« Eloge de la solitude » de Véronique Aïache, aux éditions Flammarion.

Confinement: deuxième acte!…

Moins strict que le premier (avec l’ouverture des écoles)… donc vraisemblablement beaucoup moins efficace sur l’évolution de la pandémie… Cette période extrêmement perturbée risque donc de se prolonger. Alors il ne faut pas perdre courage et s’organiser pour l’affronter le mieux possible.

Les personnes seules (je m’adresse spécifiquement à vous, tout en étant consciente qu’on peut se sentir très seul même au sein d’un couple… Mais c’est un autre sujet!…), les personnes seules, donc, vont avoir à gérer à nouveau une période de solitude plus importante. Après la lecture du livre « L’esprit de solitude », de Jacqueline Kelen, sur lequel j’ai écris un article le mois dernier, je viens de lire un autre livre sur le sujet, que j’ai trouvé plutôt réconfortant. « Eloge de la solitude » de Véronique Aiache, chez Flammarion.

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.Le sujet de la solitude y est abordé sous un angle moins philosophique, mais plus « pratique » et dans un style gai et très positif. « La solitude, comprenez celle qui va et vient dans les existences, ne reflète pas forcément le désert de l’âme. Au contraire, quand elle entre dans une vie même sans y être invitée, elle peut enrichir au lieu de blesser. »Alors, nous y sommes!… Les solitaires vont sans doute être encore plus seuls que d’habitude. Ce livre vous fournira pleins d’idées pour mettre à profit ces moments de solitude.

Et « ce n’est pas un hasard si depuis tellement longtemps, tant de penseurs la chérissent et la réclament comme le salut de leur identité. Des solitaires de Port Royal aux retraites de Bouddha, des promeneurs rousseauistes aux chamans amérindiens, des philosophes de la Grèce antique aux artistes de la Renaissance, combien ont-ils été à aller puiser dans la solitude le meilleur d’eux-mêmes? De tous temps et dans toutes les cultures, combien ont choisi de s’isoler pour mieux créer, se trouver ou accéder aux savoirs? C’est en effet de cela qu’il s’agit dans l’art d’être seul: un recueillement du corps et de l’esprit, capable d’ouvrir toutes les consciences sur le monde qui nous entoure. »

« Si c’est au sein du groupe que l’individu se réalise, c’est aussi à l’extérieur du groupe qu’il parvient à s’identifier. C’est en étant seul de temps en temps qu’il trouve sa juste place parmi les autres. Trouver en soi les réponses aux questions que l’on se pose. Prendre conscience des reliefs de son identité pour mieux profiter de tous ses potentiels. Goûter aux plaisirs d’agir librement, se découvrir des forces insoupçonnées, se défaire des interdits ou encore, réussir à se réaliser sans dépendre du bon vouloir de l’autre. […]

Aussi agréable puisse-t-elle être, la compagnie-dans le sens le plus large du terme- oblige forcément à se soumettre. Ou plus exactement, elle prive au quotidien d’un tas de petits choix. A commencer par celui de vivre à son rythme, sans se soucier des impératifs des uns et des autres. Être seul permet de nous réapproprier- du moins partiellement- ce que les autres nous prennent en masse ».

Pour Véronique Aïache, la solitude:

Libère la pression : elle permet de reprendre son souffle.

Ouvre le champ des possibles : elle donne du piment à la vie en ouvrant en grand ses portes à l’inattendu et à l’improvisation.

Elle permet d’être vrai : « qui n’a jamais fait semblant au moins une fois dans sa vie? Qui n’a jamais dit quelque chose, en pensant le contraire, sourit en ayant envie de pleurer ou fait preuve d’amabilité en ravalant sa colère? Avouons-le: au nom des convenances et du savoir-vivre social, nous sommes tous tenus de composer à un moment ou à un autre, pour éviter un conflit ou tenir le rôle qui nous est attribué » (et là, je sais que beaucoup d’entre vous se reconnaitront)- . »C’est en cela que la solitude permet d’être vrai, d’être soi, et non le personnage que les autres veulent voir. Ni le corps ni l’esprit n’ont besoin de fards lorsqu’ils n’ont pas de témoins. »

Elle rend authentique : »plus la peur de la solitude motive pour créer des liens, plus ces liens fragiles renverront au sentiment de solitude par leur absence de profondeur ».

Elle adoucit les chagrins : »D’aucuns peuvent voir en la solitude une aire de repos pour l’esprit, sur laquelle il est bon de s’arrêter de temps en temps lorsque l’on trace à toute allure sur l’autoroute de la vie. D’autres puisent dans la tranquillité qui l’accompagne la source de leur inspiration. Les uns la chérissent pour le vent de liberté qu’elle souffle sur leur quotidien[..] Et puis il y a ceux qui la considèrent comme un lieu de convalescence, comme un endroit abrité où les peines de cœur et de l’esprit se soignent ».

Elle réveille les potentiels : »lorsqu’il s’agit de résoudre un problème ou de sortir d’une impasse, être seul oblige à aller chercher en soi l’aide que l’on a l’habitude de trouver chez les autres. On constate que plus on parvient à se débrouiller par soi-même, plus on gagne en confiance en soi ».

Elle dégage l’horizon existentiel : »S’extraire de temps en temps de son cercle proche permet de voir ce qui se passe au delà. Autrement dit, être seul permet de ne pas se restreindre à la volonté d’autrui et d’élargir ses perspectives ».

Elle apprend l’indépendance affective : »En amitié comme en amour, nous attendons souvent que les êtres qui nous sont chers agissent à notre égard comme nous le faisons pour eux. De cette attente souvent insatisfaite, nait la douleur de la déception. A trop espérer de l’autre, nous oublions au passage que les valeurs qui nous animent ne sont pas les mêmes chez tout le monde. Selon le philosophe William James, la manière la plus simple d’être heureux, consiste à se libérer de cette attente. Réussir à aimer l’autre aussi librement que sereinement, oblige à cultiver son autonomie. De la même façon que la solitude apprend à ne compter que sur soi pour se sortir d’un mauvais pas, elle enseigne aussi à puiser en soi les sources de bonheur ».

Elle développe la réflexion : »Il n’y a pas meilleur outil que la solitude pour se mettre au service de la réflexion et du dialogue intérieur ».

-Elle booste l’ennui productif : » Pour créer, innover, inventer, il est important de pouvoir entendre les mots que chuchotent les pensées. C’est en effet au plus profond de soi que dorment les idées. C’est au fond de soi qu’il faut aller chercher les joyaux de notre matière grise. Et pour réussir à se concentrer pleinement sur son monde intérieur, il faut commencer par accepter de se déconnecter complètement du monde extérieur. L’essentiel est d’être seul avec ses pensées pour les laisser s’exprimer, et de ne pas craindre l’ennui si les idées tardent à venir. Car l’ennui a des effets bénéfiques sur le cerveau. S’il n’y a pas de stimulus autour de soi, le cerveau le crée en soi« .

Elle sacralise le silence : »Les recherches scientifiques ont mis en lumière les effets positifs du silence sur le cerveau. Elles ont prouvé qu’il suffit de deux heures de silence continu par jour pour lui permettre de se régénérer, et même de stimuler les zones dont dépendent l’apprentissage, la concentration et la mémorisation. Le silence est une denrée rare dans le quotidien; il faut donc aller le chercher dans les moments de solitude. »

Elle procure un sentiment de liberté « Que l’on soit en couple ou avec des amis, le compromis est inévitable, si l’on souhaite mettre tout le monde d’accord. Il est toujours question d’accorder son violon au diapason de la majorité ».

Cet article n’a pas pour vocation de vous détourner définitivement de toute vie sociale, ni de prôner l’égoïsme d’une vie vécue uniquement pour soi-même. On a besoin les uns des autres, socialement, matériellement et surtout affectivement. D’ailleurs, « De sa nature initiale, l’être humain a gardé au fond de lui le besoin de clan et la crainte d’en être exclu. Depuis l’aube des temps, il est resté celui qui imbrique son destin à celui des autres pour se sentir exister et donner un sens à ce qu’il fait comme à ce qu’il est ». Voilà pourquoi tant de gens souffrent aujourd’hui d’être privés de contacts. Le but de cet article est juste d’attirer l’attention de ceux d’entre vous qui ne supportent pas de devoir s’isoler, sur les avantages non négligeables de ces moments de solitude qui se profilent à nouveau dans nos vies… Et que nous avons tout intérêt à en faire quelque chose de positif. Ne perdons pas de vue que ces moments si particuliers seront, malgré tout, des moments riches d’enseignements.

Un livre très intéressant pour ceux qui craignent viscéralement la solitude. Et aussi pour ceux qui l’apprécient sans bien savoir pourquoi, et sans être conscients de tous les bienfaits qu’ils peuvent éventuellement en tirer!…

Allez, Bon courage à tous!… Restez prudents!… Et prenez bien soin de vous!…

« S’émerveiller »… Le très bon livre de Belinda Cannone sur le sujet de l’émerveillement.

Je suis une « émerveillée » de nature. C’est comme ça depuis que je suis toute petite. Disposition naturelle… Ou génétique… Ou aptitude acquise, grâce à l’éducation… (Mon père était aussi un contemplatif et un rêveur… Il attirait toujours mon attention sur les belles choses)… Ou acquise grâce à mon métier d’hôtesse de l’air, qui m’a permis de sillonner le monde et de découvrir tant de merveilles? Ou peut-être un peu tout ça à la fois…

La pandémie de Covid 19 et le confinement qui a suivi m’ont donné l’occasion de réaliser de manière encore plus vive, l’importance de préserver ses facultés d’émerveillement, pour traverser plus sereinement l’étrange période que nous vivons. Et, plus généralement, pour vivre une vie plus riche et plus intense…

Je me suis donc organisé une sorte de « retraite post-confinement », pour réfléchir à tout ça, et pour cela, j’avais besoin de trois choses essentielles:

  • Un endroit en pleine nature. Un endroit calme où l’air est pur… où je n’aurai qu’à passer la porte pour être au milieu des champs et des arbres et pour marcher autant que j’en aurai besoin. Un endroit silencieux pour écouter juste le chant des oiseaux, les nuages qui passent et le bruit de l’herbe sous mes pas… (La campagne m’a tellement manqué pendant le confinement. Hors de question d’avoir à passer cette rentrée en région parisienne! Trop flippant à mon goût! Trop de monde! trop de bruit! trop de pollution!…). J’ai la chance inouïe de pouvoir le faire, alors je le fais et je savoure…
  • J’avais bien-sûr également besoin de mon matériel de dessin, pour mes incontournables carnets créatifs. Dessiner les choses est le meilleur moyen qu’on ait trouvé pour observer profondément. Et la contemplation est une forme de méditation vraiment très efficace… Et tellement agréable!…

-Enfin, j’avais besoin d’une sélection de livres à savourer sur le sujet de l’émerveillement et de la beauté de la nature. Ces sujets qui me passionnent tant.

Ah! Et puis j’avais quand même aussi besoin de mon ordinateur… Pour écrire!… Une autre de mes activités favorites… Et pour la rédaction des articles de ce blog, dont je vous rappelle le sujet de base, depuis sa création en 2017: « cultiver ses facultés d’émerveillement »…

Et aujourd’hui, j’aimerais vous parler d’un de ces livres, dont je viens de terminer la lecture. Il s’agit du livre de Belinda Cannone, qui s’intitule « S’émerveiller ». L’auteur introduit son livre comme ceci:

« J’étais comme toujours émerveillée par les objets et les paysages simples qui m’entouraient, sentant que dans les années à venir, atteindre la concentration indispensable pour vivre plus continûment dans un état de vigilance poétique serait ma grande affaire, car seules cette concentration et cette vigilance permettent de ressentir pleinement la puissance de l’existence, des lieux et de la joie. Je décidais d’écrire un essai où j’explorerais ce travail intérieur qui permet d’ouvrir assez les yeux sur le monde pour en percevoir toute la beauté.

Très consciente du fait que le monde va souvent mal, et face à sa déception, parfois, face à la nature humaine, Belinda Cannone écrit:

« J’ai toujours déploré que le XXème siècle se soit à ce point complu dans le négatif […]? Cela ne m’a pourtant jamais empêchée de percevoir la beauté et d’accueillir la joie, quand elle venait, en dépit de l’inquiétude ». A méditer, par les temps qui courent!…

« L’émerveillement résulte du regard désirant posé sur le monde […]. Parce que le monde est fait pour nous, il recèle ce que notre désir sait y convoquer. Un hasard n’est souvent qu’une vigilance inconsciente. »

« Le désir général de vivre, comme celui, plus aigu, d’aimer, est une réponse à l’enténèbrement. Soudain se présente sous nos yeux une chose, un paysage, une personne (qu’on ne savait pas attendre) et dont on réalise qu’il correspond pourtant à un désir; inimaginé, inespéré, et cependant accordé au plus secret, connivent. Cet écart -l’objet est inattendu mais mystérieusement ajusté- est la condition (la définition) de l’émerveillement dont on peut dire, en ce sens, qu’il n’est jamais ce qu’on cherche mais ce qui survient.« 

« Je sais que le retrait dans la solitude des champs est la situation propice à la concentration et donc à l’ émerveillement.

« Tous les hommes ont vécu cette expérience du regard levé vers la voûte étoilée. Quel sentiment nous étreint alors? L’émerveillement devant l’immensité de l’univers, l’immuabilité du ciel, la sensation d’un temps qui nous précède et nous suivra ».

« S’émerveiller, c’est d’abord saisir la présence des choses et des êtres ».

« Les circonstances de la vie ordinaire sont de nature à contrarier notre capacité d’émerveillement et c’est pourquoi la solitude, souvent, accroit les chances de l’éprouver. Faire taire les bruits et l’agitation du monde pour se rassembler en soi, se concentrer. »…

Et c’est ce que je fais dans cette « retraite » si particulière, au sein de cette nature si calme et si paisible…

« L’émerveillement est une foudre délicate qui s’inscrit fugitivement au ciel- pauvre écrivain qui prétendrait la fixer! ». Et pourtant, Belinda Cannone le fait très bien!

« Ils (les oiseaux qui pépient) manifestaient la joie d’être en vie, de se répandre dans le ciel vaste, de faire courir leurs trilles selon les mille lignes de fuite qui nous relient à l’univers, de sentir l’existence, c’est-à-dire l’énergie pure du désir. Les oiseaux venaient de lui rappeler la possibilité d’éprouver le désir de vivre. L’émerveillement n’est-il pas, à travers l’expérience déroutante (qui nous fait sortir de notre route) de la beauté, le rappel de notre intime relation avec le monde et le profond assentiment au fait simple d’être vivant?« 

Tout est dit ici… Et de la plus belle façon. J’ai vraiment beaucoup aimé le style d’écriture, et la manière dont certains sujets sont abordés.

Lecture vivement conseillée+++

« L’awen en solitaire ». Avancer seul sur le sentier des druides. Un livre de Joanna van der Hoeven aux éditions Danaé.

Le druidisme est la tradition spirituelle « indigène » de Grande-Bretagne, d’Irlande, et de certaines parties d’Europe.9791094876336-200x303-1 C’est une ancienne tradition païenne axée sur la symbiose avec la nature. « Suivre le sentier du druidisme, c’est rendre hommage au monde naturel et à tout ce qui vit, développer une relation avec le monde et chercher à travailler avec lui en harmonie et en équilibre ». Longtemps pourchassé par la hiérarchie chrétienne, le druidisme existe toujours et connait même un regain d’intérêt ces dernières années. Les druides suivent de longues années d’enseignement. Ils peuvent être considérés comme les prêtres des anciens cultes celtiques, mais ils sont aussi des enseignants, des scientifiques, des érudits, des juges, voire des prophètes, véritables intermédiaires entre le monde surnaturel et les hommes. En général leur savoir est très vaste; il va de l’astronomie à la botanique, à la pharmacopée, en passant par la poésie et la philosophie.  Si l’on souhaite partager avec d’autres ce chemin de vie, il est possible de devenir membre d’un ordre de druides ou de découvrir ces pratiques dans certains festivals spécialisés. Soucieux de préserver leurs secrets, les druides tiennent des assemblées nocturnes en des lieux isolés, souvent connus d’eux seuls.

Mais il y a d’autres voies possibles.

Ce livre est écrit spécifiquement pour celles et ceux « qui se sentent appelés au druidisme mais préfèrent voyager seuls sur ce chemin de vie, libres des conventions et des restrictions sociales, en s’éloignant de l’humanité pour mieux connaitre le vaste monde ». 22_c1_eg_druideIl traite des bases du druidisme et nous montre comment les appliquer simplement à notre vie quotidienne pour l’enrichir d’un sentiment de beauté, de magie et de mystère. Sur ce chemin solitaire, nous finissons par nous rendre compte que nous ne sommes jamais seuls dans ce monde, et par notre lien avec la nature, nous voyons que l’idée même de séparation n’est qu’une illusion.

Le druide vit et apprend par « l’ Awen »,  ce qui veut dire littéralement « l’inspiration poétique qui vient de la nature ». Spirituellement, le druidisme peut être un chemin de vie merveilleux.

Beaucoup de druides sont animistes et croient qu’il y a une forme de conscience en toute chose, qu’il s’agisse d’une pierre, d’un arbre, d’une goutte d’eau ou d’un scarabée. Quand il marche dans la forêt, le druide devient la forêt. Il devient les arbres, les renards, les biches, les ruisseaux, les rochers, et apprend ainsi à voir quelle est sa place dans le vaste univers.

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Il est de la responsabilité du druide solitaire d’apprendre tout ce qu’il ou elle peut, que ce soit par les livres, en écoutant les orages et les tempêtes, en faisant de la musique ou en faisant l’amour. Nous pouvons apprendre de toutes les expériences de notre vie, si nous choisissons de les écouter. Le druide solitaire cherchera à se relier au monde naturel à son propre rythme, et selon ses propres termes. Il devra apprendre en tout premier lieu à garder les pieds sur terre, notamment par la méditation, ou la prière.

Lorsqu’on débute sur la voie de la méditation, on commence généralement par réapprendre à respirer. Or, la respiration est notre interaction la plus simple et la plus primitive avec notre environnement naturel, et le moyen le plus efficace de se rappeler que nous en faisons partie. Il est étonnant de se dire que l’air que nous respirons est le même que celui que respiraient nos ancêtres, il y a cinquante, cent ou milles ans. Renouvelé, certes, par les échanges naturels de notre respiration et de celle des arbres, mais il ne vient pas d’ailleurs…

Le druide voit également la prière comme une intention profonde visant à rendre hommage à toutes les choses, visibles ou invisibles, qui partagent notre existence. Toutes les relations sont à double sens. Tout est connecté. Pour le druide, prier, c’est rendre hommage à cette connexion. Si prier, c’est se relier, il faut à un certain moment s’arrêter et écouter les réponses éventuelles. Parfois, dans la vie, nous n’obtenons pas de réponse immédiate. Mais prendre le temps de s’arrêter, d’écouter, même si on n’entend rien, c’est apprécier le temps et le lien que nous partageons avec toutes les autres choses sur cette planète..

Ici ou ailleurs… Maintenant, ou dans le passé…

 

« Le bonheur est dans la nature ». un livre de Marc Giraud, aux editions Delachaux et Niestlé.

9782603025550-475x500-1Encore un livre de plus sur les bienfaits de notre reconnexion avec la nature, me direz- vous…

Mais celui-ci est particulièrement agréable à lire. L’éveil des sens qu’il propose à travers quelques exercices pratiques accessibles à tous, permet de faire taire le mental et de tester le lâcher prise. Quand vous traversez des difficultés, que les contrariétés s’amoncellent à l’horizon, ne perdez pas de vue ce moyen très efficace de vous remonter le moral. L’immersion dans la nature provoque une joie intense, un bonheur étrangement simple, mais fort, viscéral. .

« Nous sommes des enfants de la nature. Notre humanité et nos racines biologiques plongent dans la nature sauvage, nous y avons été pétris pendant des milliers d’années ».

La « biophilie » avance que les humains sont, de façon innée, attirés émotionnellement par les paysages naturels. Cette attirance pour la nature est universelle et partagée par toute l’humanité.

« L’immensité de la nature est une source infinie de curiosité et d’explorations. Elle ouvre l’imagination. Sa beauté extraordinairement diversifiée mais toujours harmonieuse, stimule l’inspiration et la création. »

Se réfugier dans la nature permet de refaire le plein d’équilibre, de sérénité et de hauteur, afin de pouvoir affronter ce monde avec plus de solidité.

Quelques chapitres intéressants du livre (avec des extraits choisis):

-Libérez vos sens: en prenant conscience du fonctionnement global de notre corps, il nous est possible de savourer cette joie simple d’exister, d’être là..

L’inspiration vient en marchant: « en marchant, on renoue avec son corps, on reprend le contact avec la terre et avec le ciel. On s’inscrit dans le paysage, on se réapproprie l’espace, on s’ouvre à la grandeur du monde. En marchant, on rejoint aussi d’autres sphères, celles qui font jaillir en nous les idées spontanées et l’inspiration. Jean-Jacques Rousseau, comme tant d’autres écrivains, poètes, philosophes, peintres, musiciens ou scientifiques, ne pouvait pas penser et créer sans marcher. En marchant, on avance aussi intérieurement.

-Le bonheur est dans le présent.

La musique de la nature: « les sons de la nature agissent comme des caresses vibratoires et nous transmettent du bien-être ».

Dessinez une fleur: « Tout comme la nature, il est un domaine qui nous soutient dans les épreuves de l’existence et qui nous accueille toujours, quel que soit notre moral, c’est l’art. L’un est propice à l’autre: pratiquer un art dans la nature réunit donc deux grands alliés de notre bien-être ».

Et ce chapitre, que je trouve absolument fabuleux et qui me donne l’envie d’écrire un article approfondi  sur le spectacle grandiose de la voûte céleste… ( Cet été, j’envisageais, avant le débarquement de cet inquiétant virus dans notre pays, de faire un séjour à l’Ile aux étoiles, dans le Quercy, juste pour cela… C’est sans doute remis à une date ultérieure… A la place, je vais observer les étoiles dans le ciel Aveyronnais… Ce qui est très bien aussi puisque la pollution lumineuse y est très faible…)

Passez une nuit à la belle étoile: « Au dessus de nos têtes, le ciel étoilé nous plonge dans une immensité vertigineuse. Nous prenons conscience que notre corps est une interface entre l’infiniment grand et l’infiniment petit, entre un espace extérieur et un espace intérieur insondables. Nous nous posons des questions sur notre place dans l’univers. Regarder un ciel étoilé procure toujours une impression magique de rêve et d’enchantement. La nuit, la lune et les étoiles, c’est de la poésie à l’état pur. Le ciel nocturne éveille en nous des fascinations primitives profondes. Au dessus de nos têtes s’étend une immensité semblable à celle que regardaient nos ancêtres, ouvrant un passage à travers le temps, nous faisant entrevoir l’éternité.

Une ballade dans la nature, en pleine conscience, et avec ce sentiments profond de connexion, est une moyen particulièrement efficace pour lutter contre le blues. C’est le moment idéal pour commencer à organiser vos prochaines ballades estivales pour vous ressourcer… Tout le monde en a grandement besoin…

Nature CT

« La douane de mer » de Jean d’Ormesson

« La douane de mer » de Jean d’Ormesson

Je me demande ce que Jean d’Ormesson aurait pensé de cette pandémie. Lui qui aimait tant les voyages, l’Italie, Venise, les bains de mer, les livres et tous les plaisirs de l’existence…

Ce grand enfant émerveillé par la vie, manque à beaucoup de gens. Je fais partie de ceux-là. Heureusement, il nous reste ses livres. Des trésors précieux à savourer…

J’ai toujours aimé la lecture, mais la période de confinement que nous venons de vivre, m’a permis de renouer avec le plaisir intemporel des grandes lectures romanesques. Ces dernières années, je favorisais la lecture de livres pratiques et d’essais sur la création artistique, le développement personnel, la spiritualité… J’ai redécouvert ces temps-ci le plaisir immense de m’évader en lisant de grandes et belles histoires dépaysantes.

Je viens de lire « La douane de mer ». J’aime beaucoup Jean d’Ormesson. Sa très grande culture, sa personnalité attachante, sa franchise désarmante et le charme irrésistible de ses conversations solaires et joyeuses, sa légèreté teintée de profondeur… Un délice. Je vous propose un lien pour aller voir cet interview de Jean D’O par Léa Salamé , dans lequel il joue de son charme coutumier avec une sincérité touchante,  ou encore ce numéro de La Grande librairie… Il y a sur la toile de nombreux interviews de Jean d’Ormesson. Ces deux-là méritent vraiment d’être écoutés avec attention… Il était aussi le roi des citations d’autres auteurs, toujours parfaitement choisies et dites avec tant d’éloquence.

Quel bonheur de retrouver le style unique et si caractéristique de cet amoureux des mots. Un exemple pour tout aspirant écrivain… Sa vision du monde et de la vie, est également une source d’inspiration pour tout être humain qui, comme lui, aime la vie et tente, tant bien que mal, d’y trouver un sens.

Le propos de « La douane de mer »: l’auteur (O), meurt dès la première page. Alors qu’il s’apprête à quitter la terre pour s’envoler vers une destination inconnue, il croise A, un esprit venant d’une galaxie lointaine dans le but d’étudier la terre et ses habitants. A demande à O de lui accorder trois jours avant de quitter définitivement la terre, afin de l’aider à comprendre le fonctionnement du monde, et surtout celui des hommes,  leur histoire, leurs modes de vie… Tout cela dans le but de rédiger un rapport qu’il doit ramener dans sa galaxie. Survolant la terre, trois jours durant, les deux esprits parcourent ainsi l’espace et le temps…

Ce sujet en or est évidemment le prétexte à une présentation haute en couleurs du monde, des aléas de son histoire… C’est aussi l’occasion d’un portrait touchant: celui des êtres humains, créatures vulnérables et attachantes, aux comportements parfois déroutants, qui doivent affronter, depuis la nuit des temps, leurs destins de mortels avec courage, tout en essayant d’être aussi heureux que possible.

Quelques extraits choisis:

-« Même achevée par la mort, la vie est une splendeur ».

-« Le temps emporte les hommes. Mais ils passent leur vie, leur vie si courte et si belle à penser à autre chose […]. A l’argent. Au travail. Au confort. Au plaisir. Au temps qu’il fait. Aux vêtements à porter. Aux gens qu’il s’agit de voir. Aux affaires à traiter. A toutes les règles du jeu. A presque rien et à tout.[…] Les hommes se débattent comme ils peuvent au milieu des pièges et des désastres qui surgissent de partout. Le monde est surtout un bonheur parmi tant de malheur. C’est une fête en larmes. C’est un échec radieux. Je savais qu’un jour ou l’autre mon histoire ici-bas allait finir assez mal et que j’allais mourir puisque j’étais un homme. J’ai fait ce que j’ai pu de cette stupeur ardente qui m’a été donnée sous forme de jours et de nuits, de forêts où me promener, de mers où me jeter, de mots à lire ou à écrire, de beauté et de rires. »

-« Aucune aventure humaine n’est une aventure solitaire. Les hommes sont liés entre eux par des liens innombrables. Aucun de ces liens n’est aussi fort que l’amour qui emporte en même temps les corps et les âmes ».

-« Rien de plus flou que l’amour. Ni de moins scientifique. Il n’est fait que de détails, d’accidents, de paradoxes, de surprises. Et de silences ».

-« Partir est un grand bonheur. J’ai beaucoup aimé partir. J’ai beaucoup aimé le monde. J’ai beaucoup aimé la vie. J’ai beaucoup aimé les femmes, les routes, les paysages. J’ai beaucoup aimé le plaisir. J’ai beaucoup aimé l’amour. »

-« Je cherchais dans mes souvenirs ce que j’avais aimé – Peut-être le monde lui-même. La vie, bien-sûr, mais plus encore le monde. Le monde et son spectacle […] J’aimais regarder le monde d’un peu loin, comme si j’étais de passage.  Et je l’étais en effet. Une sorte de touriste en vacances sur les plages de cette planète, dans ses collines, dans ses campagnes. […] Le monde est un théâtre. Nous y bâclons tous notre numéro sous les projecteurs de l’histoire. Nous récitons notre texte, on nous applaudit, on nous siffle et, après avoir fait de la figuration à peine intelligente dans la plus belle des pièces – un succès universel, un triomphe, un chef d’œuvre: l’histoire des hommes sur la terre – , nous rentrons à jamais dans les loges de l’oubli et de l’éternité ».

-« Il y a eu sur cette terre des machines à faire rêver qui ont laissé un nom dans la mémoire de ses hôtes. On les appelle les livres. »

-« Peut-être parce que chacun d’eux est lui-même une histoire, les hommes aiment à la folie qu’on leur raconte des histoires. Le monde n’est qu’une histoire où s’emboitent des histoires. La tienne, la mienne, la nôtre… »

-« L’important est de jouer avec notre destin pour nous distraire du temps qui passe et de détourner vers des voies de garage l’angoisse de notre condition […] Tout est histoire, les guerres, les maladies, les larmes, les souffrances, le savoir, l’inconscient, la mort […]. Il y a des histoires plus complètes, plus achevées, plus cohérentes que d’autres. On les appelle des chefs-d’œuvre. Le chef-d’œuvre le plus achevé, le plus cohérent, le plus complet, c’est l’histoire du monde dont les héros sont les hommes. »

-« La vraie gloire des hommes, ce ne sont pas les génies, les talents, ceux qui se distinguent des autres. La vraie gloire des hommes est ailleurs. Dans le silence, dans le travail, dans la patience, dans le courage. La vraie gloire des hommes, ce sont les hommes eux-mêmes, dans leur diversité et leur totalité. Les milliards et les milliards d’hommes dont les noms sont perdus mais dont la seule existence a fait marcher l’histoire.

Je profite de cet article pour ajouter quelques extraits d’autres livres écrits par Jean d’Ormesson et que j’aimerais vous faire partager:

-« Rien n’est plus proche de l’absolu qu’un amour entrain de naître. Le stupéfiant, le merveilleux, c’est que cet absolu nait du hasard ».(Dieu, sa vie, son oeuvre)

-« Souvent, je suis triste. Le monde n’est pas gai. Alors, je trompe mon monde en riant. La gaité est la forme de ma mélancolie ».(Un jour je m’en irai sans en avoir tout dit »)

-« Les hommes veulent d’abord survivre. Et tout de suite après, les meilleurs d’entre eux au moins, ceux qui font bouger l’ordre établi et qui laissent derrière eux des traces de leur passage, se désespèrent de voir leur vie se perdre dans les sables et tomber dans l’oubli. Ils veulent qu’elle prenne un semblant de sens. Alors, ils chantent, ils peignent, ils se servent de la terre ou du bois ou de la pierre ou de la toile ou du papier pour inventer des objets, ils font la révolution, ou des livres, ils laissent derrière eux des sortes de monuments. Ils souffrent et ils espèrent. Et ils regardent les nuages dans le ciel, l’eau qui coule, la mer si elle est là, les étoiles la nuit. Je crois qu’ils aimeraient tous savoir ce qu’ils font là. » ( Un jour je m’en irai sans en avoir tout dit).

-« Ce qu’il y a de plus remarquable dans l’histoire de l’univers, c’est que les malédictions ne tardent jamais longtemps à se changer en bénédictions. » ( Un jour je m’en irai sans en avoir tout dit).

-« Ce que j’ai aimé le plus au monde, je crois que c’était la vie.[…]. J’aimais beaucoup les matins, le soleil, la lumière qui est si belle. Et les soirs avec leurs secrets. Et les nuits aussi. Après les surprises et l’excitation du jour, je m’enfonçais dans l’absence avec une silencieuse allégresse. J’aimais beaucoup dormir. Et j’aimais me réveiller et aller me promener dans les forêts ou le long de la mer. » […] Il y avait dans cette attitude quelque chose d’audacieux: elle n’était pas répandue chez ceux de mon époque. Ils cultivaient leur refus et leur mauvaise humeur avec ostentation. […] Le bonheur d’être au monde que j’ai éprouvé avec tant de violence n’était pas très bien vu.[…] Il y avait du mal dans ce monde, le sang y coulait à flots, des mères cherchaient leurs enfants au milieu des décombres, l’homme allait peut-être disparaitre, victime de son propre génie, et il n’en finissait pas de souffrir. Est-ce que je l’ignorais? A côté des horreurs qui n’avaient jamais cessé de s’enchaîner les unes aux autres et en attendant les désastres qui ne pouvaient manquer de survenir, il y avait aussi des roses […], il y avait de jolies choses à lire, à voir, à écouter, de très bonnes choses à manger et à boire, des coccinelles pleines de gaité, de la neige sur les montagnes, des îles dans une mer très bleue.. »( C’était bien)

J’espère que ce choix vous donnera envie de replonger dans l’œuvre de cet enchanteur de la littérature et de la vie.

Et vous pouvez terminer par cette belle émission hommage  datant de Décembre 2017 (La grande librairie de François Busnel.)

-C’est « Épatant »!… dirait Jean d’Ormesson.

 

 

« Faire des pauses pour se (re)trouver. » Le bon moment pour lire ce livre de Anne Ducrocq. Ed Leduc pratique, (et en livre de poche également.)

Nous traversons en ce moment une période un peu angoissante d’épidémie potentielle qui peut donner envie à certains d’entre nous de moins sortir et de rester tranquillement chez eux, (du moins lorsqu’ils ne sont pas obligés de sortir pour aller travailler)… J’avoue que j’ai tendance à faire partie de ceux-là… En plus, la météo n’étant pas très clémente ces jours-ci, l’envie de faire de grandes ballades à la campagne est moins grande. C’est donc le moment idéal pour lire, écrire, peindre, créer… réfléchir…  et se ressourcer (au moins le temps du week-end, pour ceux qui travaillent!..)

Cette étrange période que nous nous apprêtons à traverser peut devenir un moment propice à l’introspection et à la réflexion, auxquelles on laisse généralement peu de place , dans nos vies trop souvent surchargées d’activités.

41IB4ZES3LL._SX347_BO1,204,203,200_Je viens de retrouver ce livre, publié en 2018 et sur lequel j’avais écris un article à cette époque: « Faire des pauses pour se (re)trouver », écrit par Anne Ducrocq. Je trouve le moment idéal pour revenir dessus et mettre en pratique les idées très intéressantes qui y sont développées sur l’importance de faire des pauses dans nos vies survoltées. Il fait partie de ces livres qu’il est bon de garder précieusement pour s’y replonger régulièrement.

Voici de quoi il s’agit:  nous vivons dans un monde qui nous laisse peu de temps pour réfléchir, peu de temps pour nous exprimer, peu de temps pour nous arrêter. L’auteur nous donne des pistes pour faire cesser ce mouvement de remplissage qui nous avale comme une spirale. « On ne cesse de faire des pleins: plus de travail, plus de divertissements, plus de vêtements, plus d’appareils technologiques, plus d’amis, plus d’amants, plus de voyages, plus de sport… » . Ce monde tourne trop vite. Anne Ducrocq nous propose de nous retirer de l’agitation du monde, SEUL, pour quelques heures ou (encore mieux) pour quelques jours, afin de renouer avec notre dimension intérieure. Et son livre est un véritable guide pour organiser et profiter au maximum de ces sortes de « retraites spirituelles » solitaires, indispensables pour se recentrer sur l’essentiel.

Bien-sûr, certains peuvent rétorquer que tout le monde n’a pas un tempérament d’ermite, ni une semaine devant soi, ni la chance de vivre à la campagne. Mais une seule journée de pause peut déjà faire beaucoup de bien.

Le livre nous explique clairement et simplement l’importance de telles retraites, le moyen de les aborder le mieux possible, et d’en comprendre les bienfaits…

Quelques extraits choisis pour vous

-« Faire le vide, de pensées, d’activités, de projets, de relations, d’obligations, est une expérience qui porte des fruits à nulle autre comparables.

-« Il est urgent de revenir à soi, à un « chez soi », et de cesser d’habiter chez l’autre et ce qu’il pense, ce qu’il va dire, ce qu’il va faire… Ces autres qui nous cannibalisent sont nombreux. Nous sommes enfant de, époux ou épouse de, mère ou père de, secrétaire de, directeur de… même le sans-emploi célibataire sans enfant sera toujours le voisin ou l’ami de quelqu’un. On a trop tendance à vouloir plaire, s’adapter,se défendre… Pour celui qui mène tant de vies en simultané-amoureuse, familiale, professionnelle, amicale, associative, politique, religieuse…-, s’offrir un temps rien que pour soi n’est pas un luxe, mais une nécessité dont il n’a pas suffisamment conscience.

– » Pour plusieurs jours de retraite personnelle, nous alternerons des moments centrés sur notre corps (relaxation, repas, marche, repos), d’autres sur notre psyché ( activités créatives, artistiques, culturelles, intellectuelles, introspection, réflexion), et d’autres, enfin, rien que pour nourrir notre esprit (méditation, contemplation, communion avec la nature). »

-« Comme les moines; nous devrions essayer d’éviter de penser à l’activité suivante. Concentrons-nous au contraire sur le moment présent. Attachons-nous à ce que nous sommes entrain de faire. »

-« La plupart d’entre nous n’avons pas reçu d’éducation à la voie solitaire. On a perdu l’habitude de s’ennuyer, on préfère fuir. […] Pourquoi craint-on à ce point de faire l’expérience de l’ennui? C’est pourtant une belle rencontre, souvent étonnante… »

-« Il faut apprendre à apaiser notre mental. […] Notre incapacité à nous arrêter de penser est un véritable poison. La pensée n’est qu’une image mentale, une interprétation du réel. »

Sur l’écriture

– » Une retraite spirituelle est un temps idéal pour descendre dans le puits des mots enfouis, des non-dits, des merveilles oubliées ou jamais partagées. […] Je me régale de ces journées entièrement dédiées à l’écriture. J’entre dans un autre temps que celui des horloges, comme quand on peint, quand on sculpte… Je suis prise par l’enchantement de l’écriture et de la vigilance qu’elle exige. Écrire, aimer écrire, savoir écrire est l’un des plus beaux cadeaux que la vie m’ait fait. Cela me console de tout. »

Évidemment, le thème de l’émerveillement m’a interpellée…

-« L’émerveillement, c’est un moment d’éclaircie, un état de stupeur: on croyait les choses finies, limitées, et l’on s’aperçoit qu’elles commencent, que tout rebondit » (citation de Bertrand Vergely).

-« S’émerveiller du plus extraordinaire au plus banal, c’est introduire une fêlure dans l’ordre du temps; un étonnement, un trouble, une joie, une émotion s’y glisse. Exister suffit. S’émerveiller, c’est se réveiller intérieurement […]. Il faut laisser monter en nous cet enthousiasme qui est capable de transformer de fond en comble le quotidien. Ce qui nous fait mourir, ce n’est pas la mort, c’est de ne pas vivre. »

-« La vie n’est pas une quantité mais une qualité! S’émerveiller, c’est revenir sur Terre habiter le monde tel qu’il est et le trouver bon. »

-« La nature est par excellence un lieu de rencontre avec le sacré ».

-« Il ne faut jamais hésiter à s’offrir un moment de contemplation de la beauté […]. Dessiner, peindre, faire des collages, faire un bouquet… »

L’ouvrage contient également des conseils de lectures et de films à découvrir pour élargir l’expérience, pendant ces périodes de retraites spirituelles…

Lecture vivement conseillée***.

citations du jour… extraits choisis du livre de Paulo Coelho: « manuel du guerrier de la lumière ».

De retour d’un court séjour « aquarelle » au milieu des magnifiques et impressionnantes falaises d’Etretat, je voulais vous faire partager des extraits du livre qui a accompagné mes pauses entre jeux de lavis et fusions de couleurs : « manuel du guerrier de la lumière », de Paulo Coelho.

M02290039330-large« Les guerriers de la lumière ont toujours une lueur particulière dans le regard… »

« Le guerrier de la lumière ne craint pas de paraitre fou. Il se parle à voix haute quand il est seul. Quelqu’un lui a appris que c’était la meilleure manière de communiquer avec les anges, et il cherche ce contact. »

« Lorsqu’il se met en marche, chaque pierre, chaque tournant lui souhaite la bienvenue. Il s’identifie aux montagnes et aux ruisseaux, il voit une parcelle de son âme dans les plantes et les animaux et les oiseaux de la campagne. Alors acceptant l’aide et les signes de Dieu, il laisse sa légende personnelle le guider en direction des tâches que la vie lui réserve… »

« La vie le transporte de l’inconnu vers l’inconnu. Chaque minute  est revêtue de ce passionnant mystère: le guerrier de la lumière ne sait pas d’où il vient, ni où il va. Mais il n’est pas ici par hasard. Et il se réjouit d’être surpris. Il s’enchante de découvrir des paysages nouveaux. Souvent il a peur, mais c’est normal chez un guerrier. »

« A mesure qu’il avance, le guerrier se rend compte qu’il existe des difficultés qu’il n’avait pas envisagées. S’il lui faut attendre le moment idéal, il ne bougera jamais; un peu de folie est nécessaire pour faire un pas de plus. Le guerrier use un peu de folie. Parce que -à la guerre comme en amour- il n’est pas possible de tout prévoir. »

« En ce moment même, des millions de gens ont renoncé. Ils ne s’ennuient pas, ne pleurent pas, ne font plus rien; ils attendent seulement que le temps passe. Si parfois tu es triste, cela prouve que ton âme est toujours vivante. »

« Le guerrier de la lumière connait l’importance de l’intuition. Les gens disent « il vit dans un monde imaginaire », ou « comment peut-il croire des choses qui n’ont pas de logique? ». Mais le guerrier de la lumière sait que l’intuition est l’alphabet de Dieu, et il continue d’écouter le vent et de parler aux étoiles… »

 

« Voir la beauté du quotidien et s’en émerveiller ». le dernier livre du Ingrid Fetell Lee (traduit en français aux éditions Marabout)

51kyyDNY46L._SX365_BO1,204,203,200_Je viens de terminer la lecture de ce livre passionnant qui nous propose d’explorer ce qu’est la joie, d’où elle vient, et de réfléchir sur  toutes ces petites choses de la vie quotidienne qui parviennent à susciter universellement la joie et l’émerveillement… Cela m’a permis de découvrir Ingrid Fetell Lee, ancienne designeuse, qui a passé plusieurs années à pister les sources de la joie à travers le monde. A partir d’exemples concrets, nourrie par ses rencontres avec des artistes, architectes, décorateurs, jardiniers, spécialistes des couleurs, cette lumineuse personne nous donne des conseils précieux pour nous permettre de semer des graines de joie communicatives. Elle nous démontre que les moindres gestes réjouissants ont leur importance au fil du temps. Que la joie n’est pas difficile à trouver et qu’elle est partout autour de nous si nous y prêtons attention. Et surtout à quel point, sous des apparences anodines, la recherche de la joie n’est pas quelque chose de superflu. La joie est liée directement à notre instinct de survie. Elle est une condition essentielle à une bonne santé physique et mentale. Tout simplement parce que la joie est source d’énergie. Et que l’énergie est vitale…

Bien-sûr, lire ce livre est la meilleure chose à faire. Mais en attendant, je vous conseille d’aller sur le fameux site « Ted Ideas worth spreading » » pour écouter cette conférence de Ingrid Fetell Lee donnée à Vancouver en 2018. Non, en fait, je vous demande, pour votre bien et celui de toute l’espèce humaine, d’écouter entièrement, tranquillement, et jusqu’au bout, ce petit discours de treize minutes … Il va vous faire comprendre quelques petites choses essentielles pour vivre mieux… Après… C’est vous qui voyez!… Mais à votre place, je le ferais… (écouter cette conférence ici) (et n’oubliez pas de cliquer sur la petite icône rectangulaire en bas à droite de l’image pour avoir les sous-titres en français…)

conseils de lectures merveilleuses et enthousiasmantes…

Voici les références de quelques livres que j’ai eu la chance de découvrir récemment et qui m’ont enthousiasmée pour différentes raisons…

Créativité

Libérez votre créativité - Livre audio-« Libérez votre créativité » de Julia Cameron (plusieurs éditions dont une édition de poche). Si vous ne deviez lire qu’un seul livre sur le sujet, je vous conseillerai de lire celui-là. Cet ouvrage est devenu ma bible!… Traduction du best seller américain appellé « The artist way », c’est LE LIVRE INDISPENSABLE à toute personne rêvant de laisser librement s’exprimer l’enfant-artiste qui vit au plus profond de lui. « Tous les enfants sont des artistes. Le problème, c’est de le rester une fois adulte ». Cette phrase de Pablo Picasso résume l’objectif des livres de Julia Cameron qui est de retrouver la spontanéité de l’expression de soi. Ce livre s’adresse à tout le monde et permet de retrouver la spontanéité applicable à tous les domaines de la vie. Mais il est surtout passionnant pour les artistes qui retrouvent avec cette méthode simple et agréable la créativité artistique de l’enfant-artiste qui sommeille en chacun d’eux. Le livre est pavé de citations sur la créativité et sur l’art toutes plus géniales les unes que les autres. A lire et à garder comme livre de chevet.

« Pensez comme Léonard De Vinci » de Michaël J Gelb ( Les Editions de l’homme). Un outil génial pour comprendre ce qui fait de Léonard De Vinci le génie universel qu’il a été. J’ai publié un article plus détaillé sur le sujet dans la catégorie « lieux inspirants » sous le titre: « Léonard de Vinci – visite du Clos Lucé à Amboise ».

« The art of vintage Journaling and collage » De Marijo et Sunny Koch aux éditions Quarry. Malheureusement pas encore traduit en français, ce livre est le plus extraordinaire que j’ai trouvé ces dernières années sur le Art journaling. Comme il est très visuel, il n’est pas indispensable d’être très fort en anglais pour en profiter. On peut encore le commander par internet. C’est une compilation de deux ouvrages que les auteurs avaient publié précedemment (Vintage collage works en 2007 et vintage collage journals en 2009). Chaque page est une merveille, les illustrations sont magnifiques et particulièrement inspirantes. C’est un des livres que je préfère sur le sujet.

Merveilleux

« Il était une fois… Les contes de fées« : Ouvrage collectif de plusieurs spécialistes du conte. Publié conjointement par la bibliothèque nationale et les éditions du Seuil. Un livre très intéressant sur tous les aspect du conte (littérature, cinéma, artistes).

« La petite encyclopédie du merveilleux » de Édouard Brasey,  aux Editions Le pré au clerc. Cet ouvrage très complet est un condensé des trois tomes de l’Encyclopédie du merveilleux qui avaient été publiés précédemment. Edouard Brasey est un spécialiste du sujet. Il a écrit de nombreux ouvrages sur l’univers des contes, sur les fées, les mondes imaginaires, les arts divinatoires… Et notamment un autre ouvrage qui m’avait beaucoup intéressé aussi:

-« Vivre la magie des contes » (Edouard Brasey également) aux éditions Albin Michel. Résultat de recherche d'imagesCe livre nous explique que si les contes de fées sont généralement considérés comme de jolies petites histoires inventées pour endormir les enfants, au-delà de cette première lecture, ils recèlent en fait un véritable savoir initiatique. Les contes sont en fait destinés à éveiller l’homme, à nous aider à explorer notre histoire, et à opérer des changements profonds dans nos vies quotidiennes. Il nous incite à découvrir « le merveilleux » qui se trouve là, dans notre vie de tous les jours. C’est exactement ce que j’aimerais faire moi aussi, avec ce blog…

-Du récit merveilleux, ou l’ailleurs de l’enfance (Alain Montandon) Ed Imago.

  Alain Montandon - .J’ai choisi de recopier ici un extrait du livre de Alain Montandon, qui me semble donner une bonne idée du contenu particulièrement passionnant de cet ouvrage très travaillé sur l’univers du conte, l’importance du merveilleux dans nos vies d’adultes et sur le rapport intime qui existe entre le regard du poète et les récits merveilleux…

« Merveilleux, mirabilia, merveille, impliquent par étymologie un regard, une vision étonnée, ébahie, fascinée, prise dans les rets de l’extraordinaire qui nous arrache à notre quotidienneté pour nous plonger dans un monde différent, où tout est possible, où l’impossible même change de place. De ce déplacement témoignent l’étonnement, les yeux largement ouverts d’une petite fille découvrant un lapin blanc, d’un aviateur voyant surgir en plein désert un petit garçon blond…[…] Cet étonnement a sa source au plus profond de nous-mêmes, car ce qui étonne est moins l’apparition de créatures inédites que le souvenir archaïque du premier de tous les émerveillements, celui de la découverte du monde que nous fîmes enfants, et dont ne cessent de ce souvenir maints poètes. Le merveilleux est un retour à l’enfance en ce qu’elle recèle de facultés à s’émouvoir de nouvelles rencontres, de s’ouvrir à l’inconnu, d’inventer la terre, le ciel et le monde, et de leur donner vie et langage.[…] Ce contact immédiat qu’ont les enfants avec la nature et le monde était pour les romantiques le signe même de la parenté profonde entre le poète et l’enfant, qui tous deux savaient comprendre la vie puissante et profonde des choses. L’enfant ouvrant des yeux naïfs sur un monde dont il fait intégralement partie et qui est un espace illimité de possibles… »

Si vous êtes passionné par l’univers des contes et que vous vous demandez pourquoi (ce qui était mon cas), alors courrez acheter ce livre et lisez-le!… Vous comprendrez d’où vient votre attrait pour le merveilleux et vous comprendrez aussi pourquoi c’est plutôt une bénédiction d’avoir ce regard sur le monde…

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Le Petit Prince: une œuvre à lire et à redécouvrir encore et encore.

Je viens de revoir le film « Le petit Prince », inspiré du livre éponyme d’Antoine de Saint-ob_fb2ddc_maxresdefaultExupéry. Je ne me lasse pas de cette histoire. Elle a le don de me transformer en fontaine à chaque fois.

Ce petit Prince me touche profondément avec ses réflexions sur la vie, le rêve, la solitude,  l’attachement,  l’enfance qu’on ne devrait jamais quitter, le déchirement insupportable des séparations définitives…

 

Que ce soit la lecture du livre, à l’écriture magnifique, ou le visionnage du film de Mark Osborne, très bien ficelé également, ce petit prince me bouleverse… Et chaque étape de la vie en permet une interprétation différente. Lire le petit Prince à 15 ans fait rêver, à 30, il fait réfléchir, à 50, il émerveille… Puis un peu tout cela à la fois…

Rien que pour ça, Merci… Monsieur de Saint Saint-Exupéry…

citations: »C’est tellement mystérieux, le pays des larmes… »

« Si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde… »[…] Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. »

« Toi, tu auras des étoiles comme personne n’en a… Quand tu regarderas le ciel, la nuit, puisque j’habiterai dans l’une d’elles, alors ce sera pour toi comme si riaient toutes les étoiles […] Et quand tu seras consolé (on se console toujours) tu seras heureux de m’avoir connu… »

Relisez ce chef-d’œuvre… Même si vous l’avez lu dans votre enfance… Je vous assure que ce que vous allez ressentir sera très différent et très fort… Promis!… Vous allez passer un moment vraiment magique!…