« Une vie bouleversée » de Etty Hillesum.

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Peut-être avez-vous déjà entendu parler de Etty Hillesum? Il y est souvent fait référence aujourd’hui dans les livres traitant de la joie intérieure, comme ceux de Thierry Jansen, Frédéric Lenoir ou Alexandre Jollien, sans doute parce que les épreuves effroyables qu’Etty Hillesum a traversées semblent n’avoir jamais atteint sa joie de vivre, ni sa confiance dans la vie, et dans l’homme. Cette jeune femme juive, morte à l’âge de 29 ans à Auschwitz, a tenu un journal, entre 1941 et 1943: il en résulte un document extraordinaire, tant par la qualité littéraire que par la foi qui en émane.

La portée de ses écrits va bien au delà de l’histoire juive et de la déportation. Ses observations sur sa propre nature et l’évolution de sa vie intérieure peuvent toucher tout le monde. Lors de sa publication, en 1981, le journal d’Etty connait un succès foudroyant. En l’espace de quelques mois, il ne connut pas moins de huit réimpressions. En fait, c’est la personnalité de Etty et son étonnant cheminement intérieur qui, tout de suite, suscitent l’admiration. Etty alliait la curiosité intellectuelle de son père au caractère passionné de sa mère. Écrire était une nécessité vitale pour elle. « Le pire pour moi serait d’être privée de papier et de crayon pour faire le point de temps à autre – pour moi, c’est une absolue nécessité, sinon à la longue, quelque chose éclatera en moi et m’anéantira de l’intérieur », dit-elle. Sa courte vie est jalonnée de relations amoureuses avec des hommes beaucoup plus âgés qu’elle. Elle ne s’en cache pas, étudie ses propres travers, mais parle aussi de son évolution spirituelle (elle est profondément croyante), et du cheminement de sa réflexion sur les choses de la vie. Dans son journal, ses écrits, ses pensées intimes et ses émotions ne sont protégées par aucun secret. Elle livre ses pensées telles qu’elles sont, avec une sincérité bouleversante. Et c’est en cela qu’elle peut toucher tout le monde.

Une vie bouleversée J’ai pris l’habitude, lorsque je lis un livre, d’en souligner les plus beaux passages. Or, très rapidement, à la lecture de « Une vie bouleversée », je me suis vite rendu compte que je soulignais presque tout!… Certaines phrases m’ont émue aux larmes. Etty est parvenue à décrire des sentiments et des impressions qu’il m’est arrivé de ressentir, sans avoir eu, peut-être, l’audace de les exprimer moi-même. On se juge soi-même parfois un peu sévèrement et Etty Hillesum nous montre qu’il est important d’avoir un minimum d’indulgence envers nos propres cheminements parfois chaotiques. Elle nous parle sans filtre de ses émotions, ses peurs, ses doutes, ses questionnements. Et je pense que c’est en cela que chacun peut y reconnaitre des parcelles de ses propres méandres.

Extraits choisi:

-« La vie est si curieuse, si surprenante, si nuancée, et chaque tournant du chemin nous découvre une vue entièrement nouvelle. La plupart des gens ont une vision conventionnelle de la vie, or il faut s’affranchir intérieurement de toutes les représentations convenues, de tous les slogans, de toutes les idées sécurisantes, il faut avoir le courage de se détacher de tout, de toute norme et de tout critère conventionnel, il faut oser faire le grand bon dans le cosmos: alors la vie devient infiniment riche, elle déborde de dons, même au fond de la détresse. »

-« Je touche ici à un point essentiel. Quand je trouvais belle une fleur, j’aurais voulu la presser sur mon cœur ou la manger. C’eût été plus difficile avec d’autres beautés naturelles, mais le sentiment était le même. J’avais une nature trop sensuelle. Ce que je trouvais beau, je le désirais de façon beaucoup trop physique, je voulais l’avoir. Aussi j’avais toujours cette sensation pénible de désir inextinguible, cette aspiration nostalgique à quelque chose que je croyais inaccessible; […] L’intensité de ces sentiments était précisément ce qui me faisait croire que j’étais née pour créer des œuvres d’art. »

-« La vie et les rapports humains sont nuancés à l’infini. Il n’y a jamais rien d’absolu ou d’objectivement vrai -je le sais, mais encore faut-il que ce savoir vous entre dans le sang, dans la chair et pas seulement dans la tête, il faut le vivre ».

-« La source vitale doit toujours être la vie elle-même, non une autre personne. Beaucoup de gens, des femmes surtout, puisent leurs forces chez un autre être, c’est lui leur source vitale, non la vie elle-même. Situation fausse, défi à la nature ».

-« Nous avons tous les deux des rythmes de vie tout à fait différents; il faut laisser à chacun la liberté de vivre selon sa nature. A vouloir modeler l’autre sur l’image qu’on se fait de lui, on finit par se heurter à un mur et l’on est toujours trompé, non par l’autre, mais par ses propres exigences […]. On ne réfléchira jamais trop à la nécessité de se libérer vraiment de l’autre, mais aussi de lui laisser sa liberté en évitant de se former de lui une représentation déterminée. »

-« …Ce besoin, cette fantaisie ou cette chimère de vouloir posséder un seul être pour toute une vie, il faut absolument le réduire en miettes. Ce désir d’absolu, il faut le pulvériser. Et ce ne sera pas un appauvrissement de l’être, mais justement un enrichissement. Accepter dans les liaisons un commencement et une fin, y voir un fait positif et non une raison de tristesse. »

-« Certitude de plus en plus ferme de ne devoir attendre des autres ni aide, ni soutien, ni refuge, jamais. Les autres sont aussi incertains, aussi faibles, aussi démunis que toi-même. Je ne crois pas qu’il soit dans ta nature de trouver auprès d’un autre les réponses à tes questions. Tu seras toujours renvoyée à toi-même. Il n’y a rien d’autre. Le reste est fiction. Mais c’est dur d’être ramenée sans cesse à cette vérité. Surtout en tant que femme. Quelque chose te poussera toujours à te perdre dans un autre, dans « l’être unique ». Encore une fiction -une belle fiction, certes.[…] Et lorsqu’on découvre à vingt sept ans des vérités aussi dures, cela vous remplit de désespoir, de solitude et d’angoisse, mais vous donne aussi un sentiment d’indépendance et de fierté. Je suis confiée à ma seule garde et devrai me suffire à moi-même ».

-« Je ne suis pas la seule à être fatiguée, malade, triste ou angoissée, je le suis à l’unisson de millions d’autres à travers les siècles, tout cela c’est la vie; la vie est belle et pleine de sens dans son absurdité, pour peu qu’on sache la porter tout entière en soi dans son unité ».

-« Il faut accepter toutes les contradictions; tu voudrais les fondre en un grand tout et les simplifier d’une manière ou d’une autre dans ton esprit, parce qu’alors la vie te deviendrait plus simple. Mais elle est justement faite de contradictions, et on doit les accepter comme éléments de cette vie […]. Laisse la vie suivre son cours, et tout finira par s’ordonner ».

-« Je remarque que mes facultés d’observation enregistrent tout sans faillir avec en plus une sorte de joie. En dépit du poids des choses, de ma fatigue, de ma souffrance, de tout, il me reste au moins ma joie, la joie de l’artiste à percevoir des choses et à les transformer dans son esprit en une image personnelle ».

-« Dévorer des livres, comme je l’ai fait depuis ma plus tendre enfance, n’est qu’une forme de paresse. Je laisse à d’autres le soin de s’exprimer à ma place. Je cherche partout la confirmation de ce qui fermente et agit en moi, mais c’est avec mes mots à moi que je devrais essayer d’y voir clair. […] pour toucher les autres à travers moi, je dois y voir clair et je dois m’accepter moi-même. Depuis des années, j’emmagasine, j’accumule dans un grand réservoir, mais tout cela devra bien ressortir un jour, sinon j’aurai le sentiment d’avoir vécu pour rien, d’avoir dépouillé l’humanité sans rien lui donner en retour. Peut-être ma mission est-elle de m’expliquer vraiment, avec tout ce qui me harcèle, me tourmente et appelle désespérément en moi solution et formulation. Car ces problèmes ne sont pas seulement les miens, mais ceux de beaucoup d’autres. »

– » A Deventer, les journées étaient de grandes plaines ensoleillées, chaque jour formait un tout sans rupture, j’étais en contact avec Dieu et avec tout les hommes, probablement parce que je ne voyais personne. Il y avait des champs de blé que je n’oublierai jamais, auprès desquels je me serais presque agenouillée. »

-« J’ai tenu des discours extravagants à la lune éternelle. Cette bonne lune n’est pas née d’hier. Des gens comme moi, elle a dû en voir souvent, et de toutes façons, elle en a vu d’autres ».

-« Je me sens parfois comme un pieu fiché au bord d’une mer en furie, battu de tous côtés par les vagues. Mais je reste debout, j’affronte l’érosion des années. Je veux continuer à vivre pleinement ».

Ce ne sont là que quelques extraits d’un journal extrêmement riche de mille choses profondément humaines. J’espère vous avoir donné un peu envie de lire le livre. Il est fort probable que ce qui vous touchera dans les écrits de Etty Hillesum soit différent. C’est ce qui en fait tout l’intérêt.

Amélie Nothomb: ses conseils aux jeunes écrivains

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Aimer lire et écrire est une bénédiction… Quand on a cette passion de la littérature, on ne connait plus l’ennui car l’esprit peut s’envoler là où il veut…

Le mois dernier, j’ai publié un article sur les conseils donnés par Bernard Werber aux jeunes écrivains (à revoir ici si vous le souhaitez)…

Aujourd’hui, comme promis, je vous invite à retrouver les conseils de Amélie Nothomb, en cliquant sur Cet interview.

Elle y donne quelques petits conseils sur l’art d’inventer et de raconter des histoires, de trouver des idées et d’aborder le travail de l’écriture. Et le premier de ces conseils consiste précisément à lire beaucoup… Amélie Nothomb compare le jeune écrivain qui prétendrait vouloir écrire mais n’aimerait pas lire, à quelqu’un qui dirait « J’aime cuisiner, mais je n’aime pas manger »! Ce qui semble effectivement difficile à concevoir…

Ensuite, au fil de mes recherches, je suis tombée sur un blog très intéressant au sujet de l’écriture, et notamment sur un article très complet sur les techniques d’écriture de Amélie Nothomb. A lire ici: (La parenthèse imaginaire). L’article est très intéressant et on y apprend beaucoup de choses sur sa manière de travailler. Si vous aimez l’écriture autant que moi, je pense que ce blog vous intéressera. Vous y trouverez de nombreux articles sur les techniques narratives, la création des personnages, des conseils de stylistique, des interviews d’auteurs, des renseignements sur l’auto-édition, et plein d’autres sujets autour de l’écriture qui font de ce blog un des plus complets que je connaisse.

Une bouffée de printemps à la campagne… Enfin!

Et devinez quoi?… Je n’ai plus de vert dans ma boite d’aquarelle!…

Citation du jour: extrait du livre « Ma spiritualité au cœur de la nature » de Philippe Roch

Citation du jour: extrait du livre « Ma spiritualité au cœur de la nature » de Philippe Roch

« Certaines religions se réfèrent à un livre inspiré ou dicté par Dieu. Il faut un acte de foi pour attribuer ces textes à la main divine. Mais il est un livre qu’aucun humain n’a écrit et qui vient directement de la main du créateur, c’est la Nature. Si le créateur a quelque chose à nous dire, alors il l’a certainement écrit dans le plus beau livre qui soit, la Nature. »

« Pourquoi la nature nous offre-t-elle une vie spirituelle plus sûre que les traditions religieuses? J’ai moi-même puisé beaucoup dans la culture chrétienne et aussi un peu dans d’autres familles spirituelles pour ouvrir, approfondir et développer ma spiritualité. Mais les dogmes m’ont posé beaucoup de problèmes, à cause de leur rigidité et parce qu’ils sont des règles arbitraires adoptées par des hiérarchies humaines.

La Nature m’a accueilli chaque fois que j’ai eu besoin d’elle. Elle est simplement présente, et l’on ressent alors la profondeur de son être, comme totalité d’une infinie diversité dont nous faisons partie ». (Philippe Roch)

Photo de Pixabay sur Pexels.com

Willy Pogany, artiste et illustrateur Hongrois… Peintre des mythes et des légendes.

Comme il m’arrive d’avoir envie de vous faire partager des citations et des extraits de livres, j’aime aussi vous faire partager certaines oeuvres picturales.

Je viens de recevoir un très joli livre sur les sirènes, acheté d’occasion directement auprès d’une jeune créatrice américaine, blogueuse à ses heures (1 lien à la fin de l’article)… Le livre s’appelle « Mermaids », et regroupe de nombreuses gravures anciennes de sirènes, toutes plus jolies les unes que les autres, et peintes par différents artistes.

Je voulais vous faire découvrir celle-ci (à gauche), choisie pour la couverture du livre. Je trouve cette peinture absolument sublime. Elle m’a permis de découvrir un artiste que je ne connaissais pas et qui m’inspire beaucoup: Willy Pogany. Je suis sensible à son style et au choix de ses couleurs.

J’ai donc fais des recherches sur cet artiste et j’ai trouvé toutes ces très belles œuvres oniriques, riches en couleurs et pleines de poésie…

Willy Pogany est né à Szeged, dans le sud de la Hongrie, en 1892. Peintre, illustrateur et décorateur, son art était fortement orienté vers les contes de fées et ses oeuvres repésentaient souvent des animaux mythiques, des nymphes et des lutins. Il portait une très grande attention aux détails botaniques.

S’il travaillait souvent dans la douceur – scènes de pastel rêveuses et chaleureuses ou aquarelles et peintures à l’huile luxuriantes et élégantes – il a également réalisé de nombreuses pièces à la plume et à l’encre.

Sa polyvalence et ses compétences ont également attiré des gens au-delà du monde du livre, et le travail de Pogany a pu être trouvé sur de nombreux décors de cinéma et dans des peintures murales Il a également été décorateur pour le Metropolitan Opéra, à New-York. Son style est aujourd’hui rattaché à l’ Art nouveau…

Il a également illustré de nombreuses publicités.

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(1) le site de Lady Delaney

La poésie peut changer nos vies…

Comme beaucoup d’entre vous, j’ai découvert la poésie à l’école… Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette découverte ne m’a pas laissé de souvenirs très marquants. J’ai toujours aimé lire et écrire, mais, comme beaucoup de gamins, et bien à tort,  je considérais la poésie comme un style un peu désuet et un peu trop éloigné de nos modes d’expression actuels pour parvenir à y être vraiment sensible. Mais récemment, en me plongeant dans l’univers des Haïkus (poèmes très courts), sur lesquels je viens d’écrire un article, j’ai (enfin!) complètement redécouvert la puissance des mots et des sons, et la force étonnante et inattendue de la poésie.

soyez-poete-de-votre-vie-9782228904483_0J’ai retrouvé un livre acheté il y a bien longtemps, puis abandonné pendant plusieurs années sur une étagère (cela m’arrive souvent!), qui s’intitule « Soyez poète de votre vie », écrit par Jacques de Coulon. La lecture de ce livre m’a clairement fait comprendre pourquoi et comment la poésie peut nous aider à vivre mieux. Difficile à croire, mais les mots ont un pouvoir magique. J’ai appris que la lecture d’un poème entraîne véritablement des réactions organiques.  Par leurs sonorités, leurs couleurs ou le rythme de leur agencement, ils s’habillent d’images et agissent sur nous en profondeur, calmant l’agitation mentale. La poésie libère véritablement nos émotions et notre imaginaire. Elle nous vivifie et nous élève.

Il y a aujourd’hui un certain renouveau poétique. Les jeunes redécouvrent la poésie, par le biais des haïkus, qui reviennent à la mode ces dernières années, et surtout, bien-sûr, par l’intermédiaire du slam. « Certains jeunes semblent repus : saturés d’informations, leur esprit s’ouvre worldwide par écrans interposés mais, revenus de tout, ils ne s’émerveillent plus de rien. La poésie leur donnera une nouvelle fraîcheur », nous dit Jacques de Coulon.

De mon côté, moi aussi, je découvre peu à peu, et avec bonheur, tout ce que la magnifique suggestion de Hölderlin peut apporter à ma vie:

« Il faut habiter poétiquement le monde » disait-il…  Et lorsqu’il parlait « d’habiter poétiquement le monde », il ne suggérait pas simplement de se mettre à écrire des poèmes. Son invitation consistait, beaucoup plus largement, à nous inciter à retrouver nos facultés d’émerveillement et notre sens de la beauté, dans tous les aspects de nos vies. Et cette suggestion d’habiter poétiquement le monde est d’ailleurs, depuis le début, le thème essentiel de ce blog, mais aussi ma philosophie de vie en général, et le premier commandement de ma religion personnelle…

Mais ceci dit, écrire de la poésie est un chemin de plus, parmi d’autres, pour parvenir à retrouver ses facultés d’émerveillement…

« Les gens courent et s’affairent, ployant sous le poids de leurs soucis. Le plus souvent, ils évoluent dans un matérialisme crasse et leur vie tourne autour du métro-boulot-dodo. Que leur manque-t-il? Un brin de poésie, une petite étoile qui danse dans leur ciel intérieur »

Cette dernière phrase me fait beaucoup réfléchir à l’utilité qu’aurait pu revêtir pour le monde occidental, cette pause étrange que nous  impose la crise sanitaire que nous traversons depuis plus d’un an maintenant. Ne faudrait-il pas essayer de percevoir dans cette période qui nous oblige à lever le pied dans nos activités et nos déplacements, une occasion, même ponctuelle, de se tourner vers notre  intériorité. Trop impatients de retrouver leur rythme d’avant, leurs interactions sociales, leur consumérisme, leur agitation  habituelle, trop de gens ne perçoivent malheureusement pas la possibilité  que cette étrange pause imposée peut nous offrir, malgré tout. Nous avons un esprit, et cet esprit est capable de s’évader vers des paysages magnifiques, ceux qu’on connait, ou ceux qu’on peut imaginer.  Et surtout, Il nous permet de nous envoler sur les ailes du rêve… « Plutôt que de traîner notre spleen dans les couloirs gris de l’affliction ou de gamberger des idées noires, essayons de  rêver en couleurs,[…] Pourquoi fixer l’esprit sur la douleur alors qu’il peut voyager partout? », nous suggère ce livre sur la poésie…

Nous avons en ce moment, plus de temps pour rêver mais aussi plus de temps pour lire… Pour redécouvrir les grands auteurs, les philosophes, et les poètes… Or, la poésie nous aide vraiment, de bien des manières, à traverser les circonstances difficiles.

Extraits du livre:

« Le poète nous apprend à sortir du ventre immense de nos mégapoles pour nous tourner vers les fleurs, les arbres, les nuages dans le ciel… Pour comprendre aussi leur langage ».

« Qui de nos jours sait encore écouter la nature et comprend sans efforts le langage des fleurs et des choses muettes? », nous dit Baudelaire.

« Nous passons à côté de l’essentiel, qui se trouve dans les plus petites choses, ces étincelles d’éternité, telle cette minuscule fleur qui éclaire la forêt. Il ne s’agit donc pas de nier notre monde ni même de s’en détourner, mais bien de le rendre incandescent dans la lumière d’une nouvelle conscience ».

« Imaginer, créer : le poète fait exister des mondes nouveaux […]Vous pouvez certes échapper à la morosité ambiante dans les paradis artificiels des drogues ou du cyberespace. Vous pouvez aussi le faire sous le ciel d’azur de la poésie. A vous de choisir! »

« Rêver sa vie! Vivre son rêve! Mais qui sait encore vivre ses propres rêves en allant chercher ses propres perles au fond de son imaginaire?.[…]Nourrir son imaginaire… Nous vivons dans un monde saturé d’images qui, le plus souvent configurent notre intériorité aux normes marchandes du système. Or, l’image enferme l’esprit dans une seule représentation voulue par son concepteur. (Pensons à la publicité!). Le mot libère au contraire l’imaginaire et nous permet de créer notre propre représentation. Richesse de l’imaginaire qui vous permet de vous approprier le monde en le recréant en vous! Conclusion: pour développer cette créativité, LISEZ plutôt que de vous laisser imposer vos représentations. Et si la lecture se porte sur des poèmes, des contes ou des mythes, le jardin de votre âme fleurira d’autant mieux. Ces textes contiennent en effet de nombreux symboles qui sont autant de noyaux d’énergie venus du fond des âges et qui agiront puissamment sur votre vie. Le rêve vient habiter la vie ordinaire pour la tisser de fils d’or et lui donner de l’étoffe. Elle devient alors extraordinaire ».

« Le poète brode la réalité pour en faire une toile plus belle. La poésie s’inscrit en lettres d’or sur la trame de la vie ».

Quelques conseils puisés dans ce livre pour écrire de la poésie:

« Arrêtez-vous dans la nature et contentez-vous d’ouvrir vos cinq sens, sans faire quoi que ce soit, sans penser à quoi que ce soit. Ici et maintenant ».[…]

Rimbaud suggère d’élargir notre perception en observant la nature avec toute la palette de nos sens : « Nous avons seulement à ouvrir nos sens à la sensation, puis fixer avec des mots ce qu’ils ont reçu. Notre unique soin doit être d’entendre, de voir et de noter. Sans choix, sans intervention de notre intelligence. Le poète doit écouter et noter (quoi que ce soit) ».

 » Suivre les conseils de Rimbaud: Tout observer, en pleine conscience et sans le filtre du mental, puis noter les sensations dans un carnet qui contiendra les premiers balbutiements de poésie. Dans ce déferlement du ressenti, vous allez découvrir quelques perles. Noter! noter toute cette profusion de sensations! Les sensations alimentent les passions qui soulèvent notre vie en l’enflammant. Sans passions, nous sommes des branches de bois mort ».

L'agenda du poète

  Il y a aussi aux éditions de La Martinière, un autre livre très ludique pour découvrir l’écriture poétique. Destiné à l’origine à de jeunes lecteurs, « L’agenda du (presque) poète » de  Bernard Friot, fonctionne comme un agenda poétique : Chaque page correspond à un jour de l’année et propose une séquence sur un point précis : qu’est-ce qu’un poème? D’où vient l’inspiration? C’est quoi un alexandrin?…

On comprend ainsi que la poésie ce n’est pas seulement des mots mais aussi l’éveil de tous les sens. Et que tous ces sens contribuent au développement de la créativité et de l’imagination.

Un ouvrage qui se démarque des classiques de la poésie, et donne envie de s’essayer à l’écriture poétique.

 

Bernard Werber: quelques conseils aux jeunes écrivains.

Lorsqu’on aime écrire, on est souvent avide de conseils et on cherche surtout des réponses auprès des grands écrivains du passé ou du présent, dans des livres, des articles ou des interviews télévisés… Je suis tombée récemment sur plusieurs vidéos très intéressantes et notamment des interviews d’Amélie Nothomb et de Bernard Werber, deux écrivains que j’apprécie tout particulièrement. La première pour sa personnalité fantasque et inspirante, pour son esprit, aussi… Le deuxième pour son intelligence, son humour et sa faculté d’ insuffler de la spiritualité dans des sujets plutôt scientifiques. Le propos ici est de donner quelques conseils aux personnes qui veulent se lancer dans l’écriture de romans.

Si, comme moi, le sujet vous intéresse, je vous propose donc cette semaine de vous pencher sur les conseils de Bernard Werber… (dans un prochain article, je vous ferai partager ceux d’Amélie Nothomb).

Si vous avez très peu de temps, vous pouvez bien-sûr juste visionner ce film très court: 5 conseils aux jeunes auteurs

Bernard Werber y donne, de manière très concise, cinq précieux conseils aux auteurs débutants. Toujours bons à prendre!…. C’est rapide, mais à mon goût, cela me donne juste envie d’en apprendre davantage… Si c’est aussi votre cas, je vous propose de visionner cette interview conduite par la chaine « inspiration créative »

Dans cette vidéo, Il nous parle plus longuement de ses recettes personnelles pour stimuler son inspiration, sa créativité,  et nous explique sa manière de travailler. L’interview est très bien menée et les réponses sont passionnantes pour ceux qui aiment inventer et écrire des histoires…

Je ne peux m’empêcher d’ajouter cette intervention de Bernard Werber, qui concerne l’écriture de sa série de romans sur les fourmis. Là, c’est vraiment pour le plaisir!… Je vous promets un très bon moment… Il s’agit d’un discours filmé dans le cadre des émissions « Ted X », (souvent très réussis). Bernard Werber nous raconte comment l’écriture l’a littéralement « guéri » en lui donnant le moyen de s’exprimer. Le film dure une vingtaine de minutes, mais prenez le temps de le regarder en entier. C’est un discours plein d’humour et intelligent qui fait du bien…Du pur Bernard Werber. Toujours enthousiasmant…

J’ai également trouvé un article très complet et particulièrement bien écrit sur le site « La plume de Laurence » , qui s’appelle « Comment écrire en suivant les conseils de Bernard Werber ». Je me permets de mettre un lien pour vous inviter à le lire, parce qu’il est très réussi et résume, par écrit, l’essentiel de ce qui est dit dans les reportages, et de ce qu’on peut apprendre dans les masters-classes que Bernard Werber propose régulièrement. Ce qui permet de prendre des notes et de garder ces précieux conseils. A voir en cliquant  (ici-le blog de Laurence)

Si vous aimez autant que moi cet auteur particulièrement doué, voici un lien vers le site personnel de Bernard Werber. Et j’ai particulièrement apprécié cette vidéo extraite de son site personnel au sujet de la pandémie . Certes, c’est un peu hors sujet en ce qui concerne l’écriture, mais je trouvais intéressant d’avoir l’avis de Bernard Werber sur la crise sanitaire actuelle…

Un site très bien fait qui donne envie de lire ses romans et de le suivre dans ses délires de scientifique curieux de tout. Vous y trouverez d’autres liens vers de nombreuses vidéos. A vous de choisir…

Bernard Werber photo france 3 régions

Il y a bien longtemps que j’aime lire et écouter Bernard Werber. Il fait partie de ces auteurs dont je ne ma lasse pas de lire ou d’écouter les histoires. J’avais particulièrement aimé son roman « l’empire des anges », dont je conseille souvent la lecture. Cette histoire a considérablement changé ma façon d’imaginer ce qui, éventuellement, pouvait être une éventuelle « vie après la vie »!…

Écouter les oiseaux chanter…

En ce dimanche de printemps, que beaucoup d’entre nous n’aurons pas la chance de passer à la campagne, j’avais envie de vous faire partager cette vidéo de chants d’oiseaux qui font tellement de bien… Ils ne remplacent pas, bien-sûr, la beauté d’un moment réellement passé au milieu des champs et des bois, mais ça peut quand même faire un peu de bien quand on est coincé en ville ou dans des banlieues à l’urbanisation esthétiquement douteuse!… Alors, si les trilles des rossignols, des mésanges, des hirondelles et autres oiseaux « de toutes plumes » vous manquent, je vous propose de cliquer sur ce lien pour profiter de ces chants d’oiseaux apaisants... Bon courage à tous…