être changé, le monde n’a-t-il pas besoin d’être réenchanté? N’avons-nous pas besoin de l’aimer et de le contempler pour retrouver l’énergie d’en prendre soin? c’est cet amour profond de ce que j’appelle « la symphonie de la Terre », qui, au delà des constats alarmants sur les désastres actuels et à venir, me pousse à œuvrer à la mise en place de solutions(Pierre Rhabi).

-Être vivant, c’est d’abord savoir regarder.[…] Le regard donne son mouvement au monde. Il ne faut pas s’habituer. Il faut être stupéfait tout le temps, par chaque nouvelle vision.[…] J’ai cet infini jouissable de l’instant présent, durci en moi, un vrai diamant qui flamboie dans mon corps. (J.M. Le Clézio).

-La poésie a pour fin la quête spirituelle de la Beauté.[…] Le sentiment du beau est produit par l’émerveillement que le poète éprouve en face des chose de la création. Cet éblouissement de l’âme restitue aux objets leur fraîcheur originelle, il les renouvelle, les illumine, il rend aux mots qui les nomment une part de leur transparence.(Marc Eigeldinger)

-Dans cette lutte incessante que constitue le monde moderne, les contemplatifs sont les guerriers les plus résistant[…] Les poèmes du boulanger, ce sont ses pains… Je crois que, au fond, c’est ça la poésie, c’est juste un art de la vie. (Christian Bobin)

-La poésie n’est pas simplement un art du langage. Elle me semble porteuse d’une plus grande ambition, se voulant, au plan de l’existence, recherche d’une autre lumière et d’un autre langage pour donner sens à notre séjour, à notre habitation de la Terre. Aujourd’hui, nos vies sont gouvernées, pour l’essentiel, par une logique économique, une rationalité marchande, dont on voit bien, à la faveur de la crise en cours, combien elle est déraisonnable et dommageable à l’humanité tout entière.(Jean-Claude Pinson).

-Le moindre de nos gestes a son importance dans un monde qui apparait pour la plupart d’entre nous de plus en plus imprévisible; accrochons-nous à ces gestes et à ces mots simples pour habiter la terre avec un peu plus de lenteur, d’émerveillement et d’humanisme. (René Char)

-Il faut que l’homme habite poétiquement ce monde, qu’il cesse de courir après une croissance effrénée pour retrouver l’essence de son existence. Il doit tenter d’exister avec le plus de réceptivité possible, en contemplant les beautés qui nous entourent, en s’en nourrissant, s’en inondant l’âme et les yeux, en essayant chaque jour de regarder plus attentivement le ciel, la mer, l’écume, les arbres, le sourire d’un enfant, avec les yeux et l’esprit du poète.(Frédérique Brun)

Poésie, Cahier De Poésie, Le Romantisme, Vieux Cahier
« Pourquoi écrire va vous rendre heureux » traduction du best seller de Natalie Goldberg « writing down the bones ».

« Pourquoi écrire va vous rendre heureux » traduction du best seller de Natalie Goldberg « writing down the bones ».

Des millions de passionnés d’écriture aux États-Unis et dans le monde entier ont adopté la méthode proposée dans ce livre parce qu’elle a révolutionné leur manière d’écrire et d’affronter la page blanche. Publié en 1986 aux USA, j’avais lu ce livre à l’époque dans sa langue originale, mais lorsque je trouve une traduction, je préfère toujours lire les livres dans ma langue maternelle parce que les idées s’impriment mieux dans mon esprit. Et je viens précisément de trouver cette traduction récente du livre « writing down the bones »aux éditions Robert Laffont.

Pourquoi-ecrire-va-vous-rendre-heureux

Natalie Goldberg est américaine. Elle pratique la méditation zen et enseigne l’écriture depuis plus de quarante ans, notamment dans des ateliers d’écriture particulièrement appréciés outre-atlantique. Elle a écrit une quinzaine d’ouvrages, mais celui-ci est sans doute le plus connu.

Au delà d’une méthode, Natalie Goldberg s’attaque aux racines de la création littéraire, détaillant des mécanismes aujourd’hui confirmés par les neurosciences, et s’attache à ancrer l’écriture dans le quotidien. Elle offre de nombreux conseils extrêmement pertinents, des idées pour trouver le lieu idéal pour écrire, des conseils pour s’ouvrir à l’inspiration, pour écouter vraiment (plus on écoute avec attention le monde qui nous entoure, mieux on écrit); elle nous fait découvrir le pouvoir du verbe (les verbes fournissent l’énergie des phrases).

Elle nous apprend pourquoi et comment Écrire apaise et rend heureux.

« Nos vies sont à la fois ordinaires et mythiques. Nous vivons et mourrons, vieillissons en beauté ou tout ridés. Nous nous levons le matin, achetons du fromage blanc, et espérons que nous aurons assez d’argent pour le payer. En même temps, nous avons des cœurs magnifiques qui battent malgré le chagrin et les hivers que nous vivons sur terre. Nous sommes importants et nos vies sont importantes, à vrai dire magnifiques, et tous leurs détails sont dignes d’être rapportés.Voilà comment les écrivains doivent penser, voilà comment nous devons nous asseoir, stylo à la main ».

Natalie Goldberg conseille à ses étudiants de tenir ce qu’elle nomme un « journal de travail », consistant tout simplement à se livrer à « une pratique de l’écriture la plus régulière possible mêlant remarques quotidiennes, notes de lecture, idées, bribes, récits de rêves, fragments de récits, poèmes, enthousiasmes et colère… Dans un désordre propice au foisonnement, une sorte d’atelier à ciel ouvert qui permet de découvrir, petit à petit, comment fonctionne son esprit ».

L’élément de base de sa pratique de l’écriture est « la séquence chronométrée. »Il s’agit de choisir une période de dix, vingt minutes, ou même une heure… Et d’appliquer ce qui suit:

-1 Garder le stylo en mouvement (ne pas s’arrêter pour relire ni faire de pause)

-2 Ne rien raturer

-3 Ne pas se soucier de l’orthographe, de la ponctuation, ni de la grammaire

-4 Se laisser aller complètement (ne pas se censurer)

-5 Ne pas réfléchir. Ne pas essayer d’être logique.

-6 Aller droit au but (même si des choses effrayantes surgissent de votre écriture. Il y a sûrement beaucoup d’énergie à y puiser)

« Voici les règles. Il est important de les suivre, car le but est de percer le brouillard de son esprit, jusqu’à l’endroit où l’énergie n’est plus freinée par les bonnes manières, ni par notre censeur intérieur. »[…]Les pensées spontanées ne sont pas entravées par l’ego, ni par ce mécanisme en nous qui essaie de tout maîtriser et de nous prouver que le monde est solide, durable et logique. Or, le monde n’est pas permanent ».[…] Le moment présent recèle une énergie énorme. »

Autres extraits choisis:

« Au fond, si tu veux devenir un bon écrivain, il faut faire trois choses: beaucoup lire, écouter en profondeur, et beaucoup écrire. Et ne pas trop réfléchir. Entre simplement dans la chaleur et les couleurs des mots, des sons et des sensations et continue à faire courir ton stylo sur la page. »

« Si on lit de bons livres, de bons livres sortiront de nous quand on écrira.[…] Alors, écoute, lis et écris, tout simplement. Peu à peu, tu te rapprocheras de ce que tu as à dire, et tu l’exprimeras avec ta propre voix ».

« Ne te préoccupe ni de ton talent, ni de tes aptitudes: ils croîtront avec la pratique. On apprend à écrire en écrivant. C’est aussi simple que ça ».

-« Utilise des détails originaux lorsque tu écris. La vie est déjà tellement riche que si tu arrives à coucher sur le papier les vrais détails des choses telles qu’elles étaient et telles qu’elles sont, tu as à peine besoin de plus ».

« Plus on écoute avec attention, mieux on écrit ».

« Même quand tu n’es pas entrain d’écrire, tu restes un écrivain. Cela ne te quitte pas. Utilise tes sens comme un animal ».

« Je suis un écrivain. Un écrivain passe forcément beaucoup de temps tout seul à écrire.[…] Chaque fois que je suis désorientée, je me dis: Natalie, tu as prévu d’écrire. Maintenant, écris. Je m’en fiche que tu te sentes toute seule et complètement barge. »

« Reste lié à ton engagement dans cette pratique sauvage, idiote et merveilleuse qu’est l’écriture ».

Et je termine par des extraits de ce texte écrit par Natalie Goldberg, qui répond elle-même à la question qu’elle pose souvent à ses stagiaires: Pourquoi j’écris?

« J’écris parce que je veux vivre éternellement[…] Je suis peinée par l’aspect éphémère de nos vies, par le passage du temps. A la lisière de toutes mes joies est tapie l’angoisse que tout cela va disparaître…[…] J’écris parce que je suis seule et que je traverse le monde seule. Et si je n’écris pas, alors personne ne saura ce qui m’a habité…[…] J’écris parce que je suis folle, schizophrène, et je le sais, et je l’accepte, et parce qu’il faut bien en faire autre chose que d’aller dans une maison de fous. J’écris parce qu’il y a des histoires que les gens ont oublié de raconter… »

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L’automne au domaine de Courson

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Château de Courson

Ne passez pas à côté de la splendeur de l’automne!… On a parfois tendance à se promener dans l’espace vert le plus proche de notre domicile. Or, en allant parfois juste un peu plus loin, on n’y pense pas toujours, mais il existe de très nombreux parcs et jardins dans toutes les villes et dans toutes les régions de France. Souvent magnifiquement arborés, ces jardins botaniques ou paysagers, et ses parcs de châteaux, sont des endroits où la contemplation des couleurs de l’automne prend une dimension féérique.

Le domaine de Courson est un de ces « jardins remarquables ». Il possède une collection d’arbres extraordinaires. Ne manquez pas le Séquoia Géant, qui a obtenu le label « arbre remarquable de France », attribué par l’association A.R.B.R.E.S.. Le parc abrite beaucoup d’autres espèces rares, comme le cèdre bleu pleureur, le chêne pyramidal en forme de candélabre, les cyprès chauves de Louisiane, les tulipiers de Virginie ou l’épicéa du Li Kiang rapporté de Chine par Roy Lancaster.

Et quel que soit l’endroit où vous vivez, cherchez quels sont les plus beaux parcs et jardins de votre région, et allez-y! Profitez du splendide spectacle que nous offrent ces jardins arborés et ses parcs de châteaux, parés des teintes flamboyantes et de la lumière magique de l’automne; un excellent moyen de se remplir les yeux de couleurs éclatantes avant la plongée dans l’hiver.

Un dernier conseil: n’oubliez pas votre carnet à dessin et votre boite d’aquarelle!… Quand on voit de telles couleurs, on a envie de les poser sur le papier…

All-focus

La pelouse

A regarder aussi:

les photos du site officiel du domaine de Courson

(je dois l’avouer: elles sont plus jolies que les miennes!…)

Jonna Jinton, une attachante jeune artiste et blogueuse suédoise, amoureuse de la nature…

Je viens de découvrir la chaine Youtube d’une jeune artiste suédoise particulièrement attachante et surtout très inspirante, qui s’appelle Jonna Jinton.

A l’âge de 21 ans, alors qu’elle était au chômage depuis plusieurs mois, elle a décidé de quitter Göteborg et sa vie de jeune citadine, pour venir vivre toute seule dans la petite maison de vacances familiale, à Grundjärn, un village isolé du nord de la Suède, situé sous des latitudes où l’hiver est particulièrement rude mais où la nature encore sauvage, est belle à couper le souffle. Jonna a retrouvé là-bas le silence et la sérénité auxquels elle aspirait, ainsi que les grands espaces et la splendeur des paysages dont elle avait gardé le souvenir, et qui allaient devenir si essentiels à sa vie d’artiste et de femme.

Cet environnement naturel et somptueux lui inspire sa nouvelle passion: déclarer son amour de la nature grâce à ses mots et ses images. Autodidacte, elle commence toute seule à faire des photos, puis elle découvre la peinture…

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Elle écrit, fait de la musique, monte elle-même ses films avec de plus en plus de technique (elle utilise même un drone pour certaines prises de vues)… Elle puise son inspiration dans la Nature et surtout dans la lumière de ce ciel nordique aux hivers si longs et si rigoureux.

Bien-sûr, surtout les premiers hivers, ces conditions de vie extrêmes ont demandé beaucoup de courage à Jonna. Mais elle n’a jamais songé à retourner en ville, même dans les moments les plus difficiles. Très vite, elle a commencé à tenir un blog, où elle racontait les défis de sa vie quotidienne dans cet endroit isolé où l’hiver est glacial… Et elle constata avec surprise que le nombre de ses abonnés intéressés par ses propos et son mode de vie, augmentait rapidement. Au début, la liaison internet étant très chaotique, elle devait faire 120 km pour aller poster ses vlogs depuis le domicile de son frère… La connexion Internet s’est heureusement améliorée depuis…

J’ai beaucoup d’admiration et de respect pour son courage face à ces conditions de vie difficiles, mais je suis surtout très sensible à la poésie de sa vision artistique. J’aime sa manière de faire partager ses émotions. Et sa sensibilité à la beauté de la nature est en résonance avec la mienne, profondément… C’est la raison pour laquelle, j’ai eu très envie de vous faire découvrir cette jeune femme étonnante. Peut-être aussi parce qu’elle parvient à exprimer simplement et parfaitement, ce que je ressens moi-même au contact de la nature, et que je ne parviens pas toujours à expliquer à certains de mes amis citadins qui ont parfois un peu de mal à comprendre mon besoin de solitude… Contempler les grands espaces naturels et entrer en symbiose avec les éléments, sentir qu’on ne fait qu’un avec ce monde… Cette dimension spirituelle de communion avec la nature, est une expérience personnelle et intime. Il faut être seul et silencieux pour y accéder…Comme Jonna, même si j’ai toujours aimé ces moments de contemplation et d’immersion solitaire dans la nature, aujourd’hui je ressens ce besoin de grands espaces, de manière plus viscérale qu’auparavant; bouleversement en partie exacerbé par la crise sanitaire, mais aussi parce que j’ai expérimenté depuis, de quelle manière tout cela opère en moi. Et j’ai compris que le respect de ce besoin pouvait être particulièrement bénéfique pour stimuler l’imagination, pour me mettre profondément à l’écoute de ma propre voix intérieure, choses indispensables à l’émergence d’une inspiration plus personnelle, et surtout, SURTOUT… j’ai compris pourquoi tout cela était devenu essentiel à mon équilibre et à ma sérénité. Jonna Jinton est une toute jeune femme, mais elle a touché tout cela du doigt de manière précoce, et c’est assez remarquable. Je l’admire pour ça aussi…

Dans un de ses vlogs, on la voit sortir au petit matin, et saluer les fleurs qui viennent de s’ouvrir dans un rayon de soleil printanier… Je me sens tellement proche de ça… Et cette communion avec la nature, lorsque je la ressens profondément, m’apaise et me remplit de gratitude…

Regarder les vidéos de Jonna est un enchantement dont je ne me lasse pas. Il y en a de nombreux sur sa chaine YouTube, et ils sont tous très réussis, mais je vous conseille de commencer par visionner ce film: « the story of my life » dans lequel elle se présente très simplement, et raconte son parcours peu ordinaire… C’est certainement celui qui vous donnera le plus envie de la connaitre davantage…

Elle s’y exprime en anglais, mais il y a des sous-titres en français ( il vous suffit d’actionner les sous-titres sur YouTube et de choisir le français). Les images sont magnifiques et donnent envie d’aller s’installer dans un de ces lieux où la beauté des paysages sait si bien consoler les humains qui y sont disposés… (peut-être un lieu un peu moins longtemps enneigé tout de même!…).

Je me suis abonnée à la chaine YouTube de Jonna Jinton pour ne pas rater ses prochains posts. Sa fraîcheur, sa poésie et sa vision de la vie font un bien fou. Enfin, si vous aimez peindre, j’ai trouvé également en fouillant dans ses anciennes vidéos, un film intéressant sur sa manière de fabriquer ses pigments de couleurs avec des éléments naturels. Ici: (ses secrets pour fabriquer ses propres pigments issus de la nature).

Je vous conseille d’aller voir chacun de ses films… Ou juste ceux qui vous attirent…

Celui-ci est juste magnifique : la nuit polaire

Je pense que tout artiste puisant son inspiration dans la beauté de la nature ne peut qu’être profondément touché et inspiré par cette lumineuse jeune femme…Passionnée et passionnante…

Enfin, pour info, le blog de Jonna:…Jonnajintonsweden?com

 

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Rachel Carson. Écrivain, biologiste… Et inspiratrice des débuts du mouvement écologique.

Je viens de lire deux livres de Rachel Carson:(« Le sens de la merveille », et « La mer autour de nous »), qui m’ont permis de découvrir cette femme exceptionnelle et visionnaire.

Née à Pittsburgh en 1927, dès sa plus tendre enfance, Rachel a toujours été fascinée par la nature. Son goût, son amour et son respect pour la nature lui ont été transmis par sa mère, Maria, qui connaissait la botanique autant que les oiseaux et les insectes, et avec laquelle elle explorait les alentours de la maison familiale. Après ses études universitaires à Springdale, près de Pittsburgh, lorsque Rachel rentre dans son village, elle retrouve sa rivière Alleghany entièrement polluée et le paradis de son enfance dévasté par l’industrialisation. Première prise de conscience. Elle s’oriente naturellement vers des études de biologie et travaille au bureau des pêches où elle commence à rédiger des textes à vocation éducative. Mais sa carrière est largement entravée par le fait qu’elle est une femme. Elle choisit alors d’écrire ses articles scientifiques sous le nom de R.L. Carson, car elle savait que son travail ne serait pris au sérieux que si l’auteur était un homme. (On est alors dans les années quarante…).

Dès avant-guerre, consciente des ravages à venir sur la question de l’empoisonnement de l’environnement, au nom d’un soi-disant « progrès », cachant en fait une recherche permanente de profit et d’expansion économique, Rachel Carson défend l’idée qu’en polluant l’air et les océans, en détruisant le littoral, en voulant toujours aller plus loin, l’homme, perverti par son propre pouvoir, précipite sa propre destruction en même temps que celle du monde.

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En 1951, elle publie « The sea around us », un livre qui s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires aux USA, et dont fut tiré un documentaire éponyme récompensé par un oscar. Bon nombre d’océanographes doivent leur vocation à ce livre. C’est le premier du genre qui parvienne à brosser, pour un large public de non-spécialistes le tableau le plus complet des connaissances océanographiques de l’époque en une langue pleine de vie et de poésie. Traduit en français en 1952, sous le titre « La mer autour de nous », le livre traite des océans et de ses profondeurs, mais aussi des origines et de l’histoire de notre planète et de la vie. C’est une œuvre remarquable à bien des égards. Rachel Carson a beaucoup navigué et son livre est avant tout un « chant d’amour pour l’océan, notre planète et les hommes qui l’ont explorée ».

En 1962, elle publie un autre grand livre; « Le printemps silencieux », qui déclencha un renversement dans la politique nationale américaine envers les biocides,conduisant à une interdiction du DDT et d’autres pesticides. Le monde entier peut lui en être reconnaissant!… Ce livre a clairement contribué à lancer le mouvement écologiste dans le monde.

Extraits:

-« L’univers d’un enfant est original, nouveau et magnifique, riche en merveilles et en enthousiasme. Pour la plupart d’entre nous, c’est notre malheur que cette lucidité, cette aspiration authentique, vers ce qui est beau et sublime, soient affaiblies ou même soient perdues avant même que nous ayons atteint l’âge adulte. Si j’avais la moindre influence sur la bonne fée qui est supposée présider au baptême de tous les enfants, je lui demanderais d’offrir à tout nouveau-né, à son entrée dans le monde, un sens de l’émerveillement si indestructible qu’il persisterait tout au long de sa vie, tel un antidote infaillible contre l’ennui, le désenchantement, et les préoccupations stériles face à des choses factices ». (Le sens la merveille)

-« Le postulat que les rivières, l’atmosphère et les océans sont assez vastes pour absorber tout ce que nous y déversons est totalement absurde ». […] Nous nous comportons comme cette proverbiale ménagère qui chasse la poussière sous le tapis pour qu’elle soit à l’abri des regards. »(Le sens de la Merveille)

Je repense à l’article que j’ai publié le 8 Aout dernier, dans lequel j’exprimais le sentiment de communion que je ressens avec les êtres humains qui ont foulé cette terre avant nous, qui l’ont aimée, et qui nous ont laissé le fruit de leurs recherches ou de leur travail. Rachel Carson a été une des premières à nous ouvrir les yeux sur notre rapport à la Terre et à notre environnement. Et c’est important… Pour moi… Pour nous tous… Elle nous a quitté en 1964. Il m’arrive de me demander ce qu’elle penserait, plus de cinquante ans plus tard, de l’inertie des décisions humaines concernant la préservation de l’environnement en général, et de l’océan en particulier…

Je me suis promis d’avoir une pensée sincère et reconnaissante pour cette femme, la prochaine fois que je  contemplerai l’océan, qu’elle a tant aimé en y consacrant sa vie…

(Si le sujet vous intéresse, vous pouvez également visionner ce lien vers une video présentant Rachel Carson)

Léonard De Vinci – Visite du Clos Lucé à Amboise

Léonard de Vinci est l’un des plus grands esprits de tous les temps. peintre, inventeur, scientifique, ingénieur, philosophe, son intelligence universelle et sa créativité hors du commun continuent à fasciner notre époque et à inspirer artistes, cinéastes et romanciers autant que philosophes, techniciens et intellectuels de toutes sortes.

Toujours intéressée par les sujets concernant le développement de la créativité, et souhaitant redécouvrir ce personnage extraordinaire (« sa vie, son œuvre »!…), j’ai décidé de visiter le Clos Lucé, sa dernière demeure à Amboise, qui abrite aujourd’hui un musée de qualité sur ce génie hors normes.

L’un des aspects les plus fascinants de Léonard de Vinci est son interdisciplinarité. Pour augmenter l’intérêt de ma visite, et essayer de mieux comprendre l’intelligence du maître, j’ai entrepris la lecture du livre écrit par Michaël J Gelb: « Pensez comme Léonard De Vinci ». Dans cet ouvrage passionnant, l’auteur explore les 7 principes léonardiens permettant au mieux de développer sa créativité et de stimuler son imagination.

Ces sept principes, accessibles à tous, sont selon lui les caractéristiques du génie. Les voici:

La  Curiosita  : Il s’agit d’avoir une approche de la vie pleine de curiosité et de garder toujours l’envie d’apprendre. Nous avons cette curiosité naturelle lorsque nous venons au monde; mais seuls les grands esprits gardent ce sens de l’émerveillement (dont j’évoque si souvent l’importance sur ce blog), favorisant un intérêt pour la vie en général et une soif de connaissances sans cesse renouvelée. Léonard de Vinci emmenait partout avec lui des petits carnets dans lesquels il notait tout (ses idées, ses croquis, ses impressions, ses observations). Cette notion de carnet de note qu’on emmène partout avec soi pour y jeter toutes ses idées existe dans toutes les méthodes de développement de la créativité. Léonard de Vinci en a été le précurseur. Mais le désir d’apprendre ne suffit pas. Il faut aussi nourrir son intelligence émotionnelle. Et Léonard de Vinci s’intéressait autant à l’étude des choses qu’à l’observation de la psychologie humaine.

La Dimostrazione : Cela consiste à tirer le meilleur parti de sa propre expérience; L’expérience personnelle est source de sagesse. Il ne faut pas hésiter à mettre ses connaissances à l’épreuve et comprendre que, même si l’on échoue, on peut toujours apprendre de ses erreurs.

La Sensazione : S’attacher au raffinement continu de nos sens, en particulier de la vue, dans le but de raviver nos expériences. Léonard de Vinci, qui regrettait que l’être humain moyen « regarde sans voir, écoute sans entendre, touche sans ressentir, mange sans goûter, se déplace sans la conscience de son corps, respire sans sentir, et parle sans réfléchir » (réflexion d’un précurseur de la pleine conscience?). Pour lui, la vue, l’ouïe, l’odorat, le toucher et le goût sont les clés de toute la richesse de nos expériences. Le développement des sens et en particulier de l’acuité visuelle est essentiel, particulièrement pour les artistes. Lire la suite

Eric Poindron: poète, écrivain inclassable et émoustilleur des imaginations…

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Je viens de me procurer deux livres de Eric Poindron. Je me demande encore comment j’ai pu passer depuis si longtemps à côté de cet artiste-écrivain-poète atypique, et de ces deux livres étonnants et tellement stimulants pour l’imaginaire!…

Il y a, d’un côté « Le questionnaire » de Eric Poindron, -le livre qu’il vous faudra en partie écrire ou dessiner-,

et de l’autre, « Comment vivre en poète » -300 questions au lecteur et à celui qui écrit.

Les deux ouvrages (publiés aux éditions Le castor astral), sont constitués en partie de questions ouvertes inattendues, parfois loufoques ou absurdes, souvent poétiques, auxquelles le lecteur est invité à répondre. Toutes ces questions sont de véritables « accélérateurs d’imagination », des incitations à « vivre en poète »… Ces deux « livres-jeux sont destinés aux audacieux, aux timides, aux excentriques, aux indécis, aux téméraires, aux prudents, aux raffinés… à tous ceux qui tournent une page comme on pousse la porte d’un cabinet secret », nous dit la quatrième de couverture. La lecture de ces deux ouvrages est enthousiasmante pour tous ceux qui aiment écrire. Répondre à ces questions permet de générer des textes réjouissants qu’on est étonné de voir sortir de sa propre tête! Un vrai plaisir que je conseille à tous ceux qui aiment l’écriture, mais aussi à ceux qui aiment la lecture et la poésie, à tous les curieux, et à tous fantaisistes qui aiment « lâcher la bride » de temps en temps…

extraits:

-« Vivre en poète est un état d’être à fleur de peau, animé par une foi en l’Art et la beauté »

-« Vivre en poète, c’est se sentir comme un électron libre, propulsé en dehors des limites de son champ d’attraction. A la fois joyeux et désespéré, à la fois isolé et confondu à l’Univers… »

Exemples de question posées par Eric Poindron:-« Que cachez-vous derrière votre masque et que cache l’Autre derrière le sien? »ou: « Pourquoi croyez-vous que la lune existe? » ou encore, « Quels sont les trois livres qui n’existent pas que vous voudriez lire? Et quels en seraient les thèmes?

Qui peut mieux présenter ses livres que l’auteur lui-même? Je vous propose de visionner cet interview dans lequel Eric Poindron présente ses deux livres

Eric Poindron s’interesse à la petite histoire de la littérature et à ses excentricités. Il anime également au quotidien le blog « curiosita&caetera », un cabinet de curiosités poétiques en ligne, où il mélange « en un labyrinthe jubilatoire des pistes de lectures, des découvertes bibliophiliques, des fictions ou poèmes, des voyages insolites, des hommages aux jeux d’échecs, des fantômes taquins ou l’histoire de la gastronomie »… Je suis abonnée à très peu de blogs, mais celui-là en fait maintenant partie… Je vous conseille vivement d’y faire une visite en cliquant sur ce lien: « curiosaetcaetera ». Eric Poindron se dit « collectionneur de tout ce que le monde a de surprenant », cela m’interpelle forcément… A ma manière, c’est aussi un peu ce que j’essaie modestement de faire depuis ma plus tendre enfance…… A cela près que pour moi, le « surprenant » doit aussi être beau, ou touchant, ou mystèrieux, mais surtout, surtout… Il doit provoquer l’émerveillement…

Je vous conseille également cet entretien avec Eric Poindron sur le blog de François Betremieux: (Zone critique). Il s’exprime notamment sur cette idée que je trouve assez géniale d’ « Atelier des mots, des pas et des curiosités » qu’il a mis en place sur Paris. (Je ne sais pas s’ils sont maintenus en ce moment, du fait de la crise sanitaire, je n’ai pas trouvé l’information)… Il a aussi pris récemment la direction de la collection « Curiosa & caetera » des éditions du Castor Astral, rééditant des ouvrages étranges et oubliés.

Un poète, écrivain, un érudit à l’imagination débridée; un éditeur, collectionneur d’objets et d’instants insolites, bref! Un personnage qui vaut vraiment le détour… Et un univers qui me ravit…

« Anthologie de l’émerveillement ». Sortie de ce livre de poésie écrit à plusieurs mains, auquel j’ai le plaisir et la fierté d’avoir (modestement) participé…

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Il y a quelques mois, j’ai écris un article sur un livre que j’avais beaucoup aimé qui s’appelait :  » Osons l’émerveillement « de Philippe Baudassé et Emmanuel Navarro. L’un des auteurs (Philippe Baudassé) a eu la gentillesse de commenter l’article concernant son livre, et l’idée (brillante!…) de s’abonner à mon blog peu de temps après. Il y a quelques semaines, il m’a contacté pour me parler d’un projet éditorial collectif, initié par Jean-Pierre Béchu et Marguerite Chamon, pour lequel il venait d’être sollicité afin d’en écrire la préface. Ayant vu la teneur de mes articles, et le propos de mon blog, il pensait que j’avais  (peut-être) une petite place à prendre dans ce projet et me conseillait de participer à la sélection des textes, qui devait être faite par les initiateurs du projet. L’idée m’a effectivement  immédiatement enthousiasmée. Vous connaissez mon sentiment sur le sujet de la beauté et de l’émerveillement. J’avais par ailleurs besoin d’un petit coup de boost pour retrouver ma motivation à écrire… Que Philippe Baudassé soit ici à nouveau remercié de m’avoir parlé de ce joli projet poétique.

Je me suis donc mise au travail d’écriture et j’ai proposé trois textes. J’ai reçu peu de temps après une réponse positive concernant le choix d’un de mes textes et d’une photo… J’étais ravie de faire partie des 64 auteurs ayant participé à l’écriture de ce livre!…

Il s’agit donc essentiellement de poèmes ou de textes en prose, dans lesquels sont révélés  des instants d’émerveillement devant la beauté qui nous entoure, lorsqu’elle vient nous cueillir, parfois, au détour des chemins de la vie…

J’ai choisi un court extrait de la préface, écrite par Philippe Baudassé, pour vous donner une bonne idée du contenu du livre:

« Voici un livre bienfaisant. Inattendu et pourtant espéré.

Des pages que nous tenons en main, émane le parfum d’une moisson. Gerbe gracile de moments de vie, d’instants suspendus, d’heures nourricières que des regards étonnés et reconnaissants ont su glaner au fil des jours.

[…]En quelques images et mots choisis, l’ouvrage recueille la sève de nos vies. »

Si vous êtes intéressé par cet ouvrage, il peut être commandé directement chez l’éditeur, aux « éditions du net », ou dans n’importe quelle bonne librairie de votre choix… (ainsi que sur les sites FNAC, Cultura etc…)

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