Cette année, j’ai décidé de vous faire découvrir cette video de la chaine « Passe-moi les jumelles » en guise de vœux pour cette nouvelle année qui s’ouvre. La personnalité de cette jeune artiste (Lauriane Miara), amoureuse de la nature et de sa beauté infinie, est tellement inspirante. Puisse-t-elle vous toucher autant que moi je l’ai été, et vous inciter, en ce début d’année, à ouvrir davantage votre regard sur toute cette splendeur qui nous est offerte…
communion avec la nature
Forêt de Brocéliande
Lors de mon dernier séjour automnal en forêt de Brocéliande, j’ai eu le bonheur de découvrir beaucoup de lieux particulièrement inspirants. Brocéliande est une forêt imprégnée de contes et de légendes dont l’âme est discrètement envoûtante. Ses chemins sont pleins de secrète magie… Des arbres remarquables, habités de murmures mystérieux et de cris de corneilles… Des étangs aux eaux diseuses d’histoires… Des rochers pleins de sagesse, fréquentés par des enchanteurs ou des sorciers… Des landes brumeuses et des clairières vibrantes, territoires d’un petit peuple aux mille visages…
Je me suis sentie entourée, taquinée parfois, mais surtout réconfortée par quelques esprits de la nature bienveillants qui semblaient m’observer, discrètement…

Je vous propose de visionner cette courte vidéo publiée sur YouTube… (n’oubliez pas de revenir ensuite à la lecture de l’article!…)
La forêt est d’une magie palpable…

Il faut, à mon avis, passer du temps, seul, en silence, à l’écoute des murmures à peine perceptibles des lieux, pour commencer à ressentir les présences qui vous entourent ici…
J’ai également découvert Les livres de Magali et Sara Mottet, aux éditions Secret d’étoiles, qui m’ont magnifiquement accompagnée durant tout mon séjour. Ils sont plein de poésie et si puissamment inspirés du souffle de Brocéliande…
Extraits du grimoire ensorcellé:
« Une sorcière est seule, seule à danser dans le vent, à boire jusqu’à l’ivresse la beauté du monde, celle de la terre et du ciel… »
« Je vais m’envoler, ce soir, demain, après… Quand le grand vent soufflera depuis la vallée, portant en son haleine feutrée les relents de la rivière, je me précipiterai dans le vide, je franchirai les bords de la falaise en une enjambée magique, un pas immense qui m’ouvrira la voie vers les autres mondes, je serai libre alors de rejoindre en leurs danses les libellules sur l’étang, les éphémères du couchant, les pollens désinvoltes. J’ai cherché pendant des lunes et des lunes l’élixir magique […]. J’ai tenté de faire mien ce mystère, j’ai échoué mais j’ai trouvé autre chose: un secret caché au pied des arbres, au cœur des eaux vives, dans les nuages, aux mousses des clairières piquées d’anémones, au contact des plumes et des fourrures amies. Pour le comprendre, j’ai dû, au fil du temps, enlever un à un les fils de mon existence, m’alléger de mes chagrins, de mes connaissances, de mes expériences pour que ne subsiste que le reflet intense et intime de mon être, ce petit quelque chose qui me permet de communier pleinement et simplement avec le vivant qui m’entoure, avec la beauté de ce monde et de tous les autres… Toutes ces houppelandes ôtées, je suis de nouveau petite fille à la chevelure renarde, le museau tout encanaillé dde jus de myrtille, la main serrée sur la jupe de ma mère. Enfin légère, mon âme peut désormais s’élancer au coeur des limbes, tourbilloner dans le vent et virevolter avec mes soeurs corneilles. »
« Je crois que cet amour pour le vivant, le clair, le joyeux, le vibrant, m’a permis de voir le sombre, l’obscur, le triste avec plus de légèreté, comme si le noir, marié au blanc, m’avait ouvert au gris, à l’infini du ciel d’hiver, aux eaux obscures de l’étang sans fond, aux nuages d’orage… La dualité figée se perd vite dans ces élégances cendrées, elle se désagrège alors dans les limbes et laisse, à sa place, les voiles de brume, les écharpes de brouillard, adoucir les contours. N’apparait plus, dès lors, que l’essence des choses et des êtres en leur beauté primaire, nue et simple ».
« A ma dernière heure, j’aimerais emplir mon âme de cette beauté, imprégner mon regard une fois encore du vol des oies cendrées, partant vers le couchant pour rejoindre des terres plus clémentes. Mes oreilles voudront entendre, au moment ultime, les croassements des corneilles, des choucas et des freux, compagnons sombres, amis des infinis. »
« Le monde des humains m’a souvent déçu. Il est sans véritable grandeur, car le sacré l;a abandonné depuis trop longtemps pour qu’il résonne d’autre chose que du bruit des armes et des intrigues. C’est pourquoi je l’ai quitté si souvent. La forêt et la solitude m’ont apporté le calme que je devais expérimenter. »
« Notre temps s’éteint doucement, la magie s’enfuit… Elle qui virevoltait autour des lacs et des étangs, se nourrissant du riche humus des forêts et des vagues infinies, elle qui habitait les pierres et les collines sous le vent, ne trouve plus place au coeur des humains ».
« Le monde devient rude et froid, sans aucune place pour l’enchantement. Morgane est retournée en Avalon. L’île n’est qu’un brouillard lointain perdu à l’Ouest. Les barques n’y accostent plus, les prophéties se sont tues à jamais. Les hommes sont tellement sûrs d’eux que la parole des dieux ne les nourrit plus. Le rituel s’est éteint, le sacré de même… »
« Les croyances merveilleuses, les contes s’étiolent aux virgules des parchemins. Les rouets ne tournent plus le fil des draperies féeriques, les grenouilles enchantées ont quitté les margelles des puits et les banshees ont déserté les hautes tours des châteaux ».
J’ai tellement aimé ces livres… Le choix des mots, les atmosphères dans lesquelles ils nous entrainent… Ils sont un trésor précieux pour les âmes sensibles à la féérie et à la délicate poésie du monde naturel…
Le cabinet mirifique du Professeur Berlupin:
A côté de ces sorties très « Nature sacrée », et de ces lectures inspirantes, j’ai aussi eu le plaisir de découvrir un endroit assez étonnant qui m’a enthousiasmée: « Le Cabinet mirifique du Professeur Nicéphore Onésime Berlupin », dans le village de Guer.
Un cabinet de curiosités comme je les aime, mêlant objets réels et créations artistiques nées d’une imagination débridée…Cet univers fabuleux imaginé par Guillaume Habert, alias Corwin Ravencroft, plonge le visiteur dans une réalité alternative, inspirée par toutes sortes de mythes et de légendes puisés dans la littérature et le cinéma fantastique ou par des anecdotes surprenantes de l’Histoire. Le lieu abrite plus de mille objets insolites auxquels se rattachent des histoires à la frontière du réel et de l’imaginaire qu’il est conseillé de lire sur des petits bouts de papier. Sans oublier l’humour, jamais très loin dans les créations. Un exemple parmi d’autres… Ces dents censées appartenir au chat du Cheshire…
Philippe Corbin et sa charmante roulotte
J’ai également eu la joie de croiser la route d’un doux-rêveur des grands chemins…

Ancien conservateur du musée de la musique mécanique de Dollon, Philippe Corbin a mis à profit la période du confinement pour fabriquer une jolie roulotte à trois roues, joyeusement colorée. Aujourd’hui, elle lui permet de voyager libre et léger, tracté par Anaëlle, son adorable ponette haflinger, et accompagné de son petit chien Jack Russel, absolument craquant. Il prend ainsi le temps de vivre et de voyager doucement, à contre-courant du tourisme express, loin des autoroutes et des sites trop fréquentés. Je les ai croisés plusieurs fois sur les petites routes de campagne dans la région de Tréhorenteuc, entre l’église du Saint-Graal et le Val sans retour…
Bon vent les amis… Quelle rencontre rafraîchissante…
Lostmarc’h: Publication de ma Nouvelle vidéo sur YouTube.
Ma toute dernière création sur ma chaîne YouTube… « Lostmarc’h », un lieu absolument magnifique, à l’extrême bout de La presqu’île de Crozon. Des paysages particulièrement inspirants… Envoûtants…
Citation du jour:
Presqu’île de Crozon
Je vous propose aujourd’hui de découvrir ma deuxième video créée lors de mon séjour sur la Presqu’île de Crozon. Dans un style très différent de la première… J’aime regarder les images tournées là-bas et les nombreuses photos que j’ai prises et qui me rappellent ces paysages absolument sublimes dans lesquels j’ai marché, rêvé, contemplé des heures durant sans jamais me lasser…
Presqu’île de Crozon: la sublime…
Lostmarc’h, Pointe de Dinan, Pointe de Pen’Hir, Plage de Pen’Hat, de La Palue, de Goulien… Des mots qui résonnent comme des appels. Des endroits qui m’ont envoûtée, littéralement. Une beauté sauvage qui m’a saisie et s’est distillée dans mon âme, chaque jour un peu plus…
J’ai fusionné avec les éléments avec délectation… Je me suis baignée, en plein mois de septembre, presque tous les jours. Pour infuser l’océan dans mes veines, m’imprégner de son eau salée… J’ai respiré son air iodé. J’ai laissé les embruns et le vent sur les falaises emmêler mes cheveux. Un bonheur pur. En vrai… Indescriptible… Aucun mot, aucune image ne parvient à traduire le sentiment qu’on éprouve au cœur de ces paysages.
Il y a l’Ile vierge à la pointe de Kerloc’h, sur la côte Est du cap de la chèvre. Sa végétation de pins maritimes et de bruyères en fleurs… Ses couleurs vives que le soleil fait éclater.
A l’ouest, face à l’immensité de l’atlantique, la pointe de Lostmarc’h et son chapelet de plages grandioses (Lostmarc’h, La Palue, Goulien…). Des sites merveilleux pour marcher, rêver, imaginer … D’une beauté saisissante.

Au petit matin, je partais à la chasse à la lumière. Je m’installais avec mon thermos de thé vert, ma palette d’aquarelle… Pour tenter modestement de dessiner ce que je voyais ou plutôt ce que je ressentais…

Un peu plus loin, la pointe de Dinan.
S’il y a un lieu où l’on peut imaginer une porte d’entrée vers la cité d’Ys, ce serait sans doute ici. Mes yeux y ont scruté l’écume pour tenter d’apercevoir la princesse Dahut, redevenue sirène et pleurant tristement sur la cité engloutie…

En face de la Pointe de Dinan, la spectaculaire Pointe de Pen’Hir… et ses fameux « Tas de Pois ».

Tout près de là, le Sémaphore du Toulinguet et la plage de Pen’Hat, aux eaux cristallines…Là où la Terre finit…
La pointe de Dinan était mon site préféré pour les couchers de soleil… Toujours en compagnie de la princesse Dahut…

Et juste après le spectacle de ce coucher de soleil sur la pointe de Dinan, je me suis retournée pour assister au lever de lune, à l’est…
On comprend que ces lieux soient si imprégnés de contes et de légendes…
- petit peuple de l’Océan
- Trésors marins
Je vous propose ce mois-ci deux vidéos crées pendant mon séjour sur la Presqu’île de Crozon… La première, (en cliquant sur ce lien) sur une chanson de Nolwen Leroy, dont les paroles et la musique m’ont accompagnée tous les jours durant mes grandes marches solitaires.
La deuxième sera publiée la semaine prochaine, dans un style très différent. Et je publierai également un article sur Jacques Boënnec, un artiste breton injustement méconnu, dont j’ai découvert l’œuvre pendant mon séjour sur la presqu’île.

Les falaises sont ici le témoin évident de l’histoire géologique mouvementée de notre belle planète.
ces paysages dont la beauté m’a envoûtée me manquent déjà…
La beauté sauvage de l’Aubrac
Eugène Viala( 1859-1913)… redécouvrir le Lévézou dans les pas d’un artiste aveyronnais envoûtant, et injustement méconnu.
« A l’aube du XXème siècle, sur les landes sauvages du Lévézou, naît un artiste. (Eugène Viala). Il sera maudit et méconnu, et pourtant, il porte en lui les signes du génie » (Chantal Lalle, Le cri du silence)
Depuis quelques années, je fais des séjours de plus en plus fréquents dans un petit village de l’Aveyron, entre les raspes du Tarn et le plateau du Lévézou. Lors de mes grandes marches solitaires, je rencontre souvent de vieux arbres étranges et fascinants, hêtres chênes ou châtaigniers, aux branches figées dans des gestes bizarres et à l’allure parfois tourmentée, et j’adore essayer de traduire dans mes dessins leurs attitudes parfois si proches des nôtres…Nous sommes nombreux à avoir des tendances anthropomorphistes (trouver des apparences et des attitudes humaines dans toutes sortes de choses (arbres, nuages, pierres…)…
Il y a quelques jours, j’ai découvert un peu par hasard, qu’il y avait un « musée Eugène Viala » dans le village de Salles-Curan. Par curiosité, j’ai fait quelques recherches sur Internet, pour voir ce que je trouvais sur l’œuvre de cet artiste, que je ne connaissais pas encore. J’ai tout de suite été frappée par sa manière de dessiner les arbres, de leur donner une âme… Dans les peinture d’Eugène Viala, les arbres ont des gestes humains, très expressifs et ils ressemblent tellement à ceux que je vois partout, ici, dans les bois environnants. J’ai immédiatement eu envie d’en savoir plus sur cet artiste qui semblait avoir sur les arbres les mêmes yeux que moi!…
J’ai donc commencé par visiter le musée Eugène Viala, situé dans son village natal de Salles-Curan. Dans ce petit musée, animé par une équipe de bénévoles passionnés et très motivés,( l’association « Les amis d’Eugène Viala et du Lévézou ») j’ai pu découvrir tous les aspects de l’œuvre passionnante (et foisonnante) d’Eugène Viala. En Aveyron, son œuvre est connue et appréciée à sa juste valeur. Mais hors de ces limites départementales, il reste un illustre inconnu, ce qui est une profonde injustice. Il a pourtant laissé une œuvre (de graveur surtout), qui, par sa qualité d’exécution, les richesses de ses thèmes et ses aspects fantastiques et visionnaires, par ses questionnements, par ses dénonciations, un peu plus d’un siècle après, reste étonnamment vivante et actuelle.
Courte biographie:
Eugène Viala est né à Salles-Curan le 8 Septembre 1859. Dès son plus jeune âge, il est réfractaire à toute discipline, mais c’est un enfant et un adolescent sensible. « Très tôt, il aime la nature qui est le cadre de ses premières émotions. Le génie de l’artiste prend sa source dans cet amour de la nature qu’il vénèrera toujours dans toute son œuvre. Après quelques années au Lycée de Rodez, il suit les cours de l’école des beaux-arts de Montpellier, puis à l’académie Jullian de Paris où il vit de 1881 à 1888. Curieux, lisant beaucoup, il commence très jeune à s’adonner à sa passion: le dessin et la peinture, exercices qui le libèrent des contraintes existentielles. Devenu adulte, il travaille sans relâche et fait de fréquents séjours sur son Lévézou natal qu’il affectionne et qui l’inspire. Il épouse en 1888 une jeune fille née à Saint Geniez d’Olt (Berthe), avec laquelle il revient vivre dans sa région natale et aura quatre enfants. L’artiste doit donc subvenir aux besoins d’une famille nombreuse tout en poursuivant une quête artistique exigeante. Un moment, il s’essaie à la photographie et s’installe à Rodez, mais l’artiste peine à joindre les deux bouts et doit souvent se résoudre à des besognes parfois bien modestes (illustrer des calendriers, des menus, des cartes d’invitation…). Artiste de province, Eugène Viala ne sait pas entretenir les réseaux d’amis et d’obligés qui peuvent rendre des services et donner un coup de pouce à une carrière. L’orgueil et un goût prononcé pour la solitude l’en empêchent. Sur le tard, il a cependant la chance de rencontrer son Pygmalion en la personne d’un riche industriel, Maurice Fenaille qui le prend sous sa protection et l’introduit dans les milieux de la haute bourgeoisie industrielle, où l’artiste aveyronnais obtient quelques belles commandes. Une nouvelle ère semble s’ouvrir pour Viala, qui travaille plus que jamais. En 1908/1909, il fonde un journal satirique bi-mensuel dont il est le rédacteur en chef (Le cri de la Terre) et qui traite par la plume et le dessin, de toutes les actualités littéraires, historiques, artistiques et scientifiques du Rouergue. L’artiste est particulièrement critique à l’égard du progrès technique qu’il lie à l’essor d’un capitalisme exploiteur; il s’insurge contre l’abattage des essences locales d’arbres, remplacées par des conifères, et écrit quelques charges virulentes contre la bourgeoisie et les hommes politiques. Victime d’un grave accident à Paris, en descendant d’un tramway, il rentre chez lui et décède après plusieurs mois de souffrance, le 5 mars 1913 dans un appartement situé dans une aile du château de Salles-Curan.
Toute sa vie, Eugène Viala a aimé plus que tout, plus que l’art peut-être, sa liberté. Sa liberté de mouvement, qui lui permettait d’arpenter à pied et en tous sens le Lévézou, une région qu’il voyait déjà, en 1888, dans son livre « A travers le vieux Rouergue », comme « le pays de l’air, pays de l’eau et des bois; pays de la liberté ». Viala a sans doute payé de son isolement et de graves difficultés financières, le choix d’une vie indépendante de création, de pensée et de parole.
L’artiste:
Coup de cœur immédiat!… Ses sources d’inspiration, le choix de ses thèmes (amour de son pays, fascination pour les vastes étendues sauvages, ),sa sensibilité, son amour pour la nature, son goût pour la solitude et le silence, sa perception très similaire à la mienne de la beauté sauvage de son pays natal, sa vision de la société et de la nature humaine, son inquiétude face au développement de la technologie, son besoin de liberté, ses angoisses existentielles … Et pour moi, cette impression immédiate de découvrir une âme sœur artistique… . Ses sentiments transparaissent dans toutes ses créations, et font étrangement écho à mon propre ressenti.
L’oeuvre d’Eugène Viala
A la fois peintre, poète et graveur, c’est surtout dans la technique de l’eau-forte qu’Eugène Viala excelle, offrant les visions les plus singulières.
Eugène Viala crée plus de 500 planches, représentant principalement des paysages de sa région natale, le Rouergue. Mais Il y dépeint également des scènes sombres et mystérieuses, où la nature se fait parfois hostile et fantastique. Il y fait apparaître des arbres torturés, des rochers menaçants, des animaux étranges, des ruines hantées. Son style est tout imprégné de fantastique. Gnomes, sorcières et personnages monstrueux aux traits déformés, aux corps boursouflés, aux membres atrophiés, peuplent les fonds des forêts, traversent les airs sur des chevaux ailés, courent à travers les champs. C’est un « visionnaire halluciné, un graveur de la nuit et du crépuscule ». Le thème de la mort et de l’usure du temps est permanent dans l’œuvre de Viala. Mais pour lui, la mort n’est pas dramatique. Elle est naturelle, inéluctable. Elle est communion éternelle avec la nature, puisque nous retournons à la terre. L’enveloppe corporelle disparait; reste l’œuvre, immortelle, et sa survie dans la pensée et le cœur de ceux qui nous succèdent.
Pour Viala, « la nature est la première victime de la bêtise humaine et du progrès destructeur ». Déjà, en cette fin de XIX ème siècle, le mirage des villes a éloigné les hommes des campagnes et des traditions nées de la terre. Tournés vers les facilités d’un confort naissant, ils se sont laissé séduire par un progrès dans lequel l’artiste visionnaire ne voit déjà qu’un piège envoûtant. La ville moderne n’est plus qu’un lieu concentrationnaire voué au profit. Pour Viala, le progrès est facteur de corruption et de destruction. Par les artifices qu’il multiplie, il éloigne l’homme des traditions qui sont nécessaires à l’ordre moral et sape les bases sur lesquelles reposaient depuis toujours les relations humaines. Aux valeurs morales succèdent les valeurs marchandes!… Une eau-forte étonnante intitulée « La tour d’ivoire » juxtapose au paisible hameau une imposante tour, symbole de l’orgueil humain et de ses folles ambitions.. Pour l’artiste, c’est la naissance d’un monde arrogant, cruel et écrasant.


A ce monde en dérive générant une nouvelle race d’esclaves, l’auteur oppose les humains qui l’entourent et qui restent, comme lui, profondément enracinés dans leur Lévézou natal. La nature est le bien le plus précieux qui ait été donné à l’homme. Pour Eugène Viala, c’est en effet « dans un contact des gestes de la Terre que s’apaisent les désillusions et que se révèle la sagesse ». A travers toute son œuvre, comme une constante, il cherche en permanence dans la nature une réponse et un apaisement, une réconciliation avec lui-même, mais également avec la vie et une société dans laquelle il se sent fort mal à son aise. Déçu par le comportement des hommes (j’ai du mal à imaginer ce qu’il penserait aujourd’hui de notre société contemporaine…), il se tourne vers la nature, dans laquelle il trouve sa raison d’être et son réconfort.
Et tellement d’autres affinités troublantes…
J’ai choisi de vous faire partager cet extrait du livre de Chantal Lalle, que je trouve sublime, sur le Lévézou et sur ces paysages qui ont été une source d’inspiration si riche et si constante pour Eugène Viala:
« Entrer dans l’œuvre de Viala, c’est traverser un pays sauvage battu par les vents, modelé de millénaire en millénaire par les caprices du vent et du soleil. Il faut imaginer la lente transformation des forêts de hêtres en pâturages sous l’effort laborieux et têtu d’hommes libres, fiers d’être issus de cette terre simple. Terre de lumière, de toutes les lumières, aux mille odeurs, aux milles couleurs. « Terres sans légendes », simplement belles et belles simplement, offertes aux regards de ceux que le progrès n’a pas encore aveuglés, terres pauvres où poussent les bruyères floconneuses qui caressent les pierres meurtries par le martellement des troupeaux de brebis. »
« Eugène Viala a trouvé dans la nature tout ce dont il avait besoin pour exister. Son intuition d’écorché vif l’amène à communier avec les éléments avec une telle force que leurs identités se confondent. Ainsi pouvons-nous être frappés par la place que tiennent les arbres dans son œuvre graphique. Comment ne pas être saisi par ces squelettes qui lèvent vers le ciel leurs longs bras décharnés en une prière muette et frémissante de douleur? On pourrait sans effort y superposer la maigre silhouette noire de Viala, si souvent croisée sur les landes du Lévézou, puisant jusqu’à l’ivresse dans l’infini des cieux les forces qui lui permettront de supporter le spectacle de la folie humaine. Cet arbre brisé, n’est-ce pas Eugène peint par lui-même? «
« Pour Viala l’anticlérical la nature est l’étape par laquelle l’humain accède au divin. Elle est le seul temple propice au repliement sur soi nécessaire à tout recueillement, et le lieu de toutes les communions possibles. Paradoxalement, c’est dans la solitude qu’il est le plus présent au monde, car lire dans le grand livre de la nature ne peut se faire dans le tumulte. La solitude au cœur d’une nature refuge est salutaire. Mais personne ne vient plus lire les vérités éternelles qu’elle recèle. Face aux folies du temps, elle est le seul lieu, le seul lien, qui pourrait ramener l’homme à la raison. Condition absurde de l’homme à la dérive et inconscient de son naufrage, condition absurde du poète conscient de ce naufrage et ne pouvant l’éviter. C’est bien en ce sens que les paysages de Viala sont un « cri de la Terre »! »

Viala l’écrivain:
Eugène Viala a des talents multiples et parallèlement à la peinture et la gravure, il publie plusieurs ouvrages poétiques. Paysages, un recueil constitué de poèmes en prose, dans lequel il évoque ses longues marches à travers la nature du Rouergue, et dans lequel il veut rendre par les mots, les émotions que le peintre fixe sur la toile par la couleur.
Il publie également un recueil rédigé en vers, Loin des foules, ainsi qu‘un roman intitulé La traversée du Rouergue. « Plus douce que son œuvre gravée, sa poésie est émouvante et révèle un aspect plus secret du tempérament de l’artiste: au delà d’apparences provocatrices et belliqueuses se cache un être à la sensibilité exacerbée, souvent désespéré par les spectacles de son temps. On y décèle une fragilité, une tendresse qu’il s’efforce parfois de cacher pour préserver l’image de marginal révolté qui lui permet de tenir à distance les importuns. »
« Nous irons sous les branches rose,
Mêler notre âme au chant des choses« …
Eugène Viala laisse derrière lui une œuvre originale et puissante, qui témoigne d’une vision personnelle et tourmentée du monde.
Quelques années après sa mort, Jean Moulin alors préfet de l’Aveyron, découvre les œuvres d’Eugène Viala. Féru d’art, fin connaisseur de peinture et lui même peintre, Jean Moulin est fasciné par le talent de l’artiste rouergat. Il organise une exposition rétrospective pour faire redécouvrir son œuvre en 1938. Il a alors même le projet d’écrire une biographie d’Eugène Viala. Mais la guerre aura raison de ce projet littéraire de Jean Moulin qui meurt, en juillet 1943, des suites des tortures infligées par la gestapo.
Aujourd’hui, l’association des « Amis d’Eugène Viala et du Lévézou » contribue à préserver et à faire connaître l’œuvre de l’artiste par le biais d’expositions et de conférences. L’ œuvre d’Eugène Viala est conservée dans plusieurs musées français et étrangers, comme le Musée Eugène Viala de Salles-Curan, que je viens d’évoquer, mais aussi le Musée Denys-Puech de Rodez, ainsi que le Musée Paul-Dupuy de Toulouse ou les Fine Arts Museums of San Francisco.
Quant à moi, lorsque je marche sur les chemins de crêtes, vers la tour de Peyrebrune, à travers les pâturages , dans les sous-bois ou près des petits ruisseaux du Lévézou, j’ose à peine vous le dire, mais il m’arrive de temps en temps d’apercevoir au loin la silhouette sombre d’Eugène Viala marchant à travers la lande, ou assis sur une pierre, adossé à une croix, à la croisée de deux chemins… J’ai l’impression qu’il m’observe ou me fait un signe imperceptible, et bienveillant… Parfois encore, il marche à mes côtés… C’est un peu comme si nous nous comprenions, au delà du temps… Comme s’il avait su capter cette petite étincelle dans le regard de la promeneuse contemplative que je suis. Comme s’il avait à cœur de me faire partager ses endroits préférés et me prenait par la main pour m’entrainer dans ses pas. Comme s’il comprenait mes colères vis à vis d’une société que je ne comprends plus moi non plus. Et je comprends maintenant qu’il est venu à ma rencontre pour m’encourager à sa manière dans ma mission artistique… Celle qui consiste à continuer de toutes mes forces à honorer la beauté de la nature…
Dans un de ses poèmes sur le Lévézou, il a écrit ceci:
... »Et quand d’autres viendront parmi cette nature,
Aimer ces mêmes cieux, cueillir ces mêmes fleurs,
Devant cette même ombre, en quelque nuit future,
Où j’ai laissé mon rêve ils reprendront les leurs ». (Eugène Viala, Loin des foules, 1897)
… Ces mots m’étaient-ils destinés ? Qui sait?…
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Bibliographie:
Très intéressée par ma découverte d’Eugène Viala, et spontanément touchée par le personnage et l’artiste qu’il a été, je me suis procuré le livre » Eugène Viala, le cri du silence » écrit par Chantal Lalle en 1997 (qu’on peut encore trouver sur les sites des bouquinistes). J’ai adoré ce livre, écrit dans un style très poétique, j’ai trouvé la sensibilité artistique de Chantal Lalle à l’œuvre d’Eugène Viala très similaire à la mienne… Mais tellement bien exprimée!… Je me suis donc beaucoup inspirée de cet excellent livre pour écrire cet article.
-Paysages (Eugene Viala).
-« Loin des foules (Eugene Viala)
Enfin, je viens de poster sur YouTube un très court hommage à Eugène Viala.
« Avec les fées ». Le livre de Sylvain Tesson.
Mon goût prononcé pour les écrits et les idées de Sylvain Tesson, mon intérêt pour la culture et les paysages celtiques et ma conviction de plus en plus grande que seul l’émerveillement devant la beauté de la Nature peut encore( peut-être…) nous sauver… Toutes ces raisons m’ont tout naturellement amenée à lire le dernier livre de Sylvain Tesson: « Avec les fées ». Que voulez-vous: je suis une fan absolue des tournures d’esprit et du style de ce Monsieur…
Fatigué de notre « monde de machines et de banquiers » (vous savez combien je partage ce sentiment!), Sylvain Tesson décide cette fois de partir à la recherche des « fées ». Il nous propose de le suivre dans un voyage le long des côtes atlantiques parfois à pieds, parfois par la mer, sur le voilier d’un ami, depuis la Galice jusqu’au Nord de l’Écosse, en passant par la Bretagne, les Cornouailles du Pays de Galles, l’île de Man, et l’Irlande…
Lorsqu’il parle de fée, il ne parle pas de « fille-libellule qui virevolte en tutu au dessus des fontaines ». Non. Pour lui, « le mot fée signifie tout autre chose. C’est une qualité du réel révélée par une disposition du regard. Il y a une façon d’attraper le monde et d’y déceler le miracle ».[…] « Lorsqu’on regarde le monde avec déférence, elles apparaissent. Soudain un signal. La beauté d’une forme éclate. Je donne le nom de fées à ce jaillissement ».
Je suis immédiatement touchée par ses tournures de phrases, en résonance parfaite avec mes propres états d’âme, lorsque je marche en solitaire, en forêt, ou sur les sentiers côtiers… Nous sommes à peine à la dixième ligne du livre et j’ai déjà l’impression de marcher à ses côtés sur les rochers, face à la mer, l’horizon, le ciel… Et je me délecte déjà d’avoir le privilège de pouvoir partager la finesse et l’intelligence de ses réflexions manuscrites, jetées sur son carnet, tout au long de ce voyage le long de l’arc celtique.
Extraits choisis:
-« S’arrêter et regarder la mer: première leçon d’un bréviaire du romantisme ».
-« Devant, la mer. Le ciel s’y fond. Les hommes appellent « horizon » cette sublimation. »
-« En Bretagne, le paysage est une ivresse ».
-« Le vent devait avoir un projet.Il ne se calma pas. Tout s’enivrait: les mouettes, les fous, les vagues,les embruns. Seule la terre tenait bon. Le vent est la joie de vivre de la mer ».
-« Les vagues se succédaient en rangs volontaires. L’univers est un rythme. La mer n’est jamais lasse. La terre se retient. Il y a la mer imperturbable, la terre imprenable, le mouvement perpétuel, le ciel impassible et l’homme parfaitement égaré ».
-« je rêvais beaucoup. Pourquoi les fées de mon enfance avaient-elles brûlé? La technique s’était emparée du monde, les masses s’accroissaient, le commerce menait la danse. Partout, bruit, raison, calcul, fureur. Les fées avaient reculé devant cette conjuration. Elles s’étaient repliées dans le silence ».
Comme dans tous les livres de Sylvain Tesson, la beauté de la nature est un sujet central, mais il amène presque toujours à une réflexion plus large sur certains sujets de société. Ici, il aborde notamment la disparition d’un certain sens du sacré dans nos sociétés occidentales contemporaines et m’a fait indirectement réfléchir sur le reniement actuel, de plus en plus radical, des mythes fondateurs de notre pays.
-« Partout en Europe, le révolution industrielle annonçait l’abolition de l’homme. Des cœurs purs entrevoyaient ce que le progrès leur ferait perdre. Déjà la modernité donnait sa forme au monde. Hideuse. La pollution, ombre du progrès, s’infiltrait dans les cœurs […] Le peuple irlandais s’aperçut qu’il détenait une origine. Elle était glorieuse et noble, venue du ciel et de la mer. Les dieux et les marins s’étaient alliés pour inventer un peuple. On l’avait oublié. Le renouveau celtique servit à ranimer la flamme. […]L’Irlande est indépendante depuis plus d’un siècle. L’identité celtique est une sculpture taillée il y a deux cent cinquante ans par une troupe de poètes, de marins, de paysans qui ont lancé un appel dont l’écho s’amplifia. De la Galice à L’Écosse, sonnent aujourd’hui les cornemuses d’une idée très récente, enracinée dans une mythologie très lointaine. Les esprits rationnels y voient une affabulation doublée d’une imposture. Le sentiment d’une appartenance à un espace géo-spirituel rebute les âmes techniques. Certains historiens à la triste figure dénoncent l’artifice des imageries mentales celtiques. Ces moralisateurs aspirent à une histoire rationnelle. Qui peut sérieusement croire que l’histoire n’est pas un roman? Toute écriture n’est-elle pas réécriture? […] Après tout, le Gavroche de Paris pistolet de l’égalité au poing n’a pas plus de réalité que la reine blonde jouant de la harpe celtique au milieu des menhirs. Est-ce un crime de fixer dans le mythe l’origine d’un peuple? »
-« Nous savions que le renouveau celtique procédait de la propagande. Pis! d’une ferblanterie politico-romantique. Nous n’en aimions pas moins les récits de navigations magiques et d’îles suspendues. Les images enluminent le réel. La vie chatoie, blasonnée de symboles. »
-« L’absence d’un mythe était notre malheur tricolore, à nous qui avions tué le mystère. Nous, nous continuerions à nous haïr les uns les autres. Au nom de l’égalité, les français s’étaient condamnés à ne pas connaître de vibration commune. Soulagés que rien ne nous soit supérieur, nous nous satisfaisons que tout nous soit semblable. Le soir, au pub, la télévision diffusa les obsèques de la reine.[…] Les funérailles d’Élisabeth durèrent des heures. La France découvrit ces anglais inclinés devant un roi qui s’inclinait devant Dieu. Ce fut la stupeur. Le français ne s’incline jamais. »
Et comme toujours, une conclusion à la fois simple et flamboyante:
-« La liberté était celle de regarder la monde éperdument, empli d’un amour pour toute chose qui défilait. Charge à nous de faire de la vie une forêt de Brocéliande bruissant du souvenir de nos proches défunts, de nos amis évaporés, de nos âmes sœurs, de nos mentors élus et de nos saints patrons. Et dans les lacets qui me ramenèrent à la baie du voilier, je décidai que j’avais trouvé le Graal. Ce qui se tenait là et pas ailleurs était le Graal. […] C’était à la fois la plus simple et la plus titanesque des conduites: adorer la présence.
« Le Graal apparaissait donc, pour peu que l’on décidât la quête achevée. Alors, tout se révélait. Et le monde suffisait. »
« Que cela soit comme cela veut ».
Une fois de plus: un très bon livre de Sylvain Tesson.
Citation du jour: John Burroughs et « l’art de voir les choses »
« Le piéton se réjouit toujours… Il est le seul vrai voyageur. Il savoure le sentiment gai et frais de la route. Il ne fait qu’un avec le paysage. Il sent les pulsations du vent et lit le langage des choses. Ses sens envoient d’incessants messages à son esprit. Le vent, le gel, la pluie, la chaleur, la forêt signifient quelque chose pour lui. Il participe au panorama de la Nature. Il n’est pas seulement son spectateur. Il fait l’expérience sensible de la campagne qu’il traverse -il la goûte, il la sent, l’absorbe, alors que le voyageur dans sa belle voiture ne fait que la voir. » (John Burroughs).
John Burroughs est l’un des écrivains-naturalistes les plus connus aux Etats-Unis. Né en 1837 dans le village de Roxbury, il est le seul de sa famille à être attiré par l’étude. A dix sept ans à peine, il devient instituteur dans un petit village et, n’ayant pas les moyens de payer des études supérieures, il fréquente assidument les librairies et les bibliothèques, et commence par écrire des articles dans la presse locale. Il exerce son métier d’instituteur pendant dix ans, tout en s’intéressant à la nature environnante et en revenant de temps à autres, travailler sur les terres familiales. Il est donc tout naturellement influencé par la philosophie de Ralph Aldo Emerson.
Après ses dix ans dans l’enseignement, il quitte la campagne pour s’installer avec son épouse à Washington, où il trouve un emploi de bureau et se mêle à une communauté de bohèmes littéraires, parmi lesquels il rencontre Walt Whitman, qui l’encourage dans la voie des « écrits de nature ». John Burroughs loue un lopin de terre tout près du capitole, y élève des poules et y fait paître une vache qu’il a fait venir par bateau sur le fleuve Potomac.
En 1867, c’est à Walt Whitman qu’il consacre son premier livre. En 1871, il publie un recueil d’articles principalement consacré aux oiseaux et à partir duquel il utilisera désormais un style d’écriture à la composition très libre entrelaçant nature, littérature et sciences naturelles.
En 1873, Il quitte Washington et retourne dans son village natal où il achète quelques hectares de vignes et construit une maison en lisière de forêt. Il se consacre alors à sa vie d’écrivain-fermier-penseur-naturaliste, une forme d’activité qui lui vaudra alors une grande popularité.
« Je me dois de louer la vie simple, car c’est celle que j’ai vécu et que j’ai trouvée bonne. Dès que je m’en écarte, de funestes conséquences s’ensuivent. Il me plait d’habiter une petite maison, de me vêtir et de vivre dans la simplicité […] Comme on se sent libre, comme on savoure les éléments, comme on les sent proches, comme ils épousent votre corps et votre âme![…] Être capable d’éprouver la suffisance des éléments universels; se griser d’air et d’eau; se rafraîchir d’une promenade matinale ou d’une balade nocturne; trouver plus satisfaisante une cueillette de baies sauvages que des fruits des tropiques offerts en cadeau; s’émouvoir à la vue des étoiles; exulter devant un nid d’oiseaux ou une fleur sauvage printanière -ce sont quelques unes des récompenses que procure une vie simple. »













































































