Jonna Jinton, une attachante jeune artiste et blogueuse suédoise, amoureuse de la nature…

Je viens de découvrir la chaine Youtube d’une jeune artiste suédoise particulièrement attachante et surtout très inspirante, qui s’appelle Jonna Jinton.

A l’âge de 21 ans, alors qu’elle était au chômage depuis plusieurs mois, elle a décidé de quitter Göteborg et sa vie de jeune citadine, pour venir vivre toute seule dans la petite maison de vacances familiale, à Grundjärn, un village isolé du nord de la Suède, situé sous des latitudes où l’hiver est particulièrement rude mais où la nature encore sauvage, est belle à couper le souffle. Jonna a retrouvé là-bas le silence et la sérénité auxquels elle aspirait, ainsi que les grands espaces et la splendeur des paysages dont elle avait gardé le souvenir, et qui allaient devenir si essentiels à sa vie d’artiste et de femme.

Cet environnement naturel et somptueux lui inspire sa nouvelle passion: déclarer son amour de la nature grâce à ses mots et ses images. Autodidacte, elle commence toute seule à faire des photos, puis elle découvre la peinture…

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Elle écrit, fait de la musique, monte elle-même ses films avec de plus en plus de technique (elle utilise même un drone pour certaines prises de vues)… Elle puise son inspiration dans la Nature et surtout dans la lumière de ce ciel nordique aux hivers si longs et si rigoureux.

Bien-sûr, surtout les premiers hivers, ces conditions de vie extrêmes ont demandé beaucoup de courage à Jonna. Mais elle n’a jamais songé à retourner en ville, même dans les moments les plus difficiles. Très vite, elle a commencé à tenir un blog, où elle racontait les défis de sa vie quotidienne dans cet endroit isolé où l’hiver est glacial… Et elle constata avec surprise que le nombre de ses abonnés intéressés par ses propos et son mode de vie, augmentait rapidement. Au début, la liaison internet étant très chaotique, elle devait faire 120 km pour aller poster ses vlogs depuis le domicile de son frère… La connexion Internet s’est heureusement améliorée depuis…

J’ai beaucoup d’admiration et de respect pour son courage face à ces conditions de vie difficiles, mais je suis surtout très sensible à la poésie de sa vision artistique. J’aime sa manière de faire partager ses émotions. Et sa sensibilité à la beauté de la nature est en résonance avec la mienne, profondément… C’est la raison pour laquelle, j’ai eu très envie de vous faire découvrir cette jeune femme étonnante. Peut-être aussi parce qu’elle parvient à exprimer simplement et parfaitement, ce que je ressens moi-même au contact de la nature, et que je ne parviens pas toujours à expliquer à certains de mes amis citadins qui ont parfois un peu de mal à comprendre mon besoin de solitude… Contempler les grands espaces naturels et entrer en symbiose avec les éléments, sentir qu’on ne fait qu’un avec ce monde… Cette dimension spirituelle de communion avec la nature, est une expérience personnelle et intime. Il faut être seul et silencieux pour y accéder…Comme Jonna, même si j’ai toujours aimé ces moments de contemplation et d’immersion solitaire dans la nature, aujourd’hui je ressens ce besoin de grands espaces, de manière plus viscérale qu’auparavant; bouleversement en partie exacerbé par la crise sanitaire, mais aussi parce que j’ai expérimenté depuis, de quelle manière tout cela opère en moi. Et j’ai compris que le respect de ce besoin pouvait être particulièrement bénéfique pour stimuler l’imagination, pour me mettre profondément à l’écoute de ma propre voix intérieure, choses indispensables à l’émergence d’une inspiration plus personnelle, et surtout, SURTOUT… j’ai compris pourquoi tout cela était devenu essentiel à mon équilibre et à ma sérénité. Jonna Jinton est une toute jeune femme, mais elle a touché tout cela du doigt de manière précoce, et c’est assez remarquable. Je l’admire pour ça aussi…

Dans un de ses vlogs, on la voit sortir au petit matin, et saluer les fleurs qui viennent de s’ouvrir dans un rayon de soleil printanier… Je me sens tellement proche de ça… Et cette communion avec la nature, lorsque je la ressens profondément, m’apaise et me remplit de gratitude…

Regarder les vidéos de Jonna est un enchantement dont je ne me lasse pas. Il y en a de nombreux sur sa chaine YouTube, et ils sont tous très réussis, mais je vous conseille de commencer par visionner ce film: « the story of my life » dans lequel elle se présente très simplement, et raconte son parcours peu ordinaire… C’est certainement celui qui vous donnera le plus envie de la connaitre davantage…

Elle s’y exprime en anglais, mais il y a des sous-titres en français ( il vous suffit d’actionner les sous-titres sur YouTube et de choisir le français). Les images sont magnifiques et donnent envie d’aller s’installer dans un de ces lieux où la beauté des paysages sait si bien consoler les humains qui y sont disposés… (peut-être un lieu un peu moins longtemps enneigé tout de même!…).

Je me suis abonnée à la chaine YouTube de Jonna Jinton pour ne pas rater ses prochains posts. Sa fraîcheur, sa poésie et sa vision de la vie font un bien fou. Enfin, si vous aimez peindre, j’ai trouvé également en fouillant dans ses anciennes vidéos, un film intéressant sur sa manière de fabriquer ses pigments de couleurs avec des éléments naturels. Ici: (ses secrets pour fabriquer ses propres pigments issus de la nature).

Je vous conseille d’aller voir chacun de ses films… Ou juste ceux qui vous attirent…

Celui-ci est juste magnifique : la nuit polaire

Je pense que tout artiste puisant son inspiration dans la beauté de la nature ne peut qu’être profondément touché et inspiré par cette lumineuse jeune femme…Passionnée et passionnante…

Enfin, pour info, le blog de Jonna:…Jonnajintonsweden?com

 

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Aimer notre patrimoine culturel… Et apprendre des générations qui nous ont précédées…

Aimer notre patrimoine culturel… Et apprendre des générations qui nous ont précédées…

Je parle souvent, dans mes articles, de mon amour pour la Terre et de mon sentiment profond et fusionnel pour les éléments naturels. Le contact avec la Nature est un besoin vital pour moi. J’y trouve le calme indispensable à ma sérénité et c’est aussi une source inépuisable d’inspiration. Mais j’ai « aussi » beaucoup de respect et d’admiration pour certaines créations humaines et pour le travail des générations qui nous ont précédées.

Même s’il m’arrive (trop?) souvent de critiquer certains comportements humains qui me laissent dubitative, et si j’ai quelquefois bien du mal à comprendre l’état d’esprit de mes contemporains, et les préoccupations actuelles de mes compatriotes, il n’en reste pas moins que cet amour que je ressens pour la Nature, je le ressens aussi pour notre patrimoine culturel, auquel je suis viscéralement attachée. Certains humains trouvent grâce à mes yeux!…

Tant d’hommes (et de femmes!) remarquables ont vécus avant nous, se sont aimés, ont étudié, réfléchi avant nous et nous ont laissé le fruit de leur travail, de leurs idées, de leurs savoirs, de leurs découvertes et de leurs pensées (patrimoine matériel ou immatériel)… Dans leurs écrits, dans leurs constructions architecturales, dans leurs créations artistiques ou même artisanales. Il faut bien reconnaitre que toutes ces créations humaines sont tout de même fascinantes et méritent notre plus grand respect… Il est tellement dommage que nombre de nos contemporains confondent modernité et destruction systématique du passé. Nous avons beaucoup à y perdre…

Je pense notamment à tous ces magnifiques châteaux, qui constellent notre pays, construits par les artisans des siècles passés. Je pense à la beauté grandiose des cathédrales édifiées dans la plupart des villes de France, lieux uniques dans lesquels l’architecture entre en communion avec le sacré… Mais aussi à toutes ces petites églises qui trônent dans presque tous nos villages, même les plus modestes, construites parfois par les villageois eux-mêmes. Tant d’hommes y sont passés, avec leurs prières, leurs peines et leurs moments de bonheur aussi… Tant de choses de toutes ces vies, restent comme suspendues dans l’air, dans les édifices, dans les créations humaines…. Si on prend le temps de se poser pour y penser un peu… Des choses dont nous pouvons nous inspirer…

J’éprouve beaucoup de tendresse pour certains artistes, écrivains, ou philosophes de l’histoire, que je ne considère pas comme des entités lointaines, plus ou moins fictives et séparées de moi. Je ressens plutôt pour eux une sorte de proximité affectueuse, un intérêt sincère, comme celui que je pourrais ressentir pour un ancêtre dont je me sens proche, avec lequel j’aurais de vraies affinités, et dont j’aurais beaucoup à apprendre. Hommes célèbres, ou même anonymes…

Lorsque je visite un château, une cathédrale, ou un monument remarquable, je pense à ceux qui l’ont imaginé, à ceux qui ont participé à sa construction, ou à sa rénovation. Aux heures qu’ils y ont consacrées, aux rêves qu’ils ont échafaudés… Je suis alors en communion avec eux. Lorsque je regarde un tableau, je pense à l’artiste qui l’a réalisé, à sa vie, aux émotions qu’il a ressenties, à ce qu’il a voulu exprimer et nous transmettre. Lorsque je regarde un beau film, je pense au réalisateur, mais aussi à tous les gens qui ont participé au tournage, aux techniciens qui se sont appliqués dans leur travail pour que la lumière soit parfaite, aux costumières, au scénariste qui a écrit les répliques, à celui qui crée les décors, aux comédiens à qui il incombe de faire passer les émotions… Un travail d’équipe pour réaliser un film dont le but sera de toucher les spectateurs, présents et futurs… Les artistes du présent sont (comme l’a dit Julia Cameron) « assis sur les épaules » des artistes du passé. Nous créons tous à partir de ce qui a été créé avant nous. Je pense, par exemple que Tim Burton a dû sentir ce lien avec Lewis Caroll lorsqu’il a réalisé son film « Alice au pays des Merveilles »…

Et j’aime, aussi et surtout, ces grands auteurs dont les textes sont parvenus jusqu’à nous et dont la lecture me réjouit et me fait tant de bien. Mon esprit se nourrit de leurs pensées, de leur vécu, de leurs émotions, depuis que je sais lire. Ils m’inspirent chaque jour de ma vie. Je pense, en vrac, à Montaigne, George Sand, Colette, Jean D’Ormesson, Beatrix Potter, Lewis Caroll, Jules Verne, Jack London, Rousseau… et tant d’autres.

Tous, sont des êtres humains que j’aurais aimé rencontrer et côtoyer. (Et là, j’inclus les auteurs contemporains que j’aime, mais que je ne peux guère rencontrer…). Mais ce qui est magique, c’est que d’une certaine façon, lire les textes de ces auteurs qui me touchent particulièrement, est une manière de véritablement les rencontrer et de passer un moment en leur compagnie. Puisqu’ils nous ont dévoilé dans leurs œuvres un peu de leur âme… Lire les textes qu’ils ont écrits, c’est véritablement entrer en communion avec l’être humain qu’ils ont été…

Et cette sensation de connexion avec les générations passées, on peut l’expérimenter grâce à l’immense patrimoine qu’ils nous ont laissé.

Il est important de prendre conscience de cette richesse incroyable et de s’en nourrir quotidiennement avec respect, reconnaissance… Et humilité…

Cécile Filliette… Une carnettiste passionnée et passionnante…

J’ai eu la chance de rencontrer Cécile il y a quelques années et d’avoir fait plusieurs stages « carnets de voyages » avec elle, notamment trois en Bretagne. J’en garde un excellent souvenir. Elle a le don de transmettre des tas de petites combines et techniques assez faciles pour créer de jolies pages, bien composées et sait encourager la créativité de chacun. Et comme on parvient très vite à se faire plaisir, c’est très vite motivant. J’ai aussi beaucoup apprécié sa personnalité libre et fantasque. Je me souviens d’une belle complicité ressentie avec elle, lorsqu’en fin de journée, nous nous échappions pour nous baigner loin de tout le monde, dans des petites criques bretonnes désertes… J’adore sa façon très libre d’envisager la pratique du carnet de voyage. Elle m’a véritablement transmis sa passion pour la pratique de carnettiste. Et grâce à elle, je ne pars plus nulle part, sans mon petit sac à dos rempli d’un carnet, d’une trousse avec gomme, crayon, marqueurs noirs, de mes crayons de couleurs, d’une boite d’aquarelle, d’un petit pot d’eau, et bien sûr mon fauteuil pliant sur l’épaule pour m’asseoir n’importe où pour « croquer » les paysages…

All-focus

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Ces derniers mois, la pratique du carnet « créatif » en général a pris un peu plus d’ importance dans ma vie. (J’ai plusieurs articles sur le sujet dans ce blog).

Ce matin, j’ai reçu un mail m’annonçant que Cécile quittait Paris pour s’installer dans le Sud de la France. Il était accompagné d’un lien permettant de visionner ce film court. On y aperçoit la petite cour pavée où se situait son petit appartement à Paris, qui était un endroit extrêmement agréable et préservé dans lequel elle donnait également des cours et des formations. Le film permettra de garder un petit souvenir de ce lieu si particulier.

Je le mets ici afin que vous puissiez le visionner, parce que je trouve qu’il résume bien ce que peut apporter la pratique du carnet, mais aussi, parce qu’il vous permettra de faire connaissance avec Cécile Filliette. J’avais déjà écrit un article sur elle, sur ses livres et sur ses stages (qu’elle continue à organiser tous les ans, en France et ailleurs). Vous pouvez relire cet article en cliquant ici. Vous pouvez également aller directement sur son site: atelier métaforme.

Amélie Nothomb: ses conseils aux jeunes écrivains

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Aimer lire et écrire est une bénédiction… Quand on a cette passion de la littérature, on ne connait plus l’ennui car l’esprit peut s’envoler là où il veut…

Le mois dernier, j’ai publié un article sur les conseils donnés par Bernard Werber aux jeunes écrivains (à revoir ici si vous le souhaitez)…

Aujourd’hui, comme promis, je vous invite à retrouver les conseils de Amélie Nothomb, en cliquant sur Cet interview.

Elle y donne quelques petits conseils sur l’art d’inventer et de raconter des histoires, de trouver des idées et d’aborder le travail de l’écriture. Et le premier de ces conseils consiste précisément à lire beaucoup… Amélie Nothomb compare le jeune écrivain qui prétendrait vouloir écrire mais n’aimerait pas lire, à quelqu’un qui dirait « J’aime cuisiner, mais je n’aime pas manger »! Ce qui semble effectivement difficile à concevoir…

Ensuite, au fil de mes recherches, je suis tombée sur un blog très intéressant au sujet de l’écriture, et notamment sur un article très complet sur les techniques d’écriture de Amélie Nothomb. A lire ici: (La parenthèse imaginaire). L’article est très intéressant et on y apprend beaucoup de choses sur sa manière de travailler. Si vous aimez l’écriture autant que moi, je pense que ce blog vous intéressera. Vous y trouverez de nombreux articles sur les techniques narratives, la création des personnages, des conseils de stylistique, des interviews d’auteurs, des renseignements sur l’auto-édition, et plein d’autres sujets autour de l’écriture qui font de ce blog un des plus complets que je connaisse.

La poésie peut changer nos vies…

Comme beaucoup d’entre vous, j’ai découvert la poésie à l’école… Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette découverte ne m’a pas laissé de souvenirs très marquants. J’ai toujours aimé lire et écrire, mais, comme beaucoup de gamins, et bien à tort,  je considérais la poésie comme un style un peu désuet et un peu trop éloigné de nos modes d’expression actuels pour parvenir à y être vraiment sensible. Mais récemment, en me plongeant dans l’univers des Haïkus (poèmes très courts), sur lesquels je viens d’écrire un article, j’ai (enfin!) complètement redécouvert la puissance des mots et des sons, et la force étonnante et inattendue de la poésie.

soyez-poete-de-votre-vie-9782228904483_0J’ai retrouvé un livre acheté il y a bien longtemps, puis abandonné pendant plusieurs années sur une étagère (cela m’arrive souvent!), qui s’intitule « Soyez poète de votre vie », écrit par Jacques de Coulon. La lecture de ce livre m’a clairement fait comprendre pourquoi et comment la poésie peut nous aider à vivre mieux. Difficile à croire, mais les mots ont un pouvoir magique. J’ai appris que la lecture d’un poème entraîne véritablement des réactions organiques.  Par leurs sonorités, leurs couleurs ou le rythme de leur agencement, ils s’habillent d’images et agissent sur nous en profondeur, calmant l’agitation mentale. La poésie libère véritablement nos émotions et notre imaginaire. Elle nous vivifie et nous élève.

Il y a aujourd’hui un certain renouveau poétique. Les jeunes redécouvrent la poésie, par le biais des haïkus, qui reviennent à la mode ces dernières années, et surtout, bien-sûr, par l’intermédiaire du slam. « Certains jeunes semblent repus : saturés d’informations, leur esprit s’ouvre worldwide par écrans interposés mais, revenus de tout, ils ne s’émerveillent plus de rien. La poésie leur donnera une nouvelle fraîcheur », nous dit Jacques de Coulon.

De mon côté, moi aussi, je découvre peu à peu, et avec bonheur, tout ce que la magnifique suggestion de Hölderlin peut apporter à ma vie:

« Il faut habiter poétiquement le monde » disait-il…  Et lorsqu’il parlait « d’habiter poétiquement le monde », il ne suggérait pas simplement de se mettre à écrire des poèmes. Son invitation consistait, beaucoup plus largement, à nous inciter à retrouver nos facultés d’émerveillement et notre sens de la beauté, dans tous les aspects de nos vies. Et cette suggestion d’habiter poétiquement le monde est d’ailleurs, depuis le début, le thème essentiel de ce blog, mais aussi ma philosophie de vie en général, et le premier commandement de ma religion personnelle…

Mais ceci dit, écrire de la poésie est un chemin de plus, parmi d’autres, pour parvenir à retrouver ses facultés d’émerveillement…

« Les gens courent et s’affairent, ployant sous le poids de leurs soucis. Le plus souvent, ils évoluent dans un matérialisme crasse et leur vie tourne autour du métro-boulot-dodo. Que leur manque-t-il? Un brin de poésie, une petite étoile qui danse dans leur ciel intérieur »

Cette dernière phrase me fait beaucoup réfléchir à l’utilité qu’aurait pu revêtir pour le monde occidental, cette pause étrange que nous  impose la crise sanitaire que nous traversons depuis plus d’un an maintenant. Ne faudrait-il pas essayer de percevoir dans cette période qui nous oblige à lever le pied dans nos activités et nos déplacements, une occasion, même ponctuelle, de se tourner vers notre  intériorité. Trop impatients de retrouver leur rythme d’avant, leurs interactions sociales, leur consumérisme, leur agitation  habituelle, trop de gens ne perçoivent malheureusement pas la possibilité  que cette étrange pause imposée peut nous offrir, malgré tout. Nous avons un esprit, et cet esprit est capable de s’évader vers des paysages magnifiques, ceux qu’on connait, ou ceux qu’on peut imaginer.  Et surtout, Il nous permet de nous envoler sur les ailes du rêve… « Plutôt que de traîner notre spleen dans les couloirs gris de l’affliction ou de gamberger des idées noires, essayons de  rêver en couleurs,[…] Pourquoi fixer l’esprit sur la douleur alors qu’il peut voyager partout? », nous suggère ce livre sur la poésie…

Nous avons en ce moment, plus de temps pour rêver mais aussi plus de temps pour lire… Pour redécouvrir les grands auteurs, les philosophes, et les poètes… Or, la poésie nous aide vraiment, de bien des manières, à traverser les circonstances difficiles.

Extraits du livre:

« Le poète nous apprend à sortir du ventre immense de nos mégapoles pour nous tourner vers les fleurs, les arbres, les nuages dans le ciel… Pour comprendre aussi leur langage ».

« Qui de nos jours sait encore écouter la nature et comprend sans efforts le langage des fleurs et des choses muettes? », nous dit Baudelaire.

« Nous passons à côté de l’essentiel, qui se trouve dans les plus petites choses, ces étincelles d’éternité, telle cette minuscule fleur qui éclaire la forêt. Il ne s’agit donc pas de nier notre monde ni même de s’en détourner, mais bien de le rendre incandescent dans la lumière d’une nouvelle conscience ».

« Imaginer, créer : le poète fait exister des mondes nouveaux […]Vous pouvez certes échapper à la morosité ambiante dans les paradis artificiels des drogues ou du cyberespace. Vous pouvez aussi le faire sous le ciel d’azur de la poésie. A vous de choisir! »

« Rêver sa vie! Vivre son rêve! Mais qui sait encore vivre ses propres rêves en allant chercher ses propres perles au fond de son imaginaire?.[…]Nourrir son imaginaire… Nous vivons dans un monde saturé d’images qui, le plus souvent configurent notre intériorité aux normes marchandes du système. Or, l’image enferme l’esprit dans une seule représentation voulue par son concepteur. (Pensons à la publicité!). Le mot libère au contraire l’imaginaire et nous permet de créer notre propre représentation. Richesse de l’imaginaire qui vous permet de vous approprier le monde en le recréant en vous! Conclusion: pour développer cette créativité, LISEZ plutôt que de vous laisser imposer vos représentations. Et si la lecture se porte sur des poèmes, des contes ou des mythes, le jardin de votre âme fleurira d’autant mieux. Ces textes contiennent en effet de nombreux symboles qui sont autant de noyaux d’énergie venus du fond des âges et qui agiront puissamment sur votre vie. Le rêve vient habiter la vie ordinaire pour la tisser de fils d’or et lui donner de l’étoffe. Elle devient alors extraordinaire ».

« Le poète brode la réalité pour en faire une toile plus belle. La poésie s’inscrit en lettres d’or sur la trame de la vie ».

Quelques conseils puisés dans ce livre pour écrire de la poésie:

« Arrêtez-vous dans la nature et contentez-vous d’ouvrir vos cinq sens, sans faire quoi que ce soit, sans penser à quoi que ce soit. Ici et maintenant ».[…]

Rimbaud suggère d’élargir notre perception en observant la nature avec toute la palette de nos sens : « Nous avons seulement à ouvrir nos sens à la sensation, puis fixer avec des mots ce qu’ils ont reçu. Notre unique soin doit être d’entendre, de voir et de noter. Sans choix, sans intervention de notre intelligence. Le poète doit écouter et noter (quoi que ce soit) ».

 » Suivre les conseils de Rimbaud: Tout observer, en pleine conscience et sans le filtre du mental, puis noter les sensations dans un carnet qui contiendra les premiers balbutiements de poésie. Dans ce déferlement du ressenti, vous allez découvrir quelques perles. Noter! noter toute cette profusion de sensations! Les sensations alimentent les passions qui soulèvent notre vie en l’enflammant. Sans passions, nous sommes des branches de bois mort ».

L'agenda du poète

  Il y a aussi aux éditions de La Martinière, un autre livre très ludique pour découvrir l’écriture poétique. Destiné à l’origine à de jeunes lecteurs, « L’agenda du (presque) poète » de  Bernard Friot, fonctionne comme un agenda poétique : Chaque page correspond à un jour de l’année et propose une séquence sur un point précis : qu’est-ce qu’un poème? D’où vient l’inspiration? C’est quoi un alexandrin?…

On comprend ainsi que la poésie ce n’est pas seulement des mots mais aussi l’éveil de tous les sens. Et que tous ces sens contribuent au développement de la créativité et de l’imagination.

Un ouvrage qui se démarque des classiques de la poésie, et donne envie de s’essayer à l’écriture poétique.

 

Bernard Werber: quelques conseils aux jeunes écrivains.

Lorsqu’on aime écrire, on est souvent avide de conseils et on cherche surtout des réponses auprès des grands écrivains du passé ou du présent, dans des livres, des articles ou des interviews télévisés… Je suis tombée récemment sur plusieurs vidéos très intéressantes et notamment des interviews d’Amélie Nothomb et de Bernard Werber, deux écrivains que j’apprécie tout particulièrement. La première pour sa personnalité fantasque et inspirante, pour son esprit, aussi… Le deuxième pour son intelligence, son humour et sa faculté d’ insuffler de la spiritualité dans des sujets plutôt scientifiques. Le propos ici est de donner quelques conseils aux personnes qui veulent se lancer dans l’écriture de romans.

Si, comme moi, le sujet vous intéresse, je vous propose donc cette semaine de vous pencher sur les conseils de Bernard Werber… (dans un prochain article, je vous ferai partager ceux d’Amélie Nothomb).

Si vous avez très peu de temps, vous pouvez bien-sûr juste visionner ce film très court: 5 conseils aux jeunes auteurs

Bernard Werber y donne, de manière très concise, cinq précieux conseils aux auteurs débutants. Toujours bons à prendre!…. C’est rapide, mais à mon goût, cela me donne juste envie d’en apprendre davantage… Si c’est aussi votre cas, je vous propose de visionner cette interview conduite par la chaine « inspiration créative »

Dans cette vidéo, Il nous parle plus longuement de ses recettes personnelles pour stimuler son inspiration, sa créativité,  et nous explique sa manière de travailler. L’interview est très bien menée et les réponses sont passionnantes pour ceux qui aiment inventer et écrire des histoires…

Je ne peux m’empêcher d’ajouter cette intervention de Bernard Werber, qui concerne l’écriture de sa série de romans sur les fourmis. Là, c’est vraiment pour le plaisir!… Je vous promets un très bon moment… Il s’agit d’un discours filmé dans le cadre des émissions « Ted X », (souvent très réussis). Bernard Werber nous raconte comment l’écriture l’a littéralement « guéri » en lui donnant le moyen de s’exprimer. Le film dure une vingtaine de minutes, mais prenez le temps de le regarder en entier. C’est un discours plein d’humour et intelligent qui fait du bien…Du pur Bernard Werber. Toujours enthousiasmant…

J’ai également trouvé un article très complet et particulièrement bien écrit sur le site « La plume de Laurence » , qui s’appelle « Comment écrire en suivant les conseils de Bernard Werber ». Je me permets de mettre un lien pour vous inviter à le lire, parce qu’il est très réussi et résume, par écrit, l’essentiel de ce qui est dit dans les reportages, et de ce qu’on peut apprendre dans les masters-classes que Bernard Werber propose régulièrement. Ce qui permet de prendre des notes et de garder ces précieux conseils. A voir en cliquant  (ici-le blog de Laurence)

Si vous aimez autant que moi cet auteur particulièrement doué, voici un lien vers le site personnel de Bernard Werber. Et j’ai particulièrement apprécié cette vidéo extraite de son site personnel au sujet de la pandémie . Certes, c’est un peu hors sujet en ce qui concerne l’écriture, mais je trouvais intéressant d’avoir l’avis de Bernard Werber sur la crise sanitaire actuelle…

Un site très bien fait qui donne envie de lire ses romans et de le suivre dans ses délires de scientifique curieux de tout. Vous y trouverez d’autres liens vers de nombreuses vidéos. A vous de choisir…

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Il y a bien longtemps que j’aime lire et écouter Bernard Werber. Il fait partie de ces auteurs dont je ne ma lasse pas de lire ou d’écouter les histoires. J’avais particulièrement aimé son roman « l’empire des anges », dont je conseille souvent la lecture. Cette histoire a considérablement changé ma façon d’imaginer ce qui, éventuellement, pouvait être une éventuelle « vie après la vie »!…

Découvrir l’écriture des haïkus… et tout ce que cette pratique peut vous apporter…

pexels-photo-1558336Vous connaissez sans doute ces très courts poèmes venus du japon, qu’on appelle les haïkus. Un exemple:

Dans le creux de ma main

en tremblant tristement

s’éteint une luciole

(Kyoraï)

Il y a quelque chose de très attirant dans ces mini-poèmes dont l’origine remonte au 16ème siècle. Leur simplicité de forme y est sans doute pour beaucoup. Mais il y a tellement plus à comprendre…

Je pensais déjà connaitre un peu le sujet. Mais je viens de lire le livre « L’art du haïku- Pour une philosophie de l’instant » écrit par Vincent Brochard et Pascale Senk, dans lequel sont présentés des textes de Bashô, Issa et Shiki, trois des plus grands maîtres du genre. Et j’ai découvert un tas de raisons qui m’ont donné envie d’approfondir mes connaissances en la matière. L’écriture de haïkus se révèle beaucoup plus enrichissante que je ne l’imaginais…

J’ai compris grâce à la lecture de ce livre à quel point la pratique du haïku peut influencer l’existence de celui qui en lit, mais aussi, et surtout, de celui qui en écrit. « Les haïkistes sont un peu comme des chasseurs de papillons. Ils avancent dans la vie avec leur filet ». Et lorsque celle-ci leur amène une minute joyeuse, ou miraculeuse, ou touchante, bref un instant d’émotion, ils osent « la notation spontanée d’un instant d’élite » (expression utilisée par Roland Barthes pour qualifier l’écriture de haïkus). Le livre nous amène à comprendre de quelle manière « la fréquentation régulière des haïkus affine notre capacité à reconnaitre et à conserver les évènements heureux de notre vie. Ils sont réellement une invitation à capter les plaisirs les plus simples, ceux qu’on atteint quand on prend le temps de s’arrêter et de regarder ». Mais l’écriture de haïkus ne peut pas non plus se réduire à de jolis instants. Elle consiste aussi à accueillir tous les fruits d’une véritable attention au réel; des instants d’éveil, comme des « balafres légères tracées dans le temps » (encore une expression de Roland Barthes qui est souvent cité dans le livre).

Regarder, écouter, goûter, sentir… L’écriture incisive et directe de Haïkus nous encourage à témoigner des plus infimes découvertes. Mais elle nous oblige à avoir pleinement expérimenté ces sensations pour pouvoir les transmettre. Santoka, maître japonais, disait: « Tout ce qui n’est pas réellement présent dans le coeur ne relève pas du haïku ». Ce qui compte, c’est le paradoxe, la contradiction, ou la surprise, le pur plaisir et la vibration qui en suit la lecture…

Quelques exemples de haïkus:

Par moments les nuages                                  Lune pleine

à ceux-là donnent un répit                              Pourquoi te cacher

qui contemplent la lune                                   on voit ta lumière

(Bashô)                                                              (Mizen)

Pour celui qui cherche l’inspiration, l’immersion dans la nature est incontournable. Pour le haïkiste, la nature n’est pas « l’environnement », mais « l’essence même de l’existence, l’unique source à laquelle on peut toujours s’abreuver. L’homme s’y contemple et y apprend les rythmes justes, l’acceptation et l’humilité ».

Accepter l’impermanence… Entrer dans le monde du haïku revient aussi à faire face à l’impermanence de toutes choses. Tout, dans l’univers naît puis meurt. « La vision de l’existence humaine perçue comme un souffle, un épisode infime, marque l’appartenance du haïku au zen. » Comment alors ne pas sentir naître en soi des sentiments d’humilité et de compassion?

Le haïku est ainsi un des chemins possibles vers la sagesse et l’équilibre intérieur.

Le livre nous donne également les éléments de base pour se lancer dans cette pratique.

Ainsi, pour écrire des haïkus:

-Partez toujours de votre propre expérience, de votre ressenti le plus soudain et le plus profond.

-Ayez toujours un petit carnet sur vous (Mais ce conseil est ,selon moi, valable pour tout le monde, tout le temps, quelle que soit votre activité! et surtout pour les artistes…)

-Ce sont surtout des sentiments imprévus, des impressions inhabituelles, des surprises du quotidien qui vous donneront envie d’écrire un haïku. Comme le recommande le poète Yves Leclair: « Surtout ne pas se mettre à sa table de travail et se dire: je vais écrire maintenant un haïku. Le haïku s’écrit à l’improviste, de lui-même, comme ça, d’un seul trait, en passant ». Retranscrivez l’image principale qui vous a frappé et si possible en 3 vers de 5, 7 et 5 syllabes. Les poètes dérogent quelques fois à cette règle, mais au début, mieux vaut essayer de s’y tenir. Essayez d’écrire ce que vous avez vu, sans jugement, sans longue description, sans vérité générale, sans trop de métaphores ou de figures de style. Allez au plus direct et au plus simple.

« Le haïku ne cherche pas la poésie dans le rêve, l’idéal, l’imaginaire, mais dans la réalité la plus matérielle, la plus anodine. Il ne poursuit pas pas la beauté dans le raffinement, la somptuosité, la grandeur, mais dans la simplicité, la petitesse. Il s’écarte de tout ce qui, sous le prétexte de l’embellir, vient surcharger, travestir, solidifier la spontanéité du vivant. Le haïku tente de capter la vie au plus près de son jaillissement. Par le contact avec la nature qui est son principe, il est avant tout une poésie de la sensation ». Un très bon exercice de dépouillement, de simplicité.

« Par cette disposition de l’âme qu’il réclame, cette écoute de la nature et des rythmes cosmiques à laquelle il convie, le haïku est tout à la fois l’instrument, le signe, la trace d’une expérience humaine vécue dans la vérité ».

Pour se résumer, « le haïku est un exercice spirituel, une manière de vivre et de mourir. Il indique une certaine attitude à l’égard du monde . Il est une école et un chemin. Il est une voie. Une voie vers la beauté. »

                                                             .                                                      Le livre l'art du Haïku                     

  Ce livre est juste un excellent point de départ à la découverte de l’univers passionnant des haïkus.

feuille verte sur pile de livres

A regarder également ce film court sur l’écriture du haïkus…

« Layers of light »: un atelier en ligne de mixed media très inspirant… par Laly Mille

Par ces temps d’isolement imposé (depuis plusieurs mois et pour encore un bon moment, je le crains…), je viens de m’inscrire avec plaisir et impatience à un atelier en ligne de création artistique particulièrement inspirant et rafraîchissant, que je viens de découvrir et qui s’appelle « Layers of light ».

LayersofLightOnlineMixedMediaPaintingClasswithLalyMilleProposés par Laly Mille, une artiste anglophone vivant aujourd’hui dans la vallée de la Loire, et dont la sensibilité artistique semble se porter sur des thèmes très similaires à ceux qui m’inspirent généralement, ces tutoriels sont visuellement très agréables à regarder et donnent vraiment très envie de se mettre sans attendre à la création artistique. La vidéo de présentation est enregistrée en anglais, car les participants s’y inscrivent à travers le monde entier. Mais si vous décidez de vous inscrire, il est utile de savoir que la plupart des vidéos disposent d’une version francophone. Pour vous donner une idée du contenu de ces ateliers, je vous invite à cliquer sur le lien suivant: « Layers of light ».

Mon besoin de nature et de lumière, la recherche des minuscules petits bonheurs que j’essaie de puiser dans mes simples rêveries quotidiennes, trouvent une résonance dans ces tutoriels particulièrement inspirants. Je suis déjà impatiente de commencer… et de replonger mes doigts dans les couleurs…(j’adore peindre avec mes doigts! Essayez! C’est un plaisir enfantin particulièrement jouissif!).

Je le sens, ces ateliers vont m’accompagner en douceur pour les mois qui viennent…

Vous pouvez visiter le très joli site de Laly Mille en cliquant sur ce lien

Vous y trouverez, entre autres, une vidéo très intéressante sur la pratique du Art journaling (ou carnets d’artistes), les articles de son blog, auquel vous pouvez vous abonner, la présentation des différents ateliers proposés par Laly Mille, et même un atelier gratuit… Bref tout plein de belles choses qui font du bien…

 

« Mister Finch », créateur de personnages fantasmagoriques en tissu.

Je viens de retrouver sur les étagères très chargées de ma bibliothèque, un livre que j’avais acheté il y a deux ans, qui s’appelle « Mister Finch, La vie dans un monde féerique », et qui présente le travail et l’univers imaginaire de cet artiste textile anglais plein de poésie.

« Mister Finch » (puisque c’est son vrai nom) fabrique des créatures fantasmagoriques en tissu en utilisant uniquement des matériaux recyclés. Il trouve son inspiration dans la nature, et fabrique donc surtout des fleurs, des animaux, des insectes et des oiseaux. Il aime humaniser les animaux en leur faisant porter des chaussures et des costumes inspirés des contes et légendes que nous connaissons tous, comme des sorcières aux formes diverses, des lièvres envoutés par la lune, des insectes étranges, des araignées parées de perles, des papillons de nuit avec des ailes en tapisserie, des escargots…

Ses créations sont particulièrement expressives et oscillent souvent entre la vie et la mort, entre la mélancolie et la gaité, la beauté et le bizarre. Et comme beaucoup d’artistes dont le travail me plait, il essaie d’insuffler un peu de magie et de poésie dans ses créations. Il aime partir à la chasse de pièces pour son travail, objets perdus, matériaux de récup, vieux tissus, non seulement pour des raisons éthiques, mais surtout parce qu’il trouve que c’est ce qui donne un charme si particulier à ses créations. Les rideaux de velours d’un vieil hôtel, une robe de mariée en lambeaux, un vieux tablier se transforment en oiseaux, en papillons de nuit et en bêtes sauvages fantaisistes.

Vous pouvez voir quelques unes de ses créations sur la vidéo you tube qui suit:

« Mister Finch » a également un site que je vous invite à visiter en cliquant ici.

« Lettres à un jeune auteur ». de Colum Mc Cann chez Belfond.

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Si vous aimez écrire, il est fort probable que vous connaissiez déjà le livre de Rainer Maria Rilke: « lettres à un jeune poète ». Sur le même principe, Colum Mc Cann propose dans son livre ses propres conseils personnels à destination des amoureux d’écriture.

Différent du livre de Rainer Maria Rilke dans son style, plus moderne et plus adapté, peut-être, aux pratiques littéraires actuelles (même si le livre de Rainer Maria Rilke reste toujours un incontournable pour les aspirants écrivains).

Quelques extraits choisis pour vous:

-La panne d’inspiration est une excuse bien trop facile. Tu dois t’asseoir et repousser le vide. Reste à ton bureau. Ne quitte pas la pièce. Ne te laisse divertir d’aucune manière avant d’avoir le sentiment d’avoir vraiment essayé, de t’être vraiment battu. Tu dois y consacrer le temps nécessaire. Si tu n’es pas là, les mots ne viendront pas. C’est aussi simple que cela.[…] L’écrivain est celui qui pose son cul sur la chaise, même s’il a envie de tout sauf ça.

-« Où allez-vous chercher vos idées? » Vous savez quoi? La plupart du temps, les écrivains l’ignorent. Elles sont là, c’est tout. […] Les écrivains s’adressent à leurs obsessions. L’astuce consiste à être ouvert au monde. Il faut écouter. Regarder. Guetter l’inspiration. L’idée générale provient peut-être d’un journal, d’une phrase entendue dans le métro; peut-être est-ce une histoire tapie dans le grenier familial. Elle peut découler d’une photographie, d’un autre livre.

-Aie toujours un carnet sur toi. Trouves-en un qui soit assez souple et assez petit pour tenir dans ta poche. Assez fin pour ne pas t’encombrer. Griffonne dans ses pages à toute occasion. Images, idées, bribes de dialogues, recueillies dans la rue, descriptions- tout ce qui est susceptible, à terme, de se glisser dans une phrase.De simples étincelles, glanées ici ou là…

-Tes personnages doivent être difficiles, compliqués, imparfaits. Ce sont des sacs de nœuds, d’os et de chair, qui vous brisent le cœur.[…] Ce que tu dois faire, c’est créer quelqu’un de réel. Tu dois être capable, en fermant les yeux, d’habiter le corps de ton personnage. le son de sa voix. Le rythme de ses pas. Promène-toi un moment avec elle. Installe-la dans le bazar de ta mémoire.

-L’intrigue compte, bien évidemment, mais elle n’est pas essentielle. Elle sera toujours soumise à ta langue. Ce qui arrive n’est jamais aussi intéressant que la manière dont c’est raconté. N’importe qui peut raconter une grande histoire, mais tout le monde ne chuchotera pas à ton oreille un souffle de beauté.

-Les recherches sont le soubassement de presque tout bon travail d’écriture, poésie comprise. Nous devons être capables de nous projeter dans des vies, des périodes, des géographies éloignées de nous. Cela nécessite des recherches approfondies. Va à la bibliothèque. Google est utile, mais le monde est bien plus vaste que cela.[…] Ouvre les casiers pleins de photographies. Apprend à écouter. […] Concentre-toi sur le petit détail qui révèle tout un monde.

-La prose doit être aussi bien rédigée que la poésie. Cheville des mots que personne n’a encore jamais assemblés. C’est ainsi que l’on obtient un style unique. Il t’arrivera peut-être de passer des semaines sur une seule phrase. Voire des mois. Sans rire.

-Un jeune auteur doit lire. Lire, lire et lire. Comme un aventurier, sans discrimination. […] Tu lis pour t’embraser le cœur. Un bon bouquin fera basculer ton univers. Bouleversera ta façon d’écrire. Nous apprenons à faire en imitant, en résonnant… Si tu ne lis pas, tu ne nourriras jamais ta propre écriture.

-N’oublie jamais qu’écrire, c’est distraire. Oui, ton devoir est de dépeindre le monde, mais aussi de lui apporter un peu de brillance. Mets de la couleur. les meilleurs livres nous gardent éveillés, nous interpellent et nous rendent heureux d’être vivants-aussi bref cela soit-il.

-Fais une pause, une fois de temps à autre. Pars en vacances. Oublie tout, sauf ton carnet. Apprends à retrouver le plaisir d’écrire.

« Lettre à un jeune auteur » est un livre très riche et drôle, « vitaminé », je dirais même!… qui donne envie de s’y remettre! J’y ai puisé beaucoup de conseils enrichissants et extrêmement motivants. Je vous en conseille la lecture si vous aimez écrire. Et si le sujet vous intéresse,prenez une minute pour visionner  cet extrait de La grande librairie consacrée à ce livre.