Bonjour jolies fées et gentils gnomes

Jeglitterfy7151802310B81 m’appelle Catherine…

Je suis Artiste-Ecrivain-Voyageuse… et chercheuse de merveilles…

« Artiste »… dans l’âme… parce que j’aime patouiller les couleurs… La création artistique occupe une grande place dans ma vie, particulièrement la pratique du carnet créatif (ou journal d’artiste). Je crois aussi que la façon dont nous décidons de vivre nos vies, est un art à part entière.

« Écrivain »… Car j’aime écrire de belles histoires… travailler l’écriture… Et partager ce qui m’habite avec des mots choisis avec amour…

« Voyageuse »… Car j’ai sillonné le monde pendant trente ans en tant qu’hôtesse de l’air. Je poursuis maintenant d’autres aventures. je sillonne davantage la France (et j’adore!…) Je  m’intéresse également aux voyages intérieurs (tout aussi passionnants)…

« Chercheuse de merveilles »… Parce que j’ai toujours réussi à préserver mes facultés d’émerveillement, et que cela m’a toujours aidé à traverser les coups durs que la vie met parfois sur le chemin… Aujourd’hui je pense modestement que ma « mission de vie » est peut-être d’inciter les gens  qui me lisent à retrouver ces facultés d’émerveillement, s’ils les ont perdues ou sont entrain de les perdre…

J’ai commencé récemment  l’écriture de ce blog pour essayer de faire partager ma vision de la vie. J’y écris des articles sur des lieux magiques à visiter,  sur mes découvertes inspirantes, sur  mes rencontres avec des personnes passionnées et passionnantes,  sur l’intérêt de développer sa créativité artistique,  sur l’importance de se reconnecter avec la nature, et tout plein d’idées pour  vous aider à réenchanter votre vie quotidienne en la saupoudrant de petits bonheurs pailletés.   Aujourd’hui, je sillonne la France et le monde, toujours à l’affût de belles choses à découvrir et de belles personnes à rencontrer.

Je vous invite à me suivre dans mon univers féérique, à renouer avec le merveilleux, avec le monde de l’enfance et de la pensée magique…

Ce blog s’adresse tout particulièrement aux âmes d’artistes qui sont à la recherche de sources d’inspiration.

Je crois également beaucoup à l’importance de rester le plus souvent possible en contact avec la nature. En vrai, la beauté est partout. Tout est une question de disposition d’esprit…

Alors, n’hésitez pas à me suivre en vous abonnant…(il suffit de cliquer sur l’étiquette bleue « suivre inspirations et merveilles », en haut et à droite de cette page d’accueil).

Vous pouvez déjà  aller voir quelques une de mes créations sur mon site: » la petite fabrique de merveilles  « .

Mon credo: créer du beau. Parce que créer du beau fait du bien à l’âme…

 

 

| La petite fabrique de merveilles sur WordPress

« La petite fabrique de merveilles »…

C’est le nom que j’ai donné à mon atelier d’artiste… Enfin… à celui que je rêve d’avoir, large, spacieux, lumineux, avec de grandes baies vitrées donnant sur la mer… Pour le moment, je vous l’avoue, je créé dans ma salle à manger!… Qui elle, est transformée en atelier d’artiste très créatif (c’est le mot que les artistes utilisent pour dire « encombré »), et dans laquelle je ne peux même plus recevoir mes amis!…

Je suis actuellement en phase active de création…
Vous pouvez déjà voir quelques unes de mes créations, pour la plupart, des objets et accessoires pour fées-bohèmes, sur mon site:

https://lapetitefabriquedemerveilles.com

« C’est véritablement utile, puisque c’est joli… » (Le Petit Prince de Saint Exupéry).

 

 

 

Léonard De Vinci – Visite du Clos Lucé à Amboise

Léonard de Vinci est l’un des plus grands esprits de tous les temps. peintre, inventeur, scientifique, ingénieur, philosophe, son intelligence universelle et sa créativité hors du commun continuent à fasciner notre époque et à inspirer artistes, cinéastes et romanciers autant que philosophes, techniciens et intellectuels de toutes sortes.

Toujours intéressée par les sujets concernant le développement de la créativité, et souhaitant redécouvrir ce personnage extraordinaire (« sa vie, son œuvre »!…), j’ai décidé de visiter le Clos Lucé, sa dernière demeure à Amboise, qui abrite aujourd’hui un musée de qualité sur ce génie hors normes.

L’un des aspects les plus fascinants de Léonard de Vinci est son interdisciplinarité. Pour augmenter l’intérêt de ma visite, et essayer de mieux comprendre l’intelligence du maître, j’ai entrepris la lecture du livre écrit par Michaël J Gelb: « Pensez comme Léonard De Vinci ». Dans cet ouvrage passionnant, l’auteur explore les 7 principes léonardiens permettant au mieux de développer sa créativité et de stimuler son imagination.

Ces sept principes, accessibles à tous, sont selon lui les caractéristiques du génie. Les voici:

La  Curiosita  : Il s’agit d’avoir une approche de la vie pleine de curiosité et de garder toujours l’envie d’apprendre. Nous avons cette curiosité naturelle lorsque nous venons au monde; mais seuls les grands esprits gardent ce sens de l’émerveillement (dont j’évoque si souvent l’importance sur ce blog), favorisant un intérêt pour la vie en général et une soif de connaissances sans cesse renouvelée. Léonard de Vinci emmenait partout avec lui des petits carnets dans lesquels il notait tout (ses idées, ses croquis, ses impressions, ses observations). Cette notion de carnet de note qu’on emmène partout avec soi pour y jeter toutes ses idées existe dans toutes les méthodes de développement de la créativité. Léonard de Vinci en a été le précurseur. Mais le désir d’apprendre ne suffit pas. Il faut aussi nourrir son intelligence émotionnelle. Et Léonard de Vinci s’intéressait autant à l’étude des choses qu’à l’observation de la psychologie humaine.

La Dimostrazione : Cela consiste à tirer le meilleur parti de sa propre expérience; L’expérience personnelle est source de sagesse. Il ne faut pas hésiter à mettre ses connaissances à l’épreuve et comprendre que, même si l’on échoue, on peut toujours apprendre de ses erreurs.

La Sensazione : S’attacher au raffinement continu de nos sens, en particulier de la vue, dans le but de raviver nos expériences. Léonard de Vinci, qui regrettait que l’être humain moyen « regarde sans voir, écoute sans entendre, touche sans ressentir, mange sans goûter, se déplace sans la conscience de son corps, respire sans sentir, et parle sans réfléchir » (réflexion d’un précurseur de la pleine conscience?). Pour lui, la vue, l’ouïe, l’odorat, le toucher et le goût sont les clés de toute la richesse de nos expériences. Le développement des sens et en particulier de l’acuité visuelle est essentiel, particulièrement pour les artistes. Lire la suite

Eric Poindron: poète, écrivain inclassable et émoustilleur des imaginations…

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Je viens de me procurer deux livres de Eric Poindron. Je me demande encore comment j’ai pu passer depuis si longtemps à côté de cet artiste-écrivain-poète atypique, et de ces deux livres étonnants et tellement stimulants pour l’imaginaire!…

Il y a, d’un côté « Le questionnaire » de Eric Poindron, -le livre qu’il vous faudra en partie écrire ou dessiner-,

et de l’autre, « Comment vivre en poète » -300 questions au lecteur et à celui qui écrit.

Les deux ouvrages (publiés aux éditions Le castor astral), sont constitués en partie de questions ouvertes inattendues, parfois loufoques ou absurdes, souvent poétiques, auxquelles le lecteur est invité à répondre. Toutes ces questions sont de véritables « accélérateurs d’imagination », des incitations à « vivre en poète »… Ces deux « livres-jeux sont destinés aux audacieux, aux timides, aux excentriques, aux indécis, aux téméraires, aux prudents, aux raffinés… à tous ceux qui tournent une page comme on pousse la porte d’un cabinet secret », nous dit la quatrième de couverture. La lecture de ces deux ouvrages est enthousiasmante pour tous ceux qui aiment écrire. Répondre à ces questions permet de générer des textes réjouissants qu’on est étonné de voir sortir de sa propre tête! Un vrai plaisir que je conseille à tous ceux qui aiment l’écriture, mais aussi à ceux qui aiment la lecture et la poésie, à tous les curieux, et à tous fantaisistes qui aiment « lâcher la bride » de temps en temps…

extraits:

-« Vivre en poète est un état d’être à fleur de peau, animé par une foi en l’Art et la beauté »

-« Vivre en poète, c’est se sentir comme un électron libre, propulsé en dehors des limites de son champ d’attraction. A la fois joyeux et désespéré, à la fois isolé et confondu à l’Univers… »

Exemples de question posées par Eric Poindron:-« Que cachez-vous derrière votre masque et que cache l’Autre derrière le sien? »ou: « Pourquoi croyez-vous que la lune existe? » ou encore, « Quels sont les trois livres qui n’existent pas que vous voudriez lire? Et quels en seraient les thèmes?

Qui peut mieux présenter ses livres que l’auteur lui-même? Je vous propose de visionner cet interview dans lequel Eric Poindron présente ses deux livres

Eric Poindron s’interesse à la petite histoire de la littérature et à ses excentricités. Il anime également au quotidien le blog « curiosita&caetera », un cabinet de curiosités poétiques en ligne, où il mélange « en un labyrinthe jubilatoire des pistes de lectures, des découvertes bibliophiliques, des fictions ou poèmes, des voyages insolites, des hommages aux jeux d’échecs, des fantômes taquins ou l’histoire de la gastronomie »… Je suis abonnée à très peu de blogs, mais celui-là en fait maintenant partie… Je vous conseille vivement d’y faire une visite en cliquant sur ce lien: « curiosaetcaetera ». Eric Poindron se dit « collectionneur de tout ce que le monde a de surprenant », cela m’interpelle forcément… A ma manière, c’est aussi un peu ce que j’essaie modestement de faire depuis ma plus tendre enfance…… A cela près que pour moi, le « surprenant » doit aussi être beau, ou touchant, ou mystèrieux, mais surtout, surtout… Il doit provoquer l’émerveillement…

Je vous conseille également cet entretien avec Eric Poindron sur le blog de François Betremieux: (Zone critique). Il s’exprime notamment sur cette idée que je trouve assez géniale d’ « Atelier des mots, des pas et des curiosités » qu’il a mis en place sur Paris. (Je ne sais pas s’ils sont maintenus en ce moment, du fait de la crise sanitaire, je n’ai pas trouvé l’information)… Il a aussi pris récemment la direction de la collection « Curiosa & caetera » des éditions du Castor Astral, rééditant des ouvrages étranges et oubliés.

Un poète, écrivain, un érudit à l’imagination débridée; un éditeur, collectionneur d’objets et d’instants insolites, bref! Un personnage qui vaut vraiment le détour… Et un univers qui me ravit…

« Anthologie de l’émerveillement ». Sortie de ce livre de poésie écrit à plusieurs mains, auquel j’ai le plaisir et la fierté d’avoir (modestement) participé…

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Il y a quelques mois, j’ai écris un article sur un livre que j’avais beaucoup aimé qui s’appelait :  » Osons l’émerveillement « de Philippe Baudassé et Emmanuel Navarro. L’un des auteurs (Philippe Baudassé) a eu la gentillesse de commenter l’article concernant son livre, et l’idée (brillante!…) de s’abonner à mon blog peu de temps après. Il y a quelques semaines, il m’a contacté pour me parler d’un projet éditorial collectif, initié par Jean-Pierre Béchu et Marguerite Chamon, pour lequel il venait d’être sollicité afin d’en écrire la préface. Ayant vu la teneur de mes articles, et le propos de mon blog, il pensait que j’avais  (peut-être) une petite place à prendre dans ce projet et me conseillait de participer à la sélection des textes, qui devait être faite par les initiateurs du projet. L’idée m’a effectivement  immédiatement enthousiasmée. Vous connaissez mon sentiment sur le sujet de la beauté et de l’émerveillement. J’avais par ailleurs besoin d’un petit coup de boost pour retrouver ma motivation à écrire… Que Philippe Baudassé soit ici à nouveau remercié de m’avoir parlé de ce joli projet poétique.

Je me suis donc mise au travail d’écriture et j’ai proposé trois textes. J’ai reçu peu de temps après une réponse positive concernant le choix d’un de mes textes et d’une photo… J’étais ravie de faire partie des 64 auteurs ayant participé à l’écriture de ce livre!…

Il s’agit donc essentiellement de poèmes ou de textes en prose, dans lesquels sont révélés  des instants d’émerveillement devant la beauté qui nous entoure, lorsqu’elle vient nous cueillir, parfois, au détour des chemins de la vie…

J’ai choisi un court extrait de la préface, écrite par Philippe Baudassé, pour vous donner une bonne idée du contenu du livre:

« Voici un livre bienfaisant. Inattendu et pourtant espéré.

Des pages que nous tenons en main, émane le parfum d’une moisson. Gerbe gracile de moments de vie, d’instants suspendus, d’heures nourricières que des regards étonnés et reconnaissants ont su glaner au fil des jours.

[…]En quelques images et mots choisis, l’ouvrage recueille la sève de nos vies. »

Si vous êtes intéressé par cet ouvrage, il peut être commandé directement chez l’éditeur, aux « éditions du net », ou dans n’importe quelle bonne librairie de votre choix… (ainsi que sur les sites FNAC, Cultura etc…)

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Aimer notre patrimoine culturel… Et apprendre des générations qui nous ont précédées…

Aimer notre patrimoine culturel… Et apprendre des générations qui nous ont précédées…

Je parle souvent, dans mes articles, de mon amour pour la Terre et de mon sentiment profond et fusionnel pour les éléments naturels. Le contact avec la Nature est un besoin vital pour moi. J’y trouve le calme indispensable à ma sérénité et c’est aussi une source inépuisable d’inspiration. Mais j’ai « aussi » beaucoup de respect et d’admiration pour certaines créations humaines et pour le travail des générations qui nous ont précédées.

Même s’il m’arrive (trop?) souvent de critiquer certains comportements humains qui me laissent dubitative, et si j’ai quelquefois bien du mal à comprendre l’état d’esprit de mes contemporains, et les préoccupations actuelles de mes compatriotes, il n’en reste pas moins que cet amour que je ressens pour la Nature, je le ressens aussi pour notre patrimoine culturel, auquel je suis viscéralement attachée. Certains humains trouvent grâce à mes yeux!…

Tant d’hommes (et de femmes!) remarquables ont vécus avant nous, se sont aimés, ont étudié, réfléchi avant nous et nous ont laissé le fruit de leur travail, de leurs idées, de leurs savoirs, de leurs découvertes et de leurs pensées (patrimoine matériel ou immatériel)… Dans leurs écrits, dans leurs constructions architecturales, dans leurs créations artistiques ou même artisanales. Il faut bien reconnaitre que toutes ces créations humaines sont tout de même fascinantes et méritent notre plus grand respect… Il est tellement dommage que nombre de nos contemporains confondent modernité et destruction systématique du passé. Nous avons beaucoup à y perdre…

Je pense notamment à tous ces magnifiques châteaux, qui constellent notre pays, construits par les artisans des siècles passés. Je pense à la beauté grandiose des cathédrales édifiées dans la plupart des villes de France, lieux uniques dans lesquels l’architecture entre en communion avec le sacré… Mais aussi à toutes ces petites églises qui trônent dans presque tous nos villages, même les plus modestes, construites parfois par les villageois eux-mêmes. Tant d’hommes y sont passés, avec leurs prières, leurs peines et leurs moments de bonheur aussi… Tant de choses de toutes ces vies, restent comme suspendues dans l’air, dans les édifices, dans les créations humaines…. Si on prend le temps de se poser pour y penser un peu… Des choses dont nous pouvons nous inspirer…

J’éprouve beaucoup de tendresse pour certains artistes, écrivains, ou philosophes de l’histoire, que je ne considère pas comme des entités lointaines, plus ou moins fictives et séparées de moi. Je ressens plutôt pour eux une sorte de proximité affectueuse, un intérêt sincère, comme celui que je pourrais ressentir pour un ancêtre dont je me sens proche, avec lequel j’aurais de vraies affinités, et dont j’aurais beaucoup à apprendre. Hommes célèbres, ou même anonymes…

Lorsque je visite un château, une cathédrale, ou un monument remarquable, je pense à ceux qui l’ont imaginé, à ceux qui ont participé à sa construction, ou à sa rénovation. Aux heures qu’ils y ont consacrées, aux rêves qu’ils ont échafaudés… Je suis alors en communion avec eux. Lorsque je regarde un tableau, je pense à l’artiste qui l’a réalisé, à sa vie, aux émotions qu’il a ressenties, à ce qu’il a voulu exprimer et nous transmettre. Lorsque je regarde un beau film, je pense au réalisateur, mais aussi à tous les gens qui ont participé au tournage, aux techniciens qui se sont appliqués dans leur travail pour que la lumière soit parfaite, aux costumières, au scénariste qui a écrit les répliques, à celui qui crée les décors, aux comédiens à qui il incombe de faire passer les émotions… Un travail d’équipe pour réaliser un film dont le but sera de toucher les spectateurs, présents et futurs… Les artistes du présent sont (comme l’a dit Julia Cameron) « assis sur les épaules » des artistes du passé. Nous créons tous à partir de ce qui a été créé avant nous. Je pense, par exemple que Tim Burton a dû sentir ce lien avec Lewis Caroll lorsqu’il a réalisé son film « Alice au pays des Merveilles »…

Et j’aime, aussi et surtout, ces grands auteurs dont les textes sont parvenus jusqu’à nous et dont la lecture me réjouit et me fait tant de bien. Mon esprit se nourrit de leurs pensées, de leur vécu, de leurs émotions, depuis que je sais lire. Ils m’inspirent chaque jour de ma vie. Je pense, en vrac, à Montaigne, George Sand, Colette, Jean D’Ormesson, Beatrix Potter, Lewis Caroll, Jules Verne, Jack London, Rousseau… et tant d’autres.

Tous, sont des êtres humains que j’aurais aimé rencontrer et côtoyer. (Et là, j’inclus les auteurs contemporains que j’aime, mais que je ne peux guère rencontrer…). Mais ce qui est magique, c’est que d’une certaine façon, lire les textes de ces auteurs qui me touchent particulièrement, est une manière de véritablement les rencontrer et de passer un moment en leur compagnie. Puisqu’ils nous ont dévoilé dans leurs œuvres un peu de leur âme… Lire les textes qu’ils ont écrits, c’est véritablement entrer en communion avec l’être humain qu’ils ont été…

Et cette sensation de connexion avec les générations passées, on peut l’expérimenter grâce à l’immense patrimoine qu’ils nous ont laissé.

Il est important de prendre conscience de cette richesse incroyable et de s’en nourrir quotidiennement avec respect, reconnaissance… Et humilité…

« Le chant des ondes »: exposition sur les sirènes, les nymphes et autres créatures aquatiques (imaginaires?)

Je viens de visionner le dernier vlog de Laetitia Miéral, cette magicienne du papier dont je vous ai déjà beaucoup parlé. Elle a participé à l’exposition « Le Chant des ondes », pour laquelle elle a fait deux créations de papier magnifiques « Mélusine », et « L’opéra baroque ».

Cette exposition itinérante a lieu au musée Benoît-De-Puydt, dans la petite ville de Bailleul, à une vingtaine de minutes de Lille, tout près de la frontière Belge. Si votre été vous amène dans cette région, et que vous êtes sensible à ces univers féeriques et poétiques, n’hésitez pas à faire un petit détour. L’entrée est gratuite. Les dates ont été déplacées par rapport aux dates initialement prévues, du fait de la crise sanitaire, et l’évènement se prolongera maintenant jusqu’en Janvier 2022.

Je vous propose de visionner cette vidéo de présentation . Elle donne une idée de l’univers merveilleux de l’exposition, et de la poésie des créations qui y sont présentées et qui nous invitent toutes à plonger dans l’élément aquatique à la rencontre de ses créatures légendaires qui ont traversé les siècles et hantent les rêves humains depuis la nuit des temps.

image de Laetitia Miéral

« Célébration de la beauté »(Roland de Miller). Le livre qui me conforte dans mon envie de tenir ce blog et de persévérer dans ma quête de beauté…

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Petit matin

Depuis le jour où j’ai créé ce blog, j’ai eu envie de mettre en avant l’importance de la beauté et de l’émerveillement dans nos vies quotidiennes. Mes articles sont essentiellement consacrés à la beauté (dans l’art, dans la nature…), et à l’importance d’entretenir nos facultés d’émerveillement.

Sans trop m’en expliquer les raisons, depuis mon plus jeune âge, j’ai expérimenté le fait que nos capacités d’émerveillement étaient un vecteur essentiel de notre bien-être et de notre joie de vivre…

La lecture de ce livre m’a permis de comprendre de manière concrète le mécanisme qui opère en nous lorsque nous entretenons cette faculté d’émerveillement devant la beauté. Et il m’a conforté dans cet instinct que j’ai, depuis toujours, de la chercher et de m’en nourrir chaque jour.

Pour Roland de Miller, l’auteur de ce livre, la civilisation occidentale, complètement droguée par le mythe de la croissance économique et démographique, court tout droit à son effondrement. L’auteur n’est pas tendre dans ses réflexions sur l’humanité en général, sur la surconsommation, sur l’univers de l’argent et du profit, sur la sacralisation de la technologie, et notamment sur la mentalité des français:  » Ce qui est effarant, ce ne sont pas tant les catastrophes en elles-mêmes que l’aveuglement avec lequel on continue à les répéter par un système suicidaire et intouchable: c’est l’idéologie de la croissance… et de la crétinisation des masses. […] Notre pays est extraordinairement beau et varié mais les français ne s’en montrent pas dignes. Le français, technophile et automobiliste acharné, gros consommateur de pesticides et de médicaments, bouliste, téléspectateur, grégaire mais individualiste, chauvin, souvent fumeur et chasseur, friand de polémique politicienne et de matchs de football mais ignorant en matière de nature, d’écologie et d’art, est un fossoyeur de la Beauté, même s’il ne le veut pas consciemment » (Oui, je vous l’ai dit: il y a des vérités qui sont difficiles à entendre!…). Il ajoute: « Dans quelques décennies, les pays d’Europe n’auront plus qu’un seul visage uniforme à offrir. C’est consternant. On appelle ça la mondialisation. ça me donne la chair de poule! Car ce qui fait la beauté de notre planète, c’est sa diversité, et non son uniformité. Perdre ses racines, sa culture, ses paysages naturels, son folklore, c’est perdre son identité ».[…] Pour des milliards de citadins à travers le monde, le cadre de vie urbain est donc devenu de plus en plus absurde et invivable. »[…] « Il y a des millions d’âmes dans notre monde qui ne peuvent supporter le silence; il leur faut constamment être baignées de bruit et d’agitation. Quel sentiment de la nature peut-il y avoir chez des individus dont les oreilles sont en permanence trépanées par le rugissement des motos, le hurlement des sirènes de police, et des musiques agressives? Cette agitation frénétique est le reflet de la profonde aliénation psychique et spirituelle qui rend nos contemporains incapables de sérénité et d’élan sincère vers la beauté.[…] Désormais, les compétitions sportives, la musique techno, la bagnole, Internet, la politique-spectacle et les milles frivolités de la consommation ostentatoire ont un attrait bien plus fort auprès du grand public que tout ce qu’on pourra dire sur l’Art, la Nature ou la culture. »

L’auteur est plutôt alarmiste: « Nous allons à la catastrophe, nous le savons depuis longtemps mais nous y allons quand même ». Il va très loin dans ses propos (parfois même un peu trop, à la limite de théories complotistes auxquelles je n’adhère pas personnellement). Mais nombreuses de ses affirmations sont tout de même pertinentes, et difficiles à contester, même si elles peuvent déplaire. Et surtout, son propos essentiel sur l’importance capitale de la beauté pour la survie de l’humanité et la manière dont tout cela s’opère en nous, est franchement passionnante. Il constate avec inquiétude que, dans tous les domaines, le sens et la présence de la beauté sont en passe de s’étioler, et déserte nos vies quotidiennes de citadins pressés.

Roland de Miller est ainsi devenu un des précurseurs de ce qu’on appelle « l’écologie profonde », c’est-à-dire la réflexion sur les liens entre l’écologie et la spiritualité. Et j’aime cette phrase dont la lecture a eu un écho tout particulier en moi, sans doute parce qu’elle correspond pleinement à mon ressenti actuel:

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« J’ai le sentiment océanique et puissant que dans la valeur suprême de la Beauté, sous ses formes multiples, viennent converger toutes les motivations de mon existence. Tous mes écrits antérieurs aboutissent maintenant à cette quête essentielle. Je sais maintenant que j’ai trouvé mon Graal: ce que j’ai de plus précieux au fond de mon cœur, c’est l’adoration mystique de la Beauté divine de la Création. »

« Toutes les conditions se sont progressivement réunies pour faire de moi un être mystique, à la fois fasciné par les beautés de la Nature et engagé dans le combat chevaleresque pour sa sauvegarde »‘.

« Je reçois les rayons du soleil en plein cœur et je n’aurai de cesse de chanter la magnificence de l’univers ».

« La nature est un talisman: j’y cherche sa vibration magique, des élans et des visions cosmiques… […] J’y cherche aussi une vie, de l’inspiration pour mes jours… » (et là encore, je me reconnais dans cette quête…)

 » Chacun a sa voie. La mienne est celle de la Beauté. Je suis un apôtre de la Beauté ».

Pour Roland de Miller, il est maintenant urgent de redonner à l’écologie ses lettres de noblesse en approfondissant ses dimensions culturelles et philosophiques. Cette approche de l’écologie me touche particulièrement…

« Pour célébrer la beauté cristalline du monde, je crois qu’il faut la porter déjà en soi-même, cultiver un sens de l’harmonie sans lequel nous traversons la vie en aveugles indifférents et bornés. Il y faut un regard de poète, d’artiste ou de créateur engagé au service de la vie et de la Terre. »

« A quoi sert la beauté? A nous rendre plus humains, plus sensibles, c’est-à-dire à élever notre conscience de la Vie et de l’Univers. Rien de moins. »

« Face à la société folle et déboussolée, la célébration de la Beauté comme antidote. C’est le plus grand défi de ma vie ».

« Face à l’actualité qui nous apporte son lot quotidien de laideur, de crimes et de catastrophes, la meilleure façon de se ressourcer et de se fortifier, c’est d’élever son âme et de contempler la beauté ».

L’écologie et l’esthétique sont intimement liées, et derrière le combat écologique, c’est bien la beauté de la Terre qui doit fonder nos vraies motivations et déterminer nos plus profondes raisons de sauvegarder la Nature.

Au niveau individuel, la beauté peut littéralement nous guider spirituellement. Mais l’auteur va encore plus loin:

 » Aujourd’hui, je suis de plus en plus convaincu que la Beauté est une de ces valeurs maîtresses qui peut, au niveau individuel, nous guider spirituellement, et au niveau collectif, enrayer l’effondrement culturel sous le coup de la mondialisation économique. » A propos de l’effondrement culturel, Roland de Miller fait ce constat: « Les gens lisent de moins en moins et c’est dramatique. La culture ne passe pas forcément par le livre mais avec l’abandon de la lecture, disparaissent aussi des qualités intellectuelles essentielles comme la structuration du langage, la diversité du vocabulaire, la concentration mentale, l’imaginaire, la réflexion personnelle, la mémoire collective, la liberté d’opinion, la créativité artistique, le sens de la beauté et du patrimoine ».

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« La beauté ne se perçoit pas du premier coup d’œil. Il y a une éducation des sens. Entraîner, éduquer, affiner ses sens nous permet de garder ou retrouver l’esprit de finesse. Enrichi par le goût de la découverte, de l’aventure et de la méditation solitaire, le sens de la beauté est donc assez personnel. »

« Dans les grandes villes, avec l’explosion des modes, des manières de vivre et des gadgets, est-ce que demain la notion de beauté aura encore un sens? C’est le despotisme de l’insignifiance. Les gens ne s’intéressent plus qu’à eux-mêmes : la maladie mortelle de notre époque c’est le narcissisme.[…] La Beauté qui leur est éventuellement proposée de temps à autre est celle du futile, du clinquant, du prédigéré, du luxe voyant et provocateur, des modes passagères… Cette beauté superficielle, décorative, plus ou moins artificielle, est l’expression de l’ignorance, de la pauvreté intellectuelle et morale » (je vous avais prévenu: certains arguments sont un peu durs à entendre dans ce livre, mais qui peut dire qu’ils sont faux? Ces réflexions me font penser à cette mode des selfies et des réseaux sociaux sur lesquels les gens aiment poster le moindre de leurs faits et gestes, même les plus anodins, comme si leur petite personne était la chose la plus intéressante du monde!))

Le livre est un sacré pavé (600 pages! Quand même!…). Il faut être motivé ( je l’étais!). Mais il est vraiment passionnant. Roland de Miller y fait un usage important de citations, nous faisant découvrir au passage de nombreuses personnalités remarquables (écologistes, artistes, écrivains, philosophes…). Et rien que la bibliographie, à la fin de l’ouvrage, fait 35 pages à elle toute seule!… C’est une mine d’or pour découvrir de nombreux autres livres sur le sujet de la Beauté, de la Nature, de l’art, de l’écologie. Une longue liste de trésors…

Quelques citations du livre:

Nicolas Hulot: « Souvent nous regardons sans voir, nous nous contentons du spectaculaire. Il faut probablement un long parcours initiatique, semé de grands chocs émotionnels, de rencontres bouleversantes qui petit à petit exercent la réceptivité, libèrent la sensibilité, pour enfin accéder à la vue. Les choses insignifiantes deviennent alors remarquables et soudain tout vous parle. »

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Claire Fabre: « Qui n’a jamais fait dans sa vie l’expérience d’être bouleversé par la beauté d’un paysage, d’un chant d’oiseau, d’une œuvre d’art, ou même d’un geste ou d’un regard? Ces moments fugitifs font oublier toute pesanteur, tout souci, toute barrière culturelle, jusqu’à la notion du temps. C’est l’être qui affleure alors, dans un moment de plénitude où l’homme se trouve à la fois unifié en lui-même et relié au monde. »

Ralph Waldo Emerson: » La Nature sert un des plus nobles besoins de l’homme, à savoir le besoin de beauté. Le monde existe donc pour l’âme dans le but de satisfaire le désir de beauté. J’appelle cela une fin ultime. On ne peut demander ni donner la raison pour laquelle l’âme recherche la beauté. La beauté, en son sens le plus large et le plus profond est une expression de l’univers ».

Dostoïevski: « La beauté sauvera le monde »

John Keats: « La beauté est vérité, la vérité est beauté, voilà tout ce que vous devez savoir, et tout ce qu’il faut savoir ».

Bertrand Vergely:  » L’émerveillement est un art de vivre. Mieux, une condition vitale. Une réponse à un monde désenchanté. Nous pouvons quelque chose face à la tristesse et à la violence du monde. Cela commence par une attitude intérieure, une façon de penser. S’émerveiller, c’est se réveiller. Ce qui nous fait mourir, ce n’est pas la mort, c’est de ne pas vivre. Il n’y a pas d’autre tragique. »

Rachel Carson: « Le monde de l’enfant est pur, neuf et beau, plein de merveilles et d’émotions. C’est notre malheur à la plupart d’entre nous que cette vision clairvoyante et limpide, cet élan instinctif pour ce qui est beau et impressionnant, soient obscurcis et même perdus avant d’atteindre l’âge adulte. Si j’avais une influence sur la bonne fée qui est supposée présider au baptême de tous les enfants, je lui demanderais que son don à chacun soit un sens de l’émerveillement si indestructible qu’il puisse durer toute une vie, comme un antidote infaillible contre l’ennui et le désenchantement ultérieurs, la préoccupation stérile pour des choses artificielles… »

célébration de la Beauté

« Célébration de la Beauté » Ecologie profonde: la femme, la nature, l’art et la spiritualité. de Roland de Miller aux éditions Sang de la Terre.

Cécile Filliette… Une carnettiste passionnée et passionnante…

J’ai eu la chance de rencontrer Cécile il y a quelques années et d’avoir fait plusieurs stages « carnets de voyages » avec elle, notamment trois en Bretagne. J’en garde un excellent souvenir. Elle a le don de transmettre des tas de petites combines et techniques assez faciles pour créer de jolies pages, bien composées et sait encourager la créativité de chacun. Et comme on parvient très vite à se faire plaisir, c’est très vite motivant. J’ai aussi beaucoup apprécié sa personnalité libre et fantasque. Je me souviens d’une belle complicité ressentie avec elle, lorsqu’en fin de journée, nous nous échappions pour nous baigner loin de tout le monde, dans des petites criques bretonnes désertes… J’adore sa façon très libre d’envisager la pratique du carnet de voyage. Elle m’a véritablement transmis sa passion pour la pratique de carnettiste. Et grâce à elle, je ne pars plus nulle part, sans mon petit sac à dos rempli d’un carnet, d’une trousse avec gomme, crayon, marqueurs noirs, de mes crayons de couleurs, d’une boite d’aquarelle, d’un petit pot d’eau, et bien sûr mon fauteuil pliant sur l’épaule pour m’asseoir n’importe où pour « croquer » les paysages…

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Ces derniers mois, la pratique du carnet « créatif » en général a pris un peu plus d’ importance dans ma vie. (J’ai plusieurs articles sur le sujet dans ce blog).

Ce matin, j’ai reçu un mail m’annonçant que Cécile quittait Paris pour s’installer dans le Sud de la France. Il était accompagné d’un lien permettant de visionner ce film court. On y aperçoit la petite cour pavée où se situait son petit appartement à Paris, qui était un endroit extrêmement agréable et préservé dans lequel elle donnait également des cours et des formations. Le film permettra de garder un petit souvenir de ce lieu si particulier.

Je le mets ici afin que vous puissiez le visionner, parce que je trouve qu’il résume bien ce que peut apporter la pratique du carnet, mais aussi, parce qu’il vous permettra de faire connaissance avec Cécile Filliette. J’avais déjà écrit un article sur elle, sur ses livres et sur ses stages (qu’elle continue à organiser tous les ans, en France et ailleurs). Vous pouvez relire cet article en cliquant ici. Vous pouvez également aller directement sur son site: atelier métaforme.

Le tourisme de masse… C’est reparti?… Au secours! L’instinct grégaire refait surface!…

Bien-sûr, la vocation première de ce blog n’est pas de polémiquer. J’essaie en général d’éviter les sujets qui fâchent, parce que, vous l’avez compris, j’ai résolument décidé de me concentrer sur les beautés de ce monde et sur l’émerveillement qu’elles suscitent.

Mais là, franchement, je ne résiste pas à l’envie de réagir à ce que je viens de voir et d’entendre…

Vous avez certainement vu, vous aussi, ces derniers jours, quelques reportages sur la satisfaction générale à propos de la reprise du tourisme, en France et partout dans le monde. Je comprends le besoin d’évasion. Si j’ai exercé le métier d’hôtesse de l’air pendant trente ans, c’est assurément que j’avais des affinités avec la notion de voyage. Mais je pense juste que cette crise sanitaire aurait dû provoquer une prise de conscience à propos de ce qu’on appelle de manière si éloquente, le « tourisme de masse »… Malheureusement, elle semble provoquer le contraire chez beaucoup de gens. Après l’isolement imposé de ces derniers mois, apparemment difficile à vivre pour certains, « l’Instinct grégaire » ressurgit, irrésistiblement! … Je viens notamment de voir un reportage sur la reprise des croisières sur ces bateaux gigantesques qui ressemblent à des barres d’immeubles. Et surtout cette image choquante de ce monstrueux paquebot longeant à nouveau la fragile lagune de Venise…

 

Ces paquebots gigantesques aux proportions inhumaines (entre 5000 et 7000 passagers) sont le symbole d’un tourisme de masse complètement délirant que je pensais dépassé et dont la reprise me laisse dubitative… Le passage de ces mastodontes fragilise les fondations vulnérables de Venise. Les hordes de touristes qui en débarquent en masse, visitent le site au pas de course, et font la queue pour se prendre en selfies devant le pont des soupirs ou le pont du Rialto, juste pour montrer aux copains qu’ils y étaient!…

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Puis le soir venu, tout le monde remonte à bord de ces monstres des mers qui ressemblent de plus en plus à des parcs d’attractions. Ils y retrouvent leurs occupations de croisiéristes débordés, et « remplissent » les heures de navigation de toutes sortes d’activités dont il leur est apparemment difficile de se passer (jeux vidéos, simulateurs en tous genres, bowling, piscine avec musique tonitruante et cours d’aquagym, toboggans géants, escalade, shopping, repas gargantuesques -plutôt « burgers » que gastronomie fine – alcool à volonté, casinos… Bref, toutes les activités « enrichissantes » qu’on peut pratiquer partout ailleurs, dans quasiment toutes les villes du monde, ou dans tous les parcs d’attractions…). Il y a de quoi s’interroger sur la nature humaine…

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Et que dire de ces images vues lors du déconfinement en Chine, où des milliers de gens se bousculaient sur la muraille de Chine, au point de ne plus pouvoir avancer… Quel intérêt de visiter la muraille de Chine dans ces conditions?

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Alors oui, tout va bientôt recommencer comme avant… Peut-être en pire… Les avions vont recommencer à déverser chaque jour des millions de touristes dans les aéroports… La plupart vont faire le tour des capitales du monde entier en une journée (ou deux, pour les plus chanceux)… Sans oublier, bien-sûr les passages obligés dans les magasins de produits détaxés…

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Qu’en est-il de la contemplation des lieux? De l’observation des détails qui en font tout l’intérêt et le charme? De la découverte des cultures locales? De l’imprégnation sensorielle de l’ambiance? De l’atmosphère des quartiers? Des surprises dans l’emploi du temps de ces journées trépidantes? Des rencontres inattendues avec la population autochtone? Rien ne s’imprime dans le cœur et dans l’esprit de ce type de voyageur. Peut-être parce que ce ne sont pas des voyages. C’est de la consommation.

Au milieu de cette ambiance d’orgie touristique qui repointe le bout de son nez, peut-être serait-il bon de trouver un endroit bien au calme et de se plonger dans les livres de vrais voyageurs, comme Robert Louis Stevenson, Jack London, ou même Sylvain Tesson, dont j’ai dévoré les livres l’année dernière. Je viens d’apprendre qu’il sera l’invité de François Busnel dans la grande librairie, Jeudi prochain (30 Juin) à 20h50. Un rendez-vous à ne pas rater pour redécouvrir ce que devrait être un voyage digne de ce nom (et s’en inspirer): Une aventure faite de découvertes passionnantes, de vraies rencontres, authentiques… De silence, parfois… Ou au contraire, d’écoute attentive. Adopter un rythme plus lent, permettant de longs moments de contemplation. Voir peut-être moins de choses, mais plus tranquillement, moins superficiellement. Juste prendre le temps, afin que les émotions puissent s’imprimer en nous durablement. Savourer… Ces derniers mois m’ont tellement fait réfléchir à tout cela. Je pensais que le monde aurait envie de redécouvrir cet art d’un voyage différent… Après toutes ces images, vues ces derniers jours à la télévision, j’ai quelques doutes…

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« Une vie bouleversée » de Etty Hillesum.

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Peut-être avez-vous déjà entendu parler de Etty Hillesum? Il y est souvent fait référence aujourd’hui dans les livres traitant de la joie intérieure, comme ceux de Thierry Jansen, Frédéric Lenoir ou Alexandre Jollien, sans doute parce que les épreuves effroyables qu’Etty Hillesum a traversées semblent n’avoir jamais atteint sa joie de vivre, ni sa confiance dans la vie, et dans l’homme. Cette jeune femme juive, morte à l’âge de 29 ans à Auschwitz, a tenu un journal, entre 1941 et 1943: il en résulte un document extraordinaire, tant par la qualité littéraire que par la foi qui en émane.

La portée de ses écrits va bien au delà de l’histoire juive et de la déportation. Ses observations sur sa propre nature et l’évolution de sa vie intérieure peuvent toucher tout le monde. Lors de sa publication, en 1981, le journal d’Etty connait un succès foudroyant. En l’espace de quelques mois, il ne connut pas moins de huit réimpressions. En fait, c’est la personnalité de Etty et son étonnant cheminement intérieur qui, tout de suite, suscitent l’admiration. Etty alliait la curiosité intellectuelle de son père au caractère passionné de sa mère. Écrire était une nécessité vitale pour elle. « Le pire pour moi serait d’être privée de papier et de crayon pour faire le point de temps à autre – pour moi, c’est une absolue nécessité, sinon à la longue, quelque chose éclatera en moi et m’anéantira de l’intérieur », dit-elle. Sa courte vie est jalonnée de relations amoureuses avec des hommes beaucoup plus âgés qu’elle. Elle ne s’en cache pas, étudie ses propres travers, mais parle aussi de son évolution spirituelle (elle est profondément croyante), et du cheminement de sa réflexion sur les choses de la vie. Dans son journal, ses écrits, ses pensées intimes et ses émotions ne sont protégées par aucun secret. Elle livre ses pensées telles qu’elles sont, avec une sincérité bouleversante. Et c’est en cela qu’elle peut toucher tout le monde.

Une vie bouleversée J’ai pris l’habitude, lorsque je lis un livre, d’en souligner les plus beaux passages. Or, très rapidement, à la lecture de « Une vie bouleversée », je me suis vite rendu compte que je soulignais presque tout!… Certaines phrases m’ont émue aux larmes. Etty est parvenue à décrire des sentiments et des impressions qu’il m’est arrivé de ressentir, sans avoir eu, peut-être, l’audace de les exprimer moi-même. On se juge soi-même parfois un peu sévèrement et Etty Hillesum nous montre qu’il est important d’avoir un minimum d’indulgence envers nos propres cheminements parfois chaotiques. Elle nous parle sans filtre de ses émotions, ses peurs, ses doutes, ses questionnements. Et je pense que c’est en cela que chacun peut y reconnaitre des parcelles de ses propres méandres.

Extraits choisi:

-« La vie est si curieuse, si surprenante, si nuancée, et chaque tournant du chemin nous découvre une vue entièrement nouvelle. La plupart des gens ont une vision conventionnelle de la vie, or il faut s’affranchir intérieurement de toutes les représentations convenues, de tous les slogans, de toutes les idées sécurisantes, il faut avoir le courage de se détacher de tout, de toute norme et de tout critère conventionnel, il faut oser faire le grand bon dans le cosmos: alors la vie devient infiniment riche, elle déborde de dons, même au fond de la détresse. »

-« Je touche ici à un point essentiel. Quand je trouvais belle une fleur, j’aurais voulu la presser sur mon cœur ou la manger. C’eût été plus difficile avec d’autres beautés naturelles, mais le sentiment était le même. J’avais une nature trop sensuelle. Ce que je trouvais beau, je le désirais de façon beaucoup trop physique, je voulais l’avoir. Aussi j’avais toujours cette sensation pénible de désir inextinguible, cette aspiration nostalgique à quelque chose que je croyais inaccessible; […] L’intensité de ces sentiments était précisément ce qui me faisait croire que j’étais née pour créer des œuvres d’art. »

-« La vie et les rapports humains sont nuancés à l’infini. Il n’y a jamais rien d’absolu ou d’objectivement vrai -je le sais, mais encore faut-il que ce savoir vous entre dans le sang, dans la chair et pas seulement dans la tête, il faut le vivre ».

-« La source vitale doit toujours être la vie elle-même, non une autre personne. Beaucoup de gens, des femmes surtout, puisent leurs forces chez un autre être, c’est lui leur source vitale, non la vie elle-même. Situation fausse, défi à la nature ».

-« Nous avons tous les deux des rythmes de vie tout à fait différents; il faut laisser à chacun la liberté de vivre selon sa nature. A vouloir modeler l’autre sur l’image qu’on se fait de lui, on finit par se heurter à un mur et l’on est toujours trompé, non par l’autre, mais par ses propres exigences […]. On ne réfléchira jamais trop à la nécessité de se libérer vraiment de l’autre, mais aussi de lui laisser sa liberté en évitant de se former de lui une représentation déterminée. »

-« …Ce besoin, cette fantaisie ou cette chimère de vouloir posséder un seul être pour toute une vie, il faut absolument le réduire en miettes. Ce désir d’absolu, il faut le pulvériser. Et ce ne sera pas un appauvrissement de l’être, mais justement un enrichissement. Accepter dans les liaisons un commencement et une fin, y voir un fait positif et non une raison de tristesse. »

-« Certitude de plus en plus ferme de ne devoir attendre des autres ni aide, ni soutien, ni refuge, jamais. Les autres sont aussi incertains, aussi faibles, aussi démunis que toi-même. Je ne crois pas qu’il soit dans ta nature de trouver auprès d’un autre les réponses à tes questions. Tu seras toujours renvoyée à toi-même. Il n’y a rien d’autre. Le reste est fiction. Mais c’est dur d’être ramenée sans cesse à cette vérité. Surtout en tant que femme. Quelque chose te poussera toujours à te perdre dans un autre, dans « l’être unique ». Encore une fiction -une belle fiction, certes.[…] Et lorsqu’on découvre à vingt sept ans des vérités aussi dures, cela vous remplit de désespoir, de solitude et d’angoisse, mais vous donne aussi un sentiment d’indépendance et de fierté. Je suis confiée à ma seule garde et devrai me suffire à moi-même ».

-« Je ne suis pas la seule à être fatiguée, malade, triste ou angoissée, je le suis à l’unisson de millions d’autres à travers les siècles, tout cela c’est la vie; la vie est belle et pleine de sens dans son absurdité, pour peu qu’on sache la porter tout entière en soi dans son unité ».

-« Il faut accepter toutes les contradictions; tu voudrais les fondre en un grand tout et les simplifier d’une manière ou d’une autre dans ton esprit, parce qu’alors la vie te deviendrait plus simple. Mais elle est justement faite de contradictions, et on doit les accepter comme éléments de cette vie […]. Laisse la vie suivre son cours, et tout finira par s’ordonner ».

-« Je remarque que mes facultés d’observation enregistrent tout sans faillir avec en plus une sorte de joie. En dépit du poids des choses, de ma fatigue, de ma souffrance, de tout, il me reste au moins ma joie, la joie de l’artiste à percevoir des choses et à les transformer dans son esprit en une image personnelle ».

-« Dévorer des livres, comme je l’ai fait depuis ma plus tendre enfance, n’est qu’une forme de paresse. Je laisse à d’autres le soin de s’exprimer à ma place. Je cherche partout la confirmation de ce qui fermente et agit en moi, mais c’est avec mes mots à moi que je devrais essayer d’y voir clair. […] pour toucher les autres à travers moi, je dois y voir clair et je dois m’accepter moi-même. Depuis des années, j’emmagasine, j’accumule dans un grand réservoir, mais tout cela devra bien ressortir un jour, sinon j’aurai le sentiment d’avoir vécu pour rien, d’avoir dépouillé l’humanité sans rien lui donner en retour. Peut-être ma mission est-elle de m’expliquer vraiment, avec tout ce qui me harcèle, me tourmente et appelle désespérément en moi solution et formulation. Car ces problèmes ne sont pas seulement les miens, mais ceux de beaucoup d’autres. »

– » A Deventer, les journées étaient de grandes plaines ensoleillées, chaque jour formait un tout sans rupture, j’étais en contact avec Dieu et avec tout les hommes, probablement parce que je ne voyais personne. Il y avait des champs de blé que je n’oublierai jamais, auprès desquels je me serais presque agenouillée. »

-« J’ai tenu des discours extravagants à la lune éternelle. Cette bonne lune n’est pas née d’hier. Des gens comme moi, elle a dû en voir souvent, et de toutes façons, elle en a vu d’autres ».

-« Je me sens parfois comme un pieu fiché au bord d’une mer en furie, battu de tous côtés par les vagues. Mais je reste debout, j’affronte l’érosion des années. Je veux continuer à vivre pleinement ».

Ce ne sont là que quelques extraits d’un journal extrêmement riche de mille choses profondément humaines. J’espère vous avoir donné un peu envie de lire le livre. Il est fort probable que ce qui vous touchera dans les écrits de Etty Hillesum soit différent. C’est ce qui en fait tout l’intérêt.

Amélie Nothomb: ses conseils aux jeunes écrivains

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Aimer lire et écrire est une bénédiction… Quand on a cette passion de la littérature, on ne connait plus l’ennui car l’esprit peut s’envoler là où il veut…

Le mois dernier, j’ai publié un article sur les conseils donnés par Bernard Werber aux jeunes écrivains (à revoir ici si vous le souhaitez)…

Aujourd’hui, comme promis, je vous invite à retrouver les conseils de Amélie Nothomb, en cliquant sur Cet interview.

Elle y donne quelques petits conseils sur l’art d’inventer et de raconter des histoires, de trouver des idées et d’aborder le travail de l’écriture. Et le premier de ces conseils consiste précisément à lire beaucoup… Amélie Nothomb compare le jeune écrivain qui prétendrait vouloir écrire mais n’aimerait pas lire, à quelqu’un qui dirait « J’aime cuisiner, mais je n’aime pas manger »! Ce qui semble effectivement difficile à concevoir…

Ensuite, au fil de mes recherches, je suis tombée sur un blog très intéressant au sujet de l’écriture, et notamment sur un article très complet sur les techniques d’écriture de Amélie Nothomb. A lire ici: (La parenthèse imaginaire). L’article est très intéressant et on y apprend beaucoup de choses sur sa manière de travailler. Si vous aimez l’écriture autant que moi, je pense que ce blog vous intéressera. Vous y trouverez de nombreux articles sur les techniques narratives, la création des personnages, des conseils de stylistique, des interviews d’auteurs, des renseignements sur l’auto-édition, et plein d’autres sujets autour de l’écriture qui font de ce blog un des plus complets que je connaisse.