« Je plongeais mes racines dans une contrée secrète située au-delà de l’orient ou de l’occident, ne relevant d’aucun lieu géographique et qui avait pour nom: l’émerveillement. »
Citations
Lire et écrire pour nourrir son imaginaire
Extraits du livre « Soyez poète de votre vie » de Jacques de Coulon.
Au milieu des moments étranges que traversent de plus en plus notre monde moderne, j’ose me tourner vers des choses qui peuvent paraître sans intérêt pour certains mais que je crois, au contraire, essentielles à nos âmes… Et toujours ce conseil de Novalis qui habite mon esprit… S’appliquer à « habiter poétiquement le monde »…
« Les mots ont un pouvoir magique. La poésie peut vraiment vous faire du bien et vous transformer profondément. Quand les mots s’habillent d’images et se mettent à danser en se tenant par la main dans une phrase, ils terrassent les petits dragons de la vie. »
« Notre monde manque cruellement de poésie[…] Nous avons besoin d’une bonne cure de désintoxication à l’heure où notre esprit est quadrillé de chiffres et squatté par des images publicitaires. D’un bain de jouvence pour retrouver la simplicité du regard et la clarté de l’âme ».
« Le poète nous apprend à sortir des mégapoles pour nous tourner vers les fleurs, les arbres, les nuages dans le ciel… Pour comprendre aussi leur langage ».
« Rimbaud suggère d’élargir notre perception en observant la nature avec toute la palette de nos sens: « nous avons seulement à ouvrir nos sens à la sensation, puis fixer avec des mots ce qu’ils ont reçu. Notre unique soin doit être d’entendre, de voir, et de noter. Et cela sans choix, sans intervention de l’intelligence. Le poète doit écouter et noter quoi que ce soit ». Suivez les conseils de Rimbaud: tout observer, en pleine conscience et sans le filtre du mental, puis noter les sensations dans un carnet qui contiendra les premiers balbutiements de poésie. Dans ce déferlement, vous allez découvrir des perles. Notez NOTEZ toute cette profusion de sensations! »
« Nous vivons dans un monde saturé d’images qui, le plus souvent, configurent notre intériorité aux normes marchandes du système. Or, l’image enferme l’esprit dans une seule représentation voulue par son concepteur. Pensons à la publicité! Le mot libère au contraire l’imaginaire et nous permet de créer notre propre représentation.Si je vous montre la photographie d’une jolie femme, vous verrez tous le même visage et votre marge d’interprétation sera limitée. Par contre si je vous dit le mot « femme », chacun composera en lui le visage de son choix dans un décor personnalisé. […] C’est la richesse de l’imaginaire qui vous permet de vous approprier le monde en le recréant en vous.
« Conclusion: pour développer votre créativité, LISEZ plutôt que de vous laisser imposer vos représentations ». Et écrivez à la manière des poètes. Cela enrichira votre langage et votre personnalité…
Citation du jour:
Citation du jour: John Burroughs et « l’art de voir les choses »
« Le piéton se réjouit toujours… Il est le seul vrai voyageur. Il savoure le sentiment gai et frais de la route. Il ne fait qu’un avec le paysage. Il sent les pulsations du vent et lit le langage des choses. Ses sens envoient d’incessants messages à son esprit. Le vent, le gel, la pluie, la chaleur, la forêt signifient quelque chose pour lui. Il participe au panorama de la Nature. Il n’est pas seulement son spectateur. Il fait l’expérience sensible de la campagne qu’il traverse -il la goûte, il la sent, l’absorbe, alors que le voyageur dans sa belle voiture ne fait que la voir. » (John Burroughs).
John Burroughs est l’un des écrivains-naturalistes les plus connus aux Etats-Unis. Né en 1837 dans le village de Roxbury, il est le seul de sa famille à être attiré par l’étude. A dix sept ans à peine, il devient instituteur dans un petit village et, n’ayant pas les moyens de payer des études supérieures, il fréquente assidument les librairies et les bibliothèques, et commence par écrire des articles dans la presse locale. Il exerce son métier d’instituteur pendant dix ans, tout en s’intéressant à la nature environnante et en revenant de temps à autres, travailler sur les terres familiales. Il est donc tout naturellement influencé par la philosophie de Ralph Aldo Emerson.
Après ses dix ans dans l’enseignement, il quitte la campagne pour s’installer avec son épouse à Washington, où il trouve un emploi de bureau et se mêle à une communauté de bohèmes littéraires, parmi lesquels il rencontre Walt Whitman, qui l’encourage dans la voie des « écrits de nature ». John Burroughs loue un lopin de terre tout près du capitole, y élève des poules et y fait paître une vache qu’il a fait venir par bateau sur le fleuve Potomac.
En 1867, c’est à Walt Whitman qu’il consacre son premier livre. En 1871, il publie un recueil d’articles principalement consacré aux oiseaux et à partir duquel il utilisera désormais un style d’écriture à la composition très libre entrelaçant nature, littérature et sciences naturelles.
En 1873, Il quitte Washington et retourne dans son village natal où il achète quelques hectares de vignes et construit une maison en lisière de forêt. Il se consacre alors à sa vie d’écrivain-fermier-penseur-naturaliste, une forme d’activité qui lui vaudra alors une grande popularité.
« Je me dois de louer la vie simple, car c’est celle que j’ai vécu et que j’ai trouvée bonne. Dès que je m’en écarte, de funestes conséquences s’ensuivent. Il me plait d’habiter une petite maison, de me vêtir et de vivre dans la simplicité […] Comme on se sent libre, comme on savoure les éléments, comme on les sent proches, comme ils épousent votre corps et votre âme![…] Être capable d’éprouver la suffisance des éléments universels; se griser d’air et d’eau; se rafraîchir d’une promenade matinale ou d’une balade nocturne; trouver plus satisfaisante une cueillette de baies sauvages que des fruits des tropiques offerts en cadeau; s’émouvoir à la vue des étoiles; exulter devant un nid d’oiseaux ou une fleur sauvage printanière -ce sont quelques unes des récompenses que procure une vie simple. »
Citation du jour… extrait du livre « Sur les chemins noirs » de Sylvain Tesson… (Ma manière de soutenir mon écrivain-poète préféré… face à cette fameuse pétition débile lancée et signée par quelques rageux jaloux qui semblent n’avoir rien d’intelligent à écrire…).
« « Il y a des êtres comme cela, insolents, désinvoltes, étrangers aux circonstances. La grotesque agitation de leurs semblables les ennuie au suprême. Ils savent le chant d’un oiseau ou le vers d’un poète plus importants que les affaires des hommes. A l’humanité empêtrée dans ses guerres, ils semblent dire: »un peu de silence, s’il vous plait! « . C’est vrai, quoi, dans ce monde, on n’entend plus le rossignol! » (Sylvain Tesson)
J’essaie généralement de rester à peu près neutre dans les thèmes et les sujets que j’aborde dans ce blog. Mon sujet, c’est l’émerveillement, la féerie, La beauté de la nature… Pas les sempiternelles polémiques qui agitent les médias…Parfois, il peut arriver que certains sujets m’irritent un peu et provoquent chez moi une envie d’exprimer quand même une opinion un peu plus vive, par exemple lorsque je constate l’inertie du genre humain face aux urgences écologiques. Mais aujourd’hui, j’éprouve le besoin d’exprimer mon exaspération sur un sujet qui ne devrait même pas en être un!… Quand on touche à mon auteur-poète préféré!…
J’aime les livres de Sylvain Tesson. Je les ai presque tous lus et, à chaque fois, ils ont réjoui mon âme. Je partage la plupart de ses idées sur la marche du monde, sur la nature humaine, ainsi que son amour de la nature et des grands espaces. Son regard de poète me fait du bien, j’aime son style, la finesse de son esprit, son humour; ses idées me ravissent et sa façon de traiter les sujets de ce monde me réconcilie un peu avec la nature humaine… Pour moi, il est de ceux qui parviennent à incarner cette magnifique injonction du poète Novalis: « Il faut s’efforcer d’habiter poétiquement le monde »…
La pétition dont vous avez certainement tous entendu parler dans les médias, signée par quelques « pseudo-écrivains et artistes » d’une certaine gauche pour protester contre le choix de Sylvain Tesson comme parrain de la prochaine édition du Printemps des poètes aurait pu me faire hurler de rire… (Leurs arguments sont tellement ridicules)… Mais une fois de plus, c’est la « cancel culture » qui a encore frappé! Pour se résumer, cette tribune (rédigée en écriture inclusive, tout ce que je déteste!), qui se croit intelligente, est surtout particulièrement navrante…
Résultat: Comme des milliers de lecteurs assidus de Sylvain Tesson, je viens de commander son dernier livre « Avec les fées ».
Le livre a été classé meilleure vente de la semaine dès sa sortie en librairies… (Tellement bien fait pour les rageux !!!…)
Je sais déjà que je vais adorer le lire. Et j’écrirai ici même très bientôt un article pour vous en parler…
« Tomber amoureux de ce qui est »: extraits du livre de Jeff Foster .
-« Pourquoi est-ce que j’écris des livres sur l’essence indescriptible de la vie? Pourquoi est-ce que j’essaie de dire ce qui est indicible? »
« Arrêtez d’attendre que le monde vous rende heureux. Arrêtez de faire que votre joie intérieure dépende des choses extérieures – des objets, des gens, des circonstances, des expériences, des évènements – qui sont en dehors de votre contrôle direct maintenant. »
-« Apprends à aimer le désordre de ta vie, sa nature constamment changeante, son imprévisibilité ».
« Aie confiance en ce moment présent de peine et de doute, aie confiance en la forme quelconque que prend l’intelligence cosmique ».
« Peut-être la souffrance n’est-elle pas du tout l’ennemie, et, en son coeur, y a t-il une leçon en temps réel et de première main que nous devons tous apprendre, si nous devons être vraiment humains. […] Peut-être la souffrance est-elle simplement un rite de passage, non un test ou une punition. »
-« Le regret est la tentative futile de la pensée de modifier le passé ».
« Voici une invitation à aimer le combat de la vie, la peine, la confusion, l’incertitude et même le désespoir qu’elle contient. Aime son imprévisibilité, son caractère incontrôlable, ses qualités ingérables et sa nature mystérieuse. Aime les cahots au long du chemin ».
-« Arrêtez-vous, simplement pour un moment, afin de considérer ceci: un autre jour sur cette terre vous a été donné. Laissez votre cœur se briser en un million de morceaux s’il en a envie. Permettez-vous de pleurer aujourd’hui si les larmes vous viennent. Sentez-vous vulnérable aujourd’hui si la vulnérabilité vous rend visite » […] Et l’invitation de la vie est celle-ci: Ne fais pas un mouvement pour t’éloigner de l’expérience présente. Il peut y avoir de l’or qui s’y cache, et tu ne le sauras jamais si tu essaies de t’en écarter. La vie en elle-même n’est pas cruelle, car la vie EST TOUT CELA. »
-« Que reste-t-il sinon la gratitude? Une gratitude pour le mystère que c’est.[…] Tu as été ici pour témoigner de tout cela. Tu l’as connu. Goûté. Ressenti. Senti. Vu. Le reflet d’une lune décroissante sur la vitre d’une voiture. Le goût de l’eau tranquille. Le parfum du coton. Les profonds silences de la méditation. La féroce intensité de la peur. Le drame du roman d’amour. La béatitude de la solitude […]… »
… Et je vous laisse sur la pointe des pieds pour vous laisser continuer, à votre tour, une liste des moments de votre vie qui vous ont touchés et pour lesquels vous vous sentez plein de gratitude, vous, personnellement… Même de toutes petites choses qui vous viennent, comme ça… Souvenez-vous, et écrivez…
Citations du jour: François Peltier… Sur l’art, la nature et sa beauté…

« Peindre est une prière »…
« La beauté, je l’ai découverte dans la nature, dès l’enfance. Autant de beauté ne pouvait être le résultat du hasard. C’était un don de « Dieu ». Car tant de beauté qui apaisait mon âme d’enfant, qui lui donnait une sérénité comblée, ne pouvait être sans signification. Et mes longues contemplations de la mer comme mes repas lovés dans le parfum de l’humus me faisaient recevoir chaque jour plus fort ce don de Dieu qu’est la beauté ».
« Face à notre monde dont nous percevons qu’il a pris de mauvais aiguillages, qu’il se dirige vers des jours sombres pour l’homme, sa vie, sa liberté, j’avais deux solutions: me créer un ailleurs, hors de ce monde… Ou tenter de réenchanter le monde. C’est ma tentative, peut-être ratée: l’espérance par la beauté. Honorer la vie et la Création. »
« J’ai pris mon baluchon et je me suis mis en quête de la beauté. Je me suis mis à chercher la ligne, la couleur. J’ai découvert le plaisir et la lumière qu’apporte la justesse d’un glacis outremer sur un semi-opaque rouge cadmium. Alors un monde d’une profondeur indicible se découvre. Il y a un ravissement à voir la couleur s’approfondir et se complexifier. »
« Sans doute parce qu’il y a au fond de soi une nostalgie du paradis perdu, l’homme, naturellement, se sent comblé par la nature. A part quelques citadins aux sens atrophiés, tout homme a ressenti un jour cette plénitude et cette paix que la beauté de la Nature nous offre. »
(Extraits du livre « En chemin vers la beauté » constitué de textes de plusieurs artistes, réunis par Mgr Dominique Rey).

Citation du jour… Extraits du livre de Sylvain Tesson « Petit traité de l’immensité du monde ».
« Jusqu’à un certain jour où le ciel s’embrunit, je voyageais pour rencontrer les hommes. A ceux qui demandaient une raison à mes brusques départs, je décrivais l’humanisme -cet élan sentimental qui nous porte vers nos semblables- comme présidant à tout élan vagabond […] Je me méfie à présent de l’homme comme d’une eau claire que les yeux croient bonne et que le gosier découvre salée. J’ai déboulonné l’homme de mon piédestal intérieur… Je n’ai donc plus tellement soif de mes semblables.
Une fois que l’humanisme a perdu du terrain dans son âme, le vagabond ne se met plus en route sur les chemins du monde dans l’unique souci de rencontrer des hommes. Parfois même, il lui arrive de les éviter ostensiblement. Il choisit des régions dépeuplées. Il fait un détour quand il parvient en vue d’une ville ou d’un campement. Il n’a pas besoin de converser; il possède ses poèmes et le chant du monde. Il a d’autres rendez-vous: avec la beauté des forêts, avec le soupir des marais, avec le vol des insectes et le ressac des mers. Et ces rendez-vous-là sont offerts à la solitude, fidèle amante du voyageur à laquelle devrait être donné le nom de félicité.
J’ai découvert (si tard) combien un homme seul était en bonne compagnie.
[…] Apprendre à rester seul, pour vivre plus densément. Encore faut-il préciser qu’un vagabond romantique solitaire n’est jamais vraiment seul. Il a recours à la présence[…] des fées. Celui qui a fait sien le mot de Novalis invitant à « être perpétuellement en état de poésie », saura reconnaitre dans chaque expression de la nature la manifestation de leur existence.
[…] Le « recours aux forêts » (Junger) semble être la seule chose qui reste quand on a tout essayé. Dans la réclusion forestière réside peut-être la solution à nos tristesses. La forêt nous tend ses bras! Puisqu’on ne peut pas changer le monde, pourquoi ne pas se carapater dans la beauté des bois? »

Citation du jour:
« Rares sont les hommes qui, dans le monde contemporain, contemplent véritablement la beauté qui les entoure ». (Frédérique Brun – extrait de son livre « Novalis et l’âme poétique du monde »)
Citation du jour
« Est-il possible de traverser ce monde en poète? Je l’ignore mais je sais que c’est la seule vie désirable ». Christian Bobin


