Forêt de Brocéliande

Lors de mon dernier séjour automnal en forêt de Brocéliande, j’ai eu le bonheur de découvrir beaucoup de lieux particulièrement inspirants. Brocéliande est une forêt imprégnée de contes et de légendes dont l’âme est discrètement envoûtante. Ses chemins sont pleins de secrète magie… Des arbres remarquables, habités de murmures mystérieux et de cris de corneilles… Des étangs aux eaux diseuses d’histoires… Des rochers pleins de sagesse, fréquentés par des enchanteurs ou des sorciers… Des landes brumeuses et des clairières vibrantes, territoires d’un petit peuple aux mille visages…

Je me suis sentie entourée, taquinée parfois, mais surtout réconfortée par quelques esprits de la nature bienveillants qui semblaient m’observer, discrètement…

Je vous propose de visionner cette courte vidéo publiée sur YouTube… (n’oubliez pas de revenir ensuite à la lecture de l’article!…)

La forêt est d’une magie palpable…

Lac de Trémelin

Le chemin de crête au dessus du Val Sans retour

Forêt de Paimpont

Il faut, à mon avis, passer du temps, seul, en silence, à l’écoute des murmures à peine perceptibles des lieux, pour commencer à ressentir les présences qui vous entourent ici…

Le rocher des faux amants

Excalibur au lac de Trémelin

J’ai également découvert Les livres de Magali et Sara Mottet, aux éditions Secret d’étoiles, qui m’ont magnifiquement accompagnée durant tout mon séjour. Ils sont plein de poésie et si puissamment inspirés du souffle de Brocéliande…

Extraits du grimoire ensorcellé:

« Une sorcière est seule, seule à danser dans le vent, à boire jusqu’à l’ivresse la beauté du monde, celle de la terre et du ciel… »

« Je vais m’envoler, ce soir, demain, après… Quand le grand vent soufflera depuis la vallée, portant en son haleine feutrée les relents de la rivière, je me précipiterai dans le vide, je franchirai les bords de la falaise en une enjambée magique, un pas immense qui m’ouvrira la voie vers les autres mondes, je serai libre alors de rejoindre en leurs danses les libellules sur l’étang, les éphémères du couchant, les pollens désinvoltes. J’ai cherché pendant des lunes et des lunes l’élixir magique […]. J’ai tenté de faire mien ce mystère, j’ai échoué mais j’ai trouvé autre chose: un secret caché au pied des arbres, au cœur des eaux vives, dans les nuages, aux mousses des clairières piquées d’anémones, au contact des plumes et des fourrures amies. Pour le comprendre, j’ai dû, au fil du temps, enlever un à un les fils de mon existence, m’alléger de mes chagrins, de mes connaissances, de mes expériences pour que ne subsiste que le reflet intense et intime de mon être, ce petit quelque chose qui me permet de communier pleinement et simplement avec le vivant qui m’entoure, avec la beauté de ce monde et de tous les autres… Toutes ces houppelandes ôtées, je suis de nouveau petite fille à la chevelure renarde, le museau tout encanaillé dde jus de myrtille, la main serrée sur la jupe de ma mère. Enfin légère, mon âme peut désormais s’élancer au coeur des limbes, tourbilloner dans le vent et virevolter avec mes soeurs corneilles. »

« Je crois que cet amour pour le vivant, le clair, le joyeux, le vibrant, m’a permis de voir le sombre, l’obscur, le triste avec plus de légèreté, comme si le noir, marié au blanc, m’avait ouvert au gris, à l’infini du ciel d’hiver, aux eaux obscures de l’étang sans fond, aux nuages d’orage… La dualité figée se perd vite dans ces élégances cendrées, elle se désagrège alors dans les limbes et laisse, à sa place, les voiles de brume, les écharpes de brouillard, adoucir les contours. N’apparait plus, dès lors, que l’essence des choses et des êtres en leur beauté primaire, nue et simple ».

« A ma dernière heure, j’aimerais emplir mon âme de cette beauté, imprégner mon regard une fois encore du vol des oies cendrées, partant vers le couchant pour rejoindre des terres plus clémentes. Mes oreilles voudront entendre, au moment ultime, les croassements des corneilles, des choucas et des freux, compagnons sombres, amis des infinis. »

« Le monde des humains m’a souvent déçu. Il est sans véritable grandeur, car le sacré l;a abandonné depuis trop longtemps pour qu’il résonne d’autre chose que du bruit des armes et des intrigues. C’est pourquoi je l’ai quitté si souvent. La forêt et la solitude m’ont apporté le calme que je devais expérimenter. »

« Notre temps s’éteint doucement, la magie s’enfuit… Elle qui virevoltait autour des lacs et des étangs, se nourrissant du riche humus des forêts et des vagues infinies, elle qui habitait les pierres et les collines sous le vent, ne trouve plus place au coeur des humains ».

« Le monde devient rude et froid, sans aucune place pour l’enchantement. Morgane est retournée en Avalon. L’île n’est qu’un brouillard lointain perdu à l’Ouest. Les barques n’y accostent plus, les prophéties se sont tues à jamais. Les hommes sont tellement sûrs d’eux que la parole des dieux ne les nourrit plus. Le rituel s’est éteint, le sacré de même… »

« Les croyances merveilleuses, les contes s’étiolent aux virgules des parchemins. Les rouets ne tournent plus le fil des draperies féeriques, les grenouilles enchantées ont quitté les margelles des puits et les banshees ont déserté les hautes tours des châteaux ».

J’ai tellement aimé ces livres… Le choix des mots, les atmosphères dans lesquelles ils nous entrainent… Ils sont un trésor précieux pour les âmes sensibles à la féérie et à la délicate poésie du monde naturel…

Le cabinet mirifique du Professeur Berlupin:

A côté de ces sorties très « Nature sacrée », et de ces lectures inspirantes, j’ai aussi eu le plaisir de découvrir un endroit assez étonnant qui m’a enthousiasmée: « Le Cabinet mirifique du Professeur Nicéphore Onésime Berlupin », dans le village de Guer.

Un cabinet de curiosités comme je les aime, mêlant objets réels et créations artistiques nées d’une imagination débridée…Cet univers fabuleux imaginé par Guillaume Habert, alias Corwin Ravencroft, plonge le visiteur dans une réalité alternative, inspirée par toutes sortes de mythes et de légendes puisés dans la littérature et le cinéma fantastique ou par des anecdotes surprenantes de l’Histoire. Le lieu abrite plus de mille objets insolites auxquels se rattachent des histoires à la frontière du réel et de l’imaginaire qu’il est conseillé de lire sur des petits bouts de papier. Sans oublier l’humour, jamais très loin dans les créations. Un exemple parmi d’autres… Ces dents censées appartenir au chat du Cheshire…

Philippe Corbin et sa charmante roulotte

J’ai également eu la joie de croiser la route d’un doux-rêveur des grands chemins…

Ancien conservateur du musée de la musique mécanique de Dollon, Philippe Corbin a mis à profit la période du confinement pour fabriquer une jolie roulotte à trois roues, joyeusement colorée. Aujourd’hui, elle lui permet de voyager libre et léger, tracté par Anaëlle, son adorable ponette haflinger, et accompagné de son petit chien Jack Russel, absolument craquant. Il prend ainsi le temps de vivre et de voyager doucement, à contre-courant du tourisme express, loin des autoroutes et des sites trop fréquentés. Je les ai croisés plusieurs fois sur les petites routes de campagne dans la région de Tréhorenteuc, entre l’église du Saint-Graal et le Val sans retour…

Bon vent les amis… Quelle rencontre rafraîchissante…

Lostmarc’h: Publication de ma Nouvelle vidéo sur YouTube.

Lostmarc’h: Publication de ma Nouvelle vidéo sur YouTube.

Ma toute dernière création sur ma chaîne YouTube… « Lostmarc’h », un lieu absolument magnifique, à l’extrême bout de La presqu’île de Crozon. Des paysages particulièrement inspirants… Envoûtants…

Le Couserans, au cœur des Pyrénées ariégeoises.

Le Couserans, au cœur des Pyrénées ariégeoises.

Suite à un séjour dans les Pyrenées ariégeoises, je voulais vous faire partager mes coups de cœurs pour cette jolie région, située tout près du Mont Valier.

Le Mont Valier: Le seigneur du Couserans

Comme je n’ai, à aucun moment, envisagé de faire le grand tour du Mont Valier (randonnée de plus de 22 km, nécessitant deux jours de marche, classée « difficile », avec un dénivelé positif de 2100 mètres… Pas pour moi, donc… En plus, je suis sujette au vertige! ), au lieu de me lancer dans cette randonnée au dessus de mes forces, j’ai fait le choix plus sage de chercher partout (A pied, ou en voiture) les meilleurs points de vues sur cet attirant seigneur du Couserans… Pour le photographier…

Depuis la station de Guzet.

Le Mont Valier vue lointaine depuis les granges de Cominac

Le Mont Valier – vue lointaine depuis les granges de Cominac, un site au charme envoûtant…

 Pour   le photographier,                                                                                                                   Ou pour le dessiner…

Le Mont Valier depuis le col de la Pause

Le mont Valier depuis le col de la Pause… (Oui, bon,… C’est mon style…)

Un des chemins d'accès de l'ascension du Mont Valier

Vue sur le Port d’Aula, un des accès pour l’ascension du Mont Valier, depuis le col de la Pause.

La transhumance des chevaux de Mérens

S’il est un moment qui m’a particulièrement marquée, c’est cette vision inoubliable de la transhumance d’un grand troupeau de 80 chevaux de Mérens en direction de leur lieu d’estive, sur les hauteurs de la vallée de Bethmale, près du lac d’Ayes. Guidés par de courageux éleveurs, ils se suivent tous, comme des princes, dans ce déplacement impressionnant, dans un mélange de hennissements et de bruits de sabots qui donnent la chair de poule tellement c’est beau à voir et à entendre! Sur place, lorsqu’ils passent sur le vieux pont de pierre du village des « Bordes-sur-Lez », l’ambiance et le spectacle sont saisissants.

Vous trouverez à la fin de cet article un lien pour visionner une vidéo que je viens de poster sur ma chaîne YouTube dans laquelle figurent des images de ces magnifiques chevaux …

Le cirque de Cagateille

Cirque de Cagateille

Cirque de Cagateille, sorte de jardin d’Eden comme on l’imagine

D’un accès assez facile, (à peine 1h00 de marche sur un sentier agréable) cet endroit est d’une tranquillité bienfaisante et d’une beauté saisissante…

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Jacques Boënnec, un artiste breton qu’il serait dommage d’oublier…

Il existe, au cœur de la Presqu’île de Crozon, une joli maison de pierre avec une curieuse tourelle très originale, entourée d’un jardin habité par une multitude de sculptures très mystérieuses…C’est la maison qu’habitait Jacques Boënnec (1936-2016)…

En séjour sur la Presqu’île de Crozon, je cherchais un accès pour me rapprocher des sublimes plages sauvages de La Palue et de Lostmarc’h, lorsqu’en traversant le hameau de « Tromel », mon regard fut attiré par une sculpture très originale, juste à l’entrée d’une vieille maison bretonne en pierre…

Interpellée par cette main qui semble soutenir une vieille colonne de portail, je me suis arrêtée pour la prendre en photo. La grille d’entrée du jardin était ouverte et une dame était assise dans la cour, attablée devant son petit déjeuner. C’est ainsi que j’ai rencontré Edith Vidal-Duvernet, amie de longue date de Jacques Boënnec, aujourd’hui propriétaire de la maison et chargée, en collaboration avec l’association « Le jardin de Jacques », de prendre soin du lieu et des œuvres de l’artiste. C’est une charge certes très lourde, financièrement, physiquement et moralement, mais l’association parvient à ouvrir les portes de la maison et du jardin tous les étés, aux visiteurs de passage. Invitée très gentiment à revenir pour visiter le jardin, j’ai eu le temps d’apercevoir dans la cour de la maison, une sculpture qui m’a particulièrement touchée… Une sorte de « naufragée » au cheveux ruisselants, semblant sortir de l’eau, accrochée à une bannière…

Je suis donc revenue quelques jours plus tard pour en apprendre un peu plus sur cet artiste énigmatique. Jacques Boënnec a fait les beaux-arts et disposait aussi d’une formation d’architecte. Il a beaucoup navigué sur des bateaux qu’il avait construit lui-même. A défaut de trouver des terres vierges, l’artiste s’était installé tout au début des années 60 dans cette petite maison du 17ème siècle située à Tromel. Son jardin va devenir une galerie d’artiste à ciel ouvert et un ensemble de statues va peu à peu conquérir le terrain. Des formes provenant de l’imaginaire de l’artiste mais aussi de ce que sa vie lui avait apporté de bien, de mal… Du béton surréaliste armé d’une poésie toute personnelle, du rêve, des formes.


Un art de jardin qui n’a pas dû plaire à quelques uns parce qu’en 2013 des individus ont attaqué les statues géantes à la masse alors que l’artiste recevait alors qui voulait entrer. Jacques Boënnec disparaît en 2016 et lègue son bien à une amie, Édith Vidal-Duvernet. En 2019, nouveau saccage mystère… « L’artiste Crozonnais (né à Camaret) semble déranger sans raison particulière connue, alors qu’une valorisation de son travail au niveau local, serait la bienvenue, ne serait-ce que pour partager un univers personnel inattendu. »

Le seul travail que j’ai pu trouver sur lui est celui d’ Isabelle Françaix, artiste photographe plasticienne et vidéaste, qui a rencontré Jacques Boënnec peu de temps avant qu’il ne nous quitte, et qui a réalisé un moyen-métrage poétique sur le jardin de Jacques Boënnec dont voici la bande annonce…

Isabelle Françaix a aussi écris un court article sur sa rencontre avec Jacques Boënnec (lien ci-dessous):

https://isabellefrancaix.com/fr/galerie-27486-le-jardin-de-jacques-boennec

Je suis allée voir également une exposition de peintures de Jacques Boënnec, organisée par l’association Artsbourg à Plomodiern.

J’y ai rencontré des bénévoles chaleureuses et très motivées par leurs différentes activités. Je suis aussi un peu étonnée qu’à Crozon même, personne ne semble se préoccuper de faire connaitre cet artiste, natif de la Presqu’île et injustement méconnu…

Presqu’île de Crozon

Presqu’île de Crozon

Je vous propose aujourd’hui de découvrir ma deuxième video créée lors de mon séjour sur la Presqu’île de Crozon. Dans un style très différent de la première… J’aime regarder les images tournées là-bas et les nombreuses photos que j’ai prises et qui me rappellent ces paysages absolument sublimes dans lesquels j’ai marché, rêvé, contemplé des heures durant sans jamais me lasser…

Presqu’île de Crozon: la sublime…

Presqu’île de Crozon: la sublime…

Lostmarc’h, Pointe de Dinan, Pointe de Pen’Hir, Plage de Pen’Hat, de La Palue, de Goulien… Des mots qui résonnent comme des appels. Des endroits qui m’ont envoûtée, littéralement. Une beauté sauvage qui m’a saisie et s’est distillée dans mon âme, chaque jour un peu plus…

J’ai fusionné avec les éléments avec délectation… Je me suis baignée, en plein mois de septembre, presque tous les jours. Pour infuser l’océan dans mes veines, m’imprégner de son eau salée… J’ai respiré son air iodé. J’ai laissé les embruns et le vent sur les falaises emmêler mes cheveux. Un bonheur pur. En vrai… Indescriptible… Aucun mot, aucune image ne parvient à traduire le sentiment qu’on éprouve au cœur de ces paysages.

Il y a l’Ile vierge à la pointe de Kerloc’h, sur la côte Est du cap de la chèvre. Sa végétation de pins maritimes et de bruyères en fleurs… Ses couleurs vives que le soleil fait éclater.

A l’ouest, face à l’immensité de l’atlantique, la pointe de Lostmarc’h et son chapelet de plages grandioses (Lostmarc’h, La Palue, Goulien…). Des sites merveilleux pour marcher, rêver, imaginer … D’une beauté saisissante.

Plage de Lostmarc’h et La Palue, au petit matin

La Palue et Lostmarc’h

Au petit matin, je partais à la chasse à la lumière. Je m’installais avec mon thermos de thé vert, ma palette d’aquarelle… Pour tenter modestement de dessiner ce que je voyais ou plutôt ce que je ressentais…

Un peu plus loin, la pointe de Dinan.

S’il y a un lieu où l’on peut imaginer une porte d’entrée vers la cité d’Ys, ce serait sans doute ici. Mes yeux y ont scruté l’écume pour tenter d’apercevoir la princesse Dahut, redevenue sirène et pleurant tristement sur la cité engloutie…

En face de la Pointe de Dinan, la spectaculaire Pointe de Pen’Hir… et ses fameux « Tas de Pois ».

 

rencontres sympathiques

Tout près de là, le Sémaphore du Toulinguet et la plage de Pen’Hat, aux eaux cristallines…Là où la Terre finit…

Sémaphore du Touliguet et la plage de Pen’Hat

Lorsque le vent souffle…

La pointe de Dinan était mon site préféré pour les couchers de soleil… Toujours en compagnie de la princesse Dahut…

Et juste après le spectacle de ce coucher de soleil sur la pointe de Dinan, je me suis retournée pour assister au lever de lune, à l’est…

On comprend que ces lieux soient si imprégnés de contes et de légendes…

Je vous propose ce mois-ci deux vidéos crées pendant mon séjour sur la Presqu’île de Crozon… La première, (en cliquant sur ce lien) sur une chanson de Nolwen Leroy, dont les paroles et la musique m’ont accompagnée tous les jours durant mes grandes marches solitaires.

La deuxième sera publiée la semaine prochaine, dans un style très différent. Et je publierai également un article sur Jacques Boënnec, un artiste breton injustement méconnu, dont j’ai découvert l’œuvre pendant mon séjour sur la presqu’île.

 

Les falaises sont ici le témoin évident de l’histoire géologique mouvementée de notre belle planète.

ces paysages dont la beauté m’a envoûtée me manquent déjà…

Châteaux de la Loire: Mes trois « coups de cœur »: Ussé, Le Rivau et L’Islette…

De retour d’un séjour en Touraine, pendant lequel j’ai pu satisfaire ma soif de châteaux, j’ai choisi d’ écrire cet article sur mes trois coups de cœur. Peut-être parce que ces trois Châteaux sont un peu moins fréquentés par les foules touristiques. Tous les châteaux de la Loire sont fascinants, mais ces trois là ont, à mes yeux, un petit supplément d’âme…

Le château dUssé… Le plus « féerique ».

On l’appelle souvent « Le Château de la Belle au bois dormant »…

« Il était une fois un château aux allures féeriques, magnifique bâtisse hérissée de tours et de clochetons, surplombant l’Indre et La Loire… Un château tellement merveilleux que Charles Perrault, séduit par le romantisme des lieux, s’en inspira pour en faire le cadre enchanté de sa « Belle au bois dormant »… Voilà ce qu’annonce le dépliant du château…

Château d'Ussé

Château d’Ussé

L'entrée du château D'Ussé

Et je n’ai pas été déçue… Il est vrai qu’il a bien belle allure, ce château impressionnant, adossé à la forêt de Chinon, et surplombant l’Indre dans laquelle il se reflète…

Lorsqu’on passe les grilles du château, les façades en pierres blanches et les tours se dessinent à travers les branches des magnifiques cèdres du Liban offerts par Chateaubriand à la Comtesse de Duras, très éprise du ténébreux écrivain…

Le Château d’Ussé à travers les branches du cèdre du Liban offert par Chateaubriand… Aquarelle!…

Situé dans la partie la plus ancienne du château, le chemin de ronde nous invite à une mise en scène racontant l’histoire de La Belle au Bois Dormant. Escaliers en colimaçons, greniers, charpentes plusieurs fois centenaires sont le décors idéal pour nous accompagner dans ce retour à nos rêves d’enfants. Sauf qu’aujourd’hui, j’ai réalisé qu’à présent, je m’identifie davantage à la reine un peu vieillissante et nostalgique de sa beauté passée pour laquelle j’ai beaucoup d’empathie… qu’à la gentille et jolie princesse en attente d’un hypothétique prince charmant!… (un peu d’humour en passant!…)

Une page de mon « Carnet de Voyages », pour illustrer ce sujet…

 Lumière du matin sur le Château d'Ussé

C’est Le Nôtre en personne, celui-là même qui réalisa les jardins de Versailles, qui dessina pour Ussé  les remarquables jardins à la Française. Introduits plus tard, des agrumes, orangers et citronniers, s’y sont acclimatés avec succès. On peut encore les admirer aujourd’hui.

 

 

Lorsque je passe un moment de contemplation devant des édifices comme celui-ci, je ne peux m’empêcher de penser à tous les hommes et les femmes qui ont contribué à le faire vivre. Je pense à ceux qui l’ont imaginé, rêvé, construit, les tailleurs de pierre, les sculpteurs, les artisans…  Je pense aux propriétaires successifs qui ont l’ont aimé, amélioré, embelli, abandonné aussi, parfois… Faute de moyens. Je pense à toutes les petites mains qui l’ont décoré, entretenu, protégé, préservé, sans relâche. Les ébénistes, les couturières, les femmes de ménage successives… Même le gardien du château, qui y consacre tout son temps et toute son énergie, comme si c’était le sien. Ce qui est un peu vrai, d’une certaine façon. Ce château est un peu à tous ces gens. Toutes ces âmes, se retrouvent dans un même amour. Un attachement indestructible pour « leur château », pour lequel ils donnent tant, afin de continuer à le faire vivre. Et la visiteuse que je suis est sensible à tout cela.

En un mot: Le vrai château de conte de fées!…

Château du Riveau: le plus artistiquement « inspirant »

A quelques kilomètres plus au Sud, j’ai découvert Le Château du Rivau.

Les propriétaires du Rivau, ont su faire de ce Château un lieu absolument enchanté. Tout y est fait avec beaucoup de goût et de créativité.

Ses jardins de conte de fées sont classés « jardins remarquables », et ce titre est amplement justifié. Chaque détail est pensé avec subtilité, des thèmes des jardins jusqu’à la décoration intérieure, les objets de collection présentés, le choix des expositions qui s’y tiennent, jusqu’à la cuisine des deux restaurants du Château…Tout est présenté avec un goût artistique qui m’a littéralement enchantée.

Le château du Rivau est entouré de 14 jardins présentés sous le thème des contes de fées. Il y a le potager de Gargantua, le jardin secret,

Le jardin de la Princesse Raiponce, La forêt enchantée, le jardin du petit Poucet, le Labyrinthe d’Alice, le jardin des plantes comestibles,

Le jardin des philtres d’amour, le chemin des fées,

la Forêt qui court, le verger du Paradis,

La Cassinina, le jardin aux papillons , le Bois amoureux, le chemin des senteurs,

…. Et le parterre de lavandes, devant le château. Il y a aussi la présence de quelques volatiles précieux et romantiques…

 

Un paon blanc au Château du Rivau

A l’intérieur du château, les collections et objets d’art traditionnels dialoguent avec les œuvres d’art fantasques d’artistes contemporains, sous forme de licornes, chimères, automates, et autres objets étranges, donnant à l’ensemble un côté « cabinet de curiosités » décalé que j’ai adoré. Lorsque j’y suis allée, se tenait l’exposition « Effervescence », à l’intérieur même du Château. Mais j’avais du mal à distinguer les œuvres exposées, des collections habituelles du Château, tellement ces dernières ont été choisies avec goût par les propriétaires.

J’ai beaucoup BEAUCOUP aimé tout ce que j’ai vu et ressenti dans ce château à l’atmosphère très inspirante pour les âmes d’artistes. Il y plane aussi le souvenir de Jeanne d’Arc qui vint au Rivau pour quérir des chevaux pour mener l’armée du dauphin Charles (futur Charles VII) vers le siège d’Orléans, afin de bouter les anglais hors de France.. Une pièce entière de la tour lui est consacrée et Jeanne y est évoquée de manière très onirique.

Un enchantement renouvelé partout où mes yeux se posaient.

Au Château du Rivau, tous les sens sont sollicités. Les yeux, bien-sûr, avec toutes ces couleurs dans les jardins, ou avec ces géniales créations artistiques… Mais aussi le nez, avec le parfum des fleurs…

 

Et même le goût, avec la présence de deux restaurants dans l’enceinte même du château: « La table des fées », avec une terrasse donnant sur le jardin potager, et servant des plats avec des produits régionaux et des légumes frais du potager.

Et « Le jardin secret », restaurant gastronomique aux saveurs raffinées proposant des mets aussi délicieux que beaux dans les assiettes…

Un château inspirant de mille manières… qui m’a donc « inspiré » ces petites aquarelles!..

Le Château du Rivau depuis le chemin des fées

L’allée des senteurs…

Château du Rivau et son collier de roses

Une expérience enchantée à ne pas râter!…

Château de L’Islette, le plus « paisible »

C’est le petit frère d’Azay-le-Rideau. Juste à côté de son très fréquenté voisin, aussi joli, mais beaucoup plus calme et paisible… Fait pour la rêverie…

Le château a abrité les amours tumultueuses de Rodin et de Camille Claudel, qui ont séjourné plusieurs fois ici, loin de Paris, au début des années 1890. Ils y travaillèrent aussi et réalisèrent certaines de leurs œuvres, comme « la petite châtelaine », réalisée par Camille Claudel.

Aux beaux jours, des chaises longues, des tables et des chaises sont disséminées dans le parc, sur les bords de l’Indre, ou sur des îlots de gazon vert tendre. Des cygnes se déplacent avec douceur sur les étangs autour du petit moulin, tout près de l’entrée. Un décors qui dégage une sérénité vraiment appréciable au milieu de la course des touristes autour des châteaux de La Loire.

 

Pour terminer, je vous propose de visionner sur ma chaîne YouTube ces deux courtes vidéo sur le Château d’Ussé et sur le Château du Rivau.

Exposition « La traversée des jardins » au château de Bouges.

Exposition « La traversée des jardins » au château de Bouges.

Je viens de visiter cette très belle exposition qui se tient au château de Bouges, dans l’Indre, tout l’été et jusqu’au 3 novembre 2024. Elle nous conte de manière très poétique, l’histoire des jardins, du Moyen Âge à nos jours, à travers une série de créations artistiques et de réalisations vidéos. Une petite merveille!…

La traversée des jardins… L’exposition…

« Pour transformer la nature en jardin, il ne faut pas seulement être jardinier, mais aussi architecte, peintre et poète ».

L’exposition commence par le jardin médiéval. Au moyen âge, le jardin clos apparait d’abord dans les monastères. Dans les cloitres, les moines se font jardiniers et recréent le jardin d’Eden, tout en cultivant les plantes médicinales. Les romans chevaleresques et les récits imaginaires font des ces jardins clos des lieux merveilleux, aux arbres chargés de fruits et aux treilles fleuries… « Le roman de la Rose », commencé en 1220 par Guillaume de Lorris et achevé en 1280 par Jean de Meung, évoque un songe à travers lequel la quête de la Rose par le narrateur l’entraîne de lieux idéaux en jardins oniriques. Ainsi tout au long du moyen âge, le jardin est à la fois réel et imaginaire. Le sujet est illustré ici par une œuvre magistrale de Lætitia Miéral, artiste et magicienne du papier. Elle a créé pour ce thème un grand livre manuscrit enluminé d’où jaillit un château médiéval entouré d’un jardin de roses.

Le jardin de la Renaissance peuple ses allées de statues de marbre, de labyrinthes de verdure, de grottes, de nymphes et de fontaines jaillissantes. Les humanistes italiens du XVème siècle, qui souhaitaient retrouver l’idéal esthétique et intellectuel de l’antiquité, avaient une vision sublime du passé et rêvaient de faire triompher la lumière sur les siècles d’obscurantisme.

Le « Jardin renaissance«  s’ouvre au monde. Dessiné et construit par des architectes-paysagistes, il est offert à la vue depuis les fenêtres des demeures. Il est avant tout géométrique, composé de parterres symétriques, de colonnes de marbre aux plantes grimpantes, de canaux, de bassins, de grottes artificielles ou de labyrinthes. Reprenant les thèmes fantaisistes de ces jardins, le « Carrousel » des artistes Piet sO et Peter Keene invite le regard à se perdre dans des décors miniatures animés de jeux de lumière pour reproduire la course du soleil dans le ciel.

Dans l’art des « jardins à la française« , le nombre et la variété extrême des jeux d’eau sont le symbole privilégié du merveilleux baroque. L’eau en mouvement s’écoule, bouillonne ou jaillit. Les eaux miroitantes qui s’étalent dans les parcs sont l’autre grande trouvaille des architectes des jardins baroques. Ces parterre d’eau renversent le monde, enchantent le regard tout en célébrant le génie de l’architecte-paysagiste tel qu’André Lenôtre (1613-1700, jardinier du roi Louis XIV, dont les perspectives semblant se fondre à l’infini ainsi que les aménagements hydrauliques complexes de Vaux-le-Vicomte ou Versailles sont copiés ou imités dans toute l’Europe.

Théâtre et illusion sont les thèmes majeurs de l’imaginaire baroque. Le « jardin baroque » est un décors de théâtre qui se déplace au jardin, notamment lors des grandes fêtes que Louis XIV organise. La plus fameuse est celle des plaisirs de l’île enchantée, consacrée au personnage d’Alcina, magicienne retenant captifs dans son jardin magique les chevaliers égarés. Cette fête de 1664, qui marque durablement les esprits, se termine dans la disparition du palais construit sur les eaux lors d’un éblouissant feu d’artifice. C’est ce type de spectacle grandiose, magnifiquement reconstitué, que l’on peut voir dans le film Vatel .

Un étonnant théâtre mécanique, créé par Sébastien Simon, évoque lui, la magie du jardin baroque, magie obtenue grâce à des reflets dans un miroir.

Théâtre mécanique de Sébastien Simon

Cette période est aussi celle de l’apparition de « Jardins botaniques« , évoqués ici dans un décor inspiré des cabinets de curiosités.

Cette traversée des jardins se poursuit avec le jardin anglais du XVIIIe siècle. Contrairement à la rigueur du jardin à la française, dans le jardin anglais, les paysages sont composés comme des tableaux, mettant en valeur les arbres, les étangs, les rivières dans des sites jalonnés d’architectures et de ruines. Le jardin anglais invite à la rêverie. Volontairement irrégulier, il estompe la frontière entre nature sauvage et nature cultivée. Un série de petits tableaux en forme de luminaires illustre ce thème (création de Corinne Bernizet),

Le « jardin pittoresque » est évoqué par une projection de fascinants transparents du peintre et paysagiste Louis de Carmontel (1717-1806), projetées sur un drap blanc et défilants doucement en continu de droite à gauche… Seule devant ces images, j’ai vraiment eu l’impression d’évoluer dans ces décors du XVIII ème siècle, et de faire une promenade dans les jardins de l’époque, en compagnie de Jean-Jacques Rousseau, lui-même si friand de ses fameuses « promenades solitaires ».

Le tableau suivant évoque « Le jardin miniature« , très prisé par l’Angleterre victorienne C’est un peu l’ancêtre du terrarium moderne, recréé ici par Benoit Duvergé qui en fait un objet de rêverie..


C’est encore de l’Angleterre que viendra l’apparition du « jardin naturel », au XIXe siècle, riche de ses compositions florales aux couleurs variées, et à l’origine du « cottage garden ». Ce type de jardin devient la source d’inspiration de plusieurs peintres dont Claude Monet et son fameux jardin de Giverny. Ce thème est magnifiquement illustré dans l’exposition par une projection dans un miroir antique d’images superposées des jardins de Monnet à Giverny, avec des éléments naturels (fleurs, reflets dans l’eau…) L’effet est hypnotisant et nous plonge au milieu des tableaux du peintre et de leurs couleurs éclatantes…


Souvent lieu de souvenirs d’enfance, le jardin est aussi le cadre idéal de contes et légendes, où apparaissent fées ou magiciennes. Ce « jardin de l’enchantement » est évoqué ici par un décor floral (une création de Jardin d’Ombres) animé par des images vidéos poétiques.

Le « jardin secret » , inspiré d’un célèbre roman pour la jeunesse écrit par  est évoqué par une création de Sébastien Simon.

En conclusion de l’exposition, avec la présentation d’un herbier lumineux imaginé par Colas Reydellet, il sera rappelé la fragilité du jardin et sa nécessaire préservation.
Enfin, qu’ils soient réels ou rêvés, cette exposition nous rappelle combien les jardins ont toujours été et seront toujours une source inépuisable d’inspiration pour les artistes…

Cette très poétique exposition sur l’histoire des jardins va être itinérante, mais elle se tient jusqu’au 3 novembre au château de Bouges (entre le sud de la Touraine et la campagne berrichonne). Et il faut dire que ce château est un bien bel écrin en harmonie parfaite avec le thème….

Château de Bouges

L’intérieur est un petit bijou, et les jardins sont juste magnifiques.

Derrière les communs et les écuries, qui abritent aujourd’hui une collection de voitures hippomobiles, on découvre un ravissant jardin de fleurs et ses serres du XIX ème siècle.

Autour du château, un jardin régulier à la française offre d’un côté des broderies de buis et côté Ouest, un bassin et un buffet d’eau se prolongeant en tapis de pelouse d’un vert tendre.

Château de Bouges

Mais c’est le jardin a l’anglaise qui m’a vraiment séduite…Il amène une dimension naturelle dans la composition du domaine et ajoute indéniablement au charme de l’ensemble. Et lorsqu’on sort de la visite d’une belle exposition sur les jardins, on est d’autant plus sensible à cette beauté-là.

L’entrée du Parc à l’anglaise est agrémentée par deux énormes tilleuls, impressionnants par leur taille et leur âge (Plus de 150 ans). Mais c’est leur parfum indescriptible qui m’a surtout complètement ensorcellée. J’ai eu la chance de les trouver en pleine floraison; je me suis donc assise sur l’un des bancs disposé là, juste en dessous, et je me suis littéralement « shootée » aux senteurs bienfaisantes du grand tilleul argenté en fleurs… Un moment inoubliable!…

A l’ombre du grand Tilleul-Château de Bouges.

Ensuite, de belles allées sinueuses partent à travers de grandes étendues de pelouses et d’herbes folles; les chemins font le tour d’un vaste étang aux eaux lisses, bordé d’arbres séculaires aux essences variées… Ginkos, Ormes, Chênes verts, tulipiers de Virginie, saules pleureurs, Sequoias géants, Liquidambars… Un paradis pour les amoureux des arbres.

L’étang- Château de Bouges

L’intérieur du château mérite également  la visite…

Quant à la petite boutique du château, je l’ai trouvé pleine de trésors et surtout riche de très beaux livres. J’ai bien-sûr eu très envie d’en apprendre davantage sur l’histoire des jardins.

Petite bibliographie trouvée sur place:

-« Tous les jardins du monde » de Gabrielle Van Zuylen. Une histoire des jardins sur tous les continents, aux éditions Gallimard (Découvertes). Superbe petit livre de poche richement illustré. Passionnant.

-« Herbier » de la collection l’oeil curieux, édité par la BNF avec de jolis dessins de botanique .

-« Le goût des fleurs » (Ed Mercure de France-poche). Un recueil de textes de grands auteurs sur le thème des fleurs.

-« Cabinet de curiosités-30 trésors de la Nature à dessiner » Ed Créapassions, de Agathe Haevermans. Un livre qui donne envie de dessiner des plumes,des coquillages, des légumes et autres merveilles naturelles.

-Le jardin en cent poèmes ». Textes poétiques sur les jardins, réunis par Isabelle Ebert-Cau (Ed Omnibus). Pour ceux qui, comme moi-même, sont aussi amoureux des mots que des jardins…

Une TRES belle journée avec cette exposition colorée et passionnante. Un grand merci à l’équipe du Château de Bouges qui m’a si gentiment accueillie.

Vous pouvez également visionner cette courte vidéo que j’ai réalisé sur place pour l’occasion.

Pour en savoir plus sur l’histoire du château de Bouges: lien vers le site du château.

https://www.chateau-bouges.fr/en/agenda/la-traversee-des-jardins

Par ailleurs, voici un lien vers la chaine YouTube de Laetitia Miéral dans lequel elle nous raconte comment le manuscrit et le château médiéval qu’elle a créés pour l’exposition ont été faits… Il est fort probable que vous tombiez immédiatement sous le charme de cette délicieuse artiste et de son univers enchanteur!…

Quelques dessins de mon printemps dans l’Aveyron…

deux copines…

Le château de Belcastel et son village

J’aime de plus en plus peindre les arbres, tous si différents et inspirants.

Le vieux sage au tronc torsadé

L’arbre aux fées de Peyrebrune

L’arbre aux esprits

Hurlevent

Notre Dame du désert… Un lieu à l’atmosphère tellement sereine!…

Les Raspes du Tarn

Château de Cabrières

Château de Cabrières- aquarelle

Brousse-le-Château

Brousse-le-Château

Brousse-le-Château

Brousse-le-Château le vieux pont -aquarelle CT