L’éternel émerveillé: Vincent Munier, photographe animalier

Je sais (parce qu’un de mes fidèles lecteurs me l’a dit) que quelques uns d’entre vous ont particulièrement aimé certains reportages de la Radio-télévision suisse de la série « Passe-moi les jumelles » dont j’ ai donné les liens pour que vous puissiez les découvrir ici, directement à partir de mes articles. Dans la même série, j’ai à nouveau découvert un documentaire très intéressant qui nous présente cette fois un photographe animalier passionné et passionnant: Vincent Munier.

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Je dirais plutôt « Poète-photographe-animalier », car sa façon de parler de son métier est tellement emplie de passion et de poésie que le terme photographe ne peut pas suffire dans son cas.

Il vous suffit de cliquer sur ce lien qui vous permettra de découvrir ce portrait de Vincent Munier . Un conseil: Commencez par ce reportage avant d’aller plus loin dans la lecture de cet article. C’est esthétiquement le plus beau!… Bloquez-vous un petit moment de 50 minutes pour le visionner tranquillement. Bouffée d’oxygène garanti!…

J’ ai beaucoup aimé les réflexions de cet artiste, sa liberté créative , acquise en partie grâce à son père qui l’a initié à la photographie, et la fraîcheur de sa vision qu’il essaie de conserver, malgré le succès et les années de métier qu’il a déjà dernière lui…

J’ai énormément apprécié ses conseils d’observation, sa définition de l’affût et tout ce que cela peut apporter à celui qui le pratique, (qui se rapproche un peu de ce qu’on éprouve lorsqu’on observe longuement un paysage pour le peindre), son insatiable curiosité pour le monde animal et la nature dans son ensemble, et son infatigable enthousiasme pour son activité. Et puis ses réflexions sur le fait que parfois, il faut savoir laisser tomber l’appareil photo pour apprendre à vivre des sensations d’autant plus intenses qu’elles sont vécues dans l’instant, sans le filtre des appareils photos.J’ai enfin été particulièrement touchée par la sincérité de son émotion et les larmes qu’on perçoit dans sa voix, à la fin du reportage, lorsqu’il finit par voir les loups blancs s’approcher de lui, après des jours et des jours d’attente.

C’est un plaisir de l’entendre parler de son bonheur à exercer ce métier qu’il fait avant tout, comme il le dit lui-même, non pas seulement pour gagner sa vie, mais pour continuer à recevoir ces magnifiques cadeaux de la nature, et continuer à vivre son rêve. Il est très soucieux, bien-sûr, d’écologie, mais comme il le dit lui-même, son militantisme a lui, c’est juste de montrer le beau…C’est sa manière à lui de réveiller les consciences.

Si le premier documentaire vous a plu, j’ai ajouté un lien vers cet interview de Vincent Munier dans l’émission Sept à Huit.

Il dresse un portrait magnifique du personnage. Il nous fait partager une partie de ses aventures, nous raconte la belle histoire qui se cache derrière chaque photo. On l’écouterait parler pendant des heures! Passionnant!… Et enfin, troisième film, si vous voulez continuer à voyager encore un peu, il y a aussi ce film « Arctique » réalisé par Vincent Munier lui-même

Images sublimes…

Je viens aussi de lire un article sur le site du Nikon Club à propos de Vincent Munier. Ils lui posent des questions sur les réflexions que la crise sanitaire et le confinement lui ont inspiré:

« On se doit d’être positif, dit-il. Nous n’avons pas le choix. Même si tous les signaux nous montrent à quel point, le fait de souhaiter vivre comme avant, nous mène droit dans le mur.  Ce confinement dû à la pandémie pourrait être une opportunité unique pour tendre vers une certaine décroissance, une sobriété heureuse, ralentir cette spirale infernale de la compétition, de la consommation à outrance et prendre le temps… Prendre de le temps de créer, de réfléchir, de penser, de rêvasser, de jouir, de faire plaisir, de s’émerveiller… »

J’adhère à 100%!…

Il ajoute: »La photographie comme je l’entends, c’est « attraper » des intuitions poétiques, les saisir c’est à dire avoir un regard, qui par notre histoire, éducation, épreuve, douleurs, joie… est singulier, personnel. J’aime dire qu’on ne photographie pas ce que l’on voit mais ce qu’on ressent.

Attention, la « nature » n’est pas un terrain de jeu de l’homme. Et ça, nous avons tendance à le croire, surtout avec ces voyages photographiques, qui parfois me font penser à ceux des chasseurs de trophées, entre autres. Mais aussi ce tourisme de proximité où on ne se contente plus de bonheur simple, mais il nous faut partir sur des projets délirants et écologiquement irresponsables. Voyez comment on « utilise » nos montagnes, comment le béton grignote le sauvage. c’est affligeant ! Pour des plaisirs futiles, éphémères… J’ai la sensation parfois qu’on se doit d’occuper le peuple qui s’emmerde, qui doit consommer car on il est formaté à ça, dès son plus jeune âge.

Enfin, cette dernière remarque, qui fait réfléchir…: « Il va arriver un temps ou ce sera « has been » d’enchaîner les voyages. Il arrive, ce temps où nous devrions avoir honte de prendre l’avion. C’est mon cas ! Depuis une dizaine d’années, je suis dans ce paradoxe que j’essaie de corriger. J’y arrive et me sens plus en harmonie avec ce que je défends. »

A méditer!…

Le défi fou d’un peintre amoureux de la nature…Laurent Willinegger:Une aquarelle par jour…

Je vous propose aujourd’hui de découvrir un nouveau documentaire produit par l’excellente chaîne de la Radio Télévision Suisse « passe-moi les jumelles ». J’ai déjà évoqué cette série d’émissions dans d’autres articles de ma rubrique « personnes passionnées et passionnantes », car leurs reportages (qu’on peut voir sur Youtube, pour la plupart) sont toujours d’une grande qualité et nous permettent de découvrir à chaque fois des artistes ou des êtres atypiques aux univers toujours étonnants et enrichissants.

Cette fois, il s’agit d’un documentaire sur un artiste qui s’appelle Laurent Willenegger. Amoureux fou de la nature, il a décidé de sortir tous les jours, quelles que soient les conditions météorologiques, pour peindre à l’aquarelle les paysages qu’il découvre, autour de chez lui.

Même si je ne vais pas dessiner dans des conditions aussi extrêmes que lui, (même les tempêtes de neige ne l’arrêtent pas), je comprends et j’admire sa démarche. Je partage avec lui ce plaisir de plonger corps et âme dans l’observation de la nature en la dessinant. Se laisser « absorber »par un paysage pour le peindre, a le pouvoir de nous projeter hors du temps…La concentration que l’on met à observer les lignes, les couleurs, les reflets, fait qu’on est comme hypnotisé et qu’on oublie tout!… Si vous faites partie des gens qui aiment pratiquer la peinture dans la nature, ou qui aiment dessiner dans des carnets de voyages, je suis sure que vous savez de quoi je parle…

Bien-sûr, en ce moment, on est un peu bridés dans les distances qu’on peut parcourir… Mais cette crise sanitaire aura bien une fin, et, en plus, vous pouvez profiter de la période actuelle pour commencer à apprendre chez vous quelques techniques, notamment celle de l’aquarelle… Et si vous n’avez encore jamais essayé de le faire, je vous invite à vous lancer! Même si vous pensez ne pas savoir dessiner, ça vaut vraiment la peine d’essayer!.. En tous cas, inspirez-vous de ce documentaire… Il est possible que cela vous tente d’essayer, dans le kilomètre autour de chez vous, à l’abri des regards!… Alors Cliquez sur ce lien…Bon visionnage!…

L’artiste Jean A. Mercier: Les aquarelles inoubliables des livres de mon enfance.

L’artiste Jean A. Mercier: Les aquarelles inoubliables des livres de mon enfance.

Jean A Mercier est un peintre, illustrateur et affichiste renommé du XXème siècle. Il a créé beaucoup d’affiches publicitaire, mais personnellement, je l’apprécie surtout pour les aquarelles finement colorées et raffinées avec lesquelles il a illustré tant de livres de contes et de comptines pour enfants dans les années 60. Je me souviens surtout d’un livre de chansons françaises magnifiquement illustré, offert par mes parents lorsque j’étais toute petite, et que j’ai encore à ce jour dans ma bibliothèque.

La fraîcheur des couleurs et la poésie des scènes que je voyais dans mes livres de petite fille, me projetaient  dans un monde féérique plein de rêve et de beauté. Ils ont certainement grandement participé à mon goût pour les couleurs et les atmosphères féériques, puisque je les apprécie toujours autant aujourd’hui.

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Ses illustrations à l’aquarelle sont peuplées de silhouettes féminines en robe à panier, de fleurs, d’oiseaux et de châteaux fantastiques…

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« Timestorm Films ». Des paysages sublimés par des Films en Timelapse d’une qualité exceptionnelle.

Lors de la rédaction de mon dernier article sur les étoiles filantes, je suis tombée sur un très beau film  appelé Nox Atacama. Le désert chilien d’Atacama est un endroit où le ciel est un des plus clairs et des plus purs au monde, mais aussi un des plus sombres la nuit. Il permet donc des images célestes d’une grande beauté, que je vous conseille vivement de visionner, pour vivre  un merveilleux moment d’évasion (enfin!…), dans un décors grandiose…(Nox Atacama)

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Ce film m’a permis surtout de découvrir Timestorm Films, une maison de production basée en Allemagne, dirigée par Martin Heck, jeune cinématographe particulièrement doué, grand spécialiste de la technique du Timelapse.  C’est une technique qui consiste à filmer un sujet en mouvement en diminuant la cadence des prises de vue pour que le mouvement du sujet soit accéléré à la projection. (en français, « images accélérées », tout simplement).

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En allant sur cette page d’accueil de leur chaîne you tube, vous pouvez cliquer sur une l’icône « vidéos : tout regarder », qui vous amènera directement sur une liste de tous les films. Tournés aux quatre coins du monde, ils vous permettront de passer des instants magiques dans des paysages époustouflants. Cela va de la Nouvelle Zélande, à l’ Icelande, en passant par la Patagonie, l’Argentine, le pôle Sud…

Timestom films PatagonieA regarder sans modération…

Avec mon besoin énorme d’évasion très contrarié par les circonstances du moment, ces images m’ont fait un bien fou!… J’espère qu’elle vous donneront à vous aussi cette sensation d’évasion. Vous pouvez choisir dans la liste proposée les films dont les titres vous attirent le plus. De toutes façons, ils sont tous plus beaux les uns que les autres. Personnellement, j’ai particulièrement apprécié South Pole/Antarctic silence , avec des aurores boréales féériques. ( le mot n’est pas exagéré!…). J’aimais tellement les observer pendant les vols de nuit… J’ai aussi beaucoup aimé celui qui s’appelle Norway (à voir ici) et qui m’a rappelé un voyage en Norvège, pays dont la beauté sauvage m’avait particulièrement touchée..

Le tout à regarder de préférence sur ordinateur plutôt que sur téléphone portable… Toujours en réglant vos paramètres (en bas, à droite de l’image) sur HD, bien-sûr…

Je vous souhaite un très Bon Voyage!… virtuel… Mais bon!… En attendant mieux!…

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La fée-violoniste Lindsey Stirling, à découvrir dans son dernier clip « between twilight »… Tout ce que j’aime…

Linsey SterlingElle a tout pour elle. Elle est jolie, pétillante, lumineuse, douée. C’est une violoniste exceptionnelle et pas conventionnelle. Ses choix artistiques sont intelligents. Elle danse très bien. (je viens d’apprendre qu’elle a participé à la version américaine de l’émission « Danse avec les stars » en 2017, où elle a décroché la deuxième place… Quand même!..). Elle est expressive, gracieuse, touchante… Ses vidéos sont esthétiquement très réussis, et tout particulièrement le dernier, sorti en Juin 2020… Lindsey y incarne une fée qui joue du violon et danse dans une forêt dans laquelle règne une atmosphère féérique, comme je les aime. Elle suit une fée-luciole virevoltante, qui l’entraine vers un prince… très très charmant… Ce qui donne lieu à un joli pas de deux, léger et aérien. Ah!… Quand les fées décident de mettre deux êtres en présence l’un de l’autre!… Elles sont joueuses!… Et parfois si taquines!…

La mélodie est belle et reste efficacement dans la tête!… Quant à la chorégraphie, elle est juste parfaite…

Je vous invite à savourer ce joli moment de féérie, de rêve et de beauté…(Between twilight, ici)

Lindsey Stirling - Between Twilight - YouTube

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Joséphine Wall:  Un univers féérique d’une grande beauté …

Joséphine Wall: Un univers féérique d’une grande beauté …

Joséphine Wall est une artiste britannique, généralement décrite comme  » l’artiste de l’imaginaire », parce que ses œuvres sont un curieux mélange de surréalisme et de féérie. Ses tableaux sont d’une beauté assez saisissante, et toujours pleins de lumière, de couleurs et de sens…

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Elle est, avec Nadia Strelkina (article écrit en 2017) et Victor Nizotzev (article à venir prochainement), une des artistes qui, à mon sens, représentent le monde féérique et fantastique avec le plus de talent et de poésie.

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Son inspiration vient essentiellement de son observation de la nature, et ses créations visent à transmettre des messages symboliques pour nous inciter à prendre conscience de la beauté de notre planète.

Ses tableaux illustrent aussi la vie, les étapes qui jalonnent nos destins d’êtres humains, et les sentiments qui en accompagnent universellement les méandres . C’est pourquoi tout le monde peut être touché par ses œuvres.

J’aime la précision de sa technique, ses choix de couleurs, la poésie de ses thèmes et  surtout la beauté inouïe de ses atmosphères imaginaires, qui me parlent directement au cœur et à l’âme…

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Vous pouvez découvrir la richesse incroyable de son travail sur le site Pinterest: pinterest Josephine Wall

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« La douane de mer » de Jean d’Ormesson

« La douane de mer » de Jean d’Ormesson

Je me demande ce que Jean d’Ormesson aurait pensé de cette pandémie. Lui qui aimait tant les voyages, l’Italie, Venise, les bains de mer, les livres et tous les plaisirs de l’existence…

Ce grand enfant émerveillé par la vie, manque à beaucoup de gens. Je fais partie de ceux-là. Heureusement, il nous reste ses livres. Des trésors précieux à savourer…

J’ai toujours aimé la lecture, mais la période de confinement que nous venons de vivre, m’a permis de renouer avec le plaisir intemporel des grandes lectures romanesques. Ces dernières années, je favorisais la lecture de livres pratiques et d’essais sur la création artistique, le développement personnel, la spiritualité… J’ai redécouvert ces temps-ci le plaisir immense de m’évader en lisant de grandes et belles histoires dépaysantes.

Je viens de lire « La douane de mer ». J’aime beaucoup Jean d’Ormesson. Sa très grande culture, sa personnalité attachante, sa franchise désarmante et le charme irrésistible de ses conversations solaires et joyeuses, sa légèreté teintée de profondeur… Un délice. Je vous propose un lien pour aller voir cet interview de Jean D’O par Léa Salamé , dans lequel il joue de son charme coutumier avec une sincérité touchante,  ou encore ce numéro de La Grande librairie… Il y a sur la toile de nombreux interviews de Jean d’Ormesson. Ces deux-là méritent vraiment d’être écoutés avec attention… Il était aussi le roi des citations d’autres auteurs, toujours parfaitement choisies et dites avec tant d’éloquence.

Quel bonheur de retrouver le style unique et si caractéristique de cet amoureux des mots. Un exemple pour tout aspirant écrivain… Sa vision du monde et de la vie, est également une source d’inspiration pour tout être humain qui, comme lui, aime la vie et tente, tant bien que mal, d’y trouver un sens.

Le propos de « La douane de mer »: l’auteur (O), meurt dès la première page. Alors qu’il s’apprête à quitter la terre pour s’envoler vers une destination inconnue, il croise A, un esprit venant d’une galaxie lointaine dans le but d’étudier la terre et ses habitants. A demande à O de lui accorder trois jours avant de quitter définitivement la terre, afin de l’aider à comprendre le fonctionnement du monde, et surtout celui des hommes,  leur histoire, leurs modes de vie… Tout cela dans le but de rédiger un rapport qu’il doit ramener dans sa galaxie. Survolant la terre, trois jours durant, les deux esprits parcourent ainsi l’espace et le temps…

Ce sujet en or est évidemment le prétexte à une présentation haute en couleurs du monde, des aléas de son histoire… C’est aussi l’occasion d’un portrait touchant: celui des êtres humains, créatures vulnérables et attachantes, aux comportements parfois déroutants, qui doivent affronter, depuis la nuit des temps, leurs destins de mortels avec courage, tout en essayant d’être aussi heureux que possible.

Quelques extraits choisis:

-« Même achevée par la mort, la vie est une splendeur ».

-« Le temps emporte les hommes. Mais ils passent leur vie, leur vie si courte et si belle à penser à autre chose […]. A l’argent. Au travail. Au confort. Au plaisir. Au temps qu’il fait. Aux vêtements à porter. Aux gens qu’il s’agit de voir. Aux affaires à traiter. A toutes les règles du jeu. A presque rien et à tout.[…] Les hommes se débattent comme ils peuvent au milieu des pièges et des désastres qui surgissent de partout. Le monde est surtout un bonheur parmi tant de malheur. C’est une fête en larmes. C’est un échec radieux. Je savais qu’un jour ou l’autre mon histoire ici-bas allait finir assez mal et que j’allais mourir puisque j’étais un homme. J’ai fait ce que j’ai pu de cette stupeur ardente qui m’a été donnée sous forme de jours et de nuits, de forêts où me promener, de mers où me jeter, de mots à lire ou à écrire, de beauté et de rires. »

-« Aucune aventure humaine n’est une aventure solitaire. Les hommes sont liés entre eux par des liens innombrables. Aucun de ces liens n’est aussi fort que l’amour qui emporte en même temps les corps et les âmes ».

-« Rien de plus flou que l’amour. Ni de moins scientifique. Il n’est fait que de détails, d’accidents, de paradoxes, de surprises. Et de silences ».

-« Partir est un grand bonheur. J’ai beaucoup aimé partir. J’ai beaucoup aimé le monde. J’ai beaucoup aimé la vie. J’ai beaucoup aimé les femmes, les routes, les paysages. J’ai beaucoup aimé le plaisir. J’ai beaucoup aimé l’amour. »

-« Je cherchais dans mes souvenirs ce que j’avais aimé – Peut-être le monde lui-même. La vie, bien-sûr, mais plus encore le monde. Le monde et son spectacle […] J’aimais regarder le monde d’un peu loin, comme si j’étais de passage.  Et je l’étais en effet. Une sorte de touriste en vacances sur les plages de cette planète, dans ses collines, dans ses campagnes. […] Le monde est un théâtre. Nous y bâclons tous notre numéro sous les projecteurs de l’histoire. Nous récitons notre texte, on nous applaudit, on nous siffle et, après avoir fait de la figuration à peine intelligente dans la plus belle des pièces – un succès universel, un triomphe, un chef d’œuvre: l’histoire des hommes sur la terre – , nous rentrons à jamais dans les loges de l’oubli et de l’éternité ».

-« Il y a eu sur cette terre des machines à faire rêver qui ont laissé un nom dans la mémoire de ses hôtes. On les appelle les livres. »

-« Peut-être parce que chacun d’eux est lui-même une histoire, les hommes aiment à la folie qu’on leur raconte des histoires. Le monde n’est qu’une histoire où s’emboitent des histoires. La tienne, la mienne, la nôtre… »

-« L’important est de jouer avec notre destin pour nous distraire du temps qui passe et de détourner vers des voies de garage l’angoisse de notre condition […] Tout est histoire, les guerres, les maladies, les larmes, les souffrances, le savoir, l’inconscient, la mort […]. Il y a des histoires plus complètes, plus achevées, plus cohérentes que d’autres. On les appelle des chefs-d’œuvre. Le chef-d’œuvre le plus achevé, le plus cohérent, le plus complet, c’est l’histoire du monde dont les héros sont les hommes. »

-« La vraie gloire des hommes, ce ne sont pas les génies, les talents, ceux qui se distinguent des autres. La vraie gloire des hommes est ailleurs. Dans le silence, dans le travail, dans la patience, dans le courage. La vraie gloire des hommes, ce sont les hommes eux-mêmes, dans leur diversité et leur totalité. Les milliards et les milliards d’hommes dont les noms sont perdus mais dont la seule existence a fait marcher l’histoire.

Je profite de cet article pour ajouter quelques extraits d’autres livres écrits par Jean d’Ormesson et que j’aimerais vous faire partager:

-« Rien n’est plus proche de l’absolu qu’un amour entrain de naître. Le stupéfiant, le merveilleux, c’est que cet absolu nait du hasard ».(Dieu, sa vie, son oeuvre)

-« Souvent, je suis triste. Le monde n’est pas gai. Alors, je trompe mon monde en riant. La gaité est la forme de ma mélancolie ».(Un jour je m’en irai sans en avoir tout dit »)

-« Les hommes veulent d’abord survivre. Et tout de suite après, les meilleurs d’entre eux au moins, ceux qui font bouger l’ordre établi et qui laissent derrière eux des traces de leur passage, se désespèrent de voir leur vie se perdre dans les sables et tomber dans l’oubli. Ils veulent qu’elle prenne un semblant de sens. Alors, ils chantent, ils peignent, ils se servent de la terre ou du bois ou de la pierre ou de la toile ou du papier pour inventer des objets, ils font la révolution, ou des livres, ils laissent derrière eux des sortes de monuments. Ils souffrent et ils espèrent. Et ils regardent les nuages dans le ciel, l’eau qui coule, la mer si elle est là, les étoiles la nuit. Je crois qu’ils aimeraient tous savoir ce qu’ils font là. » ( Un jour je m’en irai sans en avoir tout dit).

-« Ce qu’il y a de plus remarquable dans l’histoire de l’univers, c’est que les malédictions ne tardent jamais longtemps à se changer en bénédictions. » ( Un jour je m’en irai sans en avoir tout dit).

-« Ce que j’ai aimé le plus au monde, je crois que c’était la vie.[…]. J’aimais beaucoup les matins, le soleil, la lumière qui est si belle. Et les soirs avec leurs secrets. Et les nuits aussi. Après les surprises et l’excitation du jour, je m’enfonçais dans l’absence avec une silencieuse allégresse. J’aimais beaucoup dormir. Et j’aimais me réveiller et aller me promener dans les forêts ou le long de la mer. » […] Il y avait dans cette attitude quelque chose d’audacieux: elle n’était pas répandue chez ceux de mon époque. Ils cultivaient leur refus et leur mauvaise humeur avec ostentation. […] Le bonheur d’être au monde que j’ai éprouvé avec tant de violence n’était pas très bien vu.[…] Il y avait du mal dans ce monde, le sang y coulait à flots, des mères cherchaient leurs enfants au milieu des décombres, l’homme allait peut-être disparaitre, victime de son propre génie, et il n’en finissait pas de souffrir. Est-ce que je l’ignorais? A côté des horreurs qui n’avaient jamais cessé de s’enchaîner les unes aux autres et en attendant les désastres qui ne pouvaient manquer de survenir, il y avait aussi des roses […], il y avait de jolies choses à lire, à voir, à écouter, de très bonnes choses à manger et à boire, des coccinelles pleines de gaité, de la neige sur les montagnes, des îles dans une mer très bleue.. »( C’était bien)

J’espère que ce choix vous donnera envie de replonger dans l’œuvre de cet enchanteur de la littérature et de la vie.

Et vous pouvez terminer par cette belle émission hommage  datant de Décembre 2017 (La grande librairie de François Busnel.)

-C’est « Épatant »!… dirait Jean d’Ormesson.

 

 

Riya Sokol: une artiste à l’origine de très beaux poèmes de gratitude qui circulent actuellement sur you tube.

Riya Sokol est une artiste, auteur-interprête, prônant de la plus belle manière les bienfaits de la gratitude. Elle nous invite à affronter cette période étrange avec courage et confiance. Dans mon dernier article, j’avais mis un lien pour aller écouter un poème illustré par de très belles images,(Thank you coronavirus), dit par Riya Sokol elle-même. Un regard clair, des messages simples, touchants, qui vont droit au cœur et à l’âme.

Depuis, elle a écrit un deuxième poème de gratitude qui s’appelle tout simplement « Thank you Coronavirus – part 2 », que je vous fait partager ci-dessous. J’aime sa voix,  extrêmement apaisante. Les textes sont bien écrits Ils sont toujours en anglais et ne sont pas traduits… Mais encore une fois, faciles à comprendre, surtout avec les images qui illustrent le propos, et cette voix qui touche directement, même si vous n’en comprenez pas tous les mots…

Traduction de certains passages de cette « prière » de gratitude:

« -Merci… Comme nous ne pouvons pas sortir, nous avons le temps d’ explorer notre vie intérieure…

L’angoisse, la frustration, le désespoir…

… Merci de nous apprendre comment gérer ces sentiments…

Oui, nous sommes terrifiés, mais nous ne pouvons plus fuir, et nous devons faire face avec courage. Nous devons continuer à respirer à travers ça… Une respiration après l’autre…

Nous apprenons à donner un sens à ce moment étrange et à apprécier les choses les plus simples, sans savoir de quoi demain sera fait.

Et face à cette peur dévastatrice, nous sommes là quand même…

… Merci de nous obliger à ne regarder que le moment présent. Tout le reste est incertain…

Le déconfinement (progressif) est prévu pour bientôt. Moment périlleux, s’il en est… Et autre ambiance… Certains sont très pressés de retrouver leurs vies d’avant. D’autres, plus inquiets de l’évolution de cette pandémie resteront prudents jusqu’à l’été, voire au delà… Mais quel que soit le comportement de chacun d’entre nous, n’oublions pas ce que tout le monde prétendait au début de  cette étrange crise sanitaire: « rien ne sera plus comme avant… Il y aura un « avant » et un « après » Coronavirus »…

Or, à voir cette folle envie de beaucoup de gens de retrouver coûte que coûte leur mode de vie d’avant, (on a tous vu à la télévision l’image de cette file de voitures faisant la queue pendant 3 heures lors de la réouverture d’un fast-food de la région parisienne… Comme si c’était la chose qui avait le plus manqué dans ce confinement!…), on ne peut s’empêcher de craindre que toutes les belles résolutions de changer nos habitudes de consommation ne s’envolent en fumée, en même temps que le retour à ce que beaucoup considèrent comme la « Normale »… Dès le lundi 11 mai, les bouchons vont reprendre aux abords des grandes agglomérations… Fini l’air pur…

… Fin de pause pour la terre et la nature?…

Alors ce dernier poème… « We need to trust »…

La folle vie d’un aventurier philosophe de 95 ans…Les rencontres étonnantes de la série suisse « Passe-moi les jumelles ».

J’ai découvert la nuit dernière sur you tube, une chaîne suisse proposant une série appelée « Passe-moi les jumelles ». Il s’agit de courts reportages nous permettant de rencontrer toutes sortes de personnes passionnées et passionnantes qui méritent vraiment d’être découvertes.

Souvent, ce sont des êtres qui, par leur mode de vie, leur métier, ou leur passion,  sont parvenus à suspendre le temps, chacun à leur manière. Des contemplatifs, des personnes simples, particulièrement inspirantes. Des hommes et des femmes aux destins à la fois un peu atypiques, qui nous montrent un autre visage de l’humanité, des manières de penser inhabituelles qui font plutôt du bien, en ces périodes troublées , où certaines de nos valeurs matérialistes sont remises en question. Des gens pour lesquels la vie intérieure semble essentielle, aussi…Le genre de chose qu’il nous est possible d’explorer plus en profondeur en ce moment…

J’ai particulièrement apprécié le portrait de cet aventurier philosophe de 95 ans, la jeunesse de son regard, sa philosophie… et celui de cette toute jeune femme pleine de vitalité qui a pourtant choisi d’entrer dans les ordres. Parce que pour elle, les gens qui sont dehors ne sont pas aussi « vivants »… Lorsque vous aurez vu le premier reportage, d’autres vous seront proposés, dans la série « Passe-moi les jumelles »… Des portraits d’artistes, d’agriculteurs, d’éleveurs, d’aventuriers, d’ébénistes, portraits de gens ordinaires … Pas si ordinaires… A vous de choisir ceux qui vous inspirent le plus… Mais ils nous offrent tous un petit moment d’évasion… et de réflexion sur nos propres valeurs, auxquelles il peut être bon de réfléchir…

 

 

« La création met l’homme debout ». Un livre jubilatoire et inspirant… Ecrit par Brigitte Sénéca.

appel_silence.jpg.ashxDe la même manière que le reportage sur Frédérique Lemarchand m’avait immédiatement donné envie de la rencontrer et de faire un stage avec elle, la lecture de ce livre me pousse aujourd’hui à espérer une rencontre prochaine avec cette femme tellement inspirante qu’est Brigitte Sénéca.

Artiste peintre, art-thérapeute, guide de méditation et philosophe, Brigitte Sénéca anime depuis plus de 40 ans des ateliers de création. Elle a fondé en Bourgogne ( près de Cluny), un « centre de création, de silence et de beauté », où elle dispense des formations d’art-thérapie, dans une école de « passeurs de vie », comme elle les nomme. Elle propose également des  retraites individuelles, dans lesquelles elle accompagne toutes les personnes désireuses de se retirer de l’agitation pour descendre dans leurs profondeurs, à l’aide de la création artistique, du silence, et de méditations marchées ou assises, dans la nature environnante… Et si vous allez voir cette courte vidéo (la beauté selon Brigitte Sénéca) , ou celle-ci (« L’appel du silence ») il est possible que cette aventure qui allie silence, création artistique et méditation en pleine nature, vous tente autant que moi…

Pour Brigitte Sénéca, la beauté nous entoure, elle est partout, y compris en nous. Elle nous invite à découvrir notre beauté intérieure, et à voir le sacré et la beauté en nous et chez tous les êtres vivants qui nous entourent. Grâce à la peinture, la contemplation et le silence… Il ne s’agit pas de religion. C’est juste une manière de regarder la vie. « Le sacré,  c’est rendre l’ordinaire extraordinaire ».

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J’ai découvert son livre « la création met l’homme debout », un peu par hasard dans le rayon librairie d’une boutique d’arts créatifs..

 

J’ai choisi ces quelques extraits de son livre pour vous les faire partager:

-Je dis souvent en riant: » Je suis une bonne sœur en liberté et ma bible est infinie, car elle est beauté, et mon ordre est le vivant ».

-L’art est le langage de l’âme, cette part de sensible destinée à unir Matière et Esprit.

-L’art n’est pas un savoir. Il ne vient pas de la tête. Il vient du vivant. Je dis cela pour rappeler notre réelle condition d’être humain: nous sommes nés pour écrire, danser, peindre, chanter, aimer, chercher, rendre grâce et participer à l’éveil de l’univers.

– Le monde est d’une beauté à couper le souffle.[…] Regardez l’étincelante beauté du monde…

– J’ai naturellement goûté le vent, le sel de l’océan, la merveille du vivant. Humblement, je n’ai eu besoin de personne pour capter la beauté des choses. Cela m’a été donné.

– Peindre me réconcilie avec la vie. Quelque chose de profond qui me dit combien la vie est belle autour de moi et en moi.

Le rôle de l’art est de nourrir l’âme, de l’éveiller, de la faire respirer ample, large, de chanter et de danser la joie de vivre.

– Nous oublions trop souvent que nous voguons en plein espace, en plein ciel, qu’une boule bleue aux chairs infinies nous porte, et que la lumière nous cherche, et que tout cela, c’est tout sauf… ordinaire. Redécouvrir cette réalité, chaque jour, suffit à rire, à aimer, à ouvrir les yeux comme les enfants les ouvrent, et à avoir soif d’innocence, d’intensité, de légèreté. Chaque instant « ordinaire » peut se vivre, dans le secret du cœur, de façon « extraordinaire ».

Franchement?… Une femme qui écrit ce genre de chose? Cela ne vous donne pas envie de la rencontrer?

le lien pour vous renseigner sur ce lieu:

Centre de Création de Silence et de beauté